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Billet de blog 17 août 2021

A qui le tour ? Un gouvernement qui démarre bien mal...

Confronté à une crise de légitimité sans précédent, le président malgache remanie. Tout en violant sa promesse de sobriété. Son gouvernement pléthorique compte des brebis galeuses.

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Avant le remaniement...

Le petit timonier de la Grande Ile flippe alors que les dessous du complot contre sa personne (et on oublie trop souvent "d'autres dignitaires au pays") peinent à se résoudre. On lui prêt l'intention de se débarrasser de son Premier ministre. Il prétend vouloir écarter ceux des ministres qui n'auraient pas donné satisfaction. En tant que citoyens nous serions plutôt intéressés de savoir qui a donné satisfaction et surtout avec quel bilan ? Non parce que si c'est juste pour faire le beau et jouer au courtisan, n'importe qui peut le faire... enfin les moins regardant en matière de probité. Contentons-nous des dossiers qui affectent au quotidien la vie de nos concitoyens :

- Sécurité : A part augmenter le salaire des porteurs d'uniformes, on ne voit pas...

- Economie / coût de la vie : la pauvreté se mue en misère chaque jour davantage, voilà le bilan. Nos compatriotes achètent l'huile non plus en bouteille mais à la cuillère oui, à la cuillère parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Votre bilan n'est pas désastreux, il est honteux. Pendant ce temps-là le ministre signe signe signe. Et se sert au passage. 

- Santé : faut-il vraiment commenter les pitreries covidesques du régime ?

- Eau, électricité : là aussi, ça se passe de commentaire. On se demande combien de fois on devra réécrire ce texte en raison des coupures d'électricité...

- Famine dans le Sud : plus personne ne s'y intéresse. Ce régime a mis les choses au clair. Il y a les vies qui comptent (les leurs) et  celles qui ne comptent pas (toutes les autres). Bref. 

On pourrait continuer sans fin : Education, Environnement, Infrastructures, Agriculture, Pêche, Commerce, Industrie, Culture, ...

... le remaniement...

C'est là que ça devient drôle. On garde ceux qui auraient donné satisfaction. Passons. Et on constitue un gouvernement dit de combat pour "bétonner" le bilan d'ici la réélection de 2023. Mais le truc est très mal parti. 32 ministres et de sous-ministres pour gérer un pays de 26 millions d'habitants, alors qu'on en promet une vingtaine max, c'est déjà faillir à sa parole.

Plus drôle (ou grave ?) encore. 24 heures après la petite cérémonie à Iavoloha on se rend compte que l'un des ministres a des casseroles au c... A telle enseigne qu'on envisage de le sortir du gouvernement. Joli dilemme perdant-perdant. Le garder alors qu'il est plombé, ça ne ferait pas sérieux. Le sortir, ça ne ferait pas sérieux non plus. En tout cas, l'amateurisme du régime n'a jamais été aussi éclatant. 

... au suivant ! ...

Le Ministre des Mines n'est pas le seul sur la sellette. D'autres se prévalent également de titres qu'ils n'ont pas. On serait bien curieux de savoir à quelle promotion de l'Ecole Nationale d'Admininistration (ENA), le sieur Patrick Rajoelina appartient par exemple. Complexé par sa terne carrière dans l'administration française, son bref passage chez un vendeur d'armement et sa préretraite dans un établissement public, il s'est inventé un pedigrée pas tout à fait conforme à la réalité. Sa qualité de diplomate par exemple. On ne le savait ni agent d'une Ambassade quelconque, ni du Quai d'Orsay (puisque fonctionnaire français..), ni fonctionnaire international, ni même (on est généreux) coopérant dans un quelconque programme financé par les Nations Unies. Non, point de diplomatie, si ce n'est des trésors de réseautage en tout genre auxquels il se livre depuis des années, son appartenance à la Grande Loge Nationale de France connue pour son affairisme atavique, lui servant de sésame en toute occasion. Et sa capacité à flatter les puissants, l'ancien Chef de l'Etat d'abord, puis voyant l'heure tourner, il flatte l'actuel. Nul doute qu'il saura flatter le suivant avec tout autant de zèle. Ce complexe, le mène à commettre un péché, que Andry Rajoelina décidera de pardonner ou pas, en prétendant être diplômé de l'ENA. Ne pas être enarque se pardonne. Mentir sur ses titres, c'est une autre affaire. C'est le début de la pente glissante qui mène aux chemins de perdition... Au suivant !

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