Butée

Que faire quand on constate qu'on bute sans cesse sur soi-même ?

Avant de partir, juste un petit mot. Une récente mésaventure me montre combien je ne cesse de buter sur moi même, même à mon âge avancé, d'une manière si semblable à bien d'autres occurences tout au long de ma vie, dans des épreuves souvent pénibles, non seulement pour moi mais, à n'en pas douter, pour ceux que je croise.

Je crois que j'induis, dans des circonstances assez semblables sur certains points, des réactions. Et comme le seul point commun à ces réactions, souvent violentes et blessantes, c'est moi, ce que souvent je finis par découvrir, qu'on me le fasse remarquer ou pas, quelle peut être ma propre position et que puis-je en faire, sinon m'enfuir dépité ?

C'est qu'il s'agit d'une distortion dans la trame de mon être, dans ma construction si l'on veut, dans mon soutenement, dans la manière dont je me suis emparé du monde, dans mon esprit.

Ce défaut, dans certaines circonstances, où se trouvent invoqués mes dieux tutellaires, ce que j'évoquais dans mon précédent billet, se projette au premier plan, et s'expose, dans sa violence presque obscène.

Et fait agir et réagir. C'est que pour moi la connaissance fut une soif inextinguible, se savoir certes, mai aussi d'amour et de reconnaissance tout aussi bien.

Elle fut comme la promesse qu'une fraiche source éternelle jaillirait même au coeur d'un désert si aride qu'il tuerait quiconque s'y aventurerait.

Dans ce désert, j'y étais

Mais, bien entendu cette promesse n'a engagé que moi qui l'ai écouté, ne représentant rien pour ceux en proie à mes soifs et mes dévorations, que malaise et colère. Mes excuses à tous, vivants et morts.

Pourquoi n'ai-je pu changer, ou même simplement me rendre maître des aspects les plus gloutons de ma personne ?

Poser la question y répond, et seule une déconstruction plus complète de moi même en viendrait à bout.

C'est ainsi que sont les hommes, peut être, moi, c'est certain.

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