Hérault en panne

Les résultats bruts de ces élections municipales dans le département de l’Hérault peuvent donner d'ores et déjà quelques enseignements: la chute du PS et de son système notabiliaire au profit de l’UMP mais aussi de candidats issus de ses rangs. Citons le cas emblématique de Montpellier où Philippe Saurel, dissident PS,  prend la mairie avec 37, 54 % des suffrages exprimés.

Les résultats bruts de ces élections municipales dans le département de l’Hérault peuvent donner d'ores et déjà quelques enseignements: la chute du PS et de son système notabiliaire au profit de l’UMP mais aussi de candidats issus de ses rangs. Citons le cas emblématique de Montpellier où Philippe Saurel, dissident PS,  prend la mairie avec 37, 54 % des suffrages exprimés.

 

Le système d’un parti fermé et arrogant que constituait le PS s’effrite, par frilosité sûrement mais plus encore par cet appétit de cumuler les mandats et positions sans laisser aucune possibilité d’alliances ou d’évolutions politiques. La cocotte minute a explosé.

 

Ce phénomène passera inaperçu des commentateurs nationaux, mais démontre aussi chez les électeurs votants une volonté tout autant d’exprimer son mécontentement vis à vis du gouvernement que de choisir un maire qui affirme se détacher d’un état major politique pour se rapprocher de la proximité…

 

Cet apolitisme ( de façade) plaît aux électeurs et est même revendiquée par le  nouveau Maire de Béziers qui-dit-n’appartenir-à-aucun parti… mais est soutenu par le FN

Mais si l’on parle FN, il faut noter  qu’il entre dans presque toutes les villes moyennes en tant que groupe d’opposition, citons, Lunel, Sète, Bédarieux, Agde…et dans beaucoup de villes côtières, marquant une implantation réelle dans ces territoires.

 

La gauche du PS : FDG, PCF, PG est plutôt mal en point: 

 

-   Aucun conseiller municipal à Montpellier du FDG,

Elle échoue aussi  dans les bastions communistes malgré un très bon score du PCF à Sète et Bédarieux.

Les listes d’union de la gauche échouent tout autant malgré souvent des scores honorables  comme à Pezenas ( 48%) s’agissant d’une liste d’union de la Gauche dès le premier tour  (1)et même à Montagnac liste d’union de la Gauche issue de primaires citoyennes ( fait rarissime) (48%), (2)

 Les listes Front de Gauche  avec EELV  sont rares et  souvent reléguées au premier tour ( exemple Clermont l’Hérault 9,60%).(3).

  L’une des seules communes qui était et reste dans le giron du PG est Grabels, dont le maire est  co-fondateur historique de ce parti se présentait sur une liste étiquetée PG à la Préfecture . Très connu pour avoir mené la liste régionale FDG/NPA,  aux législatives  il  avait néanmoins choisi, lui aussi,   de déconnecter  l’élection municipale d’enjeux nationaux afin d’éviter d’instrumentaliser le mandat municipal( http://leblogderenerevol.wordpress.com).

 

 

 

Bref, c’est l’image d’un département en panne, qui penche dramatiquement vers la droite extrême…et dont les engagements et l’enracinement à gauche semble gommés par une déraison politique du PS qui a embarqué avec lui l’intégralité de la gauche qu’elle soit gouvernementale ou critique.…

 Au cours de mes précédents articles , j’avais  mentionné quelques éléments d’analyse de cette dérive culturelle, sociale et économique qui se retrouve dans les choix d’urbanisme  des élus locaux  qui ont privilégié la spéculation foncière en créant des zones périphériques de lotissements sans aucune notion de proximité et de quartier..Véritables zones de déréliction où  la peur du déclassement social, économique va de pair avec un clientélisme que l’on dit typique de la façade méditerranéenne !!! 

Pauvreté omniprésente où les chariots de la folie vont bon train dans les supermarchés (http://blogs.mediapart.fr/blog/gilles-sainati/230111/les-chariots-de-la-folie et http://blogs.mediapart.fr/blog/gilles-sainati/240214/les-pauvres-sont-des-citoyens).

Cette fois-ci, pour de bon, le département plonge dans un univers  post-mondialisé où le rejet de l’autre  a relayé le   « volem viure al pais » des années 1970, précipitant les habitants et citoyens mais aussi les militants dans des gestes identitaires,  où les perspectives pour la jeunesse se rétrécissent  et se heurtent à une économie touristique chancelante,  qui sort des diverses crises depuis les années 1980 laminée par une absence de choix politiques volontaristes et un éparpillement spatial.

 

Après ce second second tour, il va être urgent de construire des réponses et des perspectives politiques non pas autour du rêve d’un grand soir et dans l’entre soi militant, mais plutôt autour de réelles perspectives sociales, économiques et écologiques, pour re-donner un sens à la vie en société.

 

 

 

1&2&3 listes que pour lesquelles j’avais apporté mon soutien.  

 

 

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