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Billet de blog 4 mai 2017

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QUE CES TARTUFFES SE TAISENT !

Qui sont donc ces grands penseurs de la morale politique qui nous conseillent, pour ne pas déchoir, de voter en faveur de M. Macron au deuxième tour ? Des marabouts sentencieux, tartuffes d'habitude.

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Qui sont-ils donc, ceux qui jouent aux hommes de bien pour nous intimer l’ordre de voter Macron au deuxième tour de la présidentielle ?

Bien sûr, il y a tous ceux à qui la politique économique prévue convient parfaitement : M. Fillon qui se sert à sa guise dans la caisse du Parlement, qui affirme une chose et fait l’inverse ; il y a M. Sarkozy et son équipe, les Hortefeux, Guéant Vauquiez, Morano et consorts qui foulaient allègrement les plates-bandes fascistes, banalisant le Front national et lui déroulant un tapis d’apparat pour les futures élections.

Il y a tous ceux, notamment parmi les journalistes, qui, depuis des dizaines d’années regardent sans broncher le retour de cette droite vaincue, discréditée à la Libération, reprendre du poil de la bête. Ces journalistes qui sont accrochés comme des poux à leur propre conception de l’objectivité qui consiste, au mieux, à ne considérer que la surface, l’apparence des sujets, en omettant toute analyse rationnelle, ceux qui laissent croire qu’avec le remplacement de M. Le Pen par Mme Alliot-Le Pen, le FN n’est plus un parti fasciste, ceux qui, à l’occasion de quelque grève, ne donnent la parole qu’à un opposant, choisissant des titres chocs du genre : les usagers pris en otages, mais sans le moindre cillement lorsqu’une entreprise, qui plus est largement bénéficiaire, menace de se délocaliser en Roumanie si les ouvriers ne passent pas aux 37 heures, non, il ne s’agirait ici ni de chantage ni d’escroquerie, ceux qui banalisent l’inversion des normes du droit en détachant les décisions prises par les branches et les entreprises de toute Loi, et la travestissent en mesure technique banale. Il y a deux siècles déjà, Lacordaire disait pourtant : La liberté opprime, la Loi libère. Oui, la loi démocratique doit empêcher le loup libre de dévorer le mouton libre ! Et justement, l’astuce du libéralisme est de tout faire pour libérer les loups, de s’arcbouter à un article 49-3 de notre Constitution, réputée exemple même de la démocratie et, démocratiquement, et flegmatiquement, ouverte à tous les coups d’états.

Oui, on peut préférer la dictature vaselinée des marchés à la dictature à sec des fascistes, mais on peut ne vouloir ni l’un ni l’autre et surtout, on peut vouloir que se taisent tous ces marabouts sentencieux, tartuffes moralisateurs, qui ne se réveillent que tous les cinq ans.

GR.

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