Dites donc, chers abonnés *

Que s'est-il passé depuis 48 heures dans le Club de Mediapart? Des commentaires et des billets supprimés, l'ordinaire sur un site qui ne pratique pas, ne sous-traite pas, la modération a priori. L'ordinaire? Pour ceux d'entre nous qui reçoivent les alertes, qui les examinent, qui soupèsent le pour et le contre avant dépublier, ou pas, un commentaire, un billet, oui. Pour vous qui nous lisez, deux jours incompréhensibles. Explications. 

L'histoire commence par la dépublication, peu après sa mise en ligne, lundi soir, d'un commentaire d'une longueur inhabituelle, excessive, propre à décourager tout commentateur d'aller plus loin, propre aussi à perturber l'affichage du billet - et dépublié pour ces deux raisons. Un commentaire de plus de 140.000 signes (et non pas 18.000 comme il a été indiqué par erreur aujourd'hui), soit 35 pages A4. Son auteur en prend ombrage et, plus tard dans la soirée, estime n'avoir «plus grand chose à faire ici».

Mardi matin, des informations sur les activités professionnelles supposées de cette abonnée en partance sont mises en ligne dans un commentaire. Celui-ci est à son tour dépublié par Mediapart, et son auteur pris à partie par plusieurs abonnés. 

Le commentaire étant dépublié, il n'y a pas lieu, estime Mediapart, de le rappeler sans cesse, et de consacrer à son auteur des billets guère plus inspirés, et qui se placent eux aussi en contradiction avec notre Charte. Ceux-ci sont donc à leur tour dépubliés. Le mardi après-midi y passe.

La notoriété, au sein du Club, des personnes impliquées dans ces événements, entraîne une agitation certaine, la tristesse des amis numériques de celle qui annonce son départ tout en supprimant ses billets, suscite enfin les interrogations et l'incompréhension légitime du plus grand nombre. 

Mediapart a fait le choix difficile de l'absence de modération. C'est en faisant confiance à chacun de nos lecteurs, en faisant appel à leur intelligence, en pariant sur leur capacité à s'écouter, que nous maintenons ce cap vaille que vaille. Et que chacun peut s'exprimer, en toute liberté, sans contrôle préalable, sans limite à la longueur des commentaires, ni à leur nombre, ni à leur place, ici ou là, sur tout le site. 

Pour autant, nous sommes contraints de recourir à la modération a posteriori, quand la Charte n'est pas respectée – quand, plus encore que la Charte, ce sont les lecteurs, les commentateurs, les protagonistes d'une discussion, qui ne sont pas respectés. 

D'année en année, Mediapart s'efforce d'améliorer le confort de lecture, et d'écriture, de ses abonnés, de faciliter leur navigation sur le site, de mettre en valeur le plus grand nombre de leurs contributions. La question de la lisibilité des commentaires, de leur présentation, de leur modération, revient régulièrement au cœur des préoccupations communes. Cet épisode ouvre une nouvelle fois le débat sur les meilleures pratiques à mettre en place – sans modérateur. Parlons-en.

* Titre rédigé en réponse, sous forme de clin d'œil, à celui-ci.

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