Le Charbon, une cible facile...

Les médias en ont fait un large écho. Deux associations sont intervenues à l’occasion de l’Assemblée générale d’EDF pour dénoncer l’exploitation du charbon pour la production d’électricité par cette entreprise et Engie (ex GDF-Suez).

Les médias en ont fait un large écho. Deux associations sont intervenues à l’occasion de l’Assemblée générale d’EDF pour dénoncer l’exploitation du charbon pour la production d’électricité par cette entreprise et Engie (ex GDF-Suez). Même Paris-Match, périodique de référence pour l’énergie et au climat, en a fait l’écho[1]. Il faut dire que le charbon est sale et puis qu’il pollue, mais surtout, qu’il est une menace pour le Climat. Même Jean-Marc Jancovici le dit… c’est bien que ça pose un problème[2].

Il n’y a plus grand monde à convaincre. L’urgence est d’avancer vers un modèle énergétique « décarboné ». N’est-ce pas ce qu’AREVA déclare depuis sa création[3] ? Il est urgent de tourner la page des énergies fossiles si nocives pour envisager une transition à la hauteur de l’enjeu climatique. La plupart des grands intérêts économiques ont compris cela. Aujourd’hui, la campagne de « désinvestissement » des énergies fossiles gagne l’Europe[4].

L’enjeu évidemment est que cette tendance s’étende au reste du monde. Les choses ne semblent pas si mal partie. Même la Chine amorce aujourd’hui une baisse de sa consommation de charbon[5]. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale la production de houille a diminué en 2014[6]. Aux Etats-Unis la tendance est identique[7]. Quant à l’Allemagne, elle est en voie de réussir sa transition et de passer de l’arrêt du nucléaire à celui du charbon. Même le très sérieux périodique Techniques de l’ingénieur le reconnait[8].

Pourquoi donc dès lors dénoncer haut et fort les investissements d’EDF et d’Engie dans le charbon ? Certes EDF a une certaine tendance à investir à l’étranger et à racheter des énergéticiens qui exploitent les ressources disponibles sur leur territoire. Rachel Knaebel avait consacré un long article à ce problème en octobre dernier dans Bastamag[9]. Mais cela ne signifie aucunement qu’il y a un boom du charbon en Europe. En 2014, 26.9 GW de production d’électricité ont été installés en Europe, 9.4 GW de moins qu’en 2013. Le Charbon n’a représenté que 8.7% de ces installations soit 2.3 GW… alors que dans le même temps 7.2 GW étaient démantelés.

On a donc bel et bien affaire à un recul du charbon. Tant mieux pour le climat. Reste que l’abandon de ce mode de production n’est pas forcément une bonne idée surtout face au défi majeur qui se présente en Europe, à savoir la sortie du nucléaire. A force de taper sur les fossiles, l’Europe s’enferme dans le nucléaire alors que les renouvelables sont encore en cours de développement. D’aucuns auraient-ils oublié que pour le mouvement écologiste la ligne définie à l’occasion du Sommet de la Terre c’était « ni nucléaire, ni effet de serre » ?

Une mobilisation sur le climat ambiguë

La mobilisation face au réchauffement climatique peine à s’inscrire sur le devant de la scène médiatique. Il faut dire que jusque-là rien de très enthousiasmant n’a eu lieu. Les villages des alternatives organisées dans quelques grandes villes jusqu’à présent n’ont pu réitérer l’Alternatiba de Bayonne. Des choses se font mais le plus souvent dans une indifférence polie. Heureusement que quelques journalistes sensibles à la cause écologiste sont là pour donner une dimension à ce qui est loin de constituer un mouvement social. La cause climatique ne suscite manifestement plus la même indignation qu’il y a quelques années[10].

« Changeons le système, pas le climat ! » peut-on lire sur les banderoles. L’intention est louable mais la pratique plus modeste. Le kit de mobilisation proposé par la Coalition 21 a de quoi terroriser les plus farouches climato-sceptiques et les pires pollueurs de cette planète. L’heure est à l’apéro révolutionnaire et aux fêtes des voisins insurrectionnelles[11]. On est bien loin des camps action climat de jadis[12]

Heureusement que les syndicats sont là ! Après la CFDT, la CGT a rejoint la grande confraternité mobilisée contre le changement climatique[13]. Mais leur engagement est très paradoxal. Si partout ailleurs, le mouvement ouvrier milite en faveur des « climat jobs[14] », ici la tonalité est différente. Les syndicats ralliés à grand coup de compromis à la Coalition 21 proposent des mobilisations des plus surprenantes. En dernier recours, il faut défendre l’emploi…

Ainsi le 29 janvier, les syndicats du secteur de l’énergie ont manifesté contre la Loi de transition énergétique[15]… dézingué les renouvelables au titre de la défense du service public[16]. Le 2 juin, ils remettront ça, non pas contre une loi aussi modeste soit-elle, mais pour défendre la plus vertueuse industrie de France, le nucléaire[17]. Il n’y a en effet pas d’enjeu plus important en France aujourd’hui que de demander la sauvegarde d’une industrie qui pille l’Afrique[18] et les finances publiques depuis plus d’un demi-siècle[19]. Drôle de façon de décliner le principe de responsabilité si cher à Hans Jonas.

L’important n’est-il pas de sauver ses quelques positions acquises à défaut d’œuvrer à la protection de la planète ? Cela semble en tout cas une préoccupation majeure à EDF de l’aveu même de la Cour des Comptes[20]. Et que l’on n’aille pas me dire que ces gens-là font un métier difficile. Dans les centrales, ce sont les précaires, les sans-droits, ceux qui pendant longtemps n’ont même pas eu droit de manger à la cantine de la centrale qui se tapent les missions les plus ignobles[21].

Tel est le grand paradoxe de la mobilisation climatique en France en 2015. Au prétexte d’éviter la division de la société civile comme en 2009, tout le monde converge dans un grand tout dont on a du mal à déterminer quel est le dénominateur commun. Les positions de chacun sont si éloignées qu’au final, elle ne dit pas grand-chose. Tout au plus, ce conglomérat d’éléments antagonistes veut « contribuer à la création d'un rapport de force favorable à une action climatique ambitieuse et juste… »

Pour cela tout est bon. Le tout est de servir un salmigondis dans lequel peuvent se retrouver écolos et syndicats. Ainsi le 20 mai, une indignation soudaine a surgi dénonçant le financement de la COP21 par quelques grandes entreprises[22]. Selon Nathalie Delhommeau, des J.E.D.I for Climate : « La France est le pays hôte de la COP21 ; elle ne doit pas se salir les mains à chercher des soutiens de lobbies climaticides. Les J.E.D.I for Climate dénoncent donc la présence de Messieurs Hollande et Fabius à ce sommet. L’argent qui doit financer la transition énergétique doit être récupéré de l’évasion fiscale organisée par les banques climaticides elles-mêmes présentes à ce sommet[23]. » Rien de très surprenant à lire un autre article publié par ATTAC. « Alors que le gouvernement avait assuré rechercher des entreprises à la réputation sans faille, bon nombre d’entre elles sont impliquées dans des projets nocifs pour les populations, leurs conditions de vie et de travail. Mettre la conférence climat la plus importante de notre décennie sous le patronage d’entreprises climato-incompatibles n’est pas de bon augure » condamne Malika Peyraut, des Amis de la Terre[24]

En gros on nous explique que la COP va couter cher, que l’Etat cherche des sponsors en ces temps de vaches maigres[25]… et qu’ils sollicitent les entreprises qui peuvent avoir intérêt à apparaître lors de cet événement d’échelle internationale. Rien de très étonnant sous la présidence de François Hollande. Surtout rien de très nouveau. Il aurait été plus utile de dénoncer le rôle délétère joué par toutes ces entreprises tout au long du débat national sur la transition énergétique[26] et même aujourd’hui au sein du Conseil national de la transition écologique.

Une mobilisation très consensuelle

Chacun conviendra que cela aurait fâché le si susceptible locataire de l’Elysée. L’opposition a des limites objectives. La plus importante d’entre elle est financière. En effet si la COP s’annonce aussi couteuse c’est notamment parce qu’elle a été portée au rang de « grande cause nationale » lors de la Conférence environnementale de novembre 2014[27]. Si sur le fond le discours gouvernemental n’a convaincu aucun écologiste sincère[28], le message a été reçu cinq-sur-cinq par les professionnels de l’indignation climatique. Quelques mois plus tard, Matignon annonçait que la Coalition 21 était à son tour promue au rang de grande cause nationale[29]

Je n’ai pas souvenir du moindre mouvement d’indignation face à cette nouvelle des plus surprenantes. La mobilisation de la société civile bénéficie du soutien de l’Etat qui lui accorde quelques privilèges. « Le label Grande cause nationale permettra à sa campagne de communication de bénéficier de diffusions gracieuses sur les radios et chaînes de télévision publiques. » Si le mouvement antinucléaire avait pu bénéficier d’une telle aide après Fukushima, on peut croire que Fessenheim serait aujourd’hui arrêtée…

L’Etat n’est pas si généreux. Il ne finance que ceux qui ne remettent pas en cause ses choix fondamentaux. L’un d’eux est bien évidemment de persévérer dans l’impasse nucléaire. Manuel Valls l’a rappelé lors de la Conférence environnementale. La transition énergétique et l’adaptation au changement climatique passent l’un et l’autre par l’atome. « L’objectif est clair : diversifier notre bouquet électrique et diminuer nos consommations. Pour cela, nous devons développer massivement les énergies renouvelables et réduire la part des énergies fossiles. En la matière la France a une chance : avoir un parc électronucléaire performant. (...) Il ne s’agit pas d’opposer les énergies renouvelables et le nucléaire. Nous voulons, au contraire, les concilier grâce aux réseaux intelligents[30]. »

La messe était dite. Depuis les champions de l’indignation climatique n’ont pas dérogé à cette ligne. La présence à leurs côtés des syndicats gavés à l’atome n’a fait que renforcer ce positionnement[31]. Il ne faudrait tout de même pas faire voler en éclat la belle « union sacrée » de la nation française toute entière mobilisée pour sauver le climat sur un prétexte aussi futile que le nucléaire…

Le charbon, une cause idéale

Pour cela, il n’y a pas de meilleur moyen que de créer une diversion. C’est ce à quoi s’est employée une ONG, les Amis de la Terre. Le 19 mai 2015 avec le soutien d’Oxfam, ils ont dénoncé les investissements d’EDF et de GDF-Suez dans le charbon à l’étranger. Les deux associations, dénonçant « des émissions d’Etat », demandent aux deux énergéticiens, ainsi qu’au gouvernement, de s’opposer à la construction de toute nouvelle centrale à charbon dès 2015 et de se retirer des projets existants utilisant le charbon d’ici 2020[32]. L’intention est louable. La pertinence globale de l’action est plus contestable. EDF a réalisé d’autres investissements à l’étranger bien plus graves au cours de la décennie qui vient de s’écouler[33]

Jolie publicité pour le premier exploitant nucléaire mondial. EDF a saisi la perche tendue par l’ONG pour rappeler ses efforts en matière d’émissions de gaz à effet de serre et son souci d’évoluer vers un modèle « décarbonné »[34]. Mais là n’est pas le plus grave. L’indignation climatique oublie que des centrales thermiques peuvent aujourd’hui contribuer à atténuer le problème des pointes de consommation[35]. Sujet très social s’il en est puisque ces couts marginaux déterminent le prix du kWh.

Le principe n’est pas de les faire fonctionner des centrales thermiques toute l’année mais de pouvoir mobiliser des moyens exceptionnels notamment en cas de grand froid. Certes des technologies plus modernes existent et, dans l’idéal, un développement diversifié de l’offre d’ENRe permettra de se passer définitivement des centrales à charbon. Reste qu’il faut mieux allumer quelques turbines pendant une centaine d’heures par an que de pratiquer des délestages sur le réseau[36]. « En effet, c’est au printemps et à l’automne, en raison des variations climatiques propres à ces saisons que des risques élevés de marges insuffisantes de puissance sont observés, note l’ADEME[37]Ces pics de consommation nécessitant alors le relais de centrales thermiques, fortement émettrices de CO2 ».

Le fond du problème est cependant ailleurs. Si EDF persévère à exploiter une dizaine de centrales à charbon en Europe c’est pour des raisons objectives. D’abord le charbon ne coute quasiment rien et permet de produire une électricité très bon marché[38]… malgré des coûts réels prohibitifs[39]. Il n’y a pas d’installation plus rentable qu’une centrale à charbon puisque le prix CO2 est indigent. Cela est particulièrement important en Europe où la production nucléaire est massive mais surtout hors de prix. Il n’est pas aberrant de dire que si EDF n’avait pas à compenser les innombrables défauts de son parc nucléaire, elle ne persévérait pas tant dans le charbon.

L’exemple allemand nous prouve que le charbon peut être un moyen pour assurer une transition rapide[40]. Grâce à la maitrise de la demande d’énergie et à la montée en puissance des EnR, le charbon n’est qu’un moyen provisoire qui garantit le passage d’un modèle énergétique à un autre[41].  L’Allemagne n’a abandonné ni l’objectif de sortie du nucléaire, ni celui de réduire ses émissions de 40% d’ici à 2020. Le nucléaire n’est pas remplacé par du charbon, mais par des énergies renouvelables. Si les émissions allemandes sont en hausse, c’est parce que le charbon remplace le gaz, moins polluant, mais devenu plus cher. On retrouve ce phénomène dans la plupart des pays européens. La désinformation véhiculée par la Fondation Nicolas Hulot[42] et Sauvons le Climat n’a pas tenu longtemps. Aujourd’hui l’Allemagne exporte de l’électricité non pas noire mais verte[43]

Somme toute taper sur le charbon c’est donner un blanc-seing au conservatisme énergétique pétrolo-nucléaire. Bella Belbeoch ne nous disait pas autre chose en 2002[44]. « Si on laisse détruire le parc thermique existant, on sera pieds et poings liés dans le nucléaire… » Cela gêne aujourd’hui comme hier de dire ça. L’usage limité et mesuré du charbon peut être utile à la transition en particulier en permettant une compensation à court terme de la production nucléaire.

Mais un tel discours ne correspond pas à la communication du gouvernement le plus nucléocrate que la France ait connu depuis Giscard. Taper sur le charbon revient à occulter que le principal problème énergétique est la dépendance au pétrole et à l’atome.

Regardons les faits. Une hausse des importations de Charbon est cependant observable. Au total, près de 18 Mt de combustibles minéraux solides (CMS) ont été importés en 2013, soit 4,1 % de plus qu’en 2012. La houille représente 95 % des CMS importés, avec deux tiers de charbon vapeur destiné pour l’essentiel à la production d’électricité et un tiers de charbon à coke (utilisé pour produire du coke qui sert à la fabrication de fonte dans les hauts-fourneaux). Rien à voir avec les 56 Mt de pétrole brut et les 41 Mt de produits raffinés importés[45]

Pour la deuxième année consécutive, en 2013, la consommation primaire de charbon corrigée des variations climatiques a fortement augmenté : + 6,6 % en 2013, après + 12,8 % en 2012. Dans le secteur de l’énergie, la demande des centrales à charbon a encore progressé en 2013, à 4,9 Mtep, soit une hausse de 12,8 % par rapport à son niveau de 2012. La consommation finale corrigée des variations climatiques, avec 5,5 Mtep en 2013, s’améliore par rapport à 2012 (+ 4,5 %)[46].

Pour autant le charbon n’occupe plus qu’une part minime dans le mix électrique français. La production électrique de la filière charbon a progressé de 14 % en 2013, mais ne représente que 4,3 % de la production électrique totale en 2013, en légère progression par rapport à 2012 (3,9 %). Les centrales thermiques ne produisent plus que 54.2 TWh d’électricité contre 120 en 1973.

A titre de, comparaison la production de chaleur par le traitement des déchets produit aujourd’hui plus d’énergie primaire que le Charbon en France avec environ 18 Mtep contre 11.2 pour la houille. En ajoutant aux énergies renouvelables thermiques et déchets, la production d’électricité d’origine hydraulique (hors pompages), éolienne et photovoltaïque, comptabilisée dans la colonne électricité du bilan, et en retirant la partie non renouvelable des déchets urbains incinérés, on obtient la production primaire de l’ensemble des énergies renouvelables. Celle-ci atteint 24,8 Mtep en 2013 contre 22,4 Mtep en 2012. En définitive le bouquet énergétique primaire de la France est stable depuis le milieu des années 2000, avec 44 % d’électricité primaire, environ 30 % de pétrole et près de 15 % de gaz, le reste se répartissant entre renouvelables thermiques et déchets, et charbon. Depuis deux ans, la tendance est à l’augmentation de ces deux derniers.

Nos amis de la terre s’indignent donc d’une augmentation modeste de l’usage d’une énergie devenue marginale. Tout au plus on peut reconnaitre que la hausse de l’usage du charbon dans l’industrie a modéré la baisse des émissions de GES de ce secteur. Si la consommation d’énergie a reculé globalement de 2.1%, la baisse des émissions de GES n’a été que de 1.9% en raison d’un recours plus massif au charbon (+5%). Pendant ce temps-là les émissions globales de la France ont augmenté de 0.8% en particulier parce que la consommation d’énergie du secteur résidentiel a augmenté de 0.4%, parce que l’agriculture intensive recourt de plus en plus aux hydrocarbures[47].

Et pendant ce temps-là…

La facture du nucléaire continue de grossir. EDF demande à la veille du Conseil de politique nucléaire une hausse de 2.5% des tarifs en 2015[48]. Les efforts de Ségolène Royal pour modérer les appétits de l’énergéticien français risquent de voler en éclat[49]. Elle a en effet gelé l’an dernier une hausse prévue de 5 % des tarifs réglementés et a demandé à EDF de revoir sa stratégie plutôt que de procéder à « la hausse systématique du prix de l’énergie ». Cette décision visait à protéger le pouvoir d’achat des Français alors que le tarif réglementé de l’électricité a progressé de 30 % depuis 2007[50].

Beaucoup craignent aujourd’hui que le gouvernement revienne sur le moratoire de septembre 2014. On est bel et bien en face de ce que j’appelais l’an dernier « la faillite nucléaire du modèle énergétique français[51] ». Si « la France fume chez les autres », les choix énergétiques ici épuisent les usagers et nourrissent une précarité énergétique alarmante[52].

Un des aspects de ce drame social est l’usage massif par les ménages les plus modestes du chauffage au pétrole[53]. Des millions de personnes sont exposés au mal être et à la maladie parce que la collectivité n’est plus capable de leur garantir le service énergétique auquel ils ont droit[54]. C’est un vrai défi social, écologique et climatique… mais qui parle de ça ?

Un autre défi est celui des transports qui eux aussi grèvent les budgets des ménages[55]. Le secteur des transports représentait, en 2011, 32 % de l’énergie finale consommée et 27 % des émissions de gaz à effet de serre, soit le premier secteur émetteur en France[56]. Le problème est connu depuis longtemps. « En France comme en Europe, écrivait le RAC en 2007[57], les émissions de GES liées aux transports (principalement le CO2 produit lors de la combustion du carburant et les HFC utilisés pour la climatisation) connaissent depuis des décennies une progression quasi ininterrompue, ce qui fait désormais de ce secteur la cause majeure de la dérive de nos émissions de GES. En France, selon les chiffres officiels19, les émissions des transports ont augmenté de plus de 23% depuis 1990. » Entre 1990 et 2011, les émissions de gaz à effet de serre sont passées de 119,5 MteqCO2 à 132,5 MteqCO2, soit une augmentation de 13 %.

Mais bon cela n’est pas politiquement correct de dénoncer le « tout bagnole ». Partout des projets autoroutiers déments sont dans les tirroirs voire en cour de réalisation. Ici à Rouen, nous sommes en prise avec un projet de Contournement-Est absolument scandaleux notamment du point de vue climatique[58]. Qui s’indigne de cela à la veille de la COP 21 ? Le problème majeur aujourd’hui, climatique et géopolitique n’est-ce pas le cocktail infernal du pétrole et du nucléaire ?

 


[1] http://www.parismatch.com/Actu/Societe/EDF-et-Engie-deux-pollueurs-sans-limites-765658

[2] http://www.manicore.com/documentation/petrole/danger_charbon.html

[3] http://www.areva.com/FR/activites-4838/le-concept-de-parc-energetique-decarbone-d-areva-une-reponse-durable-aux-besoins-energetiques-mondiaux.html

[4] http://www.lemonde.fr/climat/article/2015/05/18/la-campagne-de-desinvestissement-des-energies-fossiles-gagne-l-europe_4635346_1652612.html

[5] http://www.lemonde.fr/pollution/article/2014/11/13/pour-plafonner-ses-emissions-de-co2-la-chine-doit-se-detourner-du-charbon_4523293_1652666.html

[6] http://www.consoglobe.com/charbon-chine-diminution-historique-cg

[7] http://www.slate.fr/story/102189/recul-industrie-charbon-etats-unis

[8] http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/technologies-de-l-energie-thematique_89428/en-allemagne-la-regression-du-nucleaire-s-accompagne-de-celle-du-charbon-article_293088/

[9] http://www.bastamag.net/Comment-EDF-mise-sur-le-charbon-en

[10] http://www.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/07/les-francais-sont-parmi-les-plus-sensibilises-a-la-question-du-rechauffement_1276995_1270066.html

[11] http://coalitionclimat21.org/sites/default/files/kitmob_pdf.pdf

[12] https://www.youtube.com/watch?v=mFBJ4Xpg2VQ

[13] http://coalitionclimat21.org/fr/contenu/qui-sommes-nous

[14] https://globalclimatejobs.wordpress.com/about-climate-jobs/

[15] http://www.cgt.fr/Appel-a-la-mobilisation-le-29.html

[16] http://www.fnme-cgt.fr/index.php/petitions/oui-a-un-service-public

[17] http://lexpansion.lexpress.fr/actualites/1/actualite-economique/areva-l-intersyndicale-appelle-a-une-greve-le-2-juin_1683739.html

[18] http://www.arte.tv/sites/fr/story/reportage/areva-uramin-bombe-a-retardement-du-nucleaire-francais/

[19] http://www.reporterre.net/Le-nucleaire-coute-de-plus-en-plus

[20] http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/decryptage/2015/05/22/29002-20150522ARTFIG00074-agents-d-edf-des-salaries-decidement-tres-privilegies.php

[21] http://www.agoravox.fr/rdv-de-l-agora/article/enquete-sur-les-esclaves-du-55878

[22] http://blogs.mediapart.fr/blog/maxime-combes/280515/hollande-pollue-la-cop21-et-le-climat-des-negociations

[23] https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/le-climat-c-est-pas-vos-affaires

[24] https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/non-les-sponsors-prives-de-la

[25] http://www.lemonde.fr/climat/article/2015/05/27/climat-des-ong-denoncent-le-financement-de-la-cop21-par-des-champions-de-la-pollution_4641937_1652612.html

[26] http://www.lagazettedescommunes.com/180307/fin-du-debat-national-sur-la-transition-energetique-tout-ca-pour-ca/

[27] http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/11/28/manuel-valls-declare-le-climat-grande-cause-nationale-2015_4531253_823448.html

[28] http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/11/27/la-conference-environnementale-grand-messe-ecologique-qui-peine-a-convaincre_4529881_3244.html

[29] http://www.gouvernement.fr/partage/4053-coalition-climat-21-grande-cause-nationale-pour-l-annee-2015

[30] http://www.gouvernement.fr/conf-envi

[31] http://greenpeace.fr/qui/ et plus particulièrement http://greenpeace.fr/qui/pages/savoirplus-syndicats.html

[32] http://www.amisdelaterre.org/Emissions-d-Etat-stop-a-l.html

[33] http://www.transition-energetique.org/2015/01/edf-la-bombe-a-retardement.html

[34] https://www.lenergieenquestions.fr/quelle-est-la-politique-dedf-au-sujet-du-charbon/

[35] http://www.rte-france.com/sites/default/files/bilan_electrique_2014.pdf

[36] http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20150112trib935314bfe/electricite-gerer-les-pointes-de-consommation.html

[37] http://www.energiesactu.fr/environnement/passage-lheure-dete-des-economies-denergie-limitees-0022609

[38] http://www.strategie.gouv.fr/actualites/reflexions-prix-actuels-gaz-charbon-de-lelectricite-co2

[39] http://www.greenpeace.org/france/PageFiles/266537/le-veritable-cout-du-charbon.pdf

[40] http://www.global-chance.org/L-energie-en-Allemagne-et-en-France-une-comparaison-instructive

[41] http://www.rac-f.org/En-finir-avec-les-idees-recues-sur

[42] http://www.fondation-nicolas-hulot.org/blog/sortie-du-nucleaire-en-allemagne-ou-iront-ils-chercher-leur-electricite

[43] http://observ.nucleaire.free.fr/France-importe-elec-depuis-Allemagne.pdf

[44] https://www.youtube.com/watch?v=STE5Tq3lHXI

[45] http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publications/p/2101/969/bilan-energetique-france-2013.html

[46] La consommation finale corrigée des variations climatiques, avec 5,5 Mtep en 2013, s’améliore par rapport à 2012 (+ 4,5 %). Son profil est étroitement lié à la demande de la sidérurgie. Si la production totale d’acier s'est stabilisée entre 2012 et 2013 (+ 0,2 %), la consommation énergétique du secteur s'est modifiée en raison d'un important effet de structure : une forte baisse de la filière électrique (- 10,7 %) et une hausse sensible de la filière à oxygène (+ 7,2 %), celle qui consomme la majorité du charbon. L’évolution de l’activité se répercute naturellement sur les besoins en charbon du secteur : + 7,0 % pour l’ensemble des produits charbonniers (houille et coke) entre 2012 et 2013, pour un total de 3,9 Mtep, soit 72 % de la consommation finale et 33 % de la consommation primaire de charbon.

[47] La hausse des émissions du secteur de l’énergie attribuée au charbon doit être prise avec des pincettes puisque le calcul repose sur une évaluation plus que contestable de l’impact climat des centrales nucléaires.

[48] http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN0OG0AH20150531

[49] http://www.lejdd.fr/Economie/Vers-une-hausse-des-tarifs-EDF-de-2-685228

[50] http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/021101380389-le-pdg-dedf-voudrait-une-hausse-des-tarifs-de-25-par-an-1123800.php

[51] http://blogs.mediapart.fr/blog/guillaume-blavette/100114/la-faillite-nucleaire-du-modele-energetique-francais

[52] http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1351

[53] http://www.appanpc.fr/_docs/7/fckeditor/file/Revues/AirPur/Airpur_81_Deconinck.pdf

[54] http://www.bastamag.net/Precarite-energetique-quand-votre

[55] http://pro.ovh.net/~arcene/arcene/IMG/pdf/Certu_2011_Budget_energie_des_menages.tmp.pdf

[56] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Transports,34304.html

[57] http://www.rac-f.org/IMG/pdf/Changement_Climatique_et_Transports.pdf

[58] http://non-a-l-autoroute.over-blog.com/

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