Pont de Sully : L'escalade de la violence policière s'attaque à la non-violence

Mouvement des Gilets Jaunes en perte de vitesse, les violences policière se poursuivent en s'attaquant à des manifestants non-violents assis sur le Pont de Sully à Paris. La désobéissance civile est pourtant à l'ordre du jour pour ne pas voir la possible résurgence des années de plomb. Elle est au contraire à privilégier pour contester le désordre établi, construire un autre monde ici et ailleurs.

Ce que montrent les images de la dispersion du sit-in organisé à Paris au Pont de Sully ce vendredi 28 juin par « Extinction Rebellion » (mouvement de désobéissance civile créé au Royaume-Uni) n'est pas anodin mais démontre une évolution du « maintien de l'ordre » qui se rapproche des pires moments de l'Histoire en dictature comme en démocratie avec ce gazage à bout portant et ses manifestants traînés au sol.

La désobéissance civile est au premier chef l'alternative non-violente mise en action. Le sit-in est la pratique essentielle de cette non-violence.

Pour sûr, les black block confondus avec les Gilets Jaunes nourrissaient la propagande et la pratique des violences policières depuis neuf mois mais ici il s'agit de la violence contre des non-violents en action non-violente.

Pour l'indépendance de l'Inde, pour l'égalité des droits dans les USA ségrégationniste, pour combattre la guerre du Vietnam, protester contre la torture en Algérie, pour s'opposer aux chars soviétiques à Prague et dans tant d'autres situations, Gandhi, Martin Luther King, le général La Bollardière et bien d'autres que vous pourrez citer ont montré le chemin, pas l'absence de répression, mais encore la nécessité des solidarités et de la détermination collective.

Ce gouvernement chercherait-il à démontrer que toute contestation – violente ou non-violente – est en pratique interdite en France aujourd'hui ? La circulation sur le pont de Sully a bon dos pour tout justifier y compris l'injustifiable.

En refusant toute contestation fut-elle non-violente, ce gouvernement prend le risque de précipiter des desesperados vers un nouveau terrorisme franco-français. Le souvenir des années de plomb ne semble pas les retenir... Ni retenir ceux qui frappent, gazent et mutilent (ils sont fatigués après neuf mois comme pour justifier encore !), ni retenir ceux qui donnent les ordres, ni retenir ceux qui décident de cette politique, Castaner en tête.

Après la disparition de Steve Vaniço disparu le 22 juin dans l'eau de la Loire à Nantes suite à la charge de police dans la nuit de fête de la musique, un nouveau et dramatique pallier est franchi par un pouvoir de plus en plus répressif .

Il est vain de se demander jusqu'où ira cette escalade dans la répression tant que ce pouvoir sera en place. Il déroule le tapis à l'extrême-droite quand il prétend en être le rempart : enfumage et manipulation !

La désobéissance civile ne peut plus attendre. Comme toutes les initiatives locales ou nationales pour contester et construire par la non-violence, elle préfigure un autre monde de partage et de solidarités courageuses ici et ailleurs.

 

NB : Rugy la honte

 

 

 

 

 

 

 

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