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Billet de blog 30 sept. 2022

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Transition écologique ou rupture sociétale ?

La crise actuelle peut-elle se résoudre avec une transition vers un mode de fonctionnement meilleur ou par une rupture ? La première option tend à parier sur la technologie salvatrice quand la seconde met la politique et ses contraintes au premier plan.

Gilles Rotillon
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On ne peut qu’être frappé de la contradiction entre l’urgence déclarée du changement climatique, associée de plus en plus à la perte de biodiversité, et la poursuite de la trajectoire actuelle de développement basée sur les fossiles, malgré le constat d’une réelle prise de conscience du problème, tant des citoyens, que des politiques ou des entreprises et ce aussi bien au niveau national qu’international.

Et s’il est de plus en plus difficile de nier l’existence du réchauffement climatique, il n’en demeure pas moins que les émissions globales continuent à croître. C’est que les paroles ne sont pas des actes et beaucoup de ces acteurs n’agissent pas pour les réduire, voire même aggravent le problème comme Total Energie.

La cause principale de cette situation c’est notre mode de production capitaliste, dans lequel la création de valeur repose sur un accroissement sans limite de la production, puis de la consommation, accroissement soutenu par des politiques publiques et privées, par la publicité, sans que ne se pose jamais l’utilité sociale de ce qui est produit (les besoins auxquels elle répond). Ce n’est pas la collectivité qui décide de ce qui est produit, donc consommé, mais les propriétaires des moyens de production en fonction des profits qu’ils en espèrent.

Et cela perdurera tant que les entreprises seront sous la contrainte du « profit or perish ». La question principale pour l’entreprise n’est pas de répondre à un besoin social mais de faire du profit. Le gâchis d’intelligence que démontre l’affaire Volkswagen où des ingénieurs ultra-qualifiés mettent au point des logiciels pour paraître conforme aux normes n’est pas un cas isolé mais un mode de fonctionnement. S’il en fallait un autre exemple, l’affaire récente d’Orphéa montre jusqu’où peuvent aller des entreprises dans cette quête sans fin du profit par tous les moyens. Alors même que la population vieillit, que la proportion de personnes âgées croît, une chaîne de maisons de retraite dont le but devrait être de faire de cette période de vie une période sereine, la transforme en mouroir, traitant cyniquement ses pensionnaires comme de la matière première.

Et il s’agit bien d’un système, et non de l’errance de quelques patrons voyous qu’il suffirait de sanctionner. On peut s’en rendre compte en lisant Baise ton prochain, le dernier livre de Dany-Robert Dufour, où il liste une série de pratiques qui existent dans le fonctionnement de l’économie :

  • « Ententes et cartels, abus de position dominante, dumping et ventes forcées, délits d’initiés et spéculation, absorption et dépeçage de concurrents, faux bilans, produits financiers à haut risque (du type subprimes), titrisation de créances pourries, hedge funds permettant de spéculer à la baisse comme à la hausse, manipulations comptables et de prix de transfert, fraude et évasion fiscales par filiale offshore et sociétés écrans installées dans des « paradis fiscaux », détournements de crédits publics et marchés truqués, corruption et commissions occultes, abus de biens sociaux, surveillance et espionnage, chantage et délation, violation des réglementations en matière de droit du travail et de liberté syndicale, d’hygiène et de sécurité, de cotisations sociales, de pollution et d’environnement … Et pour couronner le tout, poursuites-baillons à l’encontre de ceux qui dénoncent ces pratiques »

La conséquence de ce mode de fonctionnement, c’est que l’opposition souvent faite entre « économie » et « écologie » en général n’a aucun sens. L’état écologique du monde est le résultat de plus en plus évident de son fonctionnement économique.

Parler de transition écologique c’est donc d’abord transformer l’organisation économique actuelle, mais sans savoir exactement la nature de l’organisation que l’on va mettre en place. On sait davantage ce que l’on ne veut plus que ce que l’on veut vraiment. Par exemple la question du mix énergétique ne peut pas être réglée par la définition ex-ante d’un mix optimal qu’il suffirait de réaliser selon un calendrier défini (Jancovici n’est pas loin de cette position, typique d’un ingénieur technophyle qui pense avoir les réponses grâce à son expertise). Il y aura nécessairement des tâtonnements, ce qui implique de ne pas trop avoir recours à des technologies qui sont fixées pour au moins quarante ans et deviennent irréversibles à moyen terme (comme le nucléaire, qui de plus à tendance à devenir intermittent[1] avec le problème du refroidissement des centrales devenant de plus en plus difficile à cause du réchauffement climatique et de son impact sur les rivières). Mais on peut dire la même chose sur les modes de transport, de l’habitat ou de l’agriculture.

La manière dominante d’aborder cette question consiste à la traiter techniquement. On détaille les actions, dites « concrètes », qui seraient nécessaires dans les différents secteurs industriels (énergie, transports, bâtiments, agriculture, …), ou dans les comportements des ménages (signal prix, sobriété, (viande, déplacements, usage des ressources naturelles comme l’eau, …)) pour faire baisser les émissions de GES.

Mais décarboner ce n’est pas seulement (pas d’abord) trouver des solutions techniques (la technique ne résout jamais rien, elle règle des problèmes en en créant d’autres et notre situation présente le montre à l’évidence après plus de 200 ans d’innovations technologiques). Plutôt que d’espérer l’innovation technologique miraculeuse, ce qu’il faut d’abord faire c’est discuter de l’organisation d’une société qui permette de se passer des fossiles et de la course sans fin aux profits tout en réduisant les inégalités. Ce qu’il faut, c’est faire de la politique.

La transition écologique n’est pas un problème technique, mais un problème politique.

Et si tant d’actions concrètes ne se réalisent pas (ou peu), c’est d’abord parce que les conditions politiques qui seraient nécessaires à leur mise en œuvre ne sont pas présentes. Nous avons déjà l’expérience historique de l’inefficacité de cette stratégie des « propositions concrètes » avec la « lutte » contre le réchauffement climatique qui, depuis plus de vingt ans accumule les propositions concrètes, dont certaines sont même mises en œuvre, faisant ainsi la preuve de leur insuffisance, avec comme principal résultat l’accroissement des émissions de gaz à effet de serre.

Et ce n’est pas une question de « volonté politique ». La « volonté politique » n’est pas une ressource exogène qu’il suffirait de mobiliser quand on le souhaite. Elle est endogène au fonctionnement de la société telle qu’elle existe aujourd’hui. Si elle est si peu visible c’est précisément parce que cette société cherche à se développer sans limites. Dès lors une « volonté politique » qui impliquerait justement des limites ne peut être que combattue par ceux qui ont le pouvoir et cherchent à ce que cette société perdure.

C’est pourquoi avant de détailler des « propositions concrètes » qu’il suffirait de mettre en place pour changer de trajectoire, il faut d’abord comprendre quels sont les obstacles qui empêchent de les mettre en œuvre.

Pour ne donner que deux exemples : en 2020, en pleine crise du Covid, les industriels du plastique ont demandé de supprimer la norme interdisant le plastique à usage unique, au prétexte que la crise sanitaire avait démontré que ce type de plastique sauvait des vies. C’est une bonne illustration du fait qu’une crise majeure ne suffit pas à remettre en cause le fonctionnement de l’économie actuelle. En 2022 Agnès Pannier-Runacher, alors ministre de la transition énergétique, répondant à l’interrogation d’une femme qui lui demandait comment elle pouvait vivre avec 8 euros de reste à vivre par jour, lui suggérait qu’elle pouvait peut-être changer de mode de chauffage. Comment imaginer que dans un tel contexte politique, avec des industriels et des politiques de cette nature, une « transition écologique », même limitée soit à l’ordre du jour ?

Mais il faut aussi dire à quelle échelle on situe son action.

Car la transition écologique est à l’ordre du jour du monde entier et pas seulement de la France. Comme il n’existe pas d’institutions internationales souveraines, seule la coordination internationale volontaire peut entamer cette transition. A l’heure actuelle, (et les COP en donnent une triste illustration), cette transition est comme l’horizon : une ligne imaginaire qui recule au fur et à mesure de notre marche. Le plus probable à moyen terme me semble donc être la continuation de notre course vers l’abîme, assaisonnée d’une communication verte. Cela implique évidemment de soutenir toutes les actions et les mouvements qui tentent d’alerter au niveau mondial sur l’inaction des décideurs (qui n’ont jamais aussi peu décidé, sinon de ne rien faire). Mais cela ne permet pas d’impulser un changement profond.

Sur le plan européen, la situation est un peu meilleure. Il y a une coordination réelle et un vrai pouvoir d’intervention. Le droit environnemental est pour l’essentiel européen et s’impose aux Etats, même si ce n’est pas toujours immédiat et si des résistances nationales existent (la France a été plusieurs fois sanctionnée, notamment pour la qualité de ses eaux ou l’inaction climatique). Par ailleurs le poids des lobbies est important et vient réduire les champs d’application (par exemple le périmètre de Reach, un règlement de l'Union européenne adopté pour mieux protéger la santé humaine et l'environnement contre les risques liés aux substances chimiques a été l’objet d’une intense campagne de lobbying pour réduire la liste des produits concernés, mais on peut aussi citer le classement récent des énergies « vertes », ou les pesticides, …). Dans le monde, l’Europe est le seul territoire qui ait réduit ses émissions de CO2, (-19,3 % entre 1990 et 2018, contre +98,9% pour l’Amérique centrale et du sud, +205,7% pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord et +247% pour l’Asie)

Il faut toutefois relativiser ces données en notant que les émissions dues aux transports aériens et maritimes ont augmenté respectivement de +118% et +87,6% dont une bonne part correspond à des émissions causées par la consommation des pays riches dont l’Europe.

Il reste que la trajectoire suivie pour l’instant est encore loin de mener à une réelle transition écologique.

Enfin, sur le plan national, l’enjeu de la transition écologique n’est pas d’améliorer l’état du monde (la France pèse peu et serait-elle exemplaire que ça ne changerait pas grand-chose). Il serait plutôt de montrer qu’un pays peut à la fois améliorer son environnement et la qualité de vie de ses habitants (réduction des inégalités, services publics meilleurs). De ce point de vue le bilan du dernier quinquennat est lamentable (en particulier lors de sa présidence de l’Europe où elle n’a pas eu d’actions majeures sur ce thème).

Mais si la nature des obstacles à une transition écologique est moins technique que politique, c’est d’abord à un examen de la situation politique et des contraintes qu’elle implique qu’il faut se livrer.

Après les élections législatives en France, la Nupes est la première force d’opposition et il n’y a pas de majorité absolue pour Macron. De plus, la forte représentation du RN lui pose un dilemme. Il aura du mal à s’allier frontalement après ses discours sur les extrêmes, et en particulier après l’appel au sursaut républicain contre le RN au moment du deuxième tour de la présidentielle. Mais il risque d’avoir des appuis du RN sur certaines de ses réformes et en particulier sur l’environnement, car c’est un domaine où ils sont sur la même ligne (du greenwashing verbal et une inaction réelle). Des députés de la majorité présidentielle appellent déjà à des alliances avec le RN sur certaines réformes, Dupont-Moretti évoque la possibilité d’avancer ensemble avec le RN, et le score du RN aux législatives n’est pas indépendant du refus d’un front républicain par Ensemble.

Il ne faudra donc pas s’attendre à de fortes actions environnementales et à une transition écologique réelle initiée par Macron. Même si Renaissance a une majorité relative, elle pourra certainement s’allier aussi avec LR pour des réformes peu favorables aux services publics et à l’environnement (LR, dont on a pu voir qu’ils n’hésitaient pas à voter RN aux législatives quand il y avait un duel Nupes/RN et qui considèrent l’écologie comme punitive).

L’opposition ne pourra que critiquer les mesures prises et la lutte sera surtout défensive, en ce sens qu’elle ne pourra pas aboutir à des réformes suffisantes. Une motion de censure présentée par la gauche pour cause d’inactivité environnementale n’a aucune chance de recueillir une majorité car elle verrait automatiquement une coalition de fait, Renaissance, RN et LR se constituer sur ce thème.

D’où une activité essentiellement centrée sur l’évaluation des mesures gouvernementales (mesures qui seront a priori peu efficaces par nature puisqu’elles n’ont pas pour objectif de changer de trajectoire, et dont il faudra sans cesse dénoncer l’inefficacité) et au débat public en réclamant des réformes réelles (services publics, réduction du temps de travail, investissements verts, remise en cause des subventions aux entreprises sans conditions, …).

Un des débats qui doit être porté sur la place publique concerne la gestion des entreprises. Moins pour réclamer quelques places supplémentaires dans les CA que de réels pouvoirs de décision sur la finalité de la production, c’est-à-dire sur le contenu de la croissance et des besoins auxquels elle répond. Il s’agit de commencer à remettre en cause le rapport social propre au capitalisme, travail de longue haleine qui ne gagne pas à être remis sans cesse à plus tard. Il y a une bataille des idées à développer (l’entrepreneur n’est pas un « créateur d’emploi » qu’il faudrait remercier de sa grande générosité, tout n’a pas vocation à devenir marchandise, le travail n’est pas d’abord un coût et pas du tout une marchandise, l’inflation n’est pas due qu’à une boucle prix-salaires, seule une politique de droite serait « réaliste »,…). Un programme de droite, fut-il « financé » reste un programme de droite, c’est-à-dire qu’il n’a comme objectif que de maintenir un système qu’il est urgent de changer.

Mais ne pouvant agir pour des vraies réformes, l’opposition sera réduite à montrer l’imposture de la trajectoire suivie et à réclamer un changement d’orientation.

Il faut aussi analyser en profondeur le contexte à la suite des élections et après le mouvement des Gilets jaunes, parce qu’il est révélateur de la situation de crise du politique en France.

C’est un mouvement clairement hétérogène sur le plan politique, entendu au sens habituel, et que les médias ne se sont pas privés de déplorer. Revendications confuses, contradictoires, absence de leaders, racisme, populisme, extrémismes de tous types, les journalistes habitués à leurs grilles d’analyses ne savaient plus comment comprendre cette explosion de colère. C’est que la politique, telle qu’ils la commentent et telle que les partis la pratiquent, est précisément à l’opposé de ce que les Gilets jaunes ont révélé. Il lui faut des leaders bien identifiés, des programmes « clairs » qui permettent les joutes télévisées et le maintien du statu quo. C’est très exactement ce que les Gilets jaunes refusaient, leur seul accord étant leur refus de voir leur situation perdurer. Leur unité n’était ni dans un programme, ni dans un leader, mais dans le refus de leur condition. Et le fait qu’ils aient pris de court, non seulement le pouvoir et les médias, mais aussi les syndicats et les partis traditionnels, n’est qu’une preuve de plus de la fin d’une certaine manière de faire de la politique. Bien entendu, ce mouvement n’est pas une alternative qu’il s’agirait d’imiter, juste un signe que nous sommes en train de vivre une crise profonde qui affecte l’ensemble des rapports sociaux, que ce soit au travail, dans la vie quotidienne ou dans la vie politique. C’est une « expérience naturelle » récente qui vient de nous montrer qu’une union est possible sans en passer par l’entente préalable sur des orientations communes et un programme.

Il faut sans doute des programmes, mais s’ils deviennent des obstacles à leur mise en œuvre en s’opposant les uns aux autres et en empêchant l’union, comme ce fut le cas au premier tour de la présidentielle, il y a un problème ! Comme le disait Foucault, « au point de départ de la politique il y a toujours de l’insupportable », et c’est sans doute une des raisons pour lesquelles le ron-ron de la vie dite « politique » scandée par des élections sans réels enjeux, débouche de plus en plus sur une abstention croissante. Un nombre toujours plus grand de citoyens ne croient plus que le changement puisse venir de ces faux affrontements. Et d’autant plus quand ils ne se font pas sur les sujets essentiels, comme on l’a vu avec l’absence organisée de débats lors des élections (présidentielles et législatives), où l’on n’a notamment pas abordé les questions environnementales et ce qu’elles impliquent de transformations majeures.

La très forte abstention des jeunes lors de l’élection présidentielle, alors même qu’ils sont de plus en plus cités en exemple comme des acteurs essentiels et conscients sur les questions environnementales illustre bien ce décalage de l’action politique « traditionnelle » d’avec des enjeux sociétaux majeurs comme le réchauffement climatique. Pourquoi ne se sont-ils pas mobilisés en masse au second tour pour la Nupes qui était le seul mouvement qui avait une réelle ambition sur ces questions ? Et on pourrait poser la même question à propos de l’éducation, après cinq années catastrophiques sous la houlette de Jean-Michel Blanquer et dont la dernière rentrée vient de confirmer le bilan avec les difficultés de recrutement d’enseignants qualifiés. La fameuse « crise de vocation » est surtout le signe d’une dégradation du métier d’enseignant, autant salariale que liée à ses conditions d’exercice et de gouvernance ministérielle.

Cela semble montrer que la forme de participation à la vie politique ne passe plus par la forme parti et la démocratie dite représentative (et qui l’est de fait de moins en moins). L’abstention elle-même devient pour un certain nombre un geste politique et non pas le signe d’un désintérêt pour la vie collective.

Cette « évolution » impose une réflexion sur les contraintes qu’elle engendre pour des transformations sociales d’ampleur.

Enfin, il faut aussi se poser la question de ce qu’est la « transition écologique ». L’emploi du mot « transition » incite à mettre l’accent sur une évolution sans heurts plutôt que sur une rupture nécessaire avec l’organisation actuelle. Pourtant c’est bien d’une rupture dont on a besoin. D’une remise en cause frontale du mode d’organisation économique et politique de nos sociétés, le monde du profit comme but ultime et de la marchandisation de tout. Il y a là-aussi une bataille d’idées qui doit s’engager tout de suite. Sur la croissance (quel contenu et non pas quel niveau), sur les besoins, sur les institutions, sur le contrôle numérique, (La Commission européenne prépare son « portefeuille européen d’identité numérique ». Rome et Bologne adoptent le « crédit social numérique » à la chinoise. La digitalisation de l’État et son corollaire, l’identification numérique, progressent dans l’indifférence, une nouvelle preuve que la technologie ne résoud rien), sur le sens du travail.

La « transition écologique » ne se fera pas par décret ou en suivant un programme prédéfini qu’il suffirait d’appliquer. Si on la conçoit bien comme une rupture et non une évolution douce, on ne peut pas prévoir les formes qu’elle prendra. Les révolutions ne se font jamais en suivant une feuille de route préétablie. Et la « transition écologique » sera une révolution ou restera un mot d’ordre vide de sens.

[1] Un puriste pourrait faire remarquer qu’il y a quelque abus à parler ici d’intermittence, terme que l’on réserve plutôt aux énergies qui peuvent varier subitement comme le vent ou le solaire. En fait il s’agit ici d’une forme d’intermittence « prolongée » puisque les centrales sont à l’arrêt pour plusieurs jours ou semaines. De fait, c’est pire pour une production d’énergie qui est censée assurer la base de la demande, ce qu’elle ne peut justement plus faire si la moitié des centrales est à l’arrêt pour des semaines.

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