L'horreur a un visage

L'horreur a un visage. Elle n'est plus un nombre de morts perdu dans mille autres nombres énoncés sans pudeur chaque jour.

L'horreur a cette simplicité d'un petit corps sans vie en bordure de plage, bien loin des plages de nos vacances cet été, d'enfants jouant heureux, sous le soleil, sous le regard aimant de leurs parents.

Tourné vers la mer, il a fini sa courte vie déjà martyrisée par la guerre, dans la mer de nos lâchetés collectives tout autant que celle de nos politiques. Ceux-là, nos élus, font sombrer la démocratie et l'Europe dans la trahison de nos idéaux républicains.

Oui il faut accueillir à bras ouverts ces réfugiés de guerre dont nous avons tissé les fils. Ils sont une chance pour nos pays, pour l'Europe, pas une charge, une chance pour revitaliser nos démocraties fermées,  si malades de leurs dérives camouflées en "lutte contre" dans la plus parfaite indifférence des conséquences ici et ailleurs, là-bas dans cette terre de Syrie, d'Erythrée, d'Irak et d'ailleurs, où nous apportions la démocratie !

Aujourd'hui le suis sale de ces lâchetés, de ces abandons, de ces indifférences.

Ce n'est pas une quelconque "morale" qui me fait crier mais la lucide compréhension que rien ne se perd, rien. Nous devrons payer ce formidable laisser-faire, cette digue de doctes raisons qui ferment portes et fenêtres d'une Europe aux abois, incapable d'accueillir.

Ouvrons les portes, sauvons l'Europe qui est d'abord une idée, celle de l'accueil, avant d'être une machine à fabriquer du règlement. Le reste du monde nous juge, pas dans cent ans, maintenant !

Nos digues sont de papier.

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