Préface

C’était au tout début du mois de mars, un message privé de Mireille Poulain-Giorgi. Une idée qui lui était venue « subitement, en pédalant sur mon vélo d'appartement – qui ne va nulle part ». Mireille Poulain-Giorgi s’apprêtait à faire paraître un recueil de ses billets sur Mediapart et me demandait de bien vouloir en rédiger une préface.

C’était au tout début du mois de mars, un message privé de Mireille Poulain-Giorgi. Une idée qui lui était venue « subitement, en pédalant sur mon vélo d'appartement – qui ne va nulle part ». Mireille Poulain-Giorgi s’apprêtait à faire paraître un recueil de ses billets sur Mediapart et me demandait de bien vouloir en rédiger une préface.

Mais à la mi-mars le livre était déjà « achevé d’imprimer », le 14 précisément, « jour anniversaire en 1593 de la naissance à Vic-sur-Seille de Georges de La Tour », comme a pris l’habitude de préciser l’éditeur sur chaque ouvrage publié. Un an plus tôt, sortait aux Paraiges un roman de Mireille Poulain-Giorgi : « La première édition de Fils de la minette a été achevée d'imprimer par Pulsio Le 13 février 2014, jour anniversaire de la naissance à Metz en 1723 d'Antoine Louis, connu pour sa principale invention, la guillotine, d'abord appelée "petite Louise" ou "Louison".»

Nous voici revenus en Lorraine, si bien décrite au fil des pages par notre auteure, qui s’est fait remarquer à ses débuts sur Mediapart en écrivant une lettre ouverte à l’alors ministre de la culture, Aurélie Filipetti, villeruptienne comme elle – lettre ouverte à laquelle elle reçut finalement réponse. Villerupt donc, si européenne comme Mireille Poulain-Giorgi l’écrit un jour à Daniel Cohn-Bendit : « Quand tu auras un petit coup de blues, viens à Villerupt. C’est l’Europe ici (…) Tu fais dix kilomètres et tu ne sais plus où tu es. En Belgique ? Au Luxembourg ? En Allemagne ? (…) Viens à Villerupt, tu habiteras en Europe ». Car il faut compter aussi avec les « Ritals », écrit cette petite-fille d’immigrés italiens, née par là par hasard. Au fil de ses billets, se dessine ainsi le portrait d’une femme, enseignante (puis retraitée) en lycée professionnel, romancière et novelliste, mais aussi celui de ses élèves, de ses concitoyens, et d’un coin de France, tous passés d’un siècle – celui des Italiens et des hauts-fourneaux – à l’autre – celui du chômage et du Front national.

Un livre dédicacé à Grain de Sel, Eugénio, Bendidonc et bien d’autres, et « à tous qui , sur Mediapart, peuvent dire : Je change en échangeant sans me perdre ni me dénaturer. »

 

Une saison sur Mediapart. Brèves de blog, Mireille Poulain-Giorgi, Editions des Paraiges, 18 €.

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