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Billet de blog 1 mai 2017

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Pourquoi Mélenchon a raison de ne pas donner de consignes de vote

Face à la probable victoire de Macron, il est nécessaire qu'il existe une opposition de gauche dès maintenant.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il ne s'agit pas ici de sous-estimer la capacité de Le Pen à gagner le second tour, et encore moins bien entendu d'y être indifférent ou de souhaiter sa victoire. La campagne catastrophique de Macron depuis une semaine (voir https://blogs.mediapart.fr/godefroy/blog/260417/la-catastrophe-macron-en-marche) amène à un resserement des positions. Mais le paradoxe est que plus Macron est mauvais, plus les écarts se resserrent, plus un certain nombre d'entre nous se sentiront contraints à voter pour lui pour empêcher l'accession de l'extrême droite au pouvoir.

La victoire de Macron est donc probable. Ce sera une victoire basée sur le refus de l'extrême-droite et non sur une adhésion à son programme. Face à ce programme, on ne peut laisser le monopole de l'opposition au Front National.

La stratégie du front républicain mène pourtant inéluctablement à cette issue. Nous en avons maintenant l'expérience. Face à cette stratégie, le FN n'a cessé de s'enraciner, de monter. Tout indique que cela continuera.

Or quels autres partis ou mouvements seront en mesure de s'opposer à cette politique?

Les anciens partis dits de gouvernement se fracturent. Que ce soit chez LR ou au PS, une partie rejoignent, s'apprêtent à rejoindre Macron. Impossible donc pour eux d'être dans une opposition marquée d'emblée. Les partis centristes sont eux en plein accord avec ce programme.

Que reste-t-il donc? La gauche avec la France Insoumise.

Macron veut aller vite dans la mise en oeuvre de son programme. Il entend donc bien sur, s'assurer une majorité parlementaire et agir immédiatement en légiférant par ordonnances.

Il est donc vital que cette gauche soit en état de s'opposer immédiatement. Or comment s'opposer efficacement après avoir appelé à voter pour lui? Mélenchon s'est déjà heurté à cette question en 2012. Comment lui reprocher de ne pas vouloir répéter cette erreur stratégique?

Au contraire, l'opposition de gauche doit s'affirmer dès le lendemain du second tour. L'opposition de gauche doit être crédible dès les législatives, remporter un maximum de circonscriptions. Elle devra être là aussi, dans la rue, massivement si Macron tente de légiférer par ordonnance.

C'est parce que nous ne voulons de l'extrême droite, ni aujourd'hui, ni demain, qu'il est nécessaire de ne pas laisser le monopole de l'opposition au FN, et donc de ne pas se rallier, ne serait-ce que par un appel à voter Macron pour barrer la route à l'extrême-droite.

Mélenchon prend donc la seule position cohérente politiquement, quand on est de gauche: faire confiance à ses concitoyens pour barrer la route au Front National et garantir en même temps une opposition immédiate de gauche au programme de Macron.

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