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Billet de blog 18 octobre 2008

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Va-t-on tirer la leçon du scandale de la Caisse d'Epargne

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La reconstitution des raisons de la perte

Le trader, chargé de couvrir les actifs face aux risques de marché, se serait trouvé en difficulté, le 6 octobre, jour du krach.Le responsable du compte propre de la CNCE, est informéd'une alerte risques, dès le 6 octobre. Apparemmentle trésorier ne réalise pas l’importance potentielle du risque etn'a pas stoppé les positions

Le trader a prisdes positions de plus en plus élevées sur les dérivés actions en euros, du 6 au 10 octobre , en pariantsur un rebond de la Bourse et la fin de la volatilité, en jouantprobablement sur l’indice VX1 ou VX6 . La Bourse de Paris a enregistré entre le lundi 6 et le vendredi 10 octobre unebaisse hebdomadaire historique .

Les traders auraient essayé de se défaire de leur position» mais n'y sont pas parvenus car «personne en face» n'était prêt à leur racheter leurs actions. Le 8 octobre les traders ont du se couvrir sur le risque actions, mais il semblerait qu’il n’ait pas pu, ou n’ait pas compris qu’il fallait , mettre fin à leurs positions sur le risque volatilité, alors que la bourse fluctuait de façon exceptionnelle.

Le vendredi 10 octobre Julien Carmona, chargé des finances et des risques au directoire de la CNCE, est averti par son directeur financier d'un "dépassement de position". La perte leur paraît êtrelimitée à 15 millions d'euros. M. Carmona a attendu le lundi 13 octobre au matin, pour alerter le directoire, notamment les dirigeants, Charles Milhaud et Nicolas Mérindol.Une mission d'inspection est diligentée. Son diagnostic affole : les positions du trader sont mises au jour dans des marchés volatils, les pertes potentielles se creusent d'heure en heure.

Lundi à 21 heures, M. Carmona appelle l'état-major de la banque et parle d'un problème grave. Mardi 14 octobre au matin, les pertes atteignent alors 300 millions d'euros. M. Mérindol, en accord avec le directoire, donne l'ordre de "déboucler toutes les positions", ce qui sera fait en 48 heures dans des marchés en chute. A 8 heures mardi, la Commission bancaire est prévenue. C'est elle qui met l'Elysée et Bercy au courant, le lendemain, mercredi 15 octobre au soir.

Les réactions de la Caisse d’Epargne

Selon une source interne à la banque, cette «erreur humaine collective» serait due à une équipe de gens qui était «probablement inadaptée à un contexte de crise».

Nicolas Mérindol, directeur général des Caisses d'Epargne, a appelé à ne "pas faire de comparaison avec d'autres affaires médiatiques"..

Dans le cas des Caisses d'Epargne, "il ne s'agit pas de sanctionner des gens payés pour faire de la spéculation ou des arbitrages sur les marchés", a-t-il indiqué, "ils ont été pris par la crise".

M. Merindol a jugé "intolérable de considérer (les responsables de cette perte, ndlr) comme des traders fous."

"Une procédure est lancée", a-t-il ajouté, mais "la loi et les délais doivent être respectés et nous prendrons les décisions dans la sérénité et non sous le choc des événements, c'est ainsi que tout le monde souhaite que cette affaire soit gérée".

Vendredi, une source proche dela Caisse avait indiqué à l'AFP que cinq personnes avaient été mises à pied, les trois traders à l'origine de cette perte et leur responsable, ainsi que le directeur financier de la Caisse nationale des Caisses d'Epargne (CNCE), organe central du groupe mutualiste.

Les produits dérivés , des produits à proscrire

Ce scandale ne fait que démontrer que les produits dérivés, qualifiés par Warren Buffet de produits de destruction massive, sont des produits beaucoup trop dangereux qui doivent être interdits. Les dirigeants de la Caisse d’Epargne préfère reconnaître l’incompétence de ses opérateurs de marché .Il est clair que les opérateurs de marché ont voulu croire aux vertus apaisantes des mesures du plan de sauvegarde , au mépris de la prudence et avec avidité, sans réaliser le caractère ultra-dangereux des produits qu’ils maniaient. La responsabilité des dirigeants pour ne pas avoir mis fin avec immédiat à ces activités dangereuses est manifestement engagée : laisser « des gens payés pour faire de la spéculation ou des arbitrages sur les marchés »alors que manifestement ils n’ont pas la compétence est parfaitement irresponsable. Dans le cadre de l’aide aux banques la spéculation en utilisant les produits dérivés doit être clairement et immédiatement interdite ; De mêmeil doit être mis fin immédiatementl’activité d’ « assurance monoligne » ,source de pertes ruineuses, et de responsabilité potentielle cataclysmique,car c’est en fait maintenant reconnu comme de l’escroquerieà l’assurance portant sur des milliers de milliards de dollars

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