Dépublications et exclusion

Jean63 s'étonne ce mercredi de l'exclusion pour un mois de l'abonné Laurent Cuenca, décidée par Mediapart après trois re-publications successives du même billet, dépublié par la rédaction – Mediapart n'ayant pas souhaité passer la journée à dépublier éternellement le même contenu.

Jean63 s'étonne ce mercredi de l'exclusion pour un mois de l'abonné Laurent Cuenca, décidée par Mediapart après trois re-publications successives du même billet, dépublié par la rédaction – Mediapart n'ayant pas souhaité passer la journée à dépublier éternellement le même contenu.

De quoi s'agissait-il donc? Du copié-collé d'un texte publié sur le site conspirationniste Wikistrike où l'on trouve un peu de tout et beaucoup de n'importe quoi. 

Nous pourrions nous contenter de reproduire le titre de cet écrit qu'on ne saurait qualifier d'article: « La franc-maçonnerie, une secte qui menace les droits des peuples ». 

Nous citerons pour l'exemple, en vertu d'une humeur pédagogique, quelques-unes des multiples infractions à notre Charte de participation contenues dans ce fouillis.

• Des propos diffamatoires, portant atteinte à la vie privée, au droit à l'image, ou à la réputation et aux droits d’autrui : « Les médias disent que DSK n’est pas franc maçon, mais on peut en douter vu son rôle dans les magouilles françaises, notamment en matière d’argent sale. » « Les maçons entre eux n’hésitent pas à se piéger les uns les autres, notamment grâce aux partouzes au cours desquelles des photos sont prises à l’insu de la cible, partouzes dans lesquelles on peut aussi trouver des mineurs ». « Ils y tiennent, à leur “secret”. Ca les excite, sûrement, mais surtout ça les protège, eux et leurs magouilles. »

On notera au passage que le puritanisme anime l'auteur – mais ce n'est pas interdit par la Charte, à moins de tomber par exemple dans la diffamation ou l'homophobie: « On se demande parfois pourquoi certaines lois passent, à contre courant. A chaque fois on nous les présente comme une avancée sociale, comme le mariage homo, combiné à l’adoption et compagnie. »

On appelle « invasion » la présence de francs-maçons dans les cercles du pouvoir.

• Nous y trouvons des « propos injurieux, diffamatoires, discriminants, envers une personne ou un groupe de personnes, en raison de leur origine, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, ou une religion »: « les francs macs, tout comme les juifs, sont surreprésentés au gouvernement ». A-t-on compté les catholiques? les Bretons ? les Corses ? 

On y parle encore de « planquer l'argent des juifs », soit la répétition d'un des poncifs antisémites les plus éculés.  

• On y réécrit l'histoire et l'actualité, bien que la Charte (comme la loi d'ailleurs) proscrive la diffusion de fausses nouvelles. On y apprend ainsi que « que la “Révolution” française a été financée par les banques anglaises pour instaurer la propriété privée et le libéralisme économique, pour tondre les peuples grâce à l’impôt sur le revenu ». Comme dit avec humour mon voisin de bureau, « même entre copains, réussir à provoquer un mouvement d'une telle ampleur, c'est admirable ». Mais ce n'est pas tout (et je vous passe les deux cents ans qui nous séparent de 1789): on sait « qui a permis de mettre en place Al Quaida, le Hamas » et l'on rappelle « l’intox des attentats de Londres, de “l’affaire Merah”, et aujourd’hui des attentats de Boston ». 

• On se demande « quelle est la légitimité d’une décision de justice rendue par un adepte des principes et symboles fumeux de la FM ?» On retrouve là encore une fois la rhétorique qui vourait qu'un magistrat soit sans religion, sans appartenance politique, sans origine même. Rhétorique simpliste qui, tout à la fois, réduit chacun à une partie de lui-même (catholique, dentiste, Corse, Russe...) et ne veut voir qu'une seule tête dans tout groupe humain (les catholiques, les dentistes, les Corses, les Russes...). Et l'on revient au deuxième point, la discrimination en raison d'une origine, d'une appartenance vraie ou supposée...

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