Addedum à la lettre ouverte à ANR ou "silence on tue"

Depuis plusieurs mois le Sud se meurt dasn l'indifférence générale, surtout dans votre indifférence. Gouverner c'est faire des choix dit-on... A ce jour :

- Vous avez tenté - sans succès heureusement - de vous opposer à ce que la communauté internationale lance un appel d'urgence ("flash appeal") pour le Sud en raison de la malnutrition. Pourquoi ? Parce que cela est une pierre jetée contre la fable de l'Emergence ? Parce que cela ferait mauvais genre dans le bilan de votre premier mandat ? Doit-on vous rappeler que 1,2 millions de vos concitoyens sont en grande détresse et que d'ici la fin de l'année ce chiffre se montera à 1,5 millions. En l'espace de quelques semaines, plusieurs dizaines personnes sont mortes de faim (oui de faim...) dans ces régions. Nous savions tous que le Sud traversait de grandes difficultésMais grâce à la presse, ni vous ni personne ne peut prétendre "qu'on ne savait pas"que le Sud se meurt. Alors, pourquoi ne pas agir dans ces conditions ? Leur vie ne vaudrait-elle rien à vos yeux ?

-  Malgré toutes les gesticulations, vous n'avez déboursé en tout et pour tout que l'équivalent de 230.000 euros pour répondre aux conséquences de la sècheresse et de la criminalité organisée dans la partie la plus déshéritée du pays. 230.000 euros...

- Plus grave, avec les centaines de millions que les bailleurs ont donné au pays (au pays, pas à vous ni à vos zélotes, au pays), vous disposez des moyens de réagir de manière décisive, utile, humaine. Quelques centaines de millions de dollars dorment sur les comptes du Trésor. Quelle insulte à notre égard, nous, les gens de peu qui méritons un peu de votre considération, de votre temps, de votre énergie et de l'action du gouvernement. Vous n'avez rein à faire ou presque pour jouer le rôle du héros : laisser faire les gens qui veulent nous aider, ne pas entraver leur action, ne pas prétendre que notre pays n'a pas besoin d'aide, ne pas verser, une fois de plus dans le déni. Mais non, pour l'instant il ne se passe rien. Ou presque. Des discours (alors ça les discours, merci, on a la dose, c'est mieux que les vaccins, la première dose, la deuxième dose, l'overdose même), de la gabegie (encore et toujours - dois-je vous faire la liste des fonctionnaires et assimilés qui se pavannent en véhicules de luxe, dont le prix est en totale déconnection avec la grille des salaires de la fonction publique), des vacances à grands frais (avec un tel bilan vous l'avez bien, mérité, on attend déjà la tribune de votre avocate en chef pour nous dire "le pauvre chou, vous ne vous rendez pas compte, il bosse comme un fou, il doit souffler comme n'importe quel citoyen, il a droit à ses congés aussi an...").

L'immobilisme est criminel. On est passé de "silence on meurt" à "silence on tue".

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