Banque et casino : salle de marché et salle de jeu, traders et croupiers

Un des avocats de la Société Générale a cru pouvoir brocarder Jérome Kerviel en utilisant l'argument qui avait déjà été lancé par Daniel Bouton "il s'est servi de la banque comme d'un casino". Ce discours traduit la stratégie de la Société Générale qui est d'utiliser une procédure pénale pour masquer la réalité de l'activité de la Société Générale et la nature même des opérations de marché et dans le trading. La majorité des profits de la Société Générale jusqu'en 2008 provenait d'activité sur dérivés. L'essentiel des opérations sur dérivés sont des opérations purement spéculatives, et elles sont associées avec des paris sur les risques. Jérôme Kerviel ne s'est pas servi de la banque comme d'un casino, la Société Générale s'est transformée en casino. Le financement par le marché, avec les techniques de titrisation, le rehaussement de crédit, et la notation, reposent sur des techniques d'analyse de probabilités qui sont des martingales. La question a été posée et se pose toujours de savoir si les opérations sur dérivés ne relèvent pas de l'exception de jeu, des textes ont cherché à les valider, mais il n'en demeure pas moins qu'il n'en demeure pas moins que la finance est devenue une finance casino. Ce n'est pas parce qu'un croupier dépasse les limites de la table qu'il transforme la salle en salle de jeu. L'idée suivant laquelle une opération ne serait pas spéculative si elle est directionnelle, c'est à dire si elle est couverte, est fallacieuse, ceci limite le risque qui peut cependant rester colossal si le risque de contrepartie se réalise, mais aussi si les variations du marché ne répondent pas à l'analyse probabiliste gaussienne. Cette analyse, qui a été utilisée par les financiers, occulte ce qui a été décrit par la formule du cygne noir, et ce qui sur le plan de l'analyse mathématique par les équations de Schrodinger. Celles ci expliquent par ailleurs les vagues scélérates : les pertes de la Société Générale sont le résultat de "vagues scélérates" et non d'un "trader scélérat", Kerviel était payé pour être un joueur pour la banque, la Société Générale se voilait la face quand il gagnait, elle désavoue son joueur quand il perd

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