L’HISTOIRE FABRIQUEE
Le Pacte germano-soviétique
L’historien Roy Medvedev, dont le père est mort au goulag, (Le stalinisme : origines, histoire, conséquences, éd. du seuil, 1972) comme le Manuel d’Histoire Critique du Diplo (hors série du monde diplomatique, 2014) nous rappellent que les premiers à signer un pacte avec le IIIème Reich furent, le 30 septembre 1938 à Munich, le Français Daladier et le Britannique Chamberlain. Qui plus est, l’offre d’alliance proposée par les Soviétiques aux Occidentaux ne fut l’objet que de tergiversations dédaigneuses de leur part: Churchill lui-même en convient (Churchill, Mémoires de guerre, tome I, Livre 2, ed. Tallandier) : « L’offre des Soviétiques fut ignorée dans les faits. Ils ne furent pas consultés face à la menace hitlérienne et furent traités avec indifférence, pour ne pas dire un dédain, qui marqua l’esprit de Staline. Les évènements se déroulèrent comme si la Russie soviétique n’existait pas. Nous avons, après coup, terriblement payé pour cela. ». Fâcheux rapprochement avec l’attitude des Occidentaux lors de l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir, les tergiversations franco-britanniques eurent la fin que l’on sait : obligés, depuis un certain temps, de faire face au Japon en Mandchourie, Molotov, sans illusions, signe avec Ribbentrop un pacte de non-agression le 23 août 1939. La délégation occidentale, désarçonnée, rentre à la maison le lendemain.
Décontenancés ! Parce que les occidentaux, encouragés par les mesures prises par le Reich contre les syndicats et les membres du Parti communiste, particulièrement, étaient plus que jamais persuadés, et ils n’avaient pas complètement tort, qu’après l’Anschluss, le Reich se retournerait bien contre le bolchevisme. Entre temps… Trop tard ! Toute honte bue, pour camoufler sa propre incurie, le gouvernement dissout le PCF qui entre dans la clandestinité. La propagande anti-communiste bat son plein contre ces « traîtres »…. Or, dès le 17 juin 40 (après avoir entendu le message de Pétain annonçant la capitulation, la veille de l’appel du général de Gaulle) par la voix de Charles Tillon puis, le 10 juillet, par celles de Maurice Thorez et Jacques Duclos, le PCF clandestin lance un appel à la résistance, c’est-à-dire, n’en déplaise à tous les falsificateurs intéressés, fabricants de « récits » à la Fillon -les prédécesseurs des Lorant Deutsch et Zemmour- un an avant l’invasion de l’URSS par les troupes du Reich ! (Les Fusillés (1940- 1944), ed. de l’Atelier, 2015, dictionnaire biographique sous la direction de Claude Pennetier (chercheur CNRS/CHS Paris I) ; La France dans la tourmente, 1939-1944, Roger Bourderon et Germaine Willard, ed. sociales, 1982) ; Léo Figuères : Et si nous reparlions de la Résistance…, éd. Le Temps des Cerises, 2004).
Quels bobards apprend t-on à nos enfants ?
GR.