Le Ministère Public a requis un non lieu contre Messier, avec une application laxiste du droit boursier. L'information concernant les réquisitions est publiée, mais la motivation de ce non-lieu n'est connue que par quelques articles qui en citent quelques extraits, les journalistes ayant eu accès aux réquisitions. Ce que l'on peut lire rend très dubitatif sur les justifications données par le Parquet à l'appui de ce non-lieu.
Le Parquet considère qu'il n'y a pas diffusion de fausses informations concernant la présentation de plusieurs filiales de VU dans ces comptes parce que les dirigeants de VU "n'ont pas utilisé un procédé comptable irrégulier". Le Parquet semble manifestement vouloir ignorer la jurisprudence de la Cour de Cassation (jurisprudence affaire des portages) qui affirme tout à fait justement que le respect des règles comptables n'exclut pas le délit de diffusions de fausses informations. La consolidation dans les comptes de Maroc Telecom dont VU ne détenaient que 35% est conforme aux règles comptables, le fait de ne pas signaler dans l'information financière que ceci ne veut pas dire que VU ait accès à la trésorerie et de façon générale aux actifs de ces sociétés était manifestement de l'information trompeuse. Les règles comptables sont utilisées pour tromper le public sur la situation financière réelle.
Le Parquet considère qu'il n'y a pas d'information trompeuse concernant la dette, alors que le communiqué diffusé au public faisait état d'une situation d'équilibre, parce que le chiffre exact de cash flow avait été présenté aux analystes financiers. La question est la qualité de l'information diffusée au public, celle-ci est inexacte, le public a une information erronée, il y a diffusion d'information trompeuse (jurisprudence affaire Pallas Stern). Le fait que les analystes aient reçu une information inexacte ne fait que démontrer qu'il y a eu diffusion d'information privilégiée, et donc manifestement délits d'initiés ( et complicité de délit d'initiés.
On ne sait pourquoi le Parquet a exclu la manipulation de cours concernant le rachat par VU de ses propres actions, mais on attend avec impatience la justification.