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Billet de blog 20 déc. 2021

Une leçon inaugurale qui n'augure rien de bon !

Le 9 décembre, Christian Gollier délivrait sa Leçon inaugurale, « Entre fin du mois et fin du monde : économie de nos responsabilités envers l’humanité ». D'un expert au Collège de France sur un des sujets brûlants d'aujourd'hui on est en droit d'attendre une analyse de fond. Las, nous n'avons eu droit qu'à un plaidoyer maladroit pour le recours au marché corrigé par l'expert.

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Une Leçon inaugurale qui n’augure rien de bon !

Le 9 décembre 2021, Christian Gollier délivrait sa Leçon inaugurale, « Entre fin du mois et fin du monde : économie de nos responsabilités envers l’humanité »[1] en tant que professeur invité, titulaire de la chaire annuelle 2021-2022 Avenir Commun Durable. Le matin, invité sur France Inter dans l’émission L’invité(e) des Matins, il avait déjà donné un aperçu du message dont il était porteur, message qu’il ne cesse de reprendre dans tous les médias qui lui ouvrent largement leurs portes et qu’il avait développé dans son livre publié en 2019,[2] puis dans le rapport de la commission Blanchard-Tirole sur les grands défis économiques, en tant qu’un des rédacteurs (avec Mar Reguant) du chapitre sur le climat, un des trois grands défis considérés. Une telle présence sur une des questions qui sont devenues incontournables, celle de la lutte contre le réchauffement climatique ne peut qu’inciter à regarder de près les propositions de cet expert pour juger de leur crédibilité.

La Science, la Science, la Science

La justification principale des propositions avancées par Christian Gollier, affirmant ainsi son statut d’expert, c’est qu’elle s’appuie sur la Science qui permet de « remettre de la rationalité dans un débat où les idéologies prennent le dessus au détriment de l’efficacité et de la crédibilité des politiques engagées » comme il l’énonce dès l’introduction de sa Leçon.

Opposant le « court-termisme supposé des marchés financiers et les jusqu’auboutistes de la théorie de la décroissance et de la frugalité, en passant par les préoccupations sur le pouvoir d’achat des gilets jaunes »,[3]il entend démontrer qu’il existe « une théorie scientifique de l’individu et de l’entreprise environnementalement responsable dont on pourrait déduire une technique opératoire d’évaluation permettant de juger chaque action à l’aune de son apport au bien commun ».

On trouve dans ces affirmations qui entament la Leçon à la fois une hypothèse implicite qui n’est jamais questionnée et des recommandations qui ne s’en déduisent avec quelque force que si cette hypothèse est bien vérifiée. Si on suit à rebours ce que nous dit la dernière phrase, la technique opératoire qui permettrait de concilier fin du mois et fin du monde serait d’évaluer « chaque action à l’aune de son apport au bien commun » et cela suppose qu’on puisse disposer d’« une théorie scientifique de l’individu et de l’entreprise environnementalement responsable ». C’est ici que l’on trouve l’hypothèse implicite que c’est en s’attachant aux comportements individuels que l’économiste entend « remettre de la rationalité dans le débat ».

Et c’est nécessaire, grâce à la Science, parce que les comportements individuels ne sont pas « alignés » sur l’intérêt général. La raison profonde nous en est donnée à la page 150 du rapport Blanchard-Tirole où l’on peut lire que « Dans une économie de marché où prévaut la liberté des acteurs, consommateurs et entreprises n’ont pas naturellement tendance à prendre en compte le budget carbone mondial dans l’élaboration de leurs plans d’action. »

Traduit en langue vernaculaire, cela signifie que le peuple, bien que libre[4], n’est pas capable d’agir pour l’intérêt général et qu’il a donc besoin des experts pour « l’inciter » à le faire. « L’incitation » étant la forme que doivent prendre les politiques efficaces pour respecter la liberté postulée, à savoir la modification des prix relatifs via une valorisation du carbone qui laissera ensuite les acteurs libres dans le marché de décider de leurs actions en en supportant le coût réel.

C’est l’essentiel de la Leçon, qui commence par présenter la nécessité d’une évaluation des coûts et des bénéfices des actions entreprises, puis l’outil principal de cette évaluation qu’est la valeur du carbone.

La valeur du carbone

Cette valeur si centrale, que va donc nous fournir la Science, c’est la valeur du dommage climatique évité par tonne de carbone. La Leçon ne s’appesantit que sur une de ses composantes, le taux d’actualisation, l’autre étant l’estimation monétaire du dommage à sa date d’occurrence. Celle-ci présente des difficultés évidentes, d’autant plus que ces dommages peuvent se produire dans plusieurs dizaines d’années voire de siècles, et qu’ils dépendront des technologies disponibles et des modes de consommation dans ce futur éloigné. On peut penser que le cours de Christian Gollier abordera ces questions par la suite, mais pour ne s’en tenir qu’à sa Leçon et ne pas lui faire de procès d’intention on ne traitera ici que du taux d’actualisation.[5]

Ce taux, il nous en avertit avec insistance, est un paramètre essentiel dont la valeur modifie considérablement celle du carbone. Sans trop entrer dans la technique, disons juste que plus il est élevé, moins les dommages éloignés dans le temps sont pris en compte et moins l’on a intérêt à investir dans la réduction des émissions de CO2. Ce taux est « le taux de rendement minimum d’un investissement sûr qui compense l’accroissement des inégalités que cet investissement engendre ». Apparaît ici un arbitrage entre une valeur aujourd’hui et la valeur qui serait équivalente à un horizon donné. Ainsi, pour reprendre l’exemple fourni par Christian Gollier dans sa Leçon, si 0,25 € est égal à 1€/1,0435, cela signifie que dans 35 ans, 1 euro a une valeur actuelle de 0,25 euros avec un taux d’actualisation de 4%.

Toute l’argumentation repose sur l’existence d’une aversion aux inégalités qui compare l’effet d’un transfert de richesse d’une génération à une autre. Sous l’hypothèse d’un taux de croissance de 2% par an, la génération dans 35 ans sera deux fois plus riche que celle d’aujourd’hui. Donc un investissement de la génération présente en faveur de celle-ci est un transfert de richesse de la plus pauvre vers la plus riche. La question qui vient immédiatement est celle de la rationalité de ce transfert. Pourquoi un pauvre accepterait de donner aujourd’hui pour améliorer la situation de quelqu’un deux fois plus riche que lui ? La réponse est donnée par le recours au « voile d’ignorance » qui suppose qu’au moment de décider du transfert, la personne ne sait pas si elle est celle qui va devoir payer ou celle qui dans 35 ans va recevoir le transfert. Dans ces conditions, la somme maximum qu’elle est prête à payer traduit son aversion aux inégalités, c’est-à-dire au risque d’être la plus pauvre, une fois le voile d’ignorance déchiré[6]. Et ce qu’illustre l’exemple donné par Christian Gollier, c’est que ce transfert maximum est de 0,25 € qui implique que dans 35 ans la génération la plus riche bénéficie d’un euro supplémentaire. En égalant ces 0,25 € à 1€/(1+r)35, il en déduit la valeur du taux d’actualisation r soit 0,04 ou 4%.

Mais qui décide de cette équivalence entre 1€ dans 35 ans et 0,25 € aujourd’hui ? C’est Christian Gollier qui nous le dit, ce sont « les experts qu’il a interrogé dans la littérature » qui, par la magie de leur expertise sont capables de généraliser à la planète entière la valeur qu’ils attribuent à cette aversion aux inégalités.

Toutefois, rien ne nous garantit que dans 35 ans la richesse[7] aura doublé et Christian Gollier bascule alors dans un futur remplit d’incertitudes, proposant de multiples scénarios entre la fin du monde et le retour d’une croissance séculaire à base de progrès technique. La solution serait de probabiliser les différents scénarios possibles, travail évidemment dévolu aux experts, (dont on se souvient avec quelle maestria ils avaient été capables d’anticiper la crise de 2008), puis de choisir un taux d’actualisation qui permette que dans le pire état du monde, les populations concernées puissent continuer à consommer puisqu’il doit lui sembler évident que la consommation, quel que soit son contenu, doive être au fondement des comportements des individus.

Finalement, sans autre justification que la référence aux travaux d’experts, il nous assure que le « bon » taux d’actualisation pour ce qui concerne les projets visant la décarbonation est de 3,2%.

Ce qui n'empêchait pas les auteurs du rapport Blanchard-Tirole d'affirmer crânement p.146 que « Tous comptes faits, pour estimer le coût social du carbone, un taux d’actualisation de 2 % ou 3 % semble justifié. ». C'est le miracle de l'expertise, qui n'a même pas besoin d'expliciter ces « comptes tout faits » pour décréter ce qui lui « semble » justifié. Et le même Christian Gollier « justifiait » longuement dans son livre un taux de 4%.

Alors, 3,2%, 2 % ou 3 % ou 4% ? Sans doute encore du travail pour les experts.

Une théorie des individus et de l’entreprise environnementalement responsable ?

Mais revenons à l’essentiel, c’est-à-dire aux politiques à mettre en place pour éviter le dérèglement climatique. Car tout ce débat sur le taux d’actualisation n’a pour objectif que d’établir la valeur du carbone qui va être intégrée dans l’évaluation des coûts et des bénéfices de toutes les actions qui vont être entreprises pour réduire les émissions. Que ce soit l’achat des tomates d’Espagne ou de France au marché de Toulouse par Jean Tirole, (exemple longuement décrit dans la Leçon), un changement de technologie par une entreprise ou l’investissement dans l’éolien au plan national.

L’intégration de cette valeur du carbone va donc modifier les prix relatifs des biens et services concernés au détriment des plus carbonés dont la consommation sera réduite avec les émissions correspondantes.

Il ne s'agit pas de nier l'effet de changements de prix relatifs sur les comportements des acteurs, mais affirmer qu'« aucune transition sociétale n’a pu avoir lieu sans un changement radical des prix relatifs » (Rapport Blanchard-Tirole, p.152), c'est inverser l'effet et la cause. Car si le prix des livres a fortement baissé à la suite de l'invention de Gutemberg et permis la diffusion des idées qui ont conduit à la Renaissance et à la Réforme, comme le dit Christian Gollier dans sa Leçon, c'est parce qu'invention il y eu. C'est la transformation des moyens de production des écrits qui a induit le changement des prix relatifs et pas l'inverse.

Mais au-delà de cet effet des prix relatifs, il y a surtout la conception sous-jacente de la société que révèle le plaidoyer pour ce type de politique. De fait, il n’y a que des individus avec leurs préférences et des entreprises vues comme des personnes. C’est pourquoi les politiques « efficaces » ne peuvent qu’être des incitations visant les personnes.

C’est une référence implicite à l'individualisme méthodologique vu par Jean Tirole comme le sous-bassement théorique indispensable à une approche scientifique de l'économie.[8] On peut ainsi y lire p.147 de son livre, que la question est « comment organiser la société pour que les actions qui devraient idéalement, (je souligne), être réalisées par cette myriade d’acteurs le soient effectivement ? » confirmant que la société est, (idéalement), une « myriade d'acteurs » dont il faut coordonner les actions qu'ils prennent selon leurs préférences. D’où l'insistance sur la taxation comme outil principal pour agir sur les comportements et le rappel du credo de l'influence des prix relatifs sur les transformations sociétales.

Cette fable de la liberté individuelle est indispensable à l'individualisme méthodologique pour justifier du comportement intéressé des agents qui ne peuvent alors qu'être responsables de leur situation, ce qui, accessoirement, permet de le leur reprocher. Elle permet aussi, la société n’étant composée que de « je » indifférenciés de les confondre en un « nous » culpabilisateur qui met sur le même plan le chômeur en fin de droits et Bernard Arnaud.

Il y a pourtant une réelle difficulté à défendre l'idée qu'une économie de marché est fondée sur la liberté des acteurs, quand, dans le même temps, on reconnaît que ce même marché fourmille de « défaillances », ce qui devrait logiquement conduire au moins au soupçon que la « liberté » qu'il offre est quelque peu biaisée. Une prise en compte un tant soit peu rationnelle de ce fait, devrait conduire à admettre que les marchés seront toujours incomplets, bourrés d'asymétries diverses qui permettent aux agents mieux informés de se construire des rentes de situation, bref qu'il est vain de vouloir espérer corriger les défaillances de marché au moyen du marché lui-même.

Mais cela n’empêche pas les tenants de l’individualisme économique de vouloir le faire, c'est à dire de chercher à réaliser un marché parfait qui est la référence implicite, alors même que cette réalisation se heurte sans cesse aux contraintes réelles qui la rende impossible.

C'est qu'en persistant à ne voir la société que composée d'individus ne pouvant se coordonner que par le marché, dont plus de deux-cents ans de fonctionnement nous montre les impasses où il nous conduit, et dont le changement climatique n'est qu'un des exemples les plus emblématiques, il ne faut pas attendre des rafistolages des « experts reconnus » plus qu'ils ne peuvent donner : la certitude de continuer sur le même chemin destructeur.

[1] https://www.college-de-france.fr/site/christian-gollier/inaugural-lecture-2021-12-09-18h00.htm

[2] Christian Gollier, Le climat après la fin du mois, Presses Universitaires de France, 2019.

[3] On notera que cette opposition entre deux positions présentées comme extrêmes, donc implicitement fausses, n’a que l’apparence d’une symétrie disqualifiante. S’il n’y a pas de doute sur l’impasse de la « théorie de la décroissance et de la frugalité », le court-termisme des marchés financiers n’est que « supposé ». Ce qui n’est clairement pas l’avis de Christian Gollier quand il écrit dans Finance responsable pour une société meilleure, (PUF, 2019) que s’ils sont améliorables, « il n’existe aucune alternative possible à ces institutions ». Quant aux préoccupations des gilets jaunes on ne sait trop où il les place si ce n’est qu’on comprend qu’elles ne sont pas « rationalisées ».

[4] Où parce que libre ? La question mériterait de lui être posée, car prôner en même temps la liberté comme valeur première et pointer le désalignement des intérêts particuliers revient à donner à l’expert un statut en surplomb qui le fait seul juge de cet intérêt général que le peuple libre ne perçoit pas.

[5] Il faut toutefois noter qu’il en parle dans son livre déjà cité et que j’en critique les résultats dans le mien, Le climat ET la fin du mois, éditions Maia, 2020.

[6] Christian Gollier nous en avertit, c’est nous qui sommes la génération pauvre, donc nous savons dès aujourd’hui que nous allons favoriser une génération deux fois plus riche que nous dans 35 ans. Dès lors pourquoi accepterions-nous une transfert de richesse aujourd’hui puisque le voile d’ignorance n’existe pas ?

[7] Pour Christian Gollier la richesse se mesure toujours monétairement. Sa focalisation sur la nécessité d’une évaluation monétaire des coûts et des bénéfices de chaque action est révélateur de cette conception réductrice.

[8] Jean Tirole, Économie du bien commun, Presses Universitaires de France, 2016.

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