Georges de Furfande

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Billet de blog 21 février 2009

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Peux-t-on faire confiance aux banques

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Peux t on faire confiance aux banques ?

La réponse est manifestement négative. On ne peut pas faire confiance aux banques car on ne peut faire confiance aux banquiers.

On ne peut faire confiance aux compétences des banquiers. Nos banquiers se prennent pour l’élite , ils ont été incapables de prédire la récession, ce qui est d’ailleurs logique, puisqu’ils avaient créé la crise.

Les inspecteurs des finances qui sont à la tête des banques et du ministère des finances , sont des apprentis sorciers, qui ont été obnubilés par ce que les financiers ont voulu qualifier d' «innovation financière » . Ils ont ignoré que la « créativité comptable » était du « maquillage de bilan », que la « défaisance » telle qu’elle a été pratiquée pour faire face à la crise résultant de la bulle immobilière menait au bradage d’actifs et aux opérations douteuses. L’argent public a donné naissance aux fortunes privées. Les banquiers d’investissement se sont crus les maîtres du monde , se partageant les postes à la tête des banques et des grandes entreprises cotées. Ils ont cherché à faire passer l’extraction de la richesse des entreprises pour de la création de richesse, par la « valeur actionnariale » ils ont détruit le capital en rendant les fonds propres ruineux, par les LBO ils ont saigné les entreprises par une dette mortelle. En augmentant sans cesse les PER, pour multiplier les fusions & acquisitions , afin de donner l’impression d’une création de richesse par l’industrie financière, en créant par ailleurs une bulle boursière purement artificielle. S’adjoignant des polytechniciens, mathématiciens et informaticiens ils ont cru avec les « golden boys » de Wall Street et de la City que la finance avait trouvé les martingales pour créer des produits financiers miracles. Ils ont cru qu’il suffisait de disséminer le risque pour le faire disparaître. Ils ont oublié que les effets de levier produisent des retours de manivelle et ils ont pris le risque de financer ceux qui prenaient les risques qu’ils n’avaient pas voulu prendre. . Ils se sont lancés, avec l’assurance monoligne dans la fourniture de garanties qui étaient soit de la pure escroquerie soit ruineuses, croyant ainsi maitriser le marché du financement aux collectivités locales.

Les banquiers ont en fait créé Jurassic Park, et l’arrogance de la finance n’est pas dissipée par la crise que les banques ont créée et qui laisse la planète financière en ruine.

Les banquiers ne veulent pas reconnaître leurs échecs et leur responsabilité, ils continuent à se prétendre, comme les dirigeants du capitalisme financier, « les meilleurs », dignes de rémunérations qui ne sont à la mesure que des pertes qu’ils ont fait subir aux banques et entreprises. Ils prétendent que les résultats des banques démontrent leur solidité financière, alors même qu’ils sollicitent l’aide de l’état, qui ne résulte pas seulement de l’aide frnancière que l’état leur accorde, mais aussi des modifications des règles comptables destinées à masquer leurs pertes. Les banquiers utilisent sans vergogne des manipulations comptables qui sont des tours de passe passe comptables, comme l’a très bien démontré Martine Orange http://www.mediapart.fr/journal/economie/200209/banques-des-milliards-de-profits-et-des-milliards-d-aide . Les produits dérivés sont utilisés en particulier par la Société Générale (http://www.lesechos.fr/info/finance/4832964-la-gestion-du-risque-de-credit-peut-rapporter-gros-aux-banques.htm) , pour faire croire à un revenu, alors qu’il n’y a qu’une valorisation d’un instrument de protection d’un actif, (l’actif étant des crédits et la protection étant une protection contre le risque de défaillance) traduisant une perte de valeur de l’actif . La perte de valeur de l’actif, grâce à la modification de la règle comptable du marked to market, n’est pas prise en compte, mais l’augmentation de valeur de la protection qui en résulte est elle, prise en compte …par application de la règle comptable du marked to market.

Lorsque les résultats des banques résultent de tels tours de boneteau, il est évident que l’on ne peut faire confiance aux banques.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.