Deux articles produits par Ouest-France le 24 février dernier, sur deux affaires distinctes, mais concernant deux jeunes hommes qui ont tout juste passé leur vingt premières années... Deux traitements journalistiques, le meilleur et le pire, sur deux jeunes rennais embourbés, sinon broyés, dans notre société ultra-sécuritaire...
Le premier article, " Un détenu de 23 ans se suicide à Rennes" :
« Il était sous surveillance spéciale au regard de risques suicidaires», précise la CGT pénitentiaire. « Il était placé seul en cellule par rapport à des troubles du comportement qui ne permettaient pas de cohabitation. » ...
L'article est signé et diffusé sur le site du quotidien. L'information, dramatique et révoltante, est étayée, précise...
Le deuxième article, "Un manifestant rennais condamné pour outrage", concerne un autre jeune rennais que je connais et qui a sensiblement le même âge que ce jeune prisonnier suicidé à la prison rennaise "Jacques Cartier" (1).
Une brève parue dans la version papier, non signée, anonyme, mais qui pour le coup engage toute la rédaction.
Passons sur "le manifestant professionnel" ... ("Ouest-France, la voix de son procureur"?)
Relisez plutôt ceci: "Le tribunal n'a pas retenu le délit de violence sur un policier municipal"..."Le tribunal n'a pas retenu le délit de violence sur un policier municipal"... (le policier municipal aurait-il tenté de charger ce jeune homme en simulant un "délit de violence"?)
Passons sur l'accumulation de termes stigmatisant la violence supposée du jeune homme, pourtant récusée par les juges (!) : beaucoup de papier noirci, en pages régionales ! , d'informations vagues et lapidaires successives rappelant des plaintes pour violence que les juges ont pourtant clairement récusées. On se demande où se trouve l'intéret de l'info pour les lecteurs de Ouest-France ? Les effrayer de la présence d'une "terreure" dans les rues rennaises ? un "wanted" journalistiquement placardé... mais qui de l'avis des juges ne vaut cependant que 200 euros d'amendes et quelques heures de TIG (Travaux d'Intérets Généraux)...?
Par respect de la procédure, personnellement, je ne me permettrai pas de faire allusion à " l'affaire en appel", rappelée pourtant ici par le journaliste, de façon très parcelaire, ne retenant que la condamnation pour alourdir le portrait du jeune homme. ( il aurait pu dire à ses lecteurs que si le "parquet a interjeté", c'est que les juges peu convaincus par le dossier des plaignants ont suivi à extreme minima les réquisitions du procureur...)
Enfin, et c'est le clou de cet article pour le moins énigmatique, une dernière "information" qui passera inaperçue pour le lecteur lambda, mais qui permet à Ouest-France et son journaliste, de mettre une dernière couche sur les tares supposées de ce jeune rennais:
"Il doit encore comparaître pour une autre affaire prochainement" ..."Il doit encore comparaître pour une autre affaire prochainement" ...??
Sachez que ni le jeune homme concerné, ni son entourage chargé de sa défense, ne savent quelle affaire est ici évoquée par notre journaliste anonyme...
Question
Et si ce jeune "manifestant professionnel" de 22 ans n'était pas si solide qu'il en donne l'air ? Si votre harcèlement et vos provocations finissaient par le faire craquer... ? Si il finissait par se suicider comme cet autre jeune homme de la prison Jacques Cartier ?
(1) j'ai révélé dans un précédent article que ce jeune rennais s'entend régulièrement appeler par certains policiers qui le croisent dans les rues de Rennes par ce surnom, qui plus dramatiquement aujourd'hui résonne comme une menace: "Jacques Cartier".