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Billet de blog 14 avr. 2022

La Méditerranée pour tombeau, pièce journalistique n°1

Changer la compréhension du monde par le partage d’enquêtes sur le terrain. À La Commune CDN d'Aubervilliers, la pièce d'actualité n°17 est aussi la pièce journalistique n°1. Etienne Huver et Jean-Baptiste Renaud ont enquêté sur la route migratoire la plus dangereuse du monde. À l’heure de la solidarité ukrainienne, la Méditerranée n’en finit pas de tuer et nous regardons ailleurs.

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Pièce d’actualité n°17 : en vrai Une enquête sur scène Épisode 1/ Libye : l’enfer des exilés. © Nathanael Mergui

Les premières images diffusées sur l’écran géant installé en fond de scène à La Commune CDN d’Aubervilliers sont filmées depuis un petit avion Colibri appartenant à José Benavente[1] qui y a mis toutes ses économies, de l’ONG française des Pilotes volontaires[2]. On y voit la Méditerranée par beau temps, le bleu du ciel se mélangeant avec celui de la mer. Difficile à ce moment d’imaginer le drame humanitaire qui se joue ici. Au loin, on distingue Tripoli, facilement identifiable à la faveur des brumes qui l’enveloppent et d’un panache de fumée noire rappelant que le pays est toujours en proie à la guerre civile. Soudain, le pilote repère un point blanc sur la mer qui se révèle être un bateau pneumatique surchargé – environ 80 personnes, des hommes, des femmes, des enfants – dont les soubresauts du moteur annoncent la panne imminente. Il tente de leur indiquer le nord, la direction de l’Europe. Peine perdue, après une heure de survol, le pilote doit se résoudre à continuer sa patrouille de surveillance. Au moment où ses images sont tournées, en juin 2019, les bateaux humanitaires venant au secours des migrants en Méditerranée sont tous retenus dans des ports européens, la plupart subissant un blocage administratif des autorités. Nul ne sait ce qui est advenu de ces 80 personnes agrippées à leur bateau de fortune. Pour donner un ordre de grandeur quant à l’ampleur de la catastrophe, en 2018, six personnes ont perdu la vie chaque jour[3] en tentant de traverser la mer Méditerranée selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).

Pièce d’actualité n°17 : en vrai Une enquête sur scène Épisode 1/ Libye : l’enfer des exilés. © Nathanael Mergui

Entre journalisme et théâtre, inventer une nouvelle forme

« En vrai », pièce d’actualité n°17, sous-titrée « une enquête sur scène. Épisode 1/ Libye : l’enfer des exilés », constitue aussi la première pièce journalistique. La Commune souhaite ainsi bousculer les usages du théâtre et des spectateurs en revenant à l’essence même de la vocation des reporteurs : « changer la compréhension du monde par le partage des enquêtes menées sur le terrain ». L’occasion d’élaborer une forme nouvelle entre journalisme et théâtre. Les pièces d’actualité prennent la forme d’une rencontre régulière avec les albertivillariens depuis maintenant sept ans, lorsqu’en 2014 la nouvelle directrice des lieux, Marie-José Malis, commence à inviter des artistes à créer à partir du présent en lien étroit avec la population de la ville. Le metteur en scène et chorégraphe Laurent Chétouane signe alors, avec douze habitants, la toute première proposition. En créant des spectacles à partir des habitants, Marie-José Malis souhaitait leur démontrer que le théâtre fait partie de leur vie. « Les pièces d’actualité, ce sont des manières nouvelles de faire du théâtre. Elles disent que la modernité du théâtre, sa vitalité, passent par ce recueil de ce qui fait la vie des gens, des questions qu’ils se posent, et de ce temps du monde, complexe, poignant, que nous vivons tous[4] » déclarait-elle à l’époque. Depuis, dix-sept pièces ont été créées avec ceux qui vivent la ville, sous la houlette de Maguy Marin, Olivier Coulon-Jablonka, Monika Gintersdorfer, Marion Siefert, Jérôme Bel, Julie Berès, Maxime Kurvers, … enracinant le théâtre au plus près des habitants. « Souvent, ce sont des gens de la vraie vie, qui dans les Pièces d’actualité font apparaître les conséquences réelles de questions politiques abstraites[5] »rappelle la metteuse en scène.

Pour ce premier opus d’investigation, elle s'associe aux journalistes Etienne Huver et Jean-Baptiste Renaud, auteurs d’un documentaire sur la traversée et le sauvetage de migrants en Méditerranée qui a littéralement changé leur vie. « Ils sont venus très simplement me dire : cette enquête a marqué notre vie, et nous n’avons pas pu, au-travers du film, rendre justice à ce qu’elle nous demande, ce qu’elle a ouvert comme responsabilité[6] » raconte-t-elle. « Au fond, les choix de mise en scène, ça a été de se demander quel type d’images on va montrer[7] » précise-t-elle encore. Sur scène, ils sont accompagnés par le comédien Mamadou M Bohn, réfugié mauritanien qui a fait lui aussi la traversée de la Méditerranée, par le Maroc. Il incarnera les témoignages bruts de plusieurs personnages.

Pièce d’actualité n°17 : en vrai Une enquête sur scène Épisode 1/ Libye : l’enfer des exilés. © DR

« Voici des images venues d’une zone sans témoin »

Quand les deux journalistes font des enquêtes longues de ce type, il y a toujours une partie des images, de la documentation qu’ils ne peuvent utiliser. Ici, après plus d’un an d’enquête, le désir et la nécessité de partager la totalité des informations glanées sur le bateau SOS Méditerranée mais aussi dans l’un des camps de rétention les plus durs de Libye, va donner naissance à une pièce documentaire qui déroule l’enquête journalistique qu’ils ont mené.  Celle-ci a aussi la volonté de montrer que ces histoires ne sont pas anonymes, qu’il ne s’agit pas que de statistiques, et l’envie de provoquer l’échange, la discussion avec le public, de le toucher, de l’émouvoir, afin qu’enfin quelque chose se passe, une prise de conscience qui inciterait à un changement radical de politique migratoire qui semble aujourd’hui se contenter de laisser mourir en tournant la tête. « L’idée de base, c’était de se dire : trouvons un autre lieu, une autre façon de les utiliser » précise Jean-Baptiste Renaud, à l’origine du projet débuté quatre ans auparavant. Raconter tout ce qu’ils récoltent autrement, raconter plus, raconter mieux en s’appuyant sur la matière humaine et la matière documentaire glanée tout au long du travail journalistique, notamment les rushs d’Etienne et Jean-Baptiste, de longs rushs sans coupe, sans commentaire, la matière humaine renvoyant à la présence sur scène et « la mise en relief des individus rencontrés et restitués dans la force de leurs présences, paroles ».

Au départ de cette enquête, il y a l’annonce de la mort de l’oncle d’une connaissance et de plus de cinquante personnes aux portes de l’Europe sans que cette tragédie ne fasse une ligne dans la presse. Avec leur collectif de journalistes d’investigation, ils vont alors documenter sur mer, sur terre et dans les airs, le drame que vivent au quotidien des milliers de personnes réfugiées. Les histoires une fois croisées ont un visage, un nom, à l’image d’Emmanuel, ce Camerounais tenant à peine debout qu’Etienne Huver choisit de suivre dès son arrivée au bord du bateau humanitaire qui vient de le secourir avec des dizaines d’autres. Son histoire, il ne la raconte jamais. Personne ne lui demande. On retrouve sur son visage la même expression de pudeur, de gêne, presque de honte qu’avaient les rescapés de la Shoah. À eux non plus, on ne leur posait pas de question, on ne leur demandait rien, si bien qu’ils ont fini par se taire. À bord du SOS Méditerranée, Etienne Huver va l’écouter, l’inciter à raconter l’indicible.  « Les migrants qu’ils tentent de sauver ne sont pas les bienvenus dans les ports européens. Pourtant les embarcations de réfugiés continuent de prendre la mer ».

Pièce d’actualité n°17 : en vrai Une enquête sur scène Épisode 1/ Libye : l’enfer des exilés. © Nathanael Mergui

Mamadou M Bohn se met dans la peau de celui qui raconte un naufrage. Le récit fait l’effet d’un uppercut. Le type explique que les personnes à l’avant de l’embarcation, le plus souvent les femmes et les enfants, vont être noyées dans dix à quinze centimètres d’un mélange d’eau salé et de carburant. Envoyer un MAYDAY, un SOS, c’est prendre le risque de se faire repérer et intercepter par les gardes côtes libyens. La Libye est une zone de non droit à deux heures de vol de Paris. Cette situation est la conséquence de choix politiques graves. À BFMTV qui diffuse leur premier reportage – celui projeté au début de la pièce –, on prend acte presque immédiatement que les migrants, en termes d’audience, ça ne marche pas. Les téléspectateurs ne regardent pas. Ils zappent très rapidement. Finalement, M6 est la seule chaine à prendre le sujet pour son émission « Enquête exclusive ». Si d’autres journalistes auraient refusé de diffuser leur travail dans une émission à la réputation sulfureuse ou sensationnaliste, ce n’est pas le cas d’Etienne Huver et Jean-Baptiste Renaud, qui voient dans ce programme populaire un moyen de toucher un plus large public, une plus jeune audience.

Pièce d’actualité n°17 : en vrai Une enquête sur scène Épisode 1/ Libye : l’enfer des exilés. © Nathanael Mergui

« C’est la Libye et c’est notre honte » : l’Europe complice

Les zones SAR (search and rescue) ont été définies par la convention de Hambourg de 1979, entrée en vigueur en 1985, qui détermine une approche internationale de la recherche et du sauvetage en mer. À ce titre, la Méditerranée est divisée en plusieurs de ces zones. De 2013 à 2018, l’Italie coordonnait toute la zone située en-dessous de sa péninsule jusqu’aux eaux territoriales libyennes. En 2017, l’Italie a signé un accord avec le gouvernement libyen de Fayez al-Sarraj. En juin 2018, la Libye s’est vue attribuer une nouvelle zone de contrôle s’étendant à 200 kilomètres de ses côtes, jusque dans les eaux internationales, entre les zones tunisienne et maltaise, soit le chemin emprunté par la quasi-totalité des migrants au départ de Tripoli.

Cette décision, prise en catimini par l’Organisation maritime internationale (IMO), ne fait l’objet d’aucun document officiel. L’IMO explique simplement avoir mis sa base de données à jour. Cette décision, personne ne veut l’assumer. Pourtant, c’est l’Union européenne (UE) qui en est la commanditaire. En conscience, dans un pays toujours en proie à la guerre civile, elle assure un soutien technique et financier aux garde-côtes libyens. Lorsqu’une embarcation de migrants se trouve en difficulté dans sa zone SAR, ses occupants n’ont d’autre choix s’ils veulent être secourus que de contacter Tripoli.

Pièce d’actualité n°17 : en vrai Une enquête sur scène Épisode 1/ Libye : l’enfer des exilés. © Nathanael Mergui

« Tout le monde avait choisi la mort plutôt que de retourner en prison en Libye » confie Emmanuel, l’homme camerounais introduit plus haut, à Etienne Huver alors qu’il vient tout juste de monter sur le bateau humanitaire. « Il faut le vivre pour le croire. Je ne conseillerai à personne de venir en Libye » ajoute-t-il encore, détaillant sa détention où la seule eau dont tous disposent est celle des toilettes. Lorsqu’Etienne constate qu’Emmanuel se rongent les ongles, celui-ci explique que les gardiens leur demandaient de tendre leurs mains, paume tournée vers le bas. Lorsqu’ils constataient une main avec des ongles longs, ils la fracassaient. « Ce sont parfois les noirs qui tapent sur les noirs » lâche-t-il encore. Le centre de rétention dans lequel Emmanuel était détenu est sans nul doute l’un des pires de Libye. Durant des semaines, les deux journalistes tentent de visiter le camp pour réfugiés de Zawiyah, ville en plein conflit entre factions armées. Ils ont accumulé les témoignages sur les exactions commises en son sein. Lorsqu’ils y parviennent, il faut encore ruser. Jean-Baptiste Renaud demande au responsable du camp de lui montrer le terrain de football. Il amène avec eux les gardiens pendant qu’Etienne Huver file vers les baraquements dans lesquels sont retenus les réfugiés. Il aura le temps de tourner quelques images, de croiser quelques migrants à qui il pose des questions. L’un d’eux lui explique qu’ils ne sont pas les premiers journalistes à se rendre ici : « On a parlé à beaucoup de journalistes mais ça n’a rien changé ».

Ce qui frappe, c’est la résignation qui se lit sur leur visage, leur corps. « Il n’y a pas d’espoir ici » dit l’homme. À leur arrivée, ils laissent tourner la caméra alors que le chef libyen s’adresse aux prisonniers : « Vous direz à la caméra que tout va bien. Que vous avez eu très peur quand il y a eu une frappe aérienne juste à côté. Et vous ne direz rien à propos des matelas, ce n’est pas moi qui les ai volés ok ? » Mohamed le Libyen, ainsi qu’il se fait appeler, est connu de milliers de subsahariens passés par son centre de rétention. « Cet homme que nous sentons brutal mais soucieux de paraître clean devant notre caméra symbolise pour nous la banalité du mal mise au goût du jour des années 2020 », expliquent les deux journalistes. « Le règne des tortionnaires, à deux heures et demie d’avion de Paris ». La salle est excessivement silencieuse depuis le début de la représentation. Lorsque les deux journalistes révèlent que ce camp, comme tous les centres de rétention en Libye, est financé par l’UE à hauteur de 45 millions d’euros par an, que l’Europe délègue la gestion intégrée des frontières – et des flux migratoires – à des pays tiers dont la Libye, l’objectif étant d’empêcher le plus grand nombre de migrants d’arriver sur le territoire de l’UE, c’est la honte qui se fait sentir dans la salle.

Pièce d’actualité n°17 : en vrai Une enquête sur scène Épisode 1/ Libye : l’enfer des exilés. © Nathanael Mergui

À Tripoli, ils rencontrent Adelphe, qui vit avec sa femme et ses deux enfants en bas âge. La famille est bloquée dans une ville en guerre. Ils n’ont pas suffisamment d’argent pour tenter une nouvelle traversée vers l’Europe. L’homme précise qu’il n’a pas encore été kidnappé. « La Libye ce n’est pas un pays. Les enfants ne vont pas à l’école et les noirs n’ont pas d’avenir » dit-il avant de fondre en larmes. Pourtant, Adelphe est un réfugié de guerre. Lui et sa famille ont fui la République Centrafricaine en pleine guerre civile et ont été réfugiés au Tchad durant cinq ans. Ils ont légitimement droit à l’asile et à être évacués en priorité. Seulement, voilà, la Libye n’est plus une zone de droit et la représentation du HCR abandonne des centaines de personnes comme Adelphe à leur sort. Jean-Baptiste Renaud avoue que, jusqu’à celle-ci, il n’avait jamais pleuré après une interview.

Pièce d’actualité n°17 : en vrai Une enquête sur scène Épisode 1/ Libye : l’enfer des exilés. © Nathanael Mergui

En Libye travailleraient 80 000 personnes en provenance de l’Afrique subsaharienne. Parmi elles, 40 000 demandent à être évacués dans un pays sûr. Seulement, aucun pays n’en veut. On est bien loin pourtant du chiffre fantasmé de 800 000 candidats au départ pour l’Europe. Avec un système concentrationnaire composé de vingt-neuf centres de rétention détenant chacun 5000 à 6000 personnes, la Libye est un véritable piège en circuit fermé. La subvention européenne a permis la constitution d’un véritable stock humain. C’est le système tout entier qui jette à la mer des gens à qui l’on reprochera de vouloir venir en Europe. En France, la peur de l’appel d’air, ce fantasme de l’extrême-droite sans aucun fondement, est aujourd’hui porté avec assurance par des haut-fonctionnaires.

Lorsque la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les migrations auditionne la directrice de la Protection judiciaire de la jeunesse pour savoir si la politique de contrôle des flux migratoires prévaut aujourd’hui en France sur la protection de l’enfance, celle-ci répond que le ministère de l’Intérieur « a raison d’être vigilant quant à l’appel d’air que crée notre dispositif de protection de l’enfance[8] ».Cette réponse est révélatrice de la pénétration d’une idéologie dans la haute administration, bien au-delà du seul ministère de l’Intérieur. En fait, la réalité est tout autre si l’on s’appuie sur l’exemple du Darfour, l’une des régions les plus dangereuses au monde. Sur les trois millions de réfugiés en provenance de cette région, la France accueille seulement dix mille personnes. Alors que tous les projecteurs des chaines de télévision sont braqués sur la tragédie ukrainienne et que le Premier ministre assure que la France peut accueillir 100 000 réfugiés sur les quatre millions de personnes ayant fui le pays – certaines guerres suscitant visiblement l’empathie quand d’autres n’intéressent personne –, l’axe migratoire Libye-Italie demeure aujourd’hui encore le plus meurtrier au monde.

Pièce d’actualité n°17 : en vrai Une enquête sur scène Épisode 1/ Libye : l’enfer des exilés. © Nathanael Mergui

[1] Deborah Grunwald, « José Benavente, travailleur humanitaire et pilote solidaire », le 5 sur 5 sur France Bleu Paris, 26 avril 2021, https://www.francebleu.fr/emissions/le-5-sur-5-de-france-bleu-paris/107-1/jose-benavente-travailleur-humanitaire-et-pilote-solidaire Consulté le 10 avril 2022.

[2] Les pilotes volontaires vigies de la Méditerranée, https://www.arte.tv/fr/videos/104751-000-A/les-pilotes-volontaires-vigies-de-la-mediterranee/

[3] Cité dans Info Migrants, « Plus aucun navire n’est actuellement présent au large de la Libye », France Terre d’asile, 1er février 2019, https://www.france-terre-asile.org/actualites/actualites-choisies/plus-aucun-navire-humanitaire-n-est-actuellement-present-au-large-de-la-libye Consulté le 2 avril 2022.

[4] Cité dans Manuel Piolat Soleymat, « Pièce d’actualité n°1 », La Terrasse, n°225, 28 octobre 2014, https://www.journal-laterrasse.fr/piece-dactualite-n-1/Consulté le 14 mars 2022.

[5] Entretien de Marie-José Malis réalisé par Caroline Masini, pour la revue Chroniques éditée par le théâtre de La Vignette - Montpellier, janvier 2022.

[6] Ibid.

[7] Ibid.

[8] « Il faut être extrêmement vigilant sur les sujets de l’enfance et des politiques migratoires. À mon sens, le ministère de l’Intérieur a la légitimité pour agir en la matière. Il a raison d’être vigilant quant à l’appel d’air que crée notre dispositif de protection de l’enfance, sous un double rapport : la logique de flux et, surtout, le parcours migratoire des mineurs. Les enfants sont envoyés vers l’Europe, car on sait qu’elle les protège. Il faut prendre conscience des souffrances qu’ils endurent avant d’arriver sur notre territoire. Il serait irresponsable de ne pas veiller à l’équilibre entre les flux et la protection que l’on doit aux enfants lorsqu’ils foulent le sol de notre pays. Lorsqu’ils se trouvent sur notre territoire, on ne doit pas avoir le moindre état d’âme : ces mineurs – pour autant qu’ils le soient réellement – doivent être protégés, accompagnés, formés, scolarisés et vraisemblablement – car ils restent souvent longtemps en France – définitivement intégrés. Cela étant, il faut veiller à ce que des majeurs ne bénéficient pas de cette protection. Il faut être vigilant quant à l’appel d’air, à l’origine de flux extrêmement problématiques », Charlotte Caubel, directrice de la protection judiciaire de la jeunesse au ministère de la Justice, auditionnée par la commission d’enquête sur les migrations, les déplacements de populations et les conditions de vie et d’accès au droit des migrants, réfugiés et apatrides en regard des engagements nationaux, européens et internationaux de la France, mercredi 8 septembre 2021.https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/RAPPANR5L15B4665.html Consulté le 12 mars 2022.

Pièce d’actualité n°17 : en vrai Une enquête sur scène Épisode 1/ Libye : l’enfer des exilés. © DR

PIÈCE D’ACTUALITÉ N°17 : EN VRAI. UNE ENQUÊTE SUR SCÈNE. ÉPISODE 1/ LIBYE : L’ENFER DES EXILÉS - présenté sur scène par Étienne Huver et Jean-Baptiste Renaud, mise en scène Marie-José Malis, dramaturgie Matthieu Tricaud, sur une idée originale de Jean-Baptiste Renaud, auteurs : Jean-Baptiste Renaud, Étienne Huver Marie-José Malis, avec Étienne Huver, Mamadou M Boh, Jean-Baptiste Renaud, lumière Anne-Sophie Mage, son Géraldine Dudouet, production : La Commune CDN d’Aubervilliers, coproduction Points Communs – scène nationale de Cergy- Pontoise, en partenariat avec Slate et SlugNews, pièce créée le 23 mars 2022 à La Commune CDN d'Aubervilliers.

Du 23 mars au 3 avril 2022,

La Commune CDN d'Aubervilliers
2, rue Edouard Poisson
93 300 Aubervilliers

Du 6 au 8 avril,

Théâtre La Vignette
Université Paul Valéry 3 Montpellier
34 199 Montpellier Cedex

Pièce d’actualité n°17 : en vrai Une enquête sur scène Épisode 1/ Libye : l’enfer des exilés. © La Commune CDN d'Aubervilliers

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