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Billet de blog 9 mars 2022

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La Ribot à hauteur de corps

Madrid célèbre l’art plastique et chorégraphique de La Ribot, enfant de la Movida, dans une exposition où le corps occupe le centre de sa pratique transdisciplinaire. « A escala humana » convie à une traversée dans plus de vingt ans de création qui n’a de cesse de redéfinir la place du spectateur, mélangeant les arts pour mieux les fondre dans une œuvre totale, libérée.

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La Ribot, Vue de l'exposition A escala humana, Madrid, Sala Alcalá 31, 2022 © Guillermo Gumiel

La Sala Alcala 31 à Madrid accueille jusque début avril « A escala humana », l’une des plus importantes expositions personnelles de La Ribot organisée en Espagne. L’artiste, danseuse et chorégraphe, installée à Genève depuis plus d’une quinzaine d’années, revient dans sa ville natale pour y être célébrée. La manifestation réussit la gageure d’une exposition sur la danse, tant les deux termes, exposition et danse, apparaissent antinomiques, du moins jusque-là. La proposition a été pensée spécifiquement pour la Sala Alcala 31, bâtiment emblématique de l’architecture d’Antonio Palacios, construit entre 1935 et 1943 pour le compte de la Banco Mercantil e Industrial et abritant depuis 2002 un espace municipal dédié à la monstration de l’art contemporain. Les pièces présentées ont été choisies en fonction de leur capacité à résonner sur les deux niveaux intérieurs qu’offrent l’édifice. L’exposition se veut à la fois plastique, vivante et filmique.

La Ribot, Vue de l'exposition A escala humana, Madrid, Sala Alcalá 31, 2022 © Guillermo Gumiel

Formée à la danse classique à Madrid dès l’âge de treize ans, Maria Ribot se tourne vers la danse contemporaine et la performance dans les années quatre-vingt. « Toutes mes valeurs ont été bouleversées. Les hiérarchies du classique se sont aplaties car elles n’existent pas dans le contemporain. J’ai pu développer ce qui m’intéresse : la plasticité du corps, le rapport au sol, avec les objets, les costumes et les couleurs dans l’espace[1] » précise-t-elle. Elle se forme à l’étranger, à Cannes tout d’abord, auprès de la chorégraphe franco-américaine Rosella Hightower, en Allemagne, puis à New-York. De retour en terre madrilène, elle fonde le groupe Bocanada Danza qu’elle codirige avec Blanca Calvo jusqu’à sa dissolution en 1989. Elle fait figure de pionnière lorsqu’elle fait entrer la danse au musée au début des années quatre-vingt-dix avec ses « pièces distinguées ». De très courte durée – pas plus de sept minutes – ces dernières évoquent l’histoire contemporaine du corps nu mis en scène. La Ribot les performe seule, se jouant des stéréotypes féminins pour mieux les placer en situation critique. C’est sous la dénomination de « Más distinguadas » qu’elle poursuit cette série lorsqu’elle s’installe à Londres, y découvrant le Live Art[2], faisant de son corps une œuvre d’art à part entière. En 2003, elle imagine « Panoramix », spectacle réunissant les trente-quatre premières pièces distinguées dans une nouvelle configuration. La Ribot est une artiste cyclique. Elle produit en spirale, répétant un même sujet avec des esthétiques différentes.

La Ribot, Laughing hole, Vue de l'exposition A escala humana, Madrid, Sala Alcalá 31, 2022 © Pablo Lorente

Le déploiement des corps opérateur

Installation vidéo constituée d’un plan fixe vertical projeté à même le sol de la deuxième salle, « Despliegue » (2001) est une œuvre charnière dans la carrière de l’artiste. Elle sert ici de point de départ à ce récit de visite. Filmée en plan statique à partir d’une caméra fixée au plafond de son atelier, La Ribot déroule une immense toile préparatoire de format 3:4, celui de l’écran de télévision, héritage du format des films de cinéma muet. Durant environ quarante minutes, l’artiste compose une peinture vidéo par l’action en venant déposer sur la toile des éléments qui ont tous été utilisés au moins une fois lors d’une de ses trente-quatre pièces distinguées (1993 – 2000). Le film est une relecture ou une récapitulation de ces huit années de travail. La projection au sol fonctionne comme une mise en abime de la création artistique, la peinture vivante étant elle-même réalisée au sol dans l’atelier.

La Ribot, Despliegue, 2001, video still © La Ribot

Une seconde vidéo, présentée sur une tablette accrochée au mur, donne un second point de vue, plus intime, à l’image du petit format choisi pour sa monstration. L’image provient de la mini caméra que La Ribot tient dans sa main comme un prolongement du corps. Elle est produite par les mouvements du corps. « La caméra danse avec les corps, parce que nous la tenons dans la main. L’échelle de la perception de chaque caméra est très réduite. Tout l’environnement n’existe qu’à une échelle très resserrée, mais qui permet de se demander comment on regarde, ce qu’on regarde, quel mouvement l’on fait – et à quel rythme...[3] »explique-t-elle à propos de l’invention des corps opérateur, précisant que : « Les corps-opérateur, c'est cette espèce de façon de voir le monde à travers ces caméras qui sont tellement près du corps, le plus près possible de la danse et le plus près possible de l'expérience de danser et de voir danser[4] ».

La Ribot, Laughing hole, Vue de l'exposition A escala humana, Madrid, Sala Alcalá 31, 2022 © Pablo Lorente

« Laughing Hole » (2006) ouvre le parcours de façon spectaculaire. L’œuvre, emblématique de la pratique pluridisciplinaire de l’artiste, est présentée en installation, ce qu’il reste de la performance de six heures interprétée lors du vernissage de l’exposition. Jouant avec le langage textuel, corporel et sonore, la pièce est sans nul doute la plus explicite de l’artiste, la plus politique, alors même qu’elle fut créée en 2006 lors de Art Unlimited, la section exposition de Art Basel. Faut-il y voir une façon d’affirmer son engagement face au public dans ce temple du marché de l’art contemporain ? Trois performeuses se saisissent de chacun des cartons qui jonchent le sol de la première salle, les brandissant pour laisser apparaitre des slogans qu’elles lisent à voix haute avant de les placarder sur le mur. Ces lectures contestataires dénonçant les maux de la société contemporaine sont entrecoupées de francs éclats de rire. Ils se font vite effrayants, monstrueux, résonnent comme les hurlements d’une révolte face au cynisme occidental. Rire pendant des heures, rire jusqu’à l’épuisement, jusqu’au supplice des corps, jusqu’au désespoir. Rire de rage et ressentir l’énergie qui s’en dégage, puiser la force nécessaire pour faire face à l’indécence d’une humanité qui plus que jamais continue de dévorer ses enfants. Petit à petit, les corps vont ralentir, se figer presque. Depuis sa création en 2006, la pièce compte environ huit cent slogans. À ces formules chocs hyper politiques s’ajoutent le choix de leur présentation : elles sont écrites au stylo feutre sur de simples morceaux de carton découpés à la manière de ceux que tiennent les plus démunis faisant la manche dans la rue.

La Ribot, Walk the bastards, Vue de l'exposition A escala humana, Madrid, Sala Alcalá 31, 2022 © Guillermo Gumiel

« Walk the chair » est la première installation plastique de La Ribot, sa réponse à l’invitation en 2010 de la Hayward Gallery de Londres à participer à l’exposition collective « MOVE:Choreographing You, Art and dance since the sixties », qui interrogeait les relations entre l’art contemporain, la danse et l’action participative. « Cafe Muller » de Pina Bausch constitue le point de départ de l’œuvre, la première pensée. Cinquante chaises en bois, pliantes, manufacturées et usagées – ayant servi d’assises à des milliers de personnes dans des cinémas itinérants, des mariages, des baptêmes –, sont pyrogravées de quarante-neuf citations d'écrivains, de philosophes, de chorégraphes, d’artistes, sur la question du mouvement. Pour faciliter la lecture, le début de chaque citation est marqué d’un anneau métallique. Contraints de manipuler les chaises pour en déchiffrer les propos, les visiteurs deviennent les acteurs d’une performance qui, sans eux, n’existe pas. « Pour les lire, vous devez utiliser votre corps et, bien sûr, le siège lui-même, car vous devrez l'ouvrir et le fermer, le retourner ou vous accroupir pour lire les textes » conseille La Ribot aux visiteurs. « Walk the authors » (2018) reprend le même principe que la série précédente. Cette fois-ci les textes sont en espagnol. Ils racontent les histoires que l’on a bien voulu lui confier. « Ces chaises pliantes en bois sont une partie importante de ma vie et sont incluses dans toutes mes œuvres » écrit La Ribot dans le texte mural qui accompagne les deux installations. En 2017, l’artiste a réuni dans « Walk the bastards » onze chaises qui n’ont pas été retenues pour le premier ensemble en raison d’une anomalie, une erreur de gravure. Défectueuses, considérées comme inutiles, elles sortent du purgatoire pour constituer un nouveau groupe à part entière dont la fragilité invite à l’acceptation de la différence. Pour la première fois, ces trois ensembles sont réunis dans une même exposition.

La Ribot, Rojo, vidéo, 2020 © La Ribot

Inside La Ribot

Projetée dans le retour de l’escalier, juste avant d’atteindre l’étage, la vidéo « Rojo » montre La Ribot dans son atelier, filmant caméra au poing et en plan séquence, un intérieur de prime abord très réduit, saturé d’objets, la couleur rouge rappelant l’intérieur d’un corps humain. Le plan final s’ouvre sur la ville désolée, vide, fantôme. La scène se passe durant le premier confinement. Le film est le fruit d’une commande de la Galeria Max Estrella à Madrid, la même formulée à tous les artistes qu’elle représente, pour son programme « Intimo ». À l’étage, des vitrines présentent plusieurs carnets de notes permettant d’aborder sa pensée créative de l’intérieur. Ces cahiers, remplis d'annotations, dessins, collages, listes, plans, partitions, qu’elle tient depuis près de quarante ans, reflètent sa façon de théoriser, d’esquisser les projets. L’ensemble « permet de se familiariser avec la pensée en rhizome de La Ribot, et de découvrir certains mécanismes de son processus de création artistique » analyse Olivier Kaeser, le commissaire de l’exposition. Ils nous font en quelque sorte entrer à l’intérieur de son cerveau et comprendre que, chez elle, il n’y a pas de séparation entre la création artistique et la vie. Ces deux notions sont intimement liées, se mélangent, s’interpénètrent pour mieux se nourrir. « Otra Narcisa », exposé un peu plus loin, réunit trois cent trente-sept polaroïd pris durant la représentation de la pièce distinguée n°16, « Narcisa », entre 1997, date de sa création, et 2003. La Ribot y photographiait ses seins et son pubis.

La Ribot, Vue de l'exposition A escala humana, Madrid, Sala Alcalá 31, 2022 © Guillermo Gumiel

Maintenir une exposition de corps vivants, tel est l’objectif que La Ribot s’était fixé. Avec les représentations de trois pièces vivantes – dont une création –, une performance par jour ou presque, venant affirmer la dimension chorégraphique de la manifestation, elle y parvient admirablement. Ainsi, à « Laughing hole » (2006), qui ouvrait l'exposition, a succédé « Pièce distinguée n° 45 » (2006) la semaine suivante. Sur un tapis de velours vert s’installe un couple richement vêtu interprété par La Ribot et l’acteur Juan Loriente. Le duo performe un drame intime dans lequel s’affrontent et s’hybrident l’acte d’aimer, la pulsion de mort et le geste pictural. La création de « LaBOLA » est sans nul doute l’une des gageures principales du projet : imaginer une pièce qui se jouera six jours sur sept, durant cinq semaines, soit le temps qu’il reste de l’exposition. Pour continuer à créer, l’artiste fait évoluer sa compagnie, fondée en 2003, en la modifiant profondément en 2021. Désormais nommée La Ribot Ensemble, elle accueille sous contrat des jeunes artistes, danseurs, comédiens, dans les meilleures conditions. Ce sont eux qui performent le nouveau spectacle. L’artiste possède un regard singulier et un talent certain pour la formation.

La Ribot, Pièce distinguée n° 45, Vue de l'exposition A escala humana, Madrid, Sala Alcalá 31, 2022 © Pablo Lorente

La Ribot explore, avec beaucoup d’humour, un territoire très personnel dans lequel la danse, la performance et les arts visuels se rejoignent, estompant les limites de chaque discipline pour produire des pièces dont l’unité artistique déborde des cases prédéfinies.  « Je m’inscris mieux dans le monde de la danse » affirme-t-elle précisant immédiatement : « Je défends la danse en tant qu’art contemporain ». Ici, « le plastique n’est pas séparé du chorégraphique » écrit-elle dans le texte manifeste qui accueille le public à l’entrée de l’exposition tel un préalable à la visite. Elle n'a de cesse également de questionner les attentes des spectateurs, les plaçant dans la position de figurants, parfois d’acteurs de ses pièces. L’ancienne enseignante à la Haute École d’Art et de Design (HEAD) de Genève – elle est co-fondatrice avec le performer Yan Duyvendak du pôle Arts Action – revendique l’indépendance, la porosité, le droit au débord, la nécessité de l’expérimentation, « la liberté de me produire où je veux ». Déconstruire la danse contemporaine pour mieux en augmenter les possibles. Son texte sur les ensembles « Walk… » s’achève ainsi : « Avec ces chaises j'ai lu le monde, je me suis assise dessus pour le regarder, et c'est avec elles que je veux être incinéré. Et j'aime chacune d'elles, mères, filles, bâtardes, sœurs, de la même manière ». C’est bien de cela qu’il s’agit dans son œuvre, d’amour et donc de la vie qui en est indissociable, de ce jaillissement libérateur des corps. De là provient assurément son inépuisable énergie, sa formidable envie de savoir et de création. « Ma seule limite est le temps, celui qui me manque pour apprendre les choses[5] » avoue-t-elle. Loin des canons académiques, l’art de La Ribot est aussi une façon d’être monde.

La Ribot, LaBOLA (création), Vue de l'exposition A escala humana, Madrid, Sala Alcalá 31, 2022 © Pablo Lorente

[1] Cité dans Rosita Boisseau, « Danse : Maria Ribot, une chorégraphe radicale et insaisissable », Télérama, 5 octobre 2019, https://www.telerama.fr/sortir/danse-maria-ribot,-une-choregraphe-radicale-et-insaisissable,n6454093.php Consulté le 6 mars 2022.

[2] Le Live art fait référence à des performances ou à des événements entrepris ou mis en scène par un artiste ou un groupe d'artistes en tant qu’œuvre d'art, généralement innovante et exploratoire.

[3] Cité dans Gilles Amalvi, « Une main en moins, un œil en plus », in La Ribot Films, Musée de la danse Éditions, Rennes, 2015

[4] La Ribot, Affaires culturelles par Arnaud Laporte, Franc Culture, 15 juillet 2021, https://www.franceculture.fr/emissions/affaires-culturelles/la-ribot-je-ne-vois-pas-les-limites-entre-les-choses Consulté le 7 mars 2021.

[5] Cité dans Florian Gaité, « Entretien avec La Ribot », in Portrait La Ribot, Festival d’Automne à Paris, 2019.

La Ribot, Vue de l'exposition A escala humana, Madrid, Sala Alcalá 31, 2022 © Guillermo Gumiel

« La Ribot. A escala humana », exposition monographique - Commissariat d'Olivier Kaeser, fondateur et directeur de l'agence curatoriale Arta Sperto, directeur du festival Dance First Think Later – Rencontre entre danse et arts visuels.

Du 19 février au 3 avril 2022.

Sala Alcalá 31
c/ Alcalà 31
28014 Madrid

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