Autisme : ma pensée en images

Comme je l'ai déjà signalé, l'intérêt de la théorie de l'esprit, c'est justement de théoriser qu'il y a un esprit. Un autre concept, presque aussi fascinant, est la pensée-en-images. Saisissant la balle au bond, voici la mienne.

"E credo l'uom gioco d'iniqua sorte
dal germe della culla
al verme dell'avel.
Vien dopo tanta irrision la Morte.
E poi? E poi? La Morte è' il Nulla.
È vecchia fola il Ciel."

Jago - Otello Verdi - Acte II Scène 2 1

Le long des ans, depuis que je suis rentré plus précisément dans la problématique moderne de l'autisme, comme je dirigeais un modeste CMPP dans le 18° arrondissement de Paris, quand j'étais affronté à une difficulté, et surtout une incohérence entre ce que je ressentais et les (beaux) discours polis ou dépolis des divers protagonistes, j'ai créé des images, surtout à usage privé, mon devoir de réserve au regard de ma fonction m'interdisant d'exposer la structure que je dirigeais, images qui tentaient de transmettre ma perplexité.

Ma pensée en images en quelque sorte.

Ce sont souvent des allégories, et elles font presque toujours référence à des éléments plus personnels et plus intimes, tenant à ma propre trajectoire, ce que j'ai ressenti et, vous le verrez, ce que j'ai ressenti d'obscurément violent, et ce à quoi toute cette violence conduisait.

Vous y verrez donc autant de fenêtres qui, si elles permettent de voir au dehors, livrent aussi passage au regard externe, jusques au cœur de la maison. Elles sont aussi autant d'intérêts particuliers qui sont les miens. Je les ai réalisé sous le GIMP (Gnome Image Manipulation Processing), puisque un autre de mes intérêts particuliers est le logiciel libre

La HAS térassant la Psychanalyse La HAS térassant la Psychanalyse

La HAS Terrassant la Psychanalyse - Allégorie. Un Saint Michel, ou un Saint Georges, archanges, le dernier me rappelant la place Saint Georges, ancien siège de l'association dont je dirigeais le CMPP. Un temps d'illusion ? Un temps de jeunesse, où je croyais encore aux intentions affichées. Vous savez, j'y ai vraiment cru au nouvel autisme, avant de me rendre compte qu'on me demandait surtout de persévérer, et dans l'erreur de préférence, pour ne pas gâcher la pièce,puisque je devais y jouer le rôle du méchant (et du crétin). On est loin de l'appel à la création décentralisée. On est en France, pas vrai.

 

HCQP - Certicifat HCQP - Certicifat

Dura Lex sed Lex - Projet de certification purifiante, d'après l'idée d'un député engagé, ou même de deux après tout, et peut être même plus, si affinités. Un certificat de lustration, de purification, la liberté, la vie.....

Je l'ai emprunté à une autre époque, où, déjà, on se préoccupait d’empêcher une mauvaise influence, à l'aide, entre autre, d'un autre Commissariat Général, celui aux Questions Juives. Je n'ai eu qu'à reprendre un certificat d'époque. Ma mère porta l'étoile, celle de la rédemption sans doute, bénéficia, dans ses études de médecine, du numerus clausus, le seul, le vrai, celui qui me parle à l'oreille quand il est actuellement banalisé pour les médecins en des préoccupations techniques. Elle ne voyagea pas plus loin vers l'est. Et puis les Américains, les voilà, débarquèrent, ce qui est, je crois, une profonde racine de mon attachement pour les États Unis, puisque j'ai une dette de vie envers eux. Voyez, on se débrouille comme on peut avec ses histoires...

pratiques-psy-prohibees-1

 

Le même député m'a inspiré cette signalisation pratique, alors que je me préoccupais de la signalétique des pièces du CMPP

chapeau-psychanalyste
L'encore même député m'a même inspiré ce chapeau, déjà utilisé au moyen age, et qui permettrait, dans l'autisme seulement, bien entendu,  de différentier facilement les psychanalystes des autres, parce que les bougres pourraient bien se cacher. Ce serait pratique... et esthétique en plus. Il y avait bien la rouelle, l'étoile, mais va pour le chapeau, celui qu'on porte.

 

 

2 minutes de haine ABA l'autisme 2 2 minutes de haine ABA l'autisme 2

Les deux minutes de la haine au congrès de  l'association "ABA l'autisme". On ne remarque pas la ministre qui y assiste sans doute. Tout droit venu de 1984, de Georges Orwell, où Big Brother promeut les deux minutes de la haine contre un ennemi emblématique, Goldstein, et non Bettelheim.

L'association a eu plusieurs noms le long du temps, je trouve ce dernier plus explicite, j'aime aussi bien "son" logo

 

Le théatre du packing Le théatre du packing

Le Theater du Packing.

Un très beau cinéma art déco, une apparition inquiétante, mais tout cela est-il bien vrai ?

Histoire de l'autisme 1 Histoire de l'autisme 1

Un docu-drama sur Bruno Bettelheim, le Maudit. Une"mère frigidaire" datant des années 1940

amer frigidaire amer frigidaire

Enfant mes parents furent les premiers dans le petit bourg où je demeurais dans les années 50, en face de l’hôpital psychiatrique où, jusqu'à mes 5 ans, j'ai habité,  à avoir un (vrai) Frigidaire, celui conçu par Loewy - Encore un américain comme dirait Dieudonné. Vous ne m'en voudrez pas pour l'anachronisme car le théâtre est un décor du film Technicolor 3 - bibande MGM de 1929,  "It's a great Life", avec les sœurs Duncan et Lawrence Gray, réalisé paar Sam Wood et miraculeusement préservé - C'est le premier plan d'une séquence musicale étourdissante, traitant de la douce campagne de l'Indiana, et le décor (sans doute un trucage) est splendide. J'ai un peu raté la perspective du Frigidaire....

Choix Choix

Choisissez !

Faire confiance Faire confiance

On y va les yeux fermés - Publicité de l'État incitant les populations à confier leurs enfants aux psyKK infiltrant ses propres services, lui qui n'y est pour rien.

Ue faire ? Ue faire ?

Ah la question psychanalytique, le problème psychanalytique, qu'en faire, comment les résoudre, puisque seul cela compte, comment les résoudre. Chez nous il n'y a pas de problèmes, il n'y a que des solutions, heureusement.

Emprise Emprise

Ils sont partout Contrairement à ce que vous pensez, c'est un sorcier !.

repentir

L'essentiel, c'est de se repentir de ses erreurs. Heureusement qu'on peut y aider.

ABA ABA

 Il n'y a que le résultat qui compte, pas vrai.....

robot-aba

Les Méthodes qui Marchent, comme dirait l'ex-future Maire de Marseille - Mais aussi la neurodiversity, maintenant. Encore les Américains....

 

ecoutons

 Mais avant tout, il faut prôner le dialogue - Que cent fleurs s'épanouissent, que cent écoles rivalisent !

 

Théâtre de l'Autisme

D'aucuns vont m'en vouloir, de vouloir faire rire sur un sujet si grave, même si le rire ne concerne que certains acteurs du théâtre de l'autisme. On me pardonnera bien volontiers de n'y avoir point inclus d'auto-caricature contre les psy, dont je suis, qui ne manquent pas de travers piquants, parfois amusants voire grotesques mais ne sont, dans leur grande majorité, et quoiqu'on souhaite en faire accroire, ni des imbéciles, ni des criminels, ni les deux. J'aurais aimé en avoir de ces caricatures provenant d'autres opinions. Las, là bas c'est le sérieux qui domine, celui qui donne le frisson, frisson qui est un bon signe clinique induit par certains, parce que, quand l'effroi vient, le diagnostic aussi. On se forge une sémiologie pratique avec l’expérience, et il n'y a même pas parfois besoin de rencontrer les personnes, les lire, les voir, les entendre suffit parfois.

Mes images, souvent, renvoient à un passé brutal, et sans nuance, ou les théories, déjà prétendument fondées sur "la science", se voulaient claires, simples et purificatrices. C'est ce que j'ai lu dans le fil des débats et des événements. Mis dans la mauvaise charrette, le mauvais wagon, comment en sortir ? Et bien ce n'est pas possible, comme de montrer qu'on est pas coupable. Se justifier, admettre les erreurs passées, autant de choses inutiles et sans action. Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.

Théâtre de l'autisme, tant l'affaire se joue sur scène, dans le paraître, dans le conte, le story telling (c'est plus moderne), l’esbroufe, l'à peu près, dans ce théâtre-novlangue appauvri, réduit à quelques scènes, quelques répliques, toujours les mêmes. Bettelheim, la psychanalyse impure, corrosive, qui est partout, qui veut tout prendre, l'ABA robotisant, les choix binaires, la culpabilisation des innocents, mais aussi l'éthique, le sujet, la science, le cerveau, l'esprit, nos valeurs, la maltraitance. Les bonnes théories contre les mauvaises. Et vice versa. Et je prends parti, car je défends mes idées, mes valeurs, mes croyances, mes convictions.

Et puis après toute cette dérision il y a, après tant de déferlements de passions autour d'un scénario si pauvre, les scribes, les raisonneurs, les fonctionnaires opiniâtres car immortels, les ordonnanceurs, les ordonnateurs, les reclasseurs, les rédacteurs vont s'y mettre pour codifier tout ça. Tout ce joli monde met en musique les folies raisonnantes, derrière la raison desquelles ils se sentent à l'abri, comme le sont, pensent-il, les politiques à la petite semaine, à la petite année, à la petite éternité....

Ce qui manque terriblement c'est une raison dans ces maelströms de folie, gros d'effondrements à venir, tant cette folie emporte mêlées les passions et les douleurs, dans une explication simpliste, un choix absurde, puisque opérant sur un délire, qui mime le réel, mais ne l'est pas,  et qui entraîne tout le monde à l'abîme.

Toute la raison est ailleurs. Cette raison on peut la retrouver en écoutant et en parlant avec des autistes, avec leurs parents. Et en agissant, souvent avec des petits bouts de ficelle, en ajustant ça et là des trajectoires hectiques, en bricolant de bric et de broc  Car tout ce qui manque à ces décideurs, c'est un peu de pratique, alors que ce dont ils sont gavés, ce sont les théories et les argumentaires.

Et puis viendra un 4° plan autisme, tout aussi pauvre que les précédents. Pauvre en ce qu'il ne se donnera pas comme but de suturer les deux berges de la plaie béante des dispositifs sensés venir en aide aux personnes autistes et à leur famille, mais bien plutôt de poser du sparadrap sur l'une d'entre elles, avec une œillade complice aux spectateurs.

Toutes ces images sont ma création, protégée par mes droits d'auteur, et ne sauraient être reproduites qu'avec mon autorisation expresse

1 - On écoutera avec bonheur ce passageà la fin de l'air dit Credo de Iago, chanté par l'extraordinaire Lawrence Tibbett, le samedi 12 février 1938, au Metropolitan Opera de New York, représentation radiodiffusée sur NBC Blue, et dont l'enregistrement intégral sur disque à la volée, en direct  a survécu, comme tant d'autres, sous un son très présent et très correct. Lawrence Tibbett y est particulièrement impressionnant dans ce passage, où les craquement d'époques peuplent les silences qui découpent les dialogues (e poi, e poi....). L'opera, dans nouvelle un mise en scène d'Herbert Graf, avait ouvert la saison du Met fin 1937. Les autres artistes sont Elisabeth Rethberg (Desdemona) et Giovanni Martinelli (Otello)

Lawrence Tibbett - Credo (Otello) © mioverdi

 

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