POUR LE CINEMA INDEPENDANT, POUR L’EXCEPTION CULTURELLE

Après Cannes, l'art et l'industrie du cinéma sont en plein débat sur leur indépendance. Le poids des mastodontes, géants de la distribution et plates-formes numériques, menace le marché des films et la création elle-même. Contre une économie du cinéma abandonnée aux griffes du tout-marché, le choix de l’équipe culture de la France Insoumise est celui d’un cinéma indépendant.

Il y a une économie spécifique du cinéma français. Celle-ci, à l’heure de la globalisation et de l’hégémonie néo-libérale, assure toujours au 7° art de notre pays un haut niveau de qualité. Ce système est le résultat de nombreuses luttes des professionnels et de l’action de différents organismes du secteur. Il est aujourd’hui menacé. Ce n’est pas un hasard si à l’occasion du Festival de Cannes des réalisateurs et producteurs du monde entier lancent un appel dans le journal le Monde intitulé « Sans la France, son modèle de financement et cette protection des créateurs, nos œuvres ne pourraient exister ». L’inquiétude des professionnels étrangers rejoint le constat de la Société des Réalisateurs de Films qui dans un texte récent dénonce « la pression du marché devenue telle aujourd’hui qu’elle contamine tout le processus, de l’écriture à la commercialisation des films ».

Arrive maintenant le rapport de Dominique Boutonnat (producteur, co-auteur d’un Rapport sur le financement privé de la production et de la distribution cinématographiques et audiovisuelles). Pour lui, les financements publics ne pourront pas augmenter. Donc il s’agit d’attirer dans un « esprit entrepreneurial » les investisseurs financiers privés. Mais pour arriver à cette fin, paradoxe classique et intéressé de la pensée néo-libérale, il faut d’abord un « fonds soutenu par les pouvoirs publics » ; Emmanuel Macron s’est empressé de répondre à cet appel en débloquant 225 millions d’euros. Bref au lieu de conforter un système que les professionnels du monde entier nous envient, il s’agit de le laisser péricliter par manque de ressource et d’abandonner la production cinématographique au tout marché. Pourtant des solutions existent comme demander aux chaines de télévision de respecter leurs obligations et tout particulièrement le groupe France Télévision, de revoir à la hausse la taxation des plus importantes plateformes comme Netflix, de renforcer au lieu de les fragiliser tous les dispositifs existant allant de l’aide à la production, aux salles indépendantes ou encore à l’éducation à l’image.

 

Faire un choix politique : celui d’un cinéma indépendant libre des contraintes du marché.
Choix qui conditionnera l’état général du cinéma : les créateurs, en amont et en aval de la production, n’ont pas à choisir entre l’aspiration par le divertissement de masse et la grande précarité ; le public doit bénéficier d’un important maillage territorial en salles indépendantes, et, à travers lui, de la pluralité et la diversité des œuvres cinématographiques.

Notre choix d’un cinéma indépendant est le plus sûr garant de l’exception culturelle.

 

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