Les plans de relance, qu'ils soient ceux dont la mise en oeuvre est décidée par le gouvernement ou ceux qui sont proposés comme contre-plans, souffrent du même défaut que la politique économique et financière depuis trente ans : ils relèvent du dogmatisme et ils ignorent le bon sens élémentaire. Le débat sur les mesures à prendre repose sur de grandes discussions sur les théories économico-politiques : on revient à Keynes en vouant aux gémonies Friedman, on ressort les écrits de Karl Marx , de David Ricardo ou d'Adam Smith. On fonde donc des analyses concernant l’économie post-industrielle sur des théories qui correspondent à l'économie industrielle de la première moitié du XXème siècle, à celle du XIXème siècle avec une économie agricole . Alors que la crise résulte d'un développement des marchés financiers, qui sont dix fois plus importants que ce que l'on appelle l'économie réelle, alors que la production des entreprise occidentales est très largement délocalisé, qu'il y a eu une globalisation et une mondialisation des marchés, que les économies occidentales sont principalement des économies de services, que l'internet et l'informatique et les techniques de l'information ont totalement changé les modes de fonctionnement économiques on fait du psytachisme en bégayant des théories qui n'ont d'intérêt qu'historique et a contrario. Avec une totale incapacité à réfléchir on cherche les précédents en matière de plans de relance pour se contenter de même de bégayer. L'analyse du passé a un intérêt lorsque l'on analyse non seulement les ressemblances mais aussi les différences, lorsque l'on tient compte de l'évolution. Comparaison n’est pas raison, répétition n’est pas réflexion.
Sur le plan pragmatique, l'approche est aussi dénuée du plus élémentaire bon sens. Mediapart et d'autres sites publient des cartes de la crise sociale, avec l'indication des endroits où la crise menace ou détruit les emplois. Il est évident à quiconque regarde les problèmes réels, et ne visualise pas l'emploi comme une donnée théorique, que l'essentiel des mesures du plan de relance ne résoudra aucunement les problèmes vécus et décrits. Le plan de relance plagiant le plan de relance après la Dépression fait la part belle aux dépenses d'infrastructure. Il est évident que ceci sera bénéfique au BTP, qui a un lobbying politique très fort. Il y aura peut être quelques créations d'emplois , des achats de matériel dont certains seront peut être français. La question de bon sens est cependant de savoir en quoi les travaux d'infrastructure (qu'aux Etats Unis on caractérise par couler du goudron et mettre le fer à béton) vont résoudre les problèmes d'emplois de tous les sites sinistrés qui figurent sur la carte de la crise sociale. Les mesures du plan de relance gouvernemental (comme des contreplans) peuvent avoir un impact sur l'emploi et sur le pouvoir d'achat au niveau macro-économique, elles ne résoudront pas les problème d'emplois des sites concernés. Elles ne résoudront pas non plus les problèmes de nombreuses entreprises dont les difficultés s'annoncent. Il y a bien entendu le problème des délocalisations. Il s'agit souvent de sites dans la sous-traitance automobile. Il conviendrait d'élaborer des programmes de reconversion qui soient réalisables sur CES sites. Il ne s'agit pas simplement de faire un amalgame en disant que l'on créera des sites pour "l'automobile verte". Dans le problème des fermetures de sites on constate par ailleurs le nombre élevé de sites de R& D qui sont en cours de fermeture. Il faudrait réfléchir à des programmes de recherche qui permettrait de passer des contrats de recherche qui pourraient être passés avec ces centres pour assurer leur survie jusqu'à une solution plus durable. Il y a le problème du crédit bancaire, avec des entreprises qui n'ont plus d'horizon de crédit lorsqu'elles ne sont pas déjà en train d'être étranglées. Il s'agit là de restaurer des conditions normales d'octroi de crédit et de coût du crédit. Comme indiqué par ailleurs (http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/edition/inside-banking/article/060209/de-la-crise-et-des-responsabilites) pour faciliter le crédit il convient d'imposer aux banques non seulement des limitations quant à la rémunération future, mais aussi d'obtenir le remboursement des bonus, stock options et honoraires indument perçus. De façon générale il faut que l'imagination et le réalisme soient au pouvoir .