IL N’Y A RIEN DANS LE RAPPORT ORSENNA SUR LES BIBLIOTHEQUES.

Erik Orsenna a remis son rapport sur les bibliothèques au Président de la République et à la Ministre de la culture. Un rapport qui fédère les bouts de ficelles, dénué de toute vision d'avenir.

Le « rapport Orsenna », c’est zéro ambition et, logiquement, aucun budget à l’appui.

. Extensions d’ouvertures
Les deux principaux verrous aux extensions des horaires d’ouvertures étaient les effectifs, leur formation, et les budgets. Le rapport parle de « mutualisation de personnels entre bibliothèques et agences postales », et propose un budget additionnel de 8 millions d’euros pour la DGD, jugé par « Le Monde » lui-même comme « loin d’être suffisant » pour financer l’ensemble des coûts, alors que des collectivités, sous le coup de restrictions de dotations, ont déjà dû réduire leurs budgets culturels et fermer des bibliothèques.
Rien ou peu pour motiver les collectivités, rien pour les personnels : le rapport Orsenna est un missile contre les extensions d’ouvertures, contre le service public de la lecture.
La France Insoumise s’est prononcée pour les ouvertures dominicales, mais avec des ambitions économiques (budget culture de 1% du PIB), sociales et de formation.


. Vision de la bibliothèque de demain
Ce rapport voit dans les bibliothèques de demain, au-delà de leur fonction naturelle, « des lieux de vie et d’échanges ». Elles le sont déjà, dernier rempart de la vie sociale et des services publics en désertification, et appréciées à juste titre pour cela. Mais on ne peut leur faire jouer ce rôle à titre permanent.
La bibliothèque est avant tout un outil public de promotion de l’écrit et de la lecture, L’animation en bibliothèque, dans et hors les murs, ne peut compenser l’état catastrophique d’une société, mais découler d’un projet culturel et éducatif autour des livres dont chaque établissement et les personnels doivent être les moteurs, en lien et en partage avec les usagers. . Aucune grande vision d’avenir, aucun autre projet dans le rapport Orsenna que l’extension des horaires d’ouverture et les partenariats entre collèges et lycées, déjà contenus dans le Livret Culture de la France Insoumise dès 2017.


Le rapport évite l’essentiel, le rôle capital du service public de la lecture dans l’édification d’une société maître de son destin, la culture pour toutes et tous.


Autant dire qu’il y a aussi peu dans ce rapport que dans toute la politique de Mme la Ministre. Qu’il faille infliger aux usagers de la culture un plan « Cap 2022 » pour arriver à ça dresse un constat désolant et catastrophique de la culture macronienne. 

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