Affaire Kerviel : faut-il supprimer le trading de dérivés !

Le tribunal correctionnel, avalisant docilement les thèses de la Société Générale et du parquet, qui avait parlé d'ordre public économique, a affirmé que Jérome Kerviel avait fait courir à la Société Générale des risques inconsidérés, que des opérations sans réalité économique étaient frauduleuses et enfin que la banque ne pouvait controler l'activité de ses traders.

Il convient de rappeler , comme l'a relaté un commissaire aux comptes devant le tribunal, que les volumes traités par la SocGen en 2007 étaient de 2.300 milliards d'euros en 2007 sur les futures (contrats à terme) et jusqu'à 80 milliard d'euros de trésorerie par jour. Ces activités sur futures sont par définition des activités spéculatives, consistant en des paris (en général sur des évolutions d'indices) et compte tenu des sommes en cause même des risques marginaux impliquent des montants dépassant largement les fonds propres de la banque. Par ailleurs l'hypothèse sur laquelle travaillent les banques que les risques suivent des modèles linéaires, et sont donc réduits est démentie par diverses analyses, qu'il s'agisse de celles des "cygnes noires" dans une présentation imagée ou celles des structures fractales, dans une analyse de mathématique financière plus rébarbatrice.

Dans ces conditions il parait nécessaire d'aller au delà d'une régulation minimale des dérivés, mais purement et simplement des les interdire, en tout cas aux banques de dépôts et aux groupes bancaires intégrant une banque de dépôt


 

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