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Billet de blog 12 nov. 2018

Harcelée une factrice se suicide

Harcelée par trois cadres de la poste de Sarlat, Paula, 44 ans, s'est suicidée après les avoir dénoncé par SMS. "La Riposte" raconte la révolte des postiers.

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Depuis le 25 octobre, les facteurs du bureau de poste de Sarlat en Dordogne ont fait valoir leur droit de retrait. Le matin même une factrice du bureau, Paula, 44 ans, s’était suicidée en dénonçant par SMS le harcèlement dont elle était victime. Manifestement, ce n’est pas le premier coup de cette direction puisqu’un jour avant la direction du même centre courrier avait violenté et séquestré un facteur de Siorac-en-Périgord, le traînant de force hors de sa voiture jusqu’au bureau du directeur.

Après 11 jours de droit de retrait, où les agents demandaient le départ des 3 cadres incriminés, la direction de la Poste entend enfin raison et annonce le départ des harceleurs. Ceci montre que seule la lutte paie, car manifestement la Poste avait pour projet d’étouffer l’affaire. Il aura fallu la mobilisation des collègues de l’agent victime pour que la direction prenne enfin ses responsabilités.

Dans les faits, Paula était en dépression depuis plusieurs mois suite aux conditions de travail qui se dégradent à la vitesse grand V dans l’entreprise. Cependant cela n’avait pas empêché sa direction de continuer à essayer de la faire craquer. En effet ils envoyaient régulièrement des médecins patronaux pour contrôler ses arrêts. Le matin du drame, un nouveau médecin avait de nouveau été diligenté.

Pendant 10 jours la Poste s’était retranchée derrière « l’absence de preuve » pour ne pas mettre à pied de façon conservatoire les 3 cadres incriminés par Paula. Pourtant, le harcèlement est bien confirmé par la CGT Fapt qui évoque également de nombreux cas disciplinaires. Deux plaintes contre ses cadres sont même en cours d’instruction à la Gendarmerie contre ces mêmes cadres. Jusqu’à présent, la direction de la Poste consentait seulement du bout des lèvres à ce que les cadres suivent une « formation management ». Un mépris de classe total. Soutenues par les politiques locaux PCF et PS, plus de 300 personnes se sont réunies lundi 5 novembre au soir dans la petite commune pour soutenir les agents de la Poste. Le direction a finalement cédé à la pression en annonçant que les trois cadres incriminés ne travailleront plus sur la plaque [NDLR : jargon interne à la Poste pour désigner un ensemble de bureaux tenus sous la responsabilité d’un seul directeur]. Bien qu’ils ne soient pas immédiatement limogés, ceci est tout de même une grande victoire.

La Riposte

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