Les clés pour comprendre le jugement Kerviel : une vision de la banque

Lors du réquisitoire Jean-Michel Aldebert, chef de la section financière du parquet de Paris, avait appelé le président du tribunal à ne pas se tromper de procès, à ne pas faire celui de la Société Générale, mais bien celui de Jérôme Kerviel. "Il s'agit d'arrêter le discrédit sur les banques, il en va de l'ordre public, économique et financier". Il avait eu ces paroles révélatrices : "Vous ne pouvez pas reprocher à la victime d'un cambriolage de ne pas avoir de chien". Il s'agissait ainsi d'exonérer la Société Générale de son défaut de contrôle relevé et sanctionné par la Commission bancaire. Contrairement à ce que le procureur avait affirmé on peut au contraire reprocher à une banque de ne pas avoir les mesures de sécurité indispensables à son activité. Il y a là une violation de l'obligation de sécurité à l'égard des clients, sans parler des actionnaires. C'est cette position totalement contraire à la régulation bancaire qu'entérine le Président de la 11ème chambre du tribunal correctionnel. La sévérité de la condamnation à 4.9Mds € témoigne de la volonté du tribunal d'exonérer les banques dans leurs activités spéculatives qui ruinent l'économie.

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