Ce dimanche 30 novembre, place Gaillard * à Clermont-Ferrand, pour tenter de reprendre l’espace, faire face pour se battre contre les agressions dont ont été victimes ce 19 novembre deux jeunes mineures lesbiennes en plein centre commercial et la discrimination en établissement de nuit (cf notre dernier billet) de deux femmes trans, l'association Queer Auvergne et K6tem (féministes queer) ont appelé à un rassemblement dans ces termes : "On ne se taira pas. [...] Nous refusons la banalisation de la haine. Nous refusons de laisser nos vies entre les mains de celles et ceux qui nous déshumanisent. En ces temps de violences et de discriminations, notre présence dans la rue est une nécessité vitale. Nous nous soulevons pour les survivant·es, pour nos communautés, pour celles et ceux qu’on ne protège jamais. Nous n’oublions pas Caroline Grandjean, morte par suicide en septembre, victime indirecte d’un système qui laisse prospérer la haine. Sa mémoire nous force à agir."
Nous avons recueilli les propos de Béryl : Elles ont été agressées "parce que les gens sont intolérants et discriminants. On vit dans une société qui se radicalise de plus en plus et du coup il y a de plus en plus d'agressions malheureusement.". De cette manifestation, Béryl espère une prise de conscience "de l'opinion publique de ce qui est en train de se passer ; faire prendre conscience également aux autorités, à la mairie, qu'un passage clouté [comme il en existe un place de Jaude] peint sur le sol ne suffit pas. On veut des droits, on veut de la tolérance, on veut que la vie pour nous soit, la nuit et le jour, comme tout le monde sans être discriminer." La tolérance ... un vaste programme qui attend une mise en oeuvre décente et partagée : "Faire de l'information auprès du public, faire de l'éducation notamment auprès des plus jeunes, ça commence par là je pense !"
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Caroline Granjean est cette professeur d'école qui s'est suicidé dès la rentrées des classes 2025, totalement détruites par le harcèlement lesbophobe subi par cette directrice d'école sur plusieurs mois, dans une école primaire de Moussanges dans le Cantal.
Dès 14h, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées pour cette protestation avec des militants bien connus d'organisations solidaires.
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La déclaration faite au rassemblement exprime la rage, le courage et la solidarité face à ces violences qui nous concernent tous et toutes (Rappelez-vous les paroles du pasteur Martin Niemöller) :
"Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est parce que la lesbophobie et toutes les LGBTphobies tuent ! Ces violences ne tombent pas du ciel : Elles viennent du patriarcat, d’un système qui sous le couvert d’une morale dépassée, veut contrôler nos corps, nos amours, et nos vies!
Le Mercredi 19 novembre à Clermont-Ferrand, deux jeunes lesbiennes ont été agressées... Quelques semaines plus tôt, Caroline Grandjean s’était suicidée après des mois de harcèlement lesbophobe et l’abandon de sa hiérarchie. Ces violences sont structurelles. Elles sont politiques ! Parce que pendant qu’on nous promet le progrès, le fascisme, lui, se renforce. Les idées réactionnaires prennent de la place. Les discours religieux obscurantistes reviennent pour décider qui a le droit d’aimer, et qui a le droit d’exister!
Notre communauté est une des premières cibles. Et nous, on ne va pas demander la permission : on va résister! On exige que les institutions protègent les victimes, pas les agresseurs! On exige que toutes les LGBTphobies soient combattues pour de vrai! Loin des politique de façade! Loin du pinkwashing! Nos réclamons des actions concrètes pour faire faces à ces violences systémiques! Nous exigeons que le patriarcat qui nourrit ces violences soit enfin combattu comme l’ennemi absolu du progrès humaniste! Alors nous, nous ne nous satisferons pas de passages piétons arc en ciel!
Nous sommes ici pour ces deux jeunes femmes agressé·e·s… Nous sommes ici pour Caroline… Nous sommes ici pour tous nos adelphes dont les identités sont menacées… On ne se taira pas! On ne se cachera pas ! On ne reculera pas ! Parce que notre colère est juste ! Parce que notre lutte est radicale ! Et parce que face au patriarcat, face au fascisme, et face aux obscurantismes : Nous resterons debout, armé·e·s de solidarité et de rage !"
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* la préfecture n'a pas voulu ce rassemblement place de Jaude ni déambulation vu le marché de Noël sur cette place ouvert à cette date.