Une conférence environnementale 2014 qui ignore le risque nucléaire

La conférence environnementale vient de se terminer. Même le très raisonnable journal Le Monde a été bien obligé de qualifier cet événement de « grand-messe écologique qui peine à convaincre[1]. » Il faut dire que le programme était bien chargé pour ne pas dire fourre-tout[2].

La conférence environnementale vient de se terminer. Même le très raisonnable journal Le Monde a été bien obligé de qualifier cet événement de « grand-messe écologique qui peine à convaincre[1]. » Il faut dire que le programme était bien chargé pour ne pas dire fourre-tout[2]. Aucun acteur écologiste ne s'est laissé prendre aux pièges et certains ateliers ont même été boycottés[3]. Les grandes ONG ont chacune à leur manière fait part de leurs réserves. Décidément Hollande ne peut guère passer pour un chantre de l'écologie[4]...

Mais le fond a été touché à l'occasion du discours du premier ministre. Derrière une logorrhée vaguement écologisante[5] s'est niché un discours productiviste pronucléaire d'un autre temps[6]. A rebours des études du GIEC[7] et des réflexions menées dans le cadre du débat national sur la transition énergétique[8], Manuel Valls persévère sur une voie dont la faillite est aujourd'hui attestée[9]. Une fois encore on retrouve des accents très sarkoziens dans la bouche de ce personnage qui peine à prouver qu'il est de gauche...

«°La France a une chance : avoir un parc électronucléaire performant. Oui c’est une chance, et un atout pour rendre la transition énergétique économiquement soutenable. Nous pouvons continuer à bénéficier, pendant le temps nécessaire, d’une électricité décarbonée et compétitive. Cette vérité, il faut la dire aux Français. Et nos compatriotes doivent savoir également qu’il ne s’agit pas d’opposer les énergies renouvelables et le nucléaire. Nous voulons, au contraire, les concilier grâce aux réseaux intelligents.°»

Rien de très étonnant. Chacun connaît la lâcheté du pouvoir en place en face de ce qu'il faut bien appeler la nucléocratie[10]. Aucune formule n'est trop belle pour vanter les mérites de l'industrie de l'atome surtout en ces temps de crise climatique. Peu importe que le nucléaire ne soit d'aucun usage dans le cadre d'une stratégie d'atténuation[11]. Peu importe qu'il n'y ait aucune industrie plus sensible aux effets du dérèglement climatique[12]. L'important est de soutenir la croissance coute que coute aux grand plaisir de l'UFE[13].

Pour cela faut-il encore normaliser l'image du nucléaire, c'est-à-dire nier la singularité de cette industrie qui expose chacun et toute chose à des risques immenses. Début 2014, le gouvernement Ayrault avait commencé à le faire en publiant le fameux Plan national de réponse «°Accident nucléaire ou radiologique majeur[14].°» Ainsi était nié le risque nucléaire par le postulat qu'il est possible de «°reconquérir°» un territoire contaminé. Rester une seconde étape à franchir : occulter les risques sanitaires dus à la fabrication et à l'accumulation de substances radioactives par l'industrie nucléaire.

Ce pas a été allégrement franchi à l'occasion de la conférence environnementale qui vient de se tenir à Paris. Le gouvernement a eu l'audace de proposer une Table ronde Environnement et santé, dont une des ambitions affichées est de «°Poursuivre la réduction de l’exposition à certaines substances dont le rejet dans l’environnement peut avoir un impact sanitaire[15]°», sans aborder de front l'enjeu de la radiotoxicité, des contaminations et autres irradiations.

Dans une note transmise aux participants, le ministère de l'écologie a présenté les thèmes dont il acceptait de débattre. La presse s'en est fait l'écho. Les perturbateurs endocriniens, les pesticides, les nanomatériaux et les résidus de médicaments présents dans les milieux ont été à l'honneur. Rien sur le nucléaire...

Pourtant s'il est une chose qui est avérée, c'est bien que le nucléaire est avant tout un problème sanitaire et social. Le mouvement antinucléaire dénonce depuis le début de l'exploitation industriel de l'atome les risques liés à la fabrication, aux usages, aux transports et aux stockages de matières radioactives. La catastrophe de Tchernobyl a donné à voir à chacun que ces risques sont effectifs[16]. Fukushima nous le rappelle aujourd'hui chaque jour[17] comme on pouvait le prévoir dès l'accident[18]. Même la très docile Organisation mondiale de la santé reconnaît qu'une exposition chronique peut entrainer des pathologies aigues[19]. Ce n'est pas hasard si l'exploitant nucléaire a été condamné pour avoir exposé des salariés à des rayonnements ionisants[20].

Tout est fait pourtant pour minorer cette triste réalité. Recherches, colloques et autres investigations sur les conséquences sanitaires de l'industrie nucléaire produisent invariablement la même ritournelle. «°L’absence d’effets décelables lors d’études épidémiologiques menées jusqu’à présent ne permet pas d’exclure l’existence de risques pour les êtres vivants. De plus amples recherches sont indispensables. Pour identifier ces risques biologiques et/ou pathologiques, il faut mener des recherches complexes et nécessairement longues associant travaux épidémiologiques, cliniques et expérimentaux. Seules la diversité et la complémentarité des approches permettront d’en savoir plus[21].°»

Le risque n'est pas exclu. Ni identifié ni quantifié, il est minoré. Ainsi chaque année dans les rapports de l'ASN on retrouve invariablement le même discours. «°De nombreuses incertitudes et inconnues persistent néanmoins, notamment en ce qui concerne les radiopathologies à forte dose, les effets des faibles doses ou les effets sur les espèces non humaines. La radiosensibilité individuelle (variabilité de l’effet d’une même dose en fonction de l’individu qui la reçoit) est encore un domaine de recherche et ouvre un champ de questions dépassant celui de la radioprotection[22].°» Après une demi-siècle d'activité nucléaire, il n'est donc pas possible officiellement de faire la différence entre un cancer radio-induit et un cancer qui ne le serait pas... L'écart entre le discours officiel et la réalité sur le terrain est abyssal[23].

Une industrie qui expose ses propres salariés à des risques sanitaires immenses

Quelques soient les efforts déployés pour sous-évaluer l'impact du nucléaire sur la santé humaine, la réalité est têtue. Les travailleurs du nucléaire sont les premières victimes de cette technologie qui porte la mort. Les chiffres parlent d'eux-mêmes[24]. Pour la seule année 2009, sur 62 762 salariés travaillant dans l'industrie nucléaire, 14°155 ont reçu une dose inférieure à 1mSv, 5°850 entre 1 et 6 mSv, 810 entre 6 et 15 mSv[25]... Si on cumule les données concernant tous les travailleurs des industries en contact avec des substances radioactives, 30 % des effectifs surveillés reçoivent 45% de la dose collective mesurée. Les agents EDF ont pour le plus grand nombre d'entre eux dépassés le seuil d'enregistrement de 0.05 mSv défini par l'IRSN[26]...

Les limites réglementaires de dose (20 mSv / an) ne correspondent pas à une limite de non risque mais à un «°niveau de risque maximal admissible°».Sur la base du facteur de risque cancérigène officiel de 4 x 10-2 x Sv-1 pour les travailleurs exposés,  la limite de dose efficace de 20 mSv/an correspond à un risque annuel de décès par cancer de l’ordre de 8 x 10-4. Cela signifie que pour 274 000 travailleurs qui seraient exposés à 20 mSv/an à 219 décès par cancers radio-induits (des cancers qui apparaîtront après quelques années pour les leucémies à plusieurs décennies pour les tumeurs solides). C’est bien un risque maximal et non pas un risque nul.

Bien évidemment ce sont les trimardeurs du nucléaire[27] qui sont les plus exposés. «°En 2009, les entreprises extérieures intervenant pour le compte d’exploitants nucléaires totalisent 22 721 travailleurs, avec une dose collective de 10,46 homme.Sv et une dose individuelle annuelle moyenne de 0,46 mSv, légèrement supérieure à la dose individuelle moyenne observée dans l’ensemble de l’industrie nucléaire. Cette valeur atteint 0,53 mSv si on inclut également la catégorie « Autres » dans laquelle sont classées de nombreuses entreprises prestataires[28].°» Ce qu'Annie Thébaud-Mony appelle la gestion sociale de la dose apparait clairement à la lumière de ces chiffres[29]. La sous-traitance n'est pas seulement une division du travail entre agents et précaires. Elle permet de répartir entre un plus grand nombre de travailleurs risques et contaminations. Aujourd'hui on considère que les contractuels reçoivent environ 80% des doses sur les sites nucléaires. Lors des arrêts de tranche, c'est-à-dire des grandes opérations de maintenance, les doses individuelles mensuelles reçues par ces précaires peuvent être jusqu'à 15 fois supérieures à celles des agents EDF...

Cette situation n'est pas prête de s'améliorer au vu des grands carénage qui ont déjà commencé depuis quelques années. Comme le reconnait le Parti de Gauche, nous sommes bel et bien en présence d'un «°grand carnage social[30]°». Combien de temps encore continuera-t-on d'exposer des travailleurs à des substances hautement nocives alors que des solutions alternatives existent ? N'y a t il pas urgence de reconnaître que le confort d'aujourd'hui n'est obtenu que grâce aux sacrifices de milliers de travailleurs ?

L'Autorité de sureté nucléaire, dans son rapport sur la sureté et la radioprotection en France publié l'hiver dernier, reconnaît ce problème. «°En 2013, EDF a confirmé que l’augmentation des activités de maintenance à réaliser durant la période 2015-2020 devrait faire augmenter fortement (entre 30 et 40 %) les doses collectives et individuelles[31].°» Si en 2007, la dose individuelle moyenne lors de la maintenance des réacteurs était de 0.63 H.Sv, elle ne cesse de monter depuis pour atteindre en 2013 0.79. La décision de prolonger la durée d'exploitation du parc nucléaire a bel et bien un coût humain qui se mesure en sieverts c'est-à-dire en nombre de morts différés.

On comprend mieux dès lors l'acharnement de l'industrie de l'atome à faire taire ceux et celles qui révèlent l'ampleur de ce scandale sanitaire. Le 18 décembre 2013, le docteur Dominique Huez, médecin du travail, comparaissait à Orléans devant la chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins. Il était mis en cause par une entreprise de sous-traitance de l’industrie nucléaire qui lui reprochait d’avoir établi un certificat médical attestant du lien entre travail et santé, et qui selon elle n’aurait pas la forme convenable. Comme le note l'association Henri Pézerat, cette mise en cause s’inscrit dans une stratégie patronale concertée au niveau national, visant à décourager les médecins (du travail et autres) d’établir des certificats attestant des liens entre travail et santé[32]. Chacun le sait, EDF incite ses établissements et ses sous-traitants à «°sous-déclarer les accidents du travail°»[33].

La seule réponse de l'Etat est de multiplier des textes réglementaires sans véritable portée. Un nouvel arrêté publié au Journal officiel le 8 octobre prétend ainsi améliorer les conditions de travail dans les installations nucléaires[34]. L'avis rendu par l'ASN invite cependant à relativiser l'intérêt du texte[35]. L'essentiel du problème demeure à savoir la propension de l'exploitant à déroger à toutes les règles destinées à protéger les travailleurs. En tout cas c'est ce que révèle un article récent publié par le site Hexagones[36].

Une industrie qui pollue considérablement

Mais l'impact sanitaire de l'industrie nucléaire est loin de se limiter aux seuls salariés. Les installations nucléaires en dépit d'une reconnaissance implicite de la nocivité des substances qu'elle disperse dans l'environnement est autorisée à rejeter massivement radionucléides et autres produits chimiques[37]. Là aussi les risques sont systématiquement minorés[38].

La doctrine nucléaire est claire. Le principe n'est pas d'empêcher des rejets considérés comme indispensables mais seulement d'en limiter les impacts «°autant que possible à un coût économiquement acceptable[39]°». L'argument financier et les enjeux industriels l'emportent clairement sur la santé publique. Les rejets sont tout au plus considérés comme un mal nécessaire mais surtout sans conséquences «°mesurables°». Une fois encore nous sommes en face d'un double mensonge. Non seulement les rejets des installations nucléaires ne sont pas sans conséquences mais les dispositifs destinés à les limiter sont défectueux.

Les condamnations des exploitants nucléaires pour pollution se multiplient. Le 30 juillet, EDF est condamné pour des rejets d'acides sulfuriques dans la Meuse à Chooz[40]. Le 10 septembre, le tribunal de Dieppe considère que l'énergéticien est coupable de négligence ayant entrainé la pollution de la nappe phréatique à Penly[41]. L'ASN a mis en demeure la centrale de Gravelines de résoudre de graves problèmes d'inétanchéité des réservoirs T recueillant les effluents hydrogénés c'est-à-dire radiotoxiques[42]. Et encore ce ne sont là que les affaires les plus notoires. De partout viennent des informations sur des rejets dits accidentels, des dépassements de seuils autorisés et autres événements qui donnent à voir que le nucléaire n'est décidément pas maitrisé.

Force est de reconnaitre que cette industrie «°empoisonne notre eau°» comme l'a établi un rapport publié en 2009 outre-Atlantique[43]. La Loi de Protection de la Nature de 1976 stipulait l’interdiction de l’introduction dans l’environnement de toute substance polluante. Mais ce beau principe est dérogé, pour les installations classées, par des autorisations de rejets polluants dans des normes fixées par arrêté préfectoral ou par décret. Ainsi les centrales nucléaires peuvent disperser légalement des substances radioactives, des rejets liquides chimiques et des substances radioactives en milieu aquatique[44]

Le marqueur le plus évident de cet empoisonnement est le tritium[45]. Cette molécule très rare dans la nature est un produit de la fission nucléaire. Très mobile comme l'hydrogène, le tritium se combine avec de l'oxygène pour former de l'eau tritiée. Il pénètre facilement dans l'organisme, à travers le cycle de l'eau, et entraîne une exposition interne. C'est toute la chaine alimentaire qui se trouve impacté parce que le tritium est métabolisé. De nombreux travaux scientifiques évaluant les effets biologiques du tritium par comparaison à ceux obtenus à partir des rayonnements de référence confirment aujourd'hui cette thèse. Les résultats sont très largement concordants pour exprimer, à dose absorbée égale, une radiotoxicité clairement plus élevée du tritium par rapport aux rayonnements de référence. 

L'association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest (ACRO) ne cesse depuis des années d'alerter l'opinion et les pouvoirs publics sur la menace sanitaire inhérente à la dispersion dans l'environnement de grandes quantités de tritium liquide et gazeux[46]. Si une démarche d'étude a été initiée pour reconsidérer la toxicité de cette molécule[47] rien n'est mis en œuvre pour limiter les rejets. Non seulement l'industrie nucléaire diffuse des milliards de becquerels de tritium dans l'eau et l'atmosphère chaque année[48], mais elle pollue de plus en plus. Depuis quelques de nouvelles autorisations de rejets sont accordées aux exploitants leur permettant de rejeter plus de tritium encore... sans compter défaillances et autres incidents[49]. La situation est pire encore autour des installations de stockage des déchets radioactifs[50].

«°Le tritium dans l’environnement marin, comme l'explique l'ACRO[51], ne semble pas se comporter comme les modèles le prévoient : autour de Flamanville, des poissons, des mollusques et des crustacés avaient en 1981 d’après EDF des teneurs en tritium organique de l’ordre de 120 à 180 Bq/l d’eau de combustion, alors que les teneurs en tritium dans l'eau de mer se situaient autour de quelques dizaine de Becquerel par litre, comme aujourd’hui. Cette bioaccumulation du tritium chez les animaux marins a déjà été observée au large des côtes britanniques et vient contredire les modèles d’impact sanitaire. Le terme même de bioaccumulation contesté en France, est pourtant employé par les autorités britanniques.°»

On en revient toujours au problème des faibles doses. Si il y a bioaccumulation il existe donc un risque génétique et donc cancérigène. Cela n'est plus nié depuis longtemps au niveau international. En 1990, la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) a admis que «°toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique.°» Les réactions n'ont pas tardé en France[52]. Le débat continue aujourd'hui, d'aucuns considérant, comme au lendemain d'Hiroshima, que la toxicité est une affaire de seuil (en deçà d'une certaine quantité de toxique les effets seraient nuls). Mais la réalité est têtue. Le Comité de l'académie des sciences des Etats-Unis pour l'étude des effets biologiques des rayonnements ionisants admet depuis plus de vingt ans que la fréquence des cancers et d'effets génétiques héréditaires augmente avec des niveaux de rayonnement faibles selon une loi linéaire sans seuil. Certains scientifiques n'excluent plus que les effets des faibles dosent soient supra-linéaire comme disent les statisticiens.

Un exemple tragique vient malheureusement confirmer cette thèse, celui des leucémies. En dépit des dénégations de l'Etat et des autorités sanitaires[53], il existe bel et bien un problème autour des installations nucléaires. Les chiffres parlent d'eux quelques soient les efforts de l'IRSN pour en limiter la portée[54]. Entre 2002 et 2007 apparaît nettement un doublement de l'incidence des leucémies chez les enfants habitant à proximité d'une centrale nucléaire. L'enquête française de 2012 confirme les résultats mis en évidence en Allemagne en 2008 et en Angleterre dès les années 1980 [55]. Les conclusions allemandes sont très claires : «°une augmentation très significative des taux de cancers et de leucémies infantiles fut constatée, chiffrant notamment des augmentations de respectivement 60 et 117% pour les cancers et les leucémies des jeunes enfants vivant à moins de 5 km d’une centrale nucléaire. [...] Grâce aux règles employées dans l’étude et relatives aux distances séparant habitats et centrales, il fut possible de calculer pour l’ensemble de la zone d'étude de 121 à 275 cas supplémentaires de cancers infantiles. Ceci permit de déduire que sur tous les cancers se produisant dans un rayon de 50 km d’une centrale nucléaire, de 8 à 18% d’entre eux sont liés à la proximité du logement avec la centrale.[56]°» Un article récent semble confirmer  ces données[57]. Le plus inquiétant est que ces leucémies pourraient apparaître dès le stade embryonnaire.

La très sérieuse IRSN ne nie pas cette possibilité. Dans une communication auprès de l'association nationale des commissions locales d'information en novembre 2012, Dominique Laurier admet que l'exposition environnementale aux rejets radioactifs des installations nucléaires, voire l'exposition paternelle aux rayonnements ionisants avant la conception pourraient être cause de l'incidence supérieure des leucémies chez l'enfant[58].

Reste à établir les niveaux d'incidences pour les adultes. Chose au combien difficile au pays de Pasteur. En France, il n'existe que quelques registres de cancer départementaux[59]. Ceux-ci ne permettent pas de considérer la distribution spatiale de la survenue des cancers sur l’ensemble du territoire. Le premier registre national, portant sur les hémopathies malignes de l’enfant, n’a été mis en place que depuis 1995. Depuis, un second a été développé, considérant l’ensemble des cancers de l’enfant. Au contraire d’autres pays comme le Royaume Uni, il n’y a pas d’enregistrement national des cancers chez les adultes.

Aucune appréciation de l'impact sanitaire des centrales nucléaires n'existe donc à ce jour à l'exception de quelques monographies régionales dont la plus complète est celle publiée par l'Intercli de la Manche fin 2013[60]. Une fois encore le constat est sans appel. «°Sur le plan géographique, les secteurs de Cherbourg et de Granville concentrent une surincidence de plusieurs cancers solides. Des secteurs voisins enregistrent également davantage d’hémopathies malignes dans leur ensemble (Octeville d’une part et un secteur plus étendu autour de Granville d’autre part). Dans les cantons d’implantation de l’industrie nucléaire et pour l’ensemble des cancers, l’incidence observée n’est pas différente de la moyenne. Ces résultats sont à interpréter avec précaution du fait de la grande variabilité des SIR pour l’expression de l’incidence de maladies relativement peu fréquentes sur des petites unités géographiques telles que les cantons.°» S'il ne s'agit pas là de preuves irréfutables des conséquences sanitaires de l'industrie nucléaire, il faut bien voir dans ce constat un faisceau d'indices qui laisse penser que quelque chose de spécifique est à l'oeuvre... C'est le cas aussi autour du Tricastin où une étude menée par l'observatoire régionale de la santé de Rhône-Alpes a conclu en 2010 à une sur-incidence du cancer du pancréas chez la femme[61].

Comment dès lors parler de transparence et de droit à l'information ? Il est déjà très difficile d'obtenir des informations de la part des exploitants ne serait-ce qu'au sujet de survols par des aéronefs miniatures... il est pour ainsi dire impossible de disposer de données solides pour apprécier sur la durée de l'impact sanitaire du tritium et autres charmants produits déversés dans la nature. Le nucléaire bénéficie décidément d'un statut d'exception anachronique à l'heure où l'Etat prétend favoriser une démocratie écologique... La chose est d'autant plus grossière que les informations viennent de toute part aujourd'hui. L'industrie nucléaire est nocive. Outre-Atlantique des études le confirment[62]. Au Japon la situation est plus qu'alarmante et ne cesse de se dégrader.[63]

Une industrie qui bénéficie toujours et encore du soutien complice de l'Etat

Somme toute on attendait que la conférence environnementale 2014 prenne enfin à bras le corps la question de l'impact sanitaire de l'industrie nucléaire. On espérait que la «°championne de la transition énergétique°» accepte de débattre des coûts humains et environnementaux d'une industrie dont la faillite financière et technologique est évidente. Rien n'est venu...

Point de changement dans le domaine du nucléaire. La même certitude toute giscardienne pousse ce gouvernement comme ses prédécesseurs à persévérer dans une impasse. On savait déjà que les usagers payent au prix fort les conséquences de ce choix technologique absurde. Bien des indices donnent à voir que le prix à payer est plus fort encore. L'exposition chronique aux radionucléides rejetés par les centrales et les autres installations est de plus en plus évidente après un demi siècle d'exploitation.

L'impératif sanitaire impose aujourd'hui de prendre en compte ce que la commission Brottes-Baupin a poliment esquivé. Il ne s'agit pas seulement d'harmoniser la protection des sous-traitants et des salariés d'EDF ni de diminuer les doses globales et individuelles. Ce qui s'impose est de garantir chaque travailleur de tout risque d'irradiation et de cotamination. Depuis 1928, les recommandations concernant les limites d’exposition ont été réduites par un facteur 30. Et pourtant le nucléaire tue encore. Cette mort, bien que statistique, n’en est pas moins parfaitement réelle. C’est l’impôt silencieux du coût social de l’énergie nucléaire.

Le plus élémentaire principe de responsabilité devrait nous inciter à admettre qu'une industrie qui menace la vie et la descendance de ses salariés n'est pas légitime. Le souci affiché de promouvoir la santé environnemental devrait nous amener à considérer que les rejets de l'industrie nucléaire ne sont pas admissibles ni dans la Manche ni ailleurs[64]. Dès lors pourquoi donc vouloir poursuivre l'exploitation d'installations que l'on sait nocives ?

Ce qui est en cause ce n'est pas seulement la santé individuelle. Comme l'expliquait clairement Roger Belbeoch, dès 1990, l'industrie nucléaire nous expose à «°un eugénisme généralisé[65]°». Telles sont les craintes que nous pouvons formuler aujourd'hui. Mais force est de reconnaitre qu'il n'est pas possible dans débattre de tout cela. pas même à l'occasion d'une conférence dite environnementale. Triste bilan d'un pouvoir qui ne peut décidément pas prétendre au statut d'écologiste que certains veulent lui conférer... Le risque nucléaire ne peut être réduit à la seule menace d'une catastrophe inéluctable. Ce risque est quotidien, invisible et sournois puisqu'il pénetre au coeur même de nos cellules. Cela ne peut plus durer !

 


[1] La conférence environnementale, grand-messe écologique qui peine à convaincre

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/11/27/la-conference-environnementale-grand-messe-ecologique-qui-peine-a-convaincre_4529881_3244.html

[2] Conférence environnemental 2014, le programme

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Programme_conf__envir.pdf

[3] Conférence environnementale 2014°: les cinq annonces attendues du Président de la République

http://www.rac-f.org/Conference-environnementale-2014

[4] Conférence sur l'environnement : Hollande se voit en chantre de l'écologie

http://www.lepoint.fr/environnement/hollande-ouvre-la-3e-conference-environnementale-27-11-2014-1884823_1927.php

[5] http://www.gouvernement.fr/partage/2631-allocution-de-manuel-valls-a-la-conference-environnementale

[6] Pour Valls, le nucléaire français est un "atout"

http://www.lejdd.fr/Societe/Pour-le-Premier-ministre-Manuel-Valls-le-nucleaire-francais-est-un-atout-703232

[7] Rapport spécial du GIEC sur les sources d'énergies renouvelables, 2011

https://www.ipcc.ch/pdf/special-reports/srren/srren_report_fr.pdf

analyse du RAC : http://www.rac-f.org/Rapport-special-du-GIEC-sur-les

[8] voir la contribution de l'association Global Chance

http://www.global-chance.org/Des-questions-qui-fachent-contribution-au-debat-national-sur-la-transition-energetique

[9] «°nucléaire bon marché°» : fin d'un mythe

http://www.sortirdunucleaire.org/Couts-du-nucleaire

[10] Corinne Lepage, L'Etat nucléaire, Paris, Albin Michel, 2014

http://www.albin-michel.fr/L-Etat-nucleaire-EAN=9782226245496

[11] Négociations sur le climat : le nucléaire masque les vrais solutions à la crise climatique

http://www.rac-f.org/Negociation-sur-le-Climat-Le

Face à le menace climatique, l'illusion nucléaire

http://www.rac-f.org/IMG/pdf/climat_illusion_nucleaire.pdf

Nucléaire et changement climatique : Stop aux idées reçues !

http://www.sortirdunucleaire.org/Nucleaire-et-changement-climatique

Changement climatique et énergie nucléaire

http://www.wise-paris.org/francais/rapports/NucleaireClimatWISEParis.pdf

[12] Projet de PNACC : quid du risque lié au changement climatique pour les centrales nucléaires ? (RAC)

http://www.actu-environnement.com/ae/news/risque-changement-climatique-evenements-extremes-icpe-nucleaire-12790.php4

Vulnerability of US and European electricity supply to climate change

http://www.nature.com/nclimate/journal/v2/n9/full/nclimate1546.html

[13] PLTE : L’UFE conteste la pertinence d'un nouvel objectif intermédiaire à 2030 de réduction des consommations d'énergie

http://www.ufe-electricite.fr/presse/communiques-de-presse/article/plte-l-ufe-conteste-la-pertinence

[14] Plan national de réponse «°Accident nucléaire ou radiologique majeur°»

http://www.sgdsn.gouv.fr/site_rubrique146.html

[15] http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Organisation_deroulement_debats.pdf

[16] Les effets biologiques des faibles doses de rayonnement

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/faibles_doses_stewart.html

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/faibles_doses.html

[17] http://www.acro.eu.org/chronoFukushima.html

[18] Nucléaire : la catastrophe sanitaire

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/21/nucleaire-la-catastrophe-sanitaire_1496305_3232.html

[19] http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs371/fr/

[20] EDF, coupable de ne pas avoir protégé un salarié des rayons ionisants

http://www.journaldelenvironnement.net/article/edf-coupable-de-ne-pas-avoir-protege-un-salarie-des-rayons-ionisants,36357

[21] IRSN, Santé et radioprotection, recherche sur les effets des faibles doses

http://www.irsn.fr/FR/connaissances/Sante/effet-sur-homme/effets-sanitaires-faibles-doses/Pages/1-comprendre-faibles-doses-rayonnements-ionisants.aspx#.VHsmGDGG97E

[22] ASN, Rapport sur la sureté nucléaire et la radioprotection en France en 2013

chap. 1 : les activités nucléaires : rayonnements ionisants et risques pour la santé et l'environnement

http://www.asn.fr/Informer/Publications/Rapports-de-l-ASN/La-surete-nucleaire-et-la-radioprotection-en-France-en-2013/Chapitre-01-Les-activites-nucleaires-rayonnements-ionisants-et-risques-pour-la-sante-et-l-environnement

[23] Les salariés faiblement contaminés

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/news_afp_conta.html

[24] Le système SISERI mis en service le 15 février 2005 par l'IRSN, réalise une surveillance individuelle de l'exposition des travailleurs en vue de les exploiter à des fins statistiques ou épidémiologiques. Centralisés dans une base de données, ces résultats sont mis à disposition des médecins du travail et des personnes compétentes en radioprotection (PCR) via Internet (http://www.irsn.org/siseri) afin d'optimiser la surveillance médicale et la radioprotection des travailleurs.

[25] IRSN, la radioprotection des travailleurs, bilan 2009

http://www.irsn.fr/FR/expertise/rapports_expertise/Documents/radioprotection/IRSN_bilan_annuel_travailleurs_2009.pdf, p 22

[26] Ibidem, p 32

[27] Arrêt de tranche - les trimardeurs du nucléaire

http://www.franceculture.fr/oeuvre-arr%C3%AAt-de-tranche-les-trimardeurs-du-nucl%C3%A9aire-de-catherine-pozzo-di-borgho.html

[28] IRSN, la radioprotection des travailleurs, bilan 2009, p 29

[29] Compétitivité et sous-traitance nucléaire : servitude et nouvelle forme d’esclavage,

Sortir du nucléaire n°35 - juin-juillet 2007

http://www.sortirdunucleaire.org/Competitivite-et-sous-traitance

[30] Les employés sous-traitants du nucléaire les sacrifiés de la transition énergétique

http://www.jean-luc-melenchon.fr/brochures/transition-energetique.pdf

[31] ASN, Rapport sur la sureté nucléaire et la radioprotection en France en 2013

Chapitre 12 - Les centrales électronucléaires

http://www.asn.fr/Informer/Publications/Rapports-de-l-ASN/La-surete-nucleaire-et-la-radioprotection-en-France-en-2013/Chapitre-12-Les-centrales-electronucleaires

[32] http://www.asso-henri-pezerat.org/un-medecin-du-travail-se-defend-face-aux-intimidations-patronales/

[33] Nucléaire : EDF incite à sous-déclarer les accidents du travail

http://www.mediapart.fr/journal/france/150611/nucleaire-edf-incite-sous-declarer-les-accidents-du-travail

[34]Arrêté du 15 mai 2014 modifiant l'article 23 de l'arrêté du 15 mai 2006 relatif aux conditions de délimitation et de signalisation des zones surveillées et contrôlées et des zones spécialement réglementées ou interdites compte tenu de l'exposition aux rayonnements ionisants ainsi qu'aux règles d'hygiène, de sécurité et d'entretien qui y sont imposées 

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000029552467&categorieLien=id

[35] http://www.asn.fr/Reglementer/Bulletin-officiel-de-l-ASN/Avis-de-l-ASN/Avis-n-2014-AV-0200-de-l-ASN-du-9-janvier-2014

[36] La contamination radioactive que cache EDF

http://www.hexagones.fr/#!/article/2014/11/12/edf-minore-lexposition-des-salaries-du-nucleaire-aux-irradiations

[37] Centrales nucléaires et environnement

http://energie.edf.com/fichiers/fckeditor/Commun/En_Direct_Centrales/Nucleaire/General/ebookedfbassedef.pdf

[38] IRSN : il n’y a pas d’indice d’un impact sanitaire des rejets de l’industrie nucléaire

http://www.actualites-news-environnement.com/23889-IRSN-pas-indice-impact-sanitaire-rejets-industrie-nucleaire.html

[39] Agence pour l'énergie nucléaire, Options de rejet des effluents des installations nucléaires, 2003

https://www.oecd-nea.org/rp/reports/2003/nea4528-effluents.pdf

[40] http://www.sortirdunucleaire.org/EDF-condamnee-pour-avoir-rejete-de-l%C2%B9acide

[41] EDF: CONDAMNATION POUR POLLUTION ENVIRONNEMENTALE

http://www.juristes-environnement.com/article_detail.php?id=1719

[42] http://www.transition-energetique.org/2014/11/la-plus-grande-centrale-nucleaire-francaise-stocke-ses-rejets-radioactifs-liquides-dans-des-reservoirs-defectueux.html

[43] Les centrales nucléaires empoisonnent notre eau

http://www.partagedeseaux.info/article407.html

[44] Le nucléaire et l’eau

http://www.sortirdunucleaire.org/Le-nucleaire-et-l-eau-p-26

[45] FICHE RADIONUCLÉIDE tritium et environnement(IRSN)

http://www.irsn.fr/FR/Larecherche/publications-documentation/fiches-radionucleides/Documents/environnement/Tritium_H3_v1.pdf

[46] Le Tritium : un risque sanitaire sous-estimé

http://www.acro.eu.org/risquetritium.html

[47] http://www.asn.fr/sites/tritium/

[48] http://www.sortirdunucleaire.org/Contamination-au-tritium

[49] A Tricastin, EDF ne contrôle plus le tritium radioactif

http://www.reporterre.net/spip.php?article5142

[50] Concentration anormale en tritium relevée dans la mer à proximité de La Hague

http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/03/28/concentration-anormale-en-tritium-relevee-dans-la-mer-a-proximite-de-la-hague_3149613_3244.html

Etude du protocole de prélèvement d’eaux souterraines et de la mise en évidence d’une éventuelle stratification sur les niveaux de tritium mesurés dans les piézomètres du Centre de Stockage de la Manche

http://www.acro.eu.org/RAP130513-CSM-v1.pdf

Déchets nucléaires, le cauchemar continue

http://energie-climat.greenpeace.fr/dechets-nucleaires-le-cauchemar-continue

[51] http://www.acro.eu.org/cp200409.html

[52] Les experts français s'opposent aux nouvelles recommandations de la commission internationale de protection radiologique, Gazette du nucléaire, n°117/118

http://www.gazettenucleaire.org/~resosol/Gazette/1992/117_03.html#suite10

[53] Leucémies et centrales nucléaires : désinformation ou information ?

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/01/leuc%C3%A9mies-et-centrales-nucl%C3%A9aires-d%C3%A9sinformation-ou-information-.html

[54] http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN-Note-Publication-Leucemies-120112.pdf

[55] Les centrales nucléaires françaises à l’origine de leucémies infantiles aigües : nos enfants nous accusent… déjà !

http://www.sortirdunucleaire.org/Centrales-nucleaires-et-leucemies#nb4

[56] http://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/KiKK-Studie-resume.pdf

[57] A hypothesis to explain childhood cancers near nuclear power plants

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0265931X13001811

[58] Etude épidémiologique sur les leucémies infantiles autour des centrales nucléaires françaises, Dominique Laurier

Séminaire Environnement-Santé IRSN/ANCCLI, Paris, 15 Novembre 2012

http://www.anccli.org/wp-content/uploads/2014/06/Session7_Laurier_Leucemies-infantiles_15112012.pdf

[59] http://lesdonnees.e-cancer.fr/information/23-registres-de-cancers-en-france.html ;

http://etudes.isped.u-bordeaux2.fr/REGISTRES-CANCERS-AQUITAINE/General/G_Registre.aspx

[60] L'industrie nucléaire et le risque de cancers dans le département de la Manche, décembre 2013

http://www.climanche.fr/newsletter/doc-201312/Epidemiologie-des-cancers-version-complete-decembre-2013.pdf

[61] ETUDE SANITAIRE SUR LES CANCERS AUTOUR DU SITE NUCLEAIRE DU TRICASTIN

http://www.ors-rhone-alpes.org/pdf/tricastin.pdf

http://www.hctisn.fr/IMG/pdf/7_etude_cancer_tricastin_cle73BADB.pdf

[62] Augmentation des cancers près des centrales et installations nucléaires

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2012/09/05/Augmentation-des-cancers-pr%C3%A8s-des-centrales-et-installations-nucl%C3%A9aires

[63] Hausse du risque de cancer autour de Fukushima

http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/02/28/19945-hausse-risque-cancer-autour-fukushima

Des métastases aux poumons retrouvés chez des enfants de Fukushima atteints de cancer de la thyroïde

http://www.fukushima-blog.com/2014/10/des-metastases-aux-poumons-retrouves-chez-des-enfants-de-fukushima-atteints-de-cancer-de-la-thyroide.html

Thyroid cancer diagnosed in 104 young people in Fukushima

http://ajw.asahi.com/article/0311disaster/fukushima/AJ201408240011

[64] http://www.acro.eu.org/tritiumNC2009.html

[65] Roger Blebéoch, Société nucléaire, 1990

https://infokiosques.net/IMG/pdf/societe_nucleaire_-_cahier.pdf

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