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Billet de blog 30 mai 2024

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Gaza – Rafah : où se perd notre commune humanité et notre avenir

Ce 29 mai avec les bombardements de Rafah, un nouveau rassemblement a eu lieu à Clermont-Ferrand pour réclamer le cessez-le-feu immédiat et la fin de l'aide française. Plus de 1000 personnes ont répondu à cet appel avec des moments saisissants que vous découvrirez : Jaude ceinturée par la foule et ses longues séquences dynamiques de slogans. Personne ne voulait s'en aller et crier, crier encore.

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" Le monde pense que Gaza est occupé par Israël, La vérité c'est que le monde est occupé par Israël à l'exception de Gaza" arboraient sur sa pancarte une jeune militante (voir montage sonorisé des photos). Plus proche du réel me semble être que le monde laisse faire Israël, certains l'encouragent et ne s'occupent pas de Gaza. Et nous, que faisons-nous ?

Illustration 1
Une foule de plus de 1000 personnes © Georges-André Photos

Ce 29 mai à 18h, en urgence au vu des bombardements inouïs des tentes et abris de fortune à Rafah, un nouveau rassemblement a eu lieu à Clermont-Ferrand pour réclamer le cessez-le-feu immédiat et la fin de l'aide française à Israël. Plus de 1000 personnes ont répondu à cet appel avec des moments saisissants comme cette place ceinturée par la foule et en fin de manif ces longues séquences dynamiques de slogans criés avec vigueur et conviction au plus haut point... Si haut que ce rassemblement s'est prolongé jusqu'à 20h : personne ne voulait s'en aller et crier, crier encore pour faire céder cette digue d'indifférence qui tue aussi sûrement que les armes. 


Texte de "Blouses blanches pour Gaza" publié dans son intégralité.

 "Écrire un discours aujourd’hui est éprouvant, car je ne trouve pas de mot juste pour décrire ce bouleversement.
J’ai parcouru les dictionnaires et je n’y ai pas trouvé de terme assez puissant. L’Homme vient de créer une ère dans laquelle l’horreur dépasse ce qu’il est capable de décrire.
Ne trouvant pas de mot, j’ai parcouru mon imagination. J’ai fermé les yeux et y ai vu ces centaines d’enfants jouant sous des tentes innocemment, oubliant un instant qu’ils avaient perdu un parent ; oubliant un instant la faim qui les avait pourtant réveillés récemment. C’était à Rafah, dans la tente du camp de réfugiés, que l’armée la plus morale du monde avait promis d’épargner, puis a bombardé, réduisant en cendres des corps, des âmes, des mémoires et des avenirs.
J’ai parcouru mes souvenirs, j’y ai entendu ces sanglots étouffés de mamans, et j’ai revu ces images de feu ardent dévorant petits et grands, cette vision d’enfant décapité comme s’il ne pouvait pas s’agir de la réalité..."

La place de Jaude ceinturée par la foule © Georges-André Photos

Dans l'horreur, pas de répit et pas de fin mais toujours plus horrible dans cette spirale de morts où se perd notre commune humanité de toutes parts par lâcheté, vengeance et irréductible barbarie qui rejoint celles d'une Histoire millénaire dont nous croyions en être sortis depuis l'épouvante nazie.

Le pire succède au pire et Netanyhou poursuit son œuvre de mort pour éviter de quitter ce pouvoir qu'il aime tant et la corruption qui le guette entouré au sein de son gouvernement des héritiers des illustres massacreurs de masse et de peuple dont pourtant les juifs ont eu si massivement en souffrir par une « solution finale » des nazies.

La sécurité d'Israël est aux antipodes de cet acharnement morbide. Israéliens et palestiniens ne peuvent vivre qu'en paix, une paix juste qui fasse droit à l'existence de ce peuple martyrisé. Quelle rationalité à cette guerre sans fin ? On peut vraiment se demander si le but de cette guerre n'est pas tout simplement de déporter tous les palestiniens de Gaza hors la Palestine (en attendant ceux de Cisjordanie déjà bien expulsés) pour trouver la solution définitive à la question palestinienne achevant le départ de cette population de 1948.

Face à ce chapelet d'horreurs, de massacre et d'indifférences largement partagées, Gaza est bien devenu le ghetto palestinien réduit en cendre comme fut celui de Varsovie ; Rafah est bien devenu le Guernica palestinien. Jamais nous ne pensions revivre ce temps maudit et il est là.


"... J’ai parcouru l’actualité et y ai vu une Assemblée nationale refusant l’amitié avec un peuple opprimé, un député français puni pour y avoir brandi le drapeau de ce peuple affamé.
J’ai parcouru les livres d’histoire et y ai lu la grandeur supposée de la France ; j’ai cru y lire : « plus jamais », j’ai cru y voir des engagements d’humanité.
J’ai parcouru les citations des grands Hommes que la France même a chéri : J’ai lu René Cassin dire « “Il n’y aura pas de paix sur cette planète tant que les droits de l’homme seront violés en quelque partie du monde que ce soit.”, j’ai lu Victor Hugo écrire « il me convient d’être avec les peuples qui meurent, je vous plains d’être avec les rois qui tuent ».
J’ai parcouru la devise de la France et ai cru y lire « Liberté, Égalité, Fraternité ».
En somme j’ai parcouru l’horreur, le mensonge, l’hypocrisie éhontée...."

Wafa réfugiée de Cisjordanie témoigne © Georges-André Photos

De déplacements forcés en déplacements forcés sans fin et sans autre espoir qu'un lieu un peu plus sûr, plus d'un million de Gazaoui·es se sont retrouvé·es acculé·es au bout de ce minuscule territoire accompagnés sans cesse par des bombardements, la faim, la maladie, les morts. Et maintenant, l'apocalypse ! Avec les bombardements de Rafah parmi une population terrorisée, épuisée, la mort rôde à tout instant et partout, pendant le sommeil comme de jour.

Lire sur Médiapart : À Rafah, « c’est un peuple qui fuit, sans nulle part où aller »

« L'accident tragique » de ce premier ministre ne révèle que le cynisme et le déni porté à l'incandescence. Les gazaouis ne sont pas visés mais ils sont tués et le Hamas court toujours. Cette tuerie de masse est un recul de notre civilisation incapable d'arrêter ce génocide perpétré par cet état criminel et hors-la-loi : les résolutions de l'ONU n'ont pas de valeur, l'illégalité de l'occupation coloniale des territoires occupés n'a pas de valeur, L'ordre lancée par la C.I.J. à Israël de cesser « immédiatement » son offensive à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza n'a pas de valeur.. Les mandats d'arrêts lancés par le procureur de la CPI Karim Khan pour Netanyahou et son ministre de la défense n'a pas de valeur mais vaut à son auteur une volée bois vert des plus coupables : « Par ce jugement cette décision incendiaire, M. Khan se hisse parmi les grands antisémites des temps modernes » affaiblissant par l'indignité de cette accusation infondée la lutte contre l'antisémitisme. Il n'en a cure : tout est antisémitisme qui s'oppose à lui ou le contrarie. Il ne cesse de torpiller toutes les personnes ou les organismes internationaux qui l'accuse. Israël s'isole et se place au ban des nations avec les pires assassins.

Lire Médiapart « La CPI se place en pilier incontournable des conflits contemporains »

Lire Le Monde : « La guerre de l’ombre d’Israël contre la CPI, entre menaces et surveillance »

Mais il a des soutiens manifestes : aux USA d'abord qui livrent le matériel de guerre pour tuer encore et encore sur ce sol étranger à Israël. Biden se moque de faire élire Trump en soutenant mordicus Israël au-delà de toutes ses atrocités. Il n'y a rien à attendre de ce président et pourtant risquer Trump2, est la pire des choses à faire et il le fait qui plongerait les Usa et le monde dans une longue nuit de malheurs en promouvant de fait les régimes autoritaires et tout ce que la planète compte comme régimes non-démocratiques.


"... Mais de quelle liberté parlez-vous, Monsieur Macron, quand nos concitoyens du monde n’ont pas celle d’habiter leur propre terre ?
De quelle égalité parlez-vous, Monsieur Macron, quand les Palestiniens n’ont pas le droit de recevoir de nourriture alors que vous nagez dans l’opulence ?
De quelle fraternité parlez-vous, Monsieur Macron, quand votre Assemblée déshumanise la Palestine en toute impunité ?

C’est à vous, Monsieur Macron, de parcourir nos pensées. Vous qui vous vantez d’être à la tête d’une démocratie puissante, entendez votre peuple qui ne supporte plus ce sang sur ses mains. Car il ne s’agit ni plus ni moins du sang des Palestiniens ; du sang des enfants qui n’avaient de rêve que de s’asseoir de nouveau sur un banc d’école ; du sang des femmes qui rêvaient d’offrir un avenir à leurs enfants ; du sang des pères attendris qui s’apprêtaient à éduquer leurs descendants. Vos condamnations ne sont que poussière face à l’indicible, et ne couvrent en rien l’ignominie barbare israélienne.
Parcourez-donc, Monsieur Macron : l’attaque à Rafah n’était ni une tragique erreur, ni des dégâts collatéraux, ni de malheureuses coïncidences. Nous vous le répétons, peut-être le comprendrez-vous enfin : il ne s’agit que de la poursuite du plan sioniste et machiavélique d’Israël, visant à exterminer le peuple palestinien. Nous ne pouvons plus cautionner la complicité de la France dans ce génocide, en notre nom.
Votre nom, Monsieur Macron, est sali de la trahison, de l’hypocrisie, du mépris, du suprémacisme et du colonialisme.
Nos enfants parcourront les livres d’Histoire, Monsieur Macron, et apprendront combien l’année 2024 aura été l’année de la honte pour la France : ils pourront y lire « dirigée par le Président Emmanuel Macron, plus jeune Président depuis la création de la République française, mais aussi le Président qui a ouvertement soutenu le génocide des Palestiniens, alors même que son pays se vantait d’avoir anéanti le suprémacisme génocidaire nazi ».

Un lycéen clermontois s'exprime © Georges-André Photos

La France par la présidence de Macron est devenu complice de ce génocide, de ces horreurs, de cet acharnement à détruire. On ne savait pas Macron machine ou robot qui sans émotion livre des armes à Israël et entretient d'excellentes relations commerciales avec cet état quand il ne veut surtout pas reconnaître l'état de Palestine quand Norvège, Irlande et Espagne viennent de le reconnaître. Le cynisme et le revers de main ne l'étouffe pas mais étouffe la voix de la France et de son peuple dans une complicité historique. Ces trois pays n'ont pas cette attitude passive et immobile mais cèdent donc à l'émotion, dans le langage macronien, face au désastre qui nous concerne tous et toutes tant le chaos là-bas se propagera ici. Notre état n'y pourra rien car le chaos est d'abord dans les esprits, dans les têtes avant d'être dans la rue. Il mine notre société, notre démocratie et notre avenir. Les racismes ont de beaux jours devant eux, antisémitisme compris. Appeler à le combattre ne servira qu'à ceux qui réfléchissent et pensent au-delà de l'émotion soit pas grand monde dans cette radicalité ambiante synonyme d'outrance et d'intolérance.

Comment ces gouvernements peuvent-ils exprimer des raisons géopolitiques plus importantes que toute simple humanité et une réelle politique de paix ? Comment peuvent-ils donc s'asseoir sur cette inhumanité qui emporte tout, nous emportera avec d'autres lâchetés et compromissions dans la violence systémique irrépressible et le chaos ? Sommes-nous encore humains à laisser passer la guerre menée par Israël, ne pas tout faire pour pousser Macron à cesser toute aide à Israël, financière, militaire, économique ? L'Europe se défigure par le sang palestinien. Nous en paierons le prix, tôt ou tard, je n'en ai aucun doute et il sera élevé.

Ce gouvernement Netanyahou ne veut rien entendre, hermétique comme une bonne partie de la population israélienne qui n'a d'yeux que pour ses morts, les autres ne comptent pas, invisibles, même à plus de 36 000 morts et centaines de milliers de blessés. Eux seuls comptent. Les autres peuvent se faire tuer, les enfants traumatisés et apeurés qui ont faim, femmes tenant ses enfants par la main ou surprises dans le sommeil, morts par les armes, par la faim, l'épidémie, la maladie, ils s'en moquent. Ces morts ne comptent pas, seule la sidération du 7 octobre compte. Et celle des palestiniens qui depuis près de huit mois sont soumis à cette guerre sans fin, ses morts et ses destructions de terre brûlée est nulle et non avenue. Ces martyrs, au sens humain du terme, ne comptent pas, n'existent pas comme les palestiniens n'existaient pas avant le 7 octobre. La paix n'est pas à l'ordre du jour, elle ne l'a jamais été pour ses gouvernements successifs sauf une fois en partie, vite assassiné par un juif fanatique et c'est tout.


"... Nos enfants parcourront les livres d’histoire, Monsieur Macron, et trouveront aussi que le peuple français aura, lui, milité et œuvré sans relâche pour que cesse cette tournure apocalyptique. Nous étions là hier, nous sommes là aujourd’hui, et nous serons là demain, quoiqu’il en coûte ; car si les valeurs humaines ont quitté les âmes des « pseudo-leaders démocratiques », elles coulent dans nos veines.

« Jamais dans l’histoire un peuple qui a subi la colonisation ou la domination n’a été vaincu, il a toujours fini par gagner » disait Bertrand Badie. Nous sommes donc du côté des gagnants, ici, à Clermont-Ferrand, ce mercredi 29 mai, et nous le serons par tous les moyens, sur tous les fronts, jusqu’à ce que la Palestine vive en paix. NI PARDON NI OUBLI, NOUS NE NOUS TAIRONS PAS.

Vive la Palestine.

Pour l'association France-Palestine Solidarité 63, Danielle décrit la situation actuelle © Georges-André Photos

Cette tragédie historique est une insulte à ces israéliens, juifs et non-juifs, qui savent, comprennent et se battent pour une paix juste donc durable. Ceux-là sont l'honneur de ce pays, c'est eux qui peuvent lui donner un avenir commun quand la caste au pouvoir est irrémédiablement vouée sans fin à la haine et la guerre. Ces morts par dizaines de milliers, ces blessés par centaines de milliers dont beaucoup resteront infirmes, ces destructions de terre brûlée et la pollution engendrée ne peuvent que nous rendre responsables de ce désastre civilisationnel sauf à hurler pour cette paix dans la rue pour le dire malgré ce si petit nombre au regard de ce drame historique.

Les photos du rassemblement - montage sonorisé avec les slogans © Georges-André Photos

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