eau, bien précieux, à gérer avec sagesse, l'hydroélectricité à sa juste place

En montagne, la ressource en eau est éclatée entre hydroélectricité, canons à neige, eau potable, alimentation des animaux d'élevage. Les tensions vont s'amplifier. D'ores et déjà il y a mieux à faire que de l'hydroélectricité "fatale" au fil de l'eau en été, en particulier dans les précieuses zones encore un peu naturelles, et dont la valeur écosystémique est à préserver.

Sur la ressource en eau à Peisey-Nancroix (torrent Ponthurin)

1/ (années 60) : prise d'eau EdF pour Tignes-Malgovert, impact paysager : disparition de 3 sur 4 de nos belles cascades en fond de vallée, emblématiques de la porte du 1er Parc National, celui de la Vanoise. Mais bon, ça fournit de la bonne énergie.

2/ (années 70, rajeunie depuis) microcentrale à Landry (et un tronçon du torrent en débit réservé, bien triste à voir).

3/ (années 80 env) gros captage à Rosuel (porte du Parc) dans la nappe d’accompagnement, pour l’eau potable et les canons à neige des Arcs et de Peisey (commune en déficit d’eau). Résultat : un tronçon du torrent carrément à sec une bonne partie de l’année.

4/ aujourd’hui, il reste un dernier tronçon de torrent avec de l’eau qui coule (si pas d’eau alors pas de torrent!), dans un paysage remarquable très accessible le long du GR5 et que la Mairie veut préserver.

5/ la sécheresse arrive, la saison sèche est déjà en avance d’un mois, avec un effet net sur les pâturages de montagne. Les agriculteurs s’en inquiètent, les enjeux redeviennent l’irrigation, et d’actualité l’ancien dicton en Tarentaise « tes prés irrigueras, ton fourrage doublera ».

Pour ça, la prise d’eau projetée (au pont Romano) est exactement au bon endroit pour les prairies entre Nancroix et Moulin. On peut stocker du fourrage, pas de l’électricité. Le chiffre d’affaires d’une microcentrale ne se mange pas.

6/ L’énergie la plus précieuse est celle qu’on ne gaspille pas, l’heure est aux économies. A noter que, dans les conseils de l’ADEME aux candidats pour les municipales, l’hydroélectricité n’est pas même citée dans les énergies renouvelables (il est vrai que le « filon » est épuisé).

Un aménagement hydroélectrique supplémentaire sur le Ponthurin, pour de l’énergie « fatale » produite en été seulement, serait contraire à l’intérêt public. Cette hypothèse est d’ores et déjà refusée par le public à plus de 95 % , selon l’enquête. Ainsi que par les pêcheurs et l’AFB. Et très critiquée par l’Autorité Environnementale.

7/ Assez d’irrégularités !

Il faudrait quand même que GEG cesse de tordre le bras de l’État, et que la Mairie de Grenoble, qui se prétend écolo, actionnaire majoritaire de GEG, respecte les lois et la nature, en particulier la haute valeur écosystémique des torrents de montagne !

Ce qu'on n'aurait jamais dû voir :

a/ couvrir une infraction au Code de l’Environnement (saucissonnage d’un projet) ;

b/ accorder frauduleusement un avantage, comme un tarif d’achat garanti (appel d'offres petite hydro)

c/ couvrir une infraction au Code de l’Environnement en laissant passer la dissimulation volontaire de la présence d’espèce protégée sur l’emprise du projet de terrassement (espèce repérée par GEG sur ses documents de 2016, disparue de ses documents de 2018 soumis à enquête publique)

Eléments complémentaires sur Mediapart et actu-environnement, en cherchant microcentrale.

Paysages sur butimage.

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