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Billet de blog 20 janvier 2017

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LA COLONISATION DE LA PALESTINE PAR ISRAEL CONSTITUE UN CRIME DE GUERRE

La Résolution 2334 du Conseil de sécurité qualifie la politique de colonisation de la Cisjordanie palestinienne par Israël comme une violation grave du Droit international. Le lobby juif en France, le pompeux CRIF, va-t-il mettre une sourdine à ses appels répétés à la solidarité avec les agissements criminels d’Israël ?

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LA COLONISATION DE LA PALESTINE PAR ISRAEL CONSTITUE UN CRIME DE GUERRE

Résolution 2334 du Conseil de sécurité en date du 23 décembre 2016.

Le président Obama avait déclaré lors de son discours du Caire le 4 juin 2009 : « Les États-Unis n’acceptent pas la légitimité de la continuation de la colonisation [israélienne]. Ces constructions violent les accords précédents et sapent les efforts consentis pour parvenir à la paix. Il est temps que ces colonies cessent. » Après avoir obtenu de haute lutte durant son premier mandat un gel temporaire et partiel de la colonisation — excluant les quartiers orientaux de Jérusalem — en espérant qu’il permette de réamorcer le dialogue entre le camp israélien et l’Autorité palestinienne, le président américain n'était pas parvenu à relancer un processus de paix. Malgré leur isolement, les États-Unis mettent leur veto, en février 2011, à un projet de résolution condamnant la poursuite de la colonisation afin de « retirer aux deux parties un prétexte pour ne pas s’engager dans des discussions substantielles » tout en assurant que ce veto ne valait pas approbation de la colonisation.

L’administration Obama a néanmoins tiré un bilan chiffré de l'accélération de la colonisation depuis ce veto de 2011 (600 000 Israéliens vivant en territoire palestinien y compris à Jérusalem-Est, soit 100 000 de plus qu'en 2009), Il faut remonter au vote positif ordonné par Jimmy Carter en 1980 sur la résolution 465, qui condamnait la colonisation à une époque où on ne comptait que 12 500 colons en Cisjordanie, pour retrouver une désapprobation claire à la politique de colonisation menée par Israël.

L’abstention des Etats-Unis, et non son veto, lors du vote de cette résolution 2334 votée, le 23 décembre dernier, par le Conseil de Sécurité de l’ONU, sans qu’aucun membre ne s’y oppose, ne devrait donc pas être une surprise, sinon du fait que, pour une fois, les actes sont conformes aux discours.

La résolution « réaffirme que la création par Israël de colonies de peuplement dans le Territoire palestinien occupé depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n’a aucun fondement en droit et constitue une violation flagrante du droit international, et un obstacle majeur à la réalisation de la solution des deux États et à l’instauration d’une paix globale, juste et durable. Elle exige de nouveau d’Israël qu’il arrête immédiatement et complètement toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et respecte pleinement toutes les obligations juridiques qui lui incombent à cet égard » [...]

Cette résolution est, remarquera-t-on, la 226e qui ait été adoptée par le Conseil de sécurité portant sur le conflit israélo-palestinien, depuis la création de l’ONU, sur lesquels les différents gouvernements israéliens se sont assis ! Vivra-t-elle le même sort, un tiroir de l’ONU, et la poubelle pour Israël ? Pas si sûr.

De toutes façons, elle est désormais intégrée au recueil juridique de référence du Droit international et a cet énorme avantage de mettre, juridiquement, les points sur les i : elle commence par réaffirmer explicitement l’inadmissibilité de l'acquisition de territoires par la force; elle mentionne explicitement " la construction, et l'expansion, de colonies, le transfert de colons israéliens, la confiscation de terres, la démolition de maisons et le déplacement de civils palestiniens"; elle affirme donc que Jérusalem-Est est palestinienne; elle ne parle plus d'Etats juif et arabe, mais israélien et palestinien. En termes légaux, Il s’agit bien d’une amélioration majeure. Ainsi, la colonisation du territoire palestinien -depuis 1967- doit-elle être considérée comme une « violation flagrante du droit international », ce qui constitue, juridiquement, un « crime de guerre » ! Certes, MM. Trump et Netanyahou peuvent passer outre et se trouver au ban du monde entier !

Quant aux médias occidentaux, lors des opérations « Plomb durci » et autre « bordure protectrice », ils vont jusqu’à parler de « guerre ». Oui, on peut dire que l’invasion et les bombardements de Gaza -une bande de plage de 41km de long sur 6 à 12 de large, qui compte 5.200 habitants au km2 -la densité de population qui est la troisième du monde après Monaco et Singapour- montrent, en effet, des images éclatantes de violences « guerrières ». Faire la différence entre civils et « guerriers » dans cette multitude, avant de larguer des bombes au phosphore ?... Lorsque les autorités israéliennes reprochent au Hamas de se servir d’un « bouclier  humain » pour des raisons de propagande, et que les médias occidentaux les reprennent en chœur, tout ce beau monde se vautre, ni plus ni moins, dans l’abjection ! Quelles sont, au surplus, les forces armées en présence : l’armée de terre compte, en Israël, 134000 soldats (365000 en cas de mobilisation générale) dont 12 divisions blindées, 3divisions d’infanterie, 1 division de parachutistes, 1 division d’infanterie aéroportée mobile. L’aviation compte 600 avions de combat et 79 hélicoptères. Cette armée nombreuse, au top de la technique, a doncpeur du bras armé du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam qui se battent contre l'occupation et le blocus de leur pays. Leur effectif est estimé à quelques milliers de combattants qui disposent d'armes légères, de mortiers et de quelques lance-roquettes. Tels sont donc les protagonistes de cette prétendue « guerre » ! (http://www.huffingtonpost.fr/2014/07/10/gaza-brigades-ezzedine-al-qassam-branche-armee-hamas_n_5570321.html).

Les médias français, croupissants, continueront-ils de mettre sous le boisseau le contenu de cette résolution capitale et, toute honte bue, continueront-ils à renvoyer dos à dos occupants et occupés, comme ils mettraient sur le même plan vérité et mensonge, faisant la part belle à ce dernier ?

Les dirigeants  européens se ridiculiseraient, d’avantage encore qu’à leur habitude, en « déplorant » les violences, et en appelant à « la retenue » ( !). Les crimes de guerre ne souffrent d’aucunes nuances.

Ceux qui affirment vouloir combattre l’extrême droite en France, mais la soutiennent en Israël, vont-ils se taire ? Et le lobby juif en France, le pompeux CRIF, qui se pose comme deuxième ambassade d'Israël en France, vont-t-ils mettre une sourdine à leurs appels répétés à la solidarité avec les agissements criminels d’Israël ? Les machiavels de chef lieu de canton s’abstiendront-ils, désormais,  de faire passer, systématiquement, pour antisémites, ceux qui critiquent le gouvernement israélien et sa politique de colonisation ?… (http://blogs.mediapart.fr/blog/pascalboniface/191015/y-en-a-marre )

 Reste aux démocrates qui pleurent à chaudes larmes sur le sort des Syriens, et surtout, aux anticolonialistes de France, forts de cette résolution du Conseil de sécurité, de redoubler d’actions pour que le gouvernement israélien en respecte les termes et que le gouvernement français fasse connaître, énergiquement, sa désapprobation.

GR.

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