La java des déchets atomiques

Les choses sont présentées à l'occasion du débat Public Cigéo de telle sorte que chacun peut se sentir rassuré. Les déchets nucléaires seraient précisément inventoriés, strictement contrôlés et dument confinés. Un Plan des gestion des matières et déchets radioactifs est défini tous les 3 ans pour améliorer les prise en charge de ces substances qui représentent un risque majeur pour la santé et l’environnement.

Les choses sont présentées à l'occasion du débat Public Cigéo de telle sorte que chacun peut se sentir rassuré. Les déchets nucléaires seraient précisément inventoriés, strictement contrôlés et dument confinés. Un Plan des gestion des matières et déchets radioactifs est défini tous les 3 ans pour améliorer les prise en charge de ces substances qui représentent un risque majeur pour la santé et l’environnement. Chaque année un inventaire est publié. Et la gestion s'améliorerait. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes…

A regarder les choses de plus prés la situation n’est pas si claire. Comme l’a clairement expliqué Benjamin Dessus dans un article récent la notion de « déchets ultimes » est largement infondée[1]. L’ASN est plus sévère encore. Ni la quantité ni la composition des déchets qui pourraient être stockés en couche géologique profonde ne sont clairement établies. Derrière la belle classification présentée par l’ANDRA se cachent en fait des incertitudes qui ne sont pas sans inquiéter. Non seulement la gestion des matières radioactives n’est pas aussi simples que d’aucuns veulent bien le dire mais surtout l’ANDRA est bien en peine de répertorier, classer et entreposer la montagne de déchets accumulés par un demi siècle de frénésie nucléaire civile et militaire.

Cigéo est bien « l’arbre qui cache la forêt ». Le projet de l’ANDRA concerne tout au plus 5% des matières radioactives présentes sur le sol français. Pour le reste, il n’existe pas de solutions de stockage qui offre toutes les garanties de sureté tant pour l’environnement que pour les travailleurs. L’ANDRA gère au plus pressé n’hésitant pas à requalifier certaines matières en fonction des possibilités d’entreposage et non pas de leur composition.

La France se retrouve avec une montagne dont personne ne sait que faire. Les problèmes de gestion sont telles que les matières sont gérés selon une doctrine qui laisse perplexe déterminées en dernier recours par des considérations purement économiques. Il ne faudrait tout de même pas que les déchets pèsent trop sur les comptes de ceux qui les ont produit. Peu importe les conséquences sur la santé et l'environnement, il faut que l'opinion pense que des solutions existent, qu'elles sont sûres et qu'elles sont pérennes.

Mais la communication de l'ANDRA et les paroles rassurantes du ministères de l'écologie ne peuvent nous rassurer. La gestion des matières radioactives tient plus du bricolage que d'une prise en charge sérieuse. On peut ainsi parler d'une « java des déchets atomiques »...

L’imposture des matières dites valorisables

Le fameux « cycle du combustible » n’est pas ce processus vertueux vanté par l’industrie nucléaire. A chaque étape de la production de combustible sont accumulés des résidus de production qu’il faut bien considérer comme des déchets. Pour produire 1 kg d’uranium enrichi, 8 kg d’uranium naturel sont nécessaires et au final restent 7 kg d’uranium dit appauvri. On a rarement vu un procès industriel aussi peu efficace. Mais si le rendement de l’amont de la chaine du combustible est indigent, il n’en a pas moins un impact fatal pour l’environnement. A Malvési 600 000 m3 de boues contaminées se sont accumulés au fil des années au point d’amener enfin l’ANDRA à se saisir de la question[2].

Toujours est-il qu’aujourd’hui en France sont entreposés plus de 270 000 tML d’uranium dit "appauvri" (UA). Officiellement ce ne sont pas déchets. Il s’agit selon la classification des matières radioactives en vigueur de « matières valorisables » parce qu’elles pourraient être réutilisées par des réacteurs nucléaires. L’observation attentive de l’enrichissement permet de modérer les certitudes des industriels de la filière nucléaire. L’usine Eurodif produit quelques 8 000 t d’uranium appauvri chaque année, environ 6 000 t sont défluorés pour être entreposés… seulement une centaine de tonnes est envoyée à Marcoule pour la fabrication du MOX (usine Melox). Le rendement est bel et bien indigent sans parler de l’énergie dilapider pour réaliser toutes ces transformations chimiques. Reste heureusement à l’industrie nucléaire la croyance selon laquelle la IVe génération de réacteurs qui viendra griller ces milliers de tonnes.

Les doutes en dans la capacité des surgénérateurs à utiliser l’uranium appauvri accumulé sont tels que le Plan de gestion des matières et déchets radioactifs 2010 admet que les conditions de réutilisation des matières valorisables ne peuvent être garanties à long terme. Le HCTISN conforte ce jugement en invitant les exploitants à revoir le principe du « traitement recyclage » des matières radioactives. Que dire d’autres quand on constate que 3% à peine de l’uranium sont effectivement remis dans la chaine du combustible ?

Le problème posé par l’uranium appauvri n’est pas mince. L’238U est une matière dangereuse surtout s’il est accumulé en grande quantité au même endroit. Selon un dossier de l’ACRO publié en mars 2001, l’238U et non seulement une matière radioactive durable, émetteur alpha, mais comme tous les métaux lourds un toxique chimique puissant[3]. Afin de rassurer la population, il est souvent affirmé que l’uranium appauvri est environ 40% moins radioactif que l’uranium naturel que l’on trouve partout dans l’environnement. En effet, la période de l’238U étant beaucoup plus longue que celle de l’235U, il se désintègre moins vite et est donc moins radioactif, mais dans la nature, on ne trouve pas de l’uranium pur. Le minerai extrait des mines françaises ne contient que 0,5% d’uranium et celui des mines canadiennes, les plus riches, entre 4 et 8%. Quant à l’écorce terrestre, elle contient en moyenne 3 g d’uranium par tonne. L’uranium appauvri est donc beaucoup plus radioactif que notre environnement. C’est une matière artificielle issue d’une activité industrielle qui constitue bel et bien un déchet qu’il convient de confiner.

Face à ce risque le Plan de gestion des matières et déchets radioactifs 2013 prend clairement position. L’ANDRA et l’ASN rappellent opportunément que le classement en tant que matière ou déchet n’est pas définitif[4]. Cette évaluation est réalisée sur le fondement de l’évolution des technologies et des perspectives de valorisation. De nouvelles technologies peuvent ouvrir la voie à de nouvelles possibilités de valorisation, ou au contraire une évolution du contexte industriel, politique et/ou technico-économique peut remettre en cause une réutilisation envisagée. Finalement nous avons affaire à une accumulation de matière dont on ne connaît pas le statut. Une seule chose est sûre est que tout cela est dangereux...

Les mirages du retraitement

 Si seulement il n'y avait que le Uranium dit appauvri. L'aval du "cycle du combustible" produit lui aussi des matières classées comme "valorisables". Il s'agit en particulier de l'Uranium de retraitement (URT). "Au 31 décembre 2010, 24 000 tonnes d'URT étaient entreposées sur les sites du Tricastin, de La Hague, de Romans et de Cruas.[5]" Et la situation ne risque pas de s'améliorer. L'ANDRA évalue à 40 000 tonnes le masse de cet Uranium en 2020. Pourquoi donc ?

L'URT est la principale production d'AREVA à La Hague comme le donne à voir ce graphique constitué à partir de données datant de 2010. Alors que le Royaume-Uni a renoncé à cette technologie à la fois chère, dangereuse et inutile[6], la France s'acharne à traiter le combustible usé au prétexte de recycler des matières rares et précieuses. La réalité est comme souvent beaucoup plus triviale. Il s'agit avant tout de récupérer le Plutonium contenu dans les combustibles et de disposer de stocks d'Uranium qui pourraient servir... ce fameux "bas de laine" présenté ci contre.

L’efficacité de cette stratégie est en général résumée par un chiffre, décliné dans toute communication officielle sur le sujet : grâce au retraitement, "96 % des matières du combustible usé sont recyclées" (soit 95 % d’uranium et 1 % de plutonium, ne laissant que 4 % de déchets « ultimes » vitrifiés et destinés au stockage géologique)[7]. Chacun sait aujourd'hui suite au Rapport établi par le HCTISN que cette évaluation ne tient pas. 97 % des matières entrant à partir de l’uranium naturel dans la chaîne du combustible en ressortent avec le statut de matières valorisables sans être toutefois effectivement valorisées[8].

Seule une partie de l'URT est conservé sous forme d'UF6 de manière à être enrichi et réinjecté dans le "cycle du combustible". La plus grande masse est entreposé sous forme d'U3O8 et ne se distingue guère du Yellow cake entreposé à Malvési. Une observation attentive du traitement du combustible donne à voir que la communication d'AREVA est un joli rideau de fumée qui n'a d'autres but que de réduire artificiellement la quantité officielle de déchets et de laisser croire à un recyclage. Les chiffres parlent d'eux mêmes : c'est tout au plus 3 % de l'uranium perdu par la fabrication et le traitement qui sont réinjectés. Le reste est accumulé au péril de la santé et de l'environnement représentant tout au plus une opportunité en cas de tension sur le marché de l'uranium naturel comme le reconnait l'inventaire 2012[9]. Selon l'inventaire 2012 seuls 74 tML sont aujourd'hui sont récupérés pour le site de Cruas. Pour le reste un stockage est envisagé... à terme[10].

L'inventaire ne s'arrête pas là. Aux matières liées au fonctionnement de la filière électronucléaire s'ajoutent d'autres produites par l'industrie chimique. Il s'agit en particulier du Thorium[11]. Mais là encore la valorisation est hypothétique que ce soit dans le domaine industriel ou dans le champ médical. Tous les arguments sont bons pour requalifier les déchets du nucléaires et ainsi les soustraire aux contraintes immenses de la gestion à long terme. Dernièrement encore AREVA au titre du recyclage communiquait sur l'intérêt pour le traitement des cancers de matières issues du cycle du combustible[12]... Il faut dire que c'est un secteur d'avenir vu la quantité de matière radioactive rejetée dans l'environnement depuis les premières explosions nucléaires[13] !

Faire Face à la démesure

Quelques soient les efforts des industriels de la filière nucléaire, la masse des déchets ne cessent de croitre. Le combustible usé n'est finalement que la partie émergée de l'iceberg. Les 13 000 tML ne représentent pas grand chose à côté du volume immense de matières mis en contact de la radioactivité et contaminés par des radioéléments[14]. Le volume de déchets radioactifs, sans compter les déchets de Malvési, recensés depuis le début de leur production jusqu’au 31 décembre 2010 est de 1 320 000 m3 environ (volume équivalent conditionné) soit 170 000 m3 environ de plus qu’à fin 2007.

Ces chiffres peuvent paraitre abstrait. Une rapide comparaison permet de mieux comprendre l'ampleur du problème : l'ANDRA considère qu'un assemblage de combustible correspond à un volume de l'ordre de 0.2 m3. Evalué ainsi, le volume globale de combustible usé entreposé dans les piscines de La Hague est de l'ordre de 12 000 m3 pour un poids équivalent en tonnes. Sans trop abuser de la règle à calcul on peut donc considérer qu'il y a un rapport de 1 à 110 entre le volume de matière nucléaire à proprement parler et le volume des matériels, matériaux et autres équipements contaminés par la radioactivité.... alors que le démantèlement des installations nucléaires de base est à peine entamé en France[15].

Si l'on observe le problème à une échelle européenne, la gestion des matières et des déchets radioactifs touche à la démesure aux vues de ces données de 2007[16]. Et ce n'est qu'un début. La France devrait compter 1,9 million de m3 de déchets en 2020 et 2,7 millions en 2030, soit plus du double de la quantité actuelle...

Cigéo ne serait destiné qu'à accueillir quelques 80 000 m3 de déchets à vie longue de haute activité (HA-VL et MA-VL) soit à peine 6 % du volume global de substances radioactives qui constituent une menace pour la santé et l'environnement sur une durée plus ou moins importante. Le problème est d'autant plus grave que la filière nucléaire est bien loin d'avoir trouvé des solutions pérennes pour 72 % des déchets déjà accumulés[17].

La gestion exemplaire des déchets et matières radioactives n'est pas aussi claire que l'ANDRA veut bien le dire. On ne compte plus les arguments qui mettent en cause non seulement la manière dont sont conservés aujourd'hui les déchets mais l'héritage d'une gestion déficiente. L'exemple du stockage des déchets de faible et moyenne activité à vie courte illustre clairement cette situation.

Le Centre de Stockage de la Manche

Généralement quand on parle des déchets de La Hague, chacun pense aux piscines et aux silos de l'usine, au volume des rejets liquides et gazeux générés par le "retraitement", mais on oublie la quantité de déchets accumulés sur le site même d'AREVA et dans le Centre stockage de la Manche (CSM). Premier centre français de stockage de déchets radioactifs, le CSM a été ouvert en 1969. Après 25 ans d’exploitation, le centre a été fermé et recouvert de plusieurs couches de matériaux destinés à garantir la sureté de l'installation. Un décret du 10 janvier 2003 a fermé ce centre dont l'ANDRA doit assurer la surveillance pour au moins trois siècles. 527 225 m3 de sont stockés ici.

A en croire l'inventaire 2012, on trouve un peu de tout dans les colis du CSM : différents isotopes du Plutonium, du strontium, de l'américium, du neptunium. Un beau cocktail qui amène à s'interroger sur la classification comme déchets à vie courte. La seule chose que l'on peut admettre est que ces déchets pour l'essentiel constitués de plomb dégagent peu de chaleur. Ce n'est pas pour autant qu'ils ne représentent pas une menace sérieuse pour la santé et l'environnement en particuliers au regard des nouveaux référentiels de sureté post-Fukushima[18].

L'ACRO et les groupes antinucléaires du Nord Cotentin ne cessent depuis sa création de dénoncer ce site de stockage. "A cause de sa gestion empirique, il porte atteinte à l’environnement. Suite à des incidents à répétition qui viennent s’ajouter à un relargage diffus en continu, les nappes phréatiques et de nombreux exutoires sont fortement contaminés en tritium. [...] la situation pourrait s’aggraver à long terme car les emballages des déchets les plus anciens, qui contiennent aussi les éléments les plus nocifs, ne sont pas garantis sur de si longues périodes. Des effondrements ont déjà été observés. Lorsqu’une nouvelle contamination sera détectée, il sera trop tard[19]." D'autant plus que l'improbable est toujours à craindre. Ainsi en mai 2013, une grenade datant de la Seconde Guerre mondiale a été découverte lors de travaux sur la couverture du centre[20]. Les remblais de la fermeture devront être repris...

A plusieurs reprises au cours de ces dernières années, des associations, dont Greenpeace, mais aussi des responsables du site ont dénoncé les conséquences "désastreuses de la gestion du Centre de stockage de la Manche (CSM). Le témoignage récent d’un des ingénieurs de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (ANDRA), chef d’exploitation du site pendant de nombreuses années, est proprement accablant. Le site continue de fuir vers dans les eaux de la nappe souterraine de La Hague et menace de s’effondrer à tout moment.[21]" Point de vue confirmée en juin 2013 par des analyses de l'ACRO. "On trouve des valeurs jusqu'à 58 fois supérieures à celles relevées par l'ANDRA, qui est parfois passée complètement à côté de certaines pollutions", déclare au magazine Le Point Mylène Josset. David Boilley, président le l'ACRO, complète en mettant en cause la surveillance du site par l'ANDRA. "Ils ne sont pas en mesure aujourd'hui de détecter une anomalie[22]."

930 000 t de déchets nucléaires contaminent l'environnement en raison d'un défaut de confinement des matières radioactives. L'eau comme partout ailleurs constitue le premier vecteur de dissémination dans l'environnement. ''Un fût en métal perd spontanément 1% de tritium, précise David Boilley interviewé par Actu-environnement en octobre 2009[23]. Cet élément sert malheureusement d'annonciateur de la fuite d'autres éléments radioactifs à l'avenir''. A l'extérieur du site, au pied d'une maison, l'eau à la source du ruisseau Le Grand Bel qui sert d'abreuvoir aux animaux, présente toujours une contamination de 700 Becquerels par litre, soit bien plus que le seuil d'alerte de l'OMS qui impose une surveillance au-delà de 100 Bq/l. A l'intérieur du site, selon les endroits, les piézomètres du réseau de surveillance des eaux souterraines indiquent des résultats pouvant aller de plusieurs centaines à plusieurs milliers de becquerels par litre. Des résultats de contamination de la nappe phréatique - qui ne sert pas heureusement à l'alimentation en eau potable - expliqués officiellement non par des fuites, mais par un accident du passé. ''En 2006, après la publication de la première version de notre rapport et au moment de l'adoption de la seconde loi sur la gestion des déchets radioactifs, Greenpeace avait fait une percée sur le site et effectué un prélèvement que nous avions analysé, raconte David Boilley. Nous avions trouvé 20.000 Bq/l, soit deux fois plus que les résultats de l'Andra. "

Soulaines

Nappe phréatique contaminée, structure d’entreposage qui s’effondre, déchets de longue vie stockés dans des conditions inadmissibles : le bilan du Centre de stockage de la Manche (CSM), le seul centre de déchets nucléaires "fermé" en France est accablant[24]. On comprend mieux l'empressement de l'ANDRA à ouvrir dès le début des années 1990 un nouveau centre de stockage pour les FMA-VC. Ce fut chose faite à Soulaines en 1992 avec la création du Centre de stockage de l'Aube (CSA). Sur 95 hectares dont 30 sont réservés au stockage, les déchets sont ici stockés en surface dans des ouvrages en béton armé de 25 m de côté et de 8 mètres de hauteur.

D'aucuns auraient pu croire que l'expérience du CSM permettrait à l'ANDRA de garantir une réelle protection de l'environnement. C'est un leurre. La radioactivité finit toujours par s'échapper par mille chemins surprenants. En 2006 alors que l'ACRO repère de fortes concentration de tritium dans la Manche, la CRIIRAD met en évidence que Soulaines fuit aussi[25]. Le laboratoire relève, via un diagnostic de radiamétrie, "des niveaux de radiation deux à cinq fois supérieurs à la radioactivité naturelle" à la clôture du site. "Il n'y a pas de danger immédiat car aucune habitation ne jouxte le site mais la situation est anormale pour autant", déplore Roland Desbordes[26].

Si les doses son plus faibles que dans la Manche, elles n'en sont pas moins observables. Ici Comme autour de toute installation nucléaire de base se pose la question de la bioaccumulation dans l'environnement de toxiques radioactifs dont la nocivité ne saurait être réduite à leur demi vie. Ce n'est pas parce que des pollutions sont faibles qu'elles ne constituent pas une menace pour la santé publique. Tout particulièrement dans le nucléaire où les faibles doses apparaissent de plus en plus clairement comme vecteurs de risques[27]. Même l'IRSN le reconnait aujourd'hui du bout des doigts alors que les études sur l'impact sanitaire des INB se poursuivent[28].

Ainsi passe-t-on d'une contamination massive et ancienne à Digulleville à une contamination récente et insidieuse à Soulaines. Et cela pour des déchets qui ne sont pas considérés comme les plus dangereux. Pour l'ANDRA, ces substances ne représentent en effet que 0.02% de la radioactivité totale des déchets radioactifs. C'est sans compter leur volume globale. Si chaque m3 de FMA-VC est moins actif qu'un m3 de HA-VL, il n'en reste pas moins que 830 000 m3 de substances radioactives constituent une menace réelle pour la sante et l'environnement surtout si les installations de stockage sont défaillantes. Le risque est démultiplié même si d'un certain point de vue il est plus "faible".

Dès aujourd'hui, il y a trois fois plus de matière radioactives à Soulaines qu'il est prévu dans stocker dans Cigéo. Il faut dire que les choses sont allées très vite. En dix ans, l'ANDRA a déjà rempli plus du quart des capacités de stockage prévues initialement. La situation est suffisamment grave pour que le PNGMDR 2013 essaie de rassurer l'opinion publique sur la pérennité de Soulaines. "Les efforts de réduction de la production des déchets FMA-VC à la source, ainsi que la mise en service d’un centre de stockage des déchets TFA sur le Cires et de filières de fusion et d’incinération ont permis d’allonger la durée de vie du centre.[29]" Bien évidemment une telle déclaration ne peut convaincre personne surtout quand on sait que dès aujourd'hui des MA-VL sont entreposés ici en dehors du cadre réglementaire. L'ANDRA cherche déjà un nouveau site pour les FMA-VC...

Morvilliers

L'insuffisance des moyens d'entreposage a conduit l'ANDRA à réaliser un centre intermédiaire de gestion des déchets en attente de solutions durables, le Cires à Morvilliers. "À la demande des pouvoirs publics, l'ANDRA a développé une solution spécifique pour les déchets de très faible activité, inspirée dans son principe des installations de stockage pour les déchets dangereux de l'industrie chimique.[30]" À la fin de l’année 2011, le volume total stocké au Cires était de 227 448 m3, soit 31 % de la capacité autorisée et les dernières estimations conduisent à des besoins à peu près doubles de ceux sur lesquels s’était fondé l’inventaire des déchets à stocker dans ce centre.

Implanté dans le département de l’Aube, le centre de l’ANDRA s’étend sur 45 hectares dont 28,5 hectares réservés au stockage. Une fois conditionnés, les lots de déchets sont identifiés et stockés en surface dans des alvéoles de 176 mètres de long et 25 mètres de large, creusées à quelques mètres de profondeur dans une couche argileuse. Une fois remplies, ces alvéoles sont fermées puis recouvertes d’une couverture composée notamment de sable, d’une membrane imperméable et d’argile. Somme toute de quoi confiner des TFA mais pas d'entreposer durablement autre chose.

Officiellement destiné à accueillir les TFA[31], Morvilliers a une fonction beaucoup plus polyvalente. On ne sait pas exactement ce qui est stocké ici. L'Inventaire géographique 2012 fournit seulement de vagues données datant de 2003[32]. Le catalogue descriptif des familles 2012 est tout aussi évasif. 175 000 m3 seraient stockés à Morvilliers au 31 décembre 2010[33]. Mais quantité global des TFA selon le PGMDR est de l'ordre de 360 000 m3... c'est à dire que le Cires accueille à peine la moitié des matières qu'il est sensé gérer et que 15 % du volume n'a rien à faire ici. Si des TFA sont présents sur d'autres sites, au CSA, au CSM mais aussi Valduc[34] ou au Bouchet dans l'Essonne[35] et sur bien d'autres sites, on trouve plein de choses à Morvilliers.

L'ANDRA ne s'en cache pas. Le Journal de l'ANDRA, édition de l'Aube, n°13 de l'hiver 2013 vante les mérites du Cires. "Le Centre industriel de regroupement, d'entreposage et de stockage (Cires) a vu la mise en service des bâtiments de regroupement et d'entreposage des déchets issus de la collecte des producteurs non électronucléaires et la réception de deux générateurs de vapeur provenant du démantèlement de la centrale de Chooz A (Ardennes).[36]" Et oui vous avez bien lu : des générateurs de vapeur opportunément requalifiés sont entreposés à Morvilliers parmi 7 200 tonnes de déchets divers et variés[37]. Comment s'étonner dès lors que l'ASN recommande à EDF d'améliorer sa gestion des déchets[38] ?

Un peu comme Pierrelatte[39], mais à une moindre d'échelle, Morvilliers est la cour des miracles de la gestion des déchets radioactifs. On y trouve de tout, de n'importe quoi et surtout beaucoup de choses qui ne devraient pas y être. L'embarras de l'ANDRA est perceptible. Ainsi annonce t elle pour faire face à des flux mal maitrisés de substances radioactives "la création d'un bâtiment de tri et de traitement de déchets au Cires[40]." Mais elle préfère traiter à la source les substances radioactives pour ne pas avoir à les stocker...

la congestion des déchets

Le PNGMDR 2013 consacre ainsi de longs passages à la "Réduction du volume et de la nocivité des déchets destines au stockage[41]." Si le rapport convient que les le recyclage envisagé par le précédent plan est un échec, il recommande de poursuivre les ressources dans ce sens. L'orientation est claire : c'est la valorisation : "Compte tenu des besoins de plus grande ampleur pour la gestion des déchets TFA, liés aux prochaines opérations de démantèlement/assainissement, confirmés par l’édition 2012 de l’Inventaire national, le PNGMDR 2013-2015 demande la poursuite des études relatives à la mise en œuvre de ces filières de valorisation, en vue de préserver la ressource rare que constituent les stockages." Envers et contre tout, l'industrie nucléaire essaie de trouver des solutions pour les déchets quitte à ce qu'ils se retrouvent disséminés[42]... comme le mouvement antinucléaire le dénonce depuis 2009[43].

Mais rassurez vous, puisqu'il existe un risque sanitaire une alternative à la dispersion des substances radioactives est envisagée en particuliers pour les TFA. La première d'entre elle est l'incinération. "L’incinération des déchets apporte une réponse concrète à la gestion d’un large spectre de déchets radioactifs TFA et FA. Elle permet par ailleurs de préserver la ressource des stockages en réduisant d’un facteur 10 à 20 le volume des déchets radioactifs ultimes.[44]" Le seul petit problème est que l'incinération des déchets ferreux est durablement interrompu depuis le drame du 12 septembre 2011[45]. Mais cela n'arrête pas les experts officiels de la gestion des substances radioactives. "Au regard des difficultés rencontrées lors de l’arrêt prolonge de l’incinérateur, tant pour la gestion des déchets des petits producteurs hors électronucléaire que pour la gestion de certains déchets des producteurs d’installations nucléaires de base, l’ANDRA, AREVA, le CEA et EDF établiront le retour d’expérience des difficultés liées à l’interruption du fonctionnement de l’incinérateur de CENTRACO et des mesures palliatives qu’ils ont dû mettre en place. Une réflexion associant l’ANDRA, les producteurs de déchets et SOCODEI, devra être engagée pour sécuriser les filières de gestion des déchets incinérables. Des éléments de cette réflexion seront présentés au cours d’une réunion du groupe de travail du PNGMDR[46]."

L'Etat reconnait finalement que ces prévisions étaient erronées que les moyens de stockage des TFA sont insuffisants au regard des enjeux actuels. "Les dernières estimations de production de déchets conduisent a des besoins a peu près doubles de ceux sur lesquels s’était fonde l’inventaire initial des déchets relevant de ce stockage[47]." Le problème est d'autant plus aigu que l'imminence du démantèlement du parc nucléaire se fait ressentir. Si le PGMDR 2010-2012 considérait les éléments déconstruits comme des FMA-VC[48], le nouveau PNGMDR les classes comme TFA. On a bien à faire à une requalification de substances radioactives non pas en fonction de leur nocivité mais bien des solutions de stockage disponibles dans des conditions économiquement acceptables. Ce n'est plus tant l'installation qui garantit la sureté du stockage mais le conditionnement des déchets évidements compressés pour réduire leur volume. Comment s'étonner dès lors que Morvilliers tout comme le CSM et le CSA exposent l'environnement à des pollutions chimiques et des contaminations radioactives[49] ?

Somme toute le système de gestion des déchets proposés par l'ANDRA est proche de la saturation en à peine deux décennies. Que ce soit pour les FMA ou les TFA en principes les moins nocifs il n'existe pas à ce jour de solution sûre, durable et perfectible. Non seulement les déchets ne sont pas conservés dans des conditions satisfaisantes mais en dernier recours l'environnement sert de variable d'ajustement d'une gestion déficiente. Comment parler de confinement quand les centres de stockage fuient de toute part ?

La seule réponse qu'apporte l'ANDRA est une fuite en avant qui ne résout aucun problème structurel. " De ce fait, sous réserve des résultats des études a conduire et d’une modification de l’autorisation après enquête publique, le Cires pourrait accueillir en stockage un volume supérieur de déchets par rapport a la capacité actuellement autorisée sur la même emprise foncière et offrir ainsi une capacité supplémentaire.[50]" On accumule, on déplace, on bourre et on espère que ça ne craque pas. Et pour ce faire l'ANDRA est prête à tout mélanger à partir du moment où cela peut faire gagner de la place[51]. Au Cires, il est question de stocker dans les mêmes alvéoles des emballages de transport de combustible, des éléments démantelés des UNGG, les espaces vides entre ces gros éléments remplis avec des colis standards.

Une telle gabegie inquiète bien évidemment. L'Etat reconnaissant la carence du système qu'il a imposé en 2006 au mépris des préconisations du débat public[52], conseille aujourd'hui de recourir à une solution qu'il n'eut cesse de dénoncer hier. "Les pistes pour réduire les flux de déchets TFA décrites dans le chapitre 2.5 et les efforts de densification des déchets a poursuivre ne feront que différer la saturation du stockage du Cires de quelques années. Les producteurs ont propose que puisse être explore le stockage sur les sites des producteurs de certains déchets TFA, dont les quantités le justifient.[53]" Toujours est il qu'entre 2007 et 2010, si le volume de MA-VL a diminué de 5%, celui des FA-VL a augmenté de 4 500 m3, celui des FMA-VC de 37 000 m3 et celui des TFA de 130 000 m3. A croire que la succession des PNGMDR est une formidable machine à requalification et à déclassement des déchets...

Aucun problème sérieux n'est résolu. Les 87 000 m3 de FA-VL sont encore entreposés en attente d'un stockage définitif. Depuis 2008, les choses n'ont guère avancé malgré les efforts réitérés pour convaincre un territoire d'accueillir cette masse de substances très nocives[54]. "Deux concepts sont envisages pour le stockage définitif des déchets FAVL : le Stockage sous Couverture Remaniée (SCR), réalisé dans une couche géologique affleurante par excavation puis remblais, et le Stockage sous Couverture Intacte (SCI), creuse en souterrain dans une couche d'argile a une profondeur plus importante. Différents scenarios sont a l'étude pour chacun des types de déchets FAVL.[55]" Quelques soient les arguments techniques avancés par l'ANDRA, aucune commune n'est disposé à devenir une "poubelle radioactive". Les FA-VL continue de s'entasser représentant pour certains un risque tel qu'il est question de les réorienter vers Cigéo !

Pour conclure

Avant même d'envisager une solution définitive pour les fameux HA-VL, il conviendrait de reconsidérer la gestion de l'ensemble des déchets. L'ampleur des enjeux impose de reprendre les stockages anciens non conformes aux doctrines actuelles, les d’entreposage posant des problèmes de sûreté, et d'envisager des solutions de stockage réellement sûres.

Force est de reconnaitre, qu’elle poursuive son programme nucléaire ou non, la France n’est pas prête de mettre en place des solutions définitives pour la gestion des stocks massifs de déchets à vie longue et de matières qu’elle continue d’accumuler. Le problème que pose les déchets à radioactivité naturelle renforcée (RNR) le prouve parfaitement[56]. Ce ne sont pas moins de 40 millions de tonnes de déchets qui sont disséminés dans toute la France dans ce que l'ANDRA appelle pudiquement des "stockages historiques"[57]. Ne serait ce qu'au Sud-ouest de l'agglomération rouennaise existent deux stockages de ce type dont l'impact sur l'environnement a été réévalué en 2009 par l'Association Robins des Bois[58]. Qu'attend aujourd'hui l'ANDRA pour reprendre ces matières nocives pour la santé et l'environnement dont le suivi est défaillant[59] ?

L'ANDRA en voulant imposer dans la précipitation le projet Cigéo nous propose une mauvaise réponse à un problème mal formulé. Il y a tant à faire pour protéger le territoire et la population contre les impact des radioéléments présents un peu partout, qu'il serait plus pertinent d'apporter des solutions concrètes à des problèmes immédiats avant d'envisager des projets contestables qui n'apportent pas de garanties de sureté suffisantes.

Le stockage définitif des déchets les plus dangereux pourra être abordé une fois que tous les autres problèmes posés par l'accumulation irréfléchie de matières radioactives auront été traités. Une telle exigence relève de la simple responsabilité vis à vis non seulement des générations futures mais de l'environnement aujourd'hui. Le problème n'est pas "de mettre sous le tapis", quelques 80 000 m3 de déchets mais d'envisager la prise en charge de millions de tonnes de substances plu ou moins contaminées.

Voilà un vrai défis qui doit rappeler à l'ANDRA qu'elle n'est pas au service des industriels mais qu'elle exerce une mission de service public en protégeant la population est l'environnement des conséquences fatales de choix technologiques funestes. L'irresponsabilité d'hier nous impose d'être responsable aujourd'hui, c'est à dire trouver des solutions sures pour les déchets accumulés et admettre qu'il ne faut plus en produire[60]...

rejoignez le réseau d'information et de mobilisation contre le projet Cigéo : http://www.cigeout.com/

 


[1] http://blogs.mediapart.fr/blog/benjamin-dessus/210613/le-projet-d-enfouissement-des-dechets-nucleaires-cigeo-l-arbre-qui-cache-la-foret

[2] http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/pngmdr_web_rapport.pdf, p 9

[3] http://www.acro.eu.org/fiche52.html

[4] http://www.asn.fr/index.php/Les-activites-controlees-par-l-ASN/Dechets-Installations-en-demantelement/Plan-national-de-gestion-des-matieres-et-dechets-radioactifs/PNGMDR-2013-2015, p 16 & 18

[5] http://www.andra.fr/inventaire2012/04_pdf_documents/02-Andra-2012-synthese.pdf, p 47

[6] http://www.lepoint.fr/economie/mox-le-douteux-pari-de-la-france-17-04-2013-1656020_28.php

[7] http://www.global-chance.org/IMG/pdf/GC29.pdf

[8] http://www.greenpeace.org/france/PageFiles/266521/rapport-hctisn.pdf

[9] http://www.andra.fr/inventaire2012/04_pdf_documents/02-Andra-2012-synthese.pdf, p 47

[10] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Publication-du-Plan-National-de.html, p 82

[11] Environ 10 000 tonnes d'oxydes de terres rares sont récupérables à partir du traitement des matières en suspension (MES) et de l'hydroxyde brut de thorium (HBTh).

[12] http://www.bfmtv.com/societe/lutte-contre-cancer-groupe-areva-mise-un-isotope-rare-535030.html

[13] http://independentwho.org/fr/

[14] "Une substance radioactive est une substance qui contient des radionucléides, naturels ou artificiels, dont l'activité ou la concentration justifie un contrôle de radioprotection", article L 542-1-1 du chapitre II du titre IV du livre V du Code de l’environnement créé par la loi du 28 juin 2006.

[15] http://www.actu-environnement.com/ae/news/plan-gestion-dechets-radioactifs-2013-2015-solutions-stockage-18410.php4

[16] http://www.global-chance.org/IMG/pdf/HS4_Fiche26_p106-111.pdf

[17] http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=sinformer&sousmenu=themas&soussousmenu=etatdeslieux&page=dechets

[18] GT Inter-CLI-Manche, V 12, Référentiel sur la sureté des installations manchoises post-Fukushima, février 2012 : http://fr.calameo.com/read/001091367c978ca75d98f

[19] ACRO, Gestion des déchets radioactifs : les leçons du Centre de Stockage de la Manche, 2009 : http://www.acro.eu.org/CSM_GP09.pdf

[20] http://www.francetvinfo.fr/une-grenade-retrouvee-dans-le-centre-de-dechets-nucleaires-de-la-manche_329962.html

[21] http://www.actualites-news-environnement.com/21629-dechets-nucleaires-rapport-accablant-centre-stockage-manche-csm.html

[22] http://www.lepoint.fr/societe/soupcons-de-fuites-dans-un-centre-de-dechets-nucleaires-07-06-2013-1678484_23.php

[23] http://www.actu-environnement.com/ae/news/anniversaire_centre_stockage_dechets_nucleaires_8515.php4

[24] http://energie-climat.greenpeace.fr/dechets-nucleaires-le-cauchemar-continue

[25] http://www.criirad.org/actualites/dossiers2006/soulaines/cp_cedra52_91106.pdf

[26] http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/12/17/incursion-dans-un-centre-de-stockage-de-dechets-nucleaires_1454392_3244.html

[27] http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/01/13/radioactivite-debat-sur-les-faibles-doses_1629090_3244.html ; http://www.guardian.co.uk/news/2002/jun/28/guardianobituaries.nuclear

[28] http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN-Note-Publication-Leucemies-120112.pdf ; http://www.journaldelascience.fr/environnement/articles/les-leucemies-infantiles-deux-fois-plus-elevees-autour-des-centrales-nucleaires-2508 ; http://groupes.sortirdunucleaire.org/Centrales-nucleaires-et-leucemies

[29] http://www.asn.fr/index.php/Les-activites-controlees-par-l-ASN/Dechets-Installations-en-demantelement/Plan-national-de-gestion-des-matieres-et-dechets-radioactifs/PNGMDR-2013-2015, p 18

[30] http://www.andra.fr/inventaire2012/04_pdf_documents/02-synthese/, p 155

[31] http://www.andra.fr/inventaire2012/04_pdf_documents/01-resume/#/8/, p 9

[32] http://www.andra.fr/inventaire2012/04_pdf_documents/04-Andra-2012-inventaire.pdf, p 135

[33] http://www.andra.fr/inventaire2012/04_pdf_documents/03-famille/, p 264

[34] http://www.andra.fr/inventaire2012/04_pdf_documents/04-Andra-2012-inventaire.pdf, p 87

[35] http://www.andra.fr/inventaire2012/04_pdf_documents/04-Andra-2012-inventaire.pdf, p 222-223

[36] http://www.andra.fr/download/site-principal/document/editions/369-13.pdf

[37] http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/03/05/au-c-ur-d-une-centrale-en-demantelement_1648096_3244.html

[38] http://www.asn.fr/index.php/L-ASN-en-region/Division-de-Chalons-en-Champagne/Centrales-nucleaires/Centrale-nucleaire-de-Chooz-B

[39] http://www.andra.fr/inventaire2012/04_pdf_documents/04-Andra-2012-inventaire.pdf, p 406-415

[40] http://www.andra.fr/download/site-principal/document/editions/369-13.pdf

[41] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Publication-du-Plan-National-de.html, p 20

[42] http://www.criirad.org/mobilisation/5mai2009.html ; http://www.liberation.fr/terre/0101618197-des-dechets-nucleaires-droit-dans-le-mur

[43] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Publication-du-Plan-National-de.html, p 87

[44] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Publication-du-Plan-National-de.html, synthèse, p 16

[45] http://www.irsn.fr/fr/base_de_connaissances/installations_nucleaires/la_surete_nucleaire/les-accidents-nucleaires/centraco-2011/pages/sommaire.aspx

[46] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Publication-du-Plan-National-de.html, p 96

[47] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Publication-du-Plan-National-de.html, p 98

[48] http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/pngmdr_web_rapport.pdf, p 9

[49] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Publication-du-Plan-National-de.html, p 99

[50] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Publication-du-Plan-National-de.html, p 100

[51] http://www.andra.fr/inventaire2012/04_pdf_documents/02-synthese/, p 29-30

[52] http://cpdp.debatpublic.fr/cpdp-dechets-radioactifs/

[53] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Publication-du-Plan-National-de.html, p 101

[54] http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/dossiers/alerte-dechets/analyse-technique-NB.pdf

[55] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Publication-du-Plan-National-de.html, p 125

[56] http://www.developpement-durable.gouv.fr/Publication-du-Plan-National-de.html, p 108-111

[57] seuls 24 800 tonnes sont pris en charge par l'ANDRA, le reste est laissé aux producteurs sous le contrôle pas toujours attentif des pouvoirs publics.

[58] http://www.robindesbois.org/dossiers/RNTR_2009_V2_phosphogypses.pdf

[59] http://basol.ecologie.gouv.fr/fiche.php?page=1&index_sp=76.0244

[60] http://www.dissident-media.org/infonucleaire/scenarios_dechets.html

[61] http://www.global-chance.org/IMG/pdf/GC29.pdf

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