Gilles Rotillon
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Billet de blog 15 août 2022

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Le climat et la fin du mois (1)

Comme annoncé dans le billet précédent, je publie ici le premier texte délaissé par l'OFCE pour que le lecteur puisse juger de sa pertinence. L'introduction date évidemment mais elle me semble hélas toujours d'actualité si on en juge par l'été que nous sommes en train de vivre.

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Introduction

On se souvient de l’apostrophe enflammée de Jacques Chirac au quatrième sommet de la Terre à Johannesburg en 2002, dix ans après celui de Rio qui avait lancé les préoccupations environnementales : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », avertissement qu’il avait immédiatement oublié une fois revenu en France en continuant lui aussi à regarder ailleurs.

Pourtant, l’été qui vient de s’écouler en multipliant les événements extrêmes comme le dôme de chaleur au Canada, les inondations en Allemagne, en Belgique et en Chine, les records de chaleur en Espagne ou au Maroc, devraient nous rappeler ce qu’il en coûte de détourner le regard, les Conventions-cadres des Nations-Unies sur les changements climatiques s’égrenant sans grands effets de Rio 1992 à Glasgow, la vingt-sixième et dernière en date. Ni celle de Kyoto en 1997 qui avait abouti à la signature d’un Protocole entré en vigueur (l’expression est trompeuse) en 2005, ni celle de Paris en 2015, saluée pourtant comme la prise de conscience planétaire de la gravité du problème climatique, n’ont pour l’instant débouché sur une baisse sensible des émissions mondiales des gaz à effet de serre (GES). Au contraire, celles-ci continuent à augmenter.

C’est là le fait massif le plus important de cette question climatique. Si aujourd’hui elle est devenue incontournable, signe que, depuis Rio en 1992, beaucoup a été fait pour que le grand public, les institutions publiques et privées, les dirigeants politiques ne puissent plus « regarder ailleurs », on doit constater que ce qui était de l’ordre du nécessaire n’est toujours pas suffisant. Malgré toutes les initiatives de tous ordres (législatives, privées, militantes, …) les émissions de GES restent à la hausse rendant plus qu’improbable le vœu formulé à la COP 21 de Paris de ne pas dépasser les 2°C en 2100, voire de limiter la hausse des températures à 1,5°C. C’est le rappel têtu du réel qui conduit à ce que se multiplient les propositions pour sortir du cercle vicieux où nous semblons pris, sans que, pour l’instant un changement de trajectoire s’opère.

Le dernier rapport du GIEC, publié le 9 août, réduit encore un peu plus le temps qui reste pour le faire, ce qui passe d’abord par une baisse importante des émissions de GES à court terme. Il confirme également que les dommages potentiels risquent de passer des seuils d’irréversibilité qui pourraient remettre en cause les conditions de vie sur des parties étendues de notre planète. Parallèlement, en France, la commission sur les grands défis économiques initiée par Emmanuel Macron et présidée par Olivier Blanchard et Jean Tirole, a remis son rapport, lequel porte notamment sur le changement climatique, les deux autres défis étant les questions des inégalités et de la démographie. Composée exclusivement d’économistes issus des plus prestigieuses universités, le rapport confirme l’urgence d’une réaction pour lutter contre le changement climatique, puisque, comme il l’explique p.130, « notre budget carbone mondial sera nul à la fin de 2031 ». Pourtant, non seulement les propositions faites pour lutter contre le changement climatique ont toutes les chances de rester dans les tiroirs, mais la nature même du défi qu’il est censé traiter est mal définie, conduisant à un diagnostic erroné, dont le signe le plus flagrant est justement cette séparation entre le défi climatique et celui des inégalités, comme si les deux pouvaient être abordés indépendamment l’un de l’autre. Car on ne règlera pas la question climatique, qui exige la baisse drastique des émissions, en annonçant seulement du sang de la sueur et des larmes aux générations actuelles assorti d’une vague promesse d’aider les plus défavorisés. C’est à ces deux questions liées, le climat et les inégalités, que sont consacrés les deux billets de ce blog. Le premier traite des propositions que les économistes académiques, dans leur grande majorité, considèrent être la solution au changement climatique. Notre objectif est d’en montrer, d’une part, l’inconsistance sur le plan des arguments utilisés, et, d’éclairer les raisons qui font que l’unanimité de cette communauté, n’ait finalement pas réussi à convaincre les décideurs d’appliquer leurs recommandations. Le second texte sera, quant à lui, consacré à une tout autre analyse du changement climatique qui, si elle ne donne pas les clés pour le traiter immédiatement, indique la direction qu’il faudrait prendre pour le faire.

1 L’analyse économique standard du changement climatique

Dans la section 1 du rapport Blanchard-Tirole intitulée Le problème climatique, on peut lire p. 150, en introduction du paragraphe consacré à la tarification du carbone présentée comme « le meilleur compromis entre la " fin de mois " et la " fin du monde " », l’énoncé du principe général de l’analyse économique de cette question telle que la comprenne les économistes académiques dans leur grande majorité : « Dans une économie de marché où prévaut la liberté des acteurs, consommateurs et entreprises n’ont pas naturellement tendance à prendre en compte le budget carbone mondial dans l’élaboration de leurs plans d’action. Ainsi, « le changement climatique est la plus grande défaillance du marché que le monde ait jamais connue » (Stern, 2007). »

On trouve dans cette phrase deux postulats impensés comme tels, une réalité dont on ne comprend pas la raison et, en creux, la « solution » du problème posé. Le premier postulat, c’est l’individualisme méthodologique, qui conçoit la société comme une collection d’individus libres par nature. Le second, c’est l’idée que le marché est la structure essentielle où cette liberté s’épanouit. La réalité, c’est le constat que les acteurs de cette économie de marché, n’en perçoivent pas toutes les contraintes, ce qui, par parenthèse, incite à se demander s’ils sont aussi libres que ce qui est postulé au départ. Et la « solution » découle du constat de cette « plus grande défaillance » qu’il va s’agir de supprimer et dont Pigou a défini le contour dès 1920 avec le principe pollueur-payeur.

Le consensus comme preuve

La position des économistes académiques se justifie d’un syllogisme qu’on peut expliciter comme suit : Majeure, Le problème climatique est avant tout un défi technique auquel seuls les experts peuvent apporter des réponses. Mineure, Les experts, tous économistes de la commission Blanchard-Tirole, constatent le consensus de la grande majorité de leurs collègues sur l’application du principe pollueur-payeur pour pallier « la plus grande défaillance du marché que le monde ait jamais connue ». Donc, ce principe est la solution principale au changement climatique.

On trouve évidemment dans le rapport de la commission de longues citations explicitant ce consensus, comme p.121 où il est fait état d'« un large consensus parmi des économistes issus de la sphère universitaire du monde entier » ce qui justifie pour ces experts que, « Conformément au large consensus régnant parmi les économistes académiques, nous préconisons une stratégie ambitieuse de tarification du carbone visant à forcer tous les pollueurs à internaliser les conséquences de leurs actes. » On notera ce « conformément » qui sert de preuve à la justesse de la préconisation et vient « logiquement » conclure le syllogisme. On notera aussi qu’il faut « forcer » les agents, ce qui réduit quelque peu la liberté qu’on leur accordait par hypothèse.

C’est ce même consensus qui justifie le recours à une taxe uniforme et sans exemptions de toute tonne de carbone quel qu’en soit l’émetteur et le lieu d’émission, car

« « Il existe à ce sujet un large consensus parmi les économistes académiques du monde entier.» (Rapport Blanchard-Tirole, 2021, p. 157).

Et c’est le même Christian Gollier, auteur avec Mar Reguant du chapitre climatique dans le rapport, qui, dans son livre de 2019 Le climat après la fin du mois, citait le propos de Catherine Wolfram, professeur à Berkeley, qui déclarait en 2019 qu’il « faut travailler dur pour trouver un économiste mainstream qui ne mette pas une taxe carbone universelle tout en haut de sa liste de réformes évidentes à mener », ou qui écrivait, cette fois-ci avec Jean Tirole dans une tribune du Monde des 5 et 6 septembre 2021 titrée « Se désintoxiquer d’urgence du CO2 », « qu’il existe (…) un fort consensus parmi les économistes pour mettre en œuvre le principe pollueur-payeur partout où c’est possible ».

Sans doute n’est-il pas nécessaire de s’étendre davantage sur ce point et de tenir le consensus des économistes pour un argument justifiant leurs propositions, consensus tout aussi partagé avant la crise de 2008 qui leur avait valu cette question de la Reine d’Angleterre, lors d’une visite de la London School of Economics demandant « Comment se fait-il que personne ne l’ait prévue ? »

  • De la théorie à la pratique

Toutefois, du consensus à la mise en œuvre effective d’une taxe carbone universelle, « partout où c’est possible » comme l’écrivent Christian Gollier et Jean Tirole, soudain devenus conscients que le consensus des économistes sur leur science et son efficacité risque d’être insuffisant pour rendre opérationnelle leur proposition, il y a toute l’épaisseur du réel.

Car les incertitudes sont nombreuses. C’est le cas de la valeur tutélaire du carbone, peu fiable à moyen terme, car

« C’est la métrique pertinente à utiliser pour mesurer la création de valeur sociale qui résulte de l’effort pour le climat (…) mais avec une incertitude qui reste très forte, en particulier pour des augmentations de température au-delà de +2 °C. » (Rapport Blanchard-Tirole, 2021, p.146).

Mais s’y ajoutent des divergences entre économistes, (constatation qui fragilise davantage l'usage de l'argument d'autorité à propos du consensus), à la fois sur le niveau visé d'augmentation de température et sur celui du taux d'actualisation pour évaluer les dommages. Valeur essentielle pour évaluer les dommages dans le temps, mais qui a toujours été l’objet d’un débat entre économistes, notamment à l’occasion de la publication du rapport Stern (2007), qui utilisait un taux de 1,4%, critiqué par William Nordhaus dès 2007 préférant le taux de 6% conduisant à des politiques opposées, l’action immédiate pour Stern et l’attente pour Nordhaus.

Cela n'empêche pas les auteurs du rapport d'affirmer crânement p.146 que « Tous comptes faits, pour estimer le coût social du carbone, un taux d’actualisation de 2 % ou 3 % semble justifié. ». C'est le miracle de l'expertise, qui n'a même pas besoin d'expliciter ces « comptes tout faits » pour décréter ce qui lui « semble » justifié. Ce qui n’empêchait pas Christian Gollier (2019), de justifier longuement, mais sans plus convaincre,[1] la valeur de ce taux, qui selon lui était alors de 4%.

Et au-delà des incertitudes, il y a la nature de la tâche qu’ils s’assignent. On peut en avoir une idée quand ils expliquent que la définition de la politique optimale implique de « déterminer le coût marginal d’abattement pour chaque action climatique, chaque acteur économique et chaque secteur, en tout lieu et pour toute personne. » Tâche effectivement « herculéenne » comme ils la qualifient eux-mêmes.

Enfin il y a l’écart abyssal entre la théorie sûre d’elle-même appuyée par le consensus qui ne doute pas de l’équivalence entre taxe et marché de droits prouvée dans les manuels, tout en reconnaissant qu’« en raison du risque résultant des objectifs de quantités, les spécialistes sont aujourd’hui unanimes : les objectifs de prix doivent être privilégiés. » (p.161). C’est que « la mise en place d’une telle taxe européenne, à un niveau cohérent avec les ambitions climatiques de l’UE, ne se concrétisera jamais au sein de l’Union, en raison du principe d’unanimité nécessaire à toute réforme fiscale dans cette juridiction. Par conséquent, la bonne solution consiste à fonder la tarification du carbone en Europe sur la base du système SEQE-UE. » (p.172). Il semble en effet que les pays européens soient moins convaincus de l’équivalence entre taxe et marché de droits, la conception qu’ils se font de leurs intérêts ayant toujours empêché la mise en place d’une taxation européenne. C’est ce qui conduit nos experts à se donner des objectifs de prix, (puisque les spécialistes sont unanimes) tout en recourant au système SEQE qui fonctionne en définissant un nombre de permis a priori, donc à partir des quantités fixées. On ne s’attardera pas ici sur la complexité du système « amélioré » du marché de permis, impliquant la fixation de deux prix et d’un nombre de quotas, qui reste pour l’instant une proposition dans un rapport. On peut cependant douter qu’elle soit de nature à réaliser l’objectif qu’ils se fixent d'avoir une trajectoire prévisible pour le prix futur du CO2, sur une longue période pour favoriser les décisions d’investissement des entreprises.

  • Comment pallier « la plus grande défaillance de marché » ?

La solution à cette défaillance découle de la conception que nos économistes se font de la société. Sous l’hypothèse de l’individualisme méthodologique, elle est le résultat des interactions des agents dans leurs décisions de consommation et de production et qui découlent de leurs préférences. Si celles-ci sont données, les décisions se font sous contraintes et c’est donc en agissant sur ces contraintes que l’on pourra changer les comportements. C’est bien le rôle de la taxe ou du quota que d’inciter les agents à internaliser l’externalité créée par la défaillance de marché.

Mais contrairement à ce que postule l’individualisme méthodologique, les humains ne naissent pas avec des préférences déjà formées. Bien au contraire, il y a des hommes et des femmes qui se sont humanisés dans les liens sociaux qui les ont progressivement constitués tout au long de leur vie, (et dont le confinement récent dû à la pandémie a montré l’importance sociale quand ces liens sont dissous ne fut-ce qu’un temps), et les ont évidemment rendus tous uniques puisque les biographies individuelles sont toutes distinctes. Mais ce n’est pas l’inverse qui est vrai. Ils ne naissent pas uniques pour ensuite exprimer leur personnalité profonde, déjà présente dès la conception. Les enfants sauvages le montrent à l’évidence, chez eux il n’y a pas de personnalité, de caractère inné, de langage, de capacité d’abstraction. Ils ne sont pas devenus humains et ils ne le seront jamais. L’homme a besoin des autres et du monde des hommes, à commencer par la langue qui préexiste à sa naissance, de la culture qu’il y trouve, de la technologie disponible, des connaissances qui s’y sont accumulées et qu’il doit s’approprier pour devenir homme ou femme (et celle-ci a eu beaucoup plus de mal que celui-là pour être acceptée comme genre, justement parce que les liens sociaux qu’on lui imposait étaient beaucoup moins riches et variés que ceux des hommes). Comme le dit Spinoza, l’homme se croit libre parce qu’il est ignorant des causes qui le font agir.

Cette fable de la liberté individuelle est indispensable à l'individualisme méthodologique pour justifier du comportement intéressé des agents qui ne suivent que les préférences dont ils se trouvent dotés dès l'origine et ne peuvent ensuite qu'être responsables de leur situation, ce qui, accessoirement, permet de le leur reprocher ensuite. Ce que fait souvent implicitement le rapport en insistant sur l’acceptabilité sociale, toujours fragile et limitée par la « tragédie des horizons » que le bon peuple semble avoir bien du mal à percevoir. C'est sans doute pourquoi la théorie méritocratique qui justifie les statuts sociaux par les efforts de leurs titulaires à « investir » dans leur propre « capital humain » trouve tant de crédit chez les économistes académiques, qui cherchent à la justifier « sous le voile d'ignorance » cher à Rawls en imaginant une pré-société où personne ne connaîtrait sa place future mais en accepterait in fine les inégalités une fois les règles sociétales fixées rationnellement. Il n'est pas sûr que les milliers de travailleurs qui se retrouvent licenciés dans des entreprises bénéficiaires se considèrent aussi libres que les économistes académiques le pensent.

Il y a pourtant une réelle difficulté à défendre l'idée qu'une économie de marché est fondée sur la liberté des acteurs, quand, dans le même temps, on reconnaît que ce même marché fourmille de « défaillances », ce qui devrait logiquement conduire au moins au soupçon que la « liberté » qu'il offre est quelque peu biaisée. Une prise en compte un tant soit peu rationnelle de ce fait, devrait conduire à admettre que les marchés seront toujours incomplets, bourrés d'asymétries diverses qui permettent aux agents mieux informés de se construire des rentes de situation, bref qu'il est vain de vouloir espérer corriger les défaillances de marché au moyen du marché lui-même.

Mais cela ne les empêche pas de vouloir le faire, c'est-à-dire de chercher à réaliser un marché parfait qui est la référence implicite, (et souvent explicite), aux préconisations faites, alors même que cette réalisation se heurte sans cesse aux contraintes réelles qui la rende impossible. C'est le caractère paradoxal de la position théorique de Jean Tirole, qui assure ne pas être un tenant du laissez-faire, ce qu'on peut facilement lui accorder, mais dont toutes les préconisations consistent à vouloir se rapprocher le plus possible de ce mythe du marché parfait, dont le simple énoncé des caractéristiques suffit à le disqualifier comme objectif à atteindre.

En persistant à ne voir la société que composée d'individus ne pouvant se coordonner que par le marché, dont plus de deux cents ans de fonctionnement nous montre les impasses où il nous conduit, et dont le changement climatique n'est qu'un des exemples les plus emblématiques, il ne faut pas attendre des rafistolages des « experts reconnus » plus qu'ils ne peuvent donner : la certitude de continuer sur le même chemin destructeur.

Finalement « la plus grande défaillance du marché » ne sera jamais palliée en suivant les recommandations du consensus des économistes académiques, parce que ces recommandations ne seront jamais mises en œuvre. C’est d’ailleurs un sujet d’étonnement pour cette profession, si sûre de son expertise et si fière de son unanimité, que de ne pas être écoutée par les responsables politiques qu’ils sont censés conseiller. Mais ils sont bien les seuls à être étonnés, parce que ces responsables savent parfaitement que ces recommandations reposent sur des bases très fragiles, se référant à un monde trop évidemment imaginaire pour espérer avoir l’effet attendu sur le réel. Et quand ils l’oublient, ils ont les gilets jaunes et font rapidement marche arrière, au grand désarroi de nos économistes, comme Christian Gollier qui n’a pas de mots assez durs pour vilipender ces réactions égoïstes qui privilégient les fins du mois à la sauvegarde du climat. Il serait pourtant inexact de penser que le repli dans le monde imaginaire de la théorie conduise à disqualifier le discours de l’économie académique. Car si son enfermement dans la théorie « pure » rend ses préconisations inapplicables, il a aussi une fonction politique de justification d’un statu quo où chacun mérite la place qu’il occupe et qui permet au capitalisme de « persévérer dans son être ».

à suivre

Références

Gollier C. (2019), Le climat après la fin du mois, Presses Universitaires de France.

Nordhaus W. (2007), “A Review of the Stern Review on the Economics of Global Warming”, Journal of Economic Literature.

Rapport Blanchard-Tirole, (2021), Les grands défis économiques, France Stratégie.

Rotillon G. (2020), Le climat ET la fin du mois, Éditions Maia.

Stern N. (2007), The Economics of Climate Change: The Stern Review.

Tirole J. (2016), Économie du bien commun, Presses Universitaires de F

[1] Voir Rotillon (2020) pour une critique détaillée de l’évaluation du taux d’actualisation par Christian Gollier.

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