Révolutionner la tapisserie: la Biennale internationale de Lausanne

Pendant près de trente ans (1962 - 1995), la Biennale internationale de Lausanne a révolutionné la tapisserie mondiale. A Aubusson, l'exposition "Le mur et l'espace" explore les quatre premières éditions qui couvrent les années 1960 et bouleversèrent toutes les règles qui régissaient la tapisserie de lice française, remettant en cause sa suprématie et faisant du médium un art subversif.

Magdalena Abakanowicz, Pologne (1930-2017) Abakan rouge, 1969 Haute-lisse, sisal, 400 x 400 x 350 cm Atelier de l’artiste 4e Biennale de Lausanne, 1969 Collection Tate : presented anonymously 2009 © Photo : Stamm & Saxod, Lausanne Magdalena Abakanowicz, Pologne (1930-2017) Abakan rouge, 1969 Haute-lisse, sisal, 400 x 400 x 350 cm Atelier de l’artiste 4e Biennale de Lausanne, 1969 Collection Tate : presented anonymously 2009 © Photo : Stamm & Saxod, Lausanne

A Aubusson, la Cité internationale de la tapisserie revient, à travers l'exposition "Le mur et l'espace",  sur le début des Biennales internationales de Lausanne (1962-69) et les bouleversements que celles-ci allaient entrainer. Jusque-là art traditionnel, ultra-technique et bourgeois, la tapisserie devenait en quelques années un art subversif, radical et féministe. Réalisée en étroite collaboration avec la Fondation Toms Pauli de Lausanne, l'exposition, sous-titrée "Séismes dans la tapisserie aux biennales internationales de Lausanne 1962 - 1969", rappelle la contribution fondamentale de la manifestation vaudoise à l'invention de la nouvelle tapisserie. En sept années et quatre premières éditions, les concepts, les règles, les techniques, les usages de la tapisserie sont totalement reconsidérés au profit d'une approche plus libre qui la détache enfin du mur en considérant ses possibles aspects tridimensionnels. Que reste-t-il de cet héritage lausannois aujourd'hui ? Rien ou presque. Le déclin de la tapisserie, sa ringardisation, font de la formidable aventure helvétique une histoire évacuée. Le remarquable travail scientifique mené par la Fondation Toms Pauli a permis l'édition du premier ouvrage retraçant l'histoire des biennales de Lausanne ("De la tapisserie au Fibert art. Les biennales de Lausanne 1962 - 1995", écrit et dirigé par Giselle Eberhard Cotton et Magali Junet, avec des contributions de Janis Jefferies, Odile Contamin, Keiko Kawashima, Marta Kowalewska, Jenelle Porter et Eric Rochat, Editions Skira, 2017, 224 pp., ISBN 978-88-572-3472-4). L’entreprise contribue à reconsidérer l'importance de la tapisserie et les révolutions que chaque nouvelle édition de la manifestation allait mettre en branle.

Tisser la modernité

Jean Lurçat, France (1892-1966) Jubilation, 1964 Basse lisse, laine, 315 x 362 cm Atelier Raymond Picaud, Aubusson 2e Biennale de Lausanne, 1965 Cité de la tapisserie, Aubusson, inv. D.2013-1 © Photo : Éric Roger Jean Lurçat, France (1892-1966) Jubilation, 1964 Basse lisse, laine, 315 x 362 cm Atelier Raymond Picaud, Aubusson 2e Biennale de Lausanne, 1965 Cité de la tapisserie, Aubusson, inv. D.2013-1 © Photo : Éric Roger

La Biennale internationale de tapisseries de Lausanne naît de l'amitié entre Jean Lurçat (1892 - 1966), qui rénova en profondeur le langage de la tapisserie au XXe siècle, et la galerie Pauli à Lausanne. En 1946, lors de l'exposition "La tapisserie française du Moyen-âge à nos jours" qui se tient à Paris, Alice Pauli est subjuguée par les tapisseries de Jean Lurçat. Elle  va provoquer leur rencontre. Très vite, ils se lient d'amitié et évoquent avec Pierre Pauli, le mari d'Alice, fondateur du Musée des arts décoratifs de Lausanne et grand amateur d'art textile contemporain, la création d'une biennale dédiée à la tapisserie dans la ville vaudoise. La première a lieu en 1962 au Palais de Rumine qui abrite le Musée cantonal des Beaux-arts. La manifestation réunit une quarantaine de pièces provenant de dix-sept pays. La tapisserie y est pensée comme un allongement de l'architecture. Les œuvres mesurent en moyenne douze mètres carrés, condition préalable à leur sélection. Au fils des années, elles se feront plus petites. Aujourd'hui la taille moyenne d'une tapisserie correspond à celle d'une grande affiche. La première biennale est dominée par une logique de format très grand, célébrant la tapisserie monumentale. La présence d'artistes du bloc de l'est, dont une forte délégation polonaise, entraîne une sorte de sidération. Face au savoir-faire multiséculaire français de l’art de la lisse[1]qui, avec sa pratique ultra codifiée héritée des manufactures royales des Gobelins, de Beauvais ou d'Aubusson, domine l’art de la tapisserie en Occident, la grande liberté et l’inventivité qui s’expriment dans les œuvres tissées d’artistes issus des pays d’Europe centrale et de l’est, surprend, avec intérêt pour certains, circonspection pour d’autres. Dans cette autre Europe, située à l’époque de l’autre coté du rideau de fer, la dépossession de l’héritage artistique et culturel qui accompagne l’avènement de l’idéal socialiste soviétique combinée à des moyens de production limités, contraint les artistes à la créativité de tapisseries qu’ils confectionnent eux-mêmes. A Lausanne, dès la première édition de la biennale, le duo que forment l’artiste peintre et l’artisan lissier, érigé en dogme fondateur, est remis en question en même temps que les frontières entre art et artisanat.. La stupeur est telle que les Français, tenant de la tradition, vont menacer d’en boycotter la deuxième édition.. La querelle de Lausanne, déclenchée par les peintres-cartonniers qui s’indigent de l'acceptation de nouvelles techniques dont la broderie dans les pièces présentées lors de la manifestation de 1965,  trouve son origine dans un article du critique d’art André Kuenzi paru en 1963 dans la Gazette de Lausanne sous le titre "La tapisserie de demain est née en Pologne" . Le journal n’hésitant pas à indiquer en accroche de première page ; « Ce n’est pas Aubusson, c’est Varsovie ! »

S'émanciper du mur

Elsi Giauque, Suisse (1900-1989) Elément virtuel spatial, 1969-1972 Haute lisse dématérialisée, dimensions variables, 400 x 400 x 400 cm Exécution : Elsi Giauque et Käthi Wenger 4e Biennale de Lausanne, 1969 Musée de design et d’arts appliqués contemporains Mudac, Lausanne © Photo: Guillaume Lasserre Elsi Giauque, Suisse (1900-1989) Elément virtuel spatial, 1969-1972 Haute lisse dématérialisée, dimensions variables, 400 x 400 x 400 cm Exécution : Elsi Giauque et Käthi Wenger 4e Biennale de Lausanne, 1969 Musée de design et d’arts appliqués contemporains Mudac, Lausanne © Photo: Guillaume Lasserre
En 1967, la troisième biennale sort la tapisserie de sa bidimentionnalité. L'artiste suisse Elsi Giauque (1900 - 1989), qui hérite son goût pour l'abstraction géométrique de l'enseignement de Sophie Taeuber-Arp qu'elle a reçu à Zurich, y présente la "Colonne en couleurs qui chantent" (Museum for Gestaltung, Zurich). Cette colonne à section carrée, suspendue, sur laquelle cinq couleurs primaires se croisent et se mélangent, constitue la deuxième d'une série entamée en 1963. Il s'agit d'un "essai de séparer un objet textile du fond" explique-t-elle. La légèreté de l'œuvre induit le mouvement. Elle se fait mobile à la faveur du souffle de l'air, inventant de nouvelles formes, de nouvelles couleurs. En ce sens, elle est proche des recherches de l'art cinétique, alors à son apogée. Deux ans plus tard, Elsi Giauque présente à la quatrième biennale son "élément virtuel spatial" (MUDAC, Musée de design et d'arts appliqués contemporains de Lausanne). L'artiste revient ici aux éléments fondamentaux du tissage : la chaine et la trame, décrivant son approche comme une "technique dématérialisée de haute-lisse". Tenant compte de la lumière et du jeu des ombres projetées, la pièce modifie ses combinaisons de couleurs au fur et à mesure que le visiteur se déplace autour d'elle. Elsi Giauque participe à huit biennales. Si elle est reconnue tardivement par la "nouvelle tapisserie", elle en est néanmoins l'une des pionnières, considérant dès sa formation l'art textile comme un art autonome, elle fait le lien entre les recherches du  Bauhaus et celles des années 1960. La "New York skyline" (The Yoors family archives, New York) de l'artiste américain d'origine belge Jan Yoors (1922 - 1977) fut présentée à la deuxième biennale, en 1965. Personnage hors norme dont le père travaille les vitraux et accepte que son fils, alors âgé de douze ans, parte sur la route avec une famille Rom, il s'engage, entre 1940 et 1944, dans la résistance avant de partir pour les Etats-Unis en tant que journaliste. Il s'installe à New York en 1950. Autodidacte, à la fois peintre, sculpteur, photographe, écrivain, réalisateur et créateur de tapisseries de grands formats éditées à un exemplaire unique, il installe un métier de haute-lisse dans son appartement new-yorkais. Il rend hommage à sa ville d'adoption en la représentant la nuit, réduisant sa gamme à un nombre limité de couleurs rehaussées de noir. Cette même année, il réalise un documentaire sur New York et édite un livre de photographies. Présenté lors de la première biennale, en 1962, "Hiver canadien" (Musée des Beaux-arts de Québec) est l'œuvre de Mariette Rousseau-Vermette (1926 - 2006), connue pour ses très grandes tapisseries panoramiques qui ornent nombre de lieux publics canadiens. De très grand format, l'œuvre présente un jeu chromatique qui rappelle la peinture de Barnett Newman dont elle partage les interrogations esthétiques qui sont aussi celles des peintres abstraits américains du mouvement Colorfield painting parmi lesquels Mark Rothko.
Mariette Rousseau-Vermette, Canada (1926-2006) Hiver canadien, 1961 Basse lisse, laine, 213 x 540 cm Atelier de l’artiste 1re Biennale de Lausanne, 1962 Musée national des beaux-arts du Québec, inv. 1963.70. © Succession Mariette Rousseau-Vermette et Claude Vermette. Photo : MNBAQ, Jean-Guy Kérouac Mariette Rousseau-Vermette, Canada (1926-2006) Hiver canadien, 1961 Basse lisse, laine, 213 x 540 cm Atelier de l’artiste 1re Biennale de Lausanne, 1962 Musée national des beaux-arts du Québec, inv. 1963.70. © Succession Mariette Rousseau-Vermette et Claude Vermette. Photo : MNBAQ, Jean-Guy Kérouac

La tapisserie nouvelle est une tapisserie collée, piquée sur une machine à coudre. La Pologne voit, dès le début des années 1960, dans la tapisserie un moyen d'expression artistique national. Magdalena Abakanowicz (1930-2017) va jouer un rôle fondamental au cours de ces biennales, incarnant aux mieux la radicalité qui révolutionnera la tapisserie  Dès la première biennale en 1962, elle présente une composition de fond blanc mesurant les douze mètres carrés demandés. "Composition de formes blanches" (Musée central des textiles, Lodz) brouille d'emblée les codes traditionnels de la tapisserie. L'artiste explore la matière, réinvente une technique de tissage pour obtenir des formes en reliefs qui s'affranchissent de la tradition française. A partir de 1967, ses réalisations se fondent sur l’utilisation de textiles tridimensionnels comme support, rompant avec la tradition des surfaces plates des textiles décoratifs accrochées aux murs. L'artiste s'intéresse à la texture de la matière, en particulier à la nature organique du matériau. Elle invente une nouvelle forme qui ne s'apparente ni à la tapisserie, ni à la sculpture, ni aux arts appliqués, ni aux beaux-arts, qu'elle nomme d'après son patronyme. En 1969, elle présente "Abakan rouge", tissé à partir de fibre de sisal teintée et suspendue au centre d'une pièce. La puissance qui émane de l'œuvre, à la fois organique et sculpturale, renforcée par la couleur rouge symbolique, provoque un certain malaise, choque. L'Abakan, entité mystérieuse à l'échelle surhumaine et aux connotations sexuelles féminines revendiquées, apparait néfaste, vénéneux. Il devient désormais indissociable de l'artiste, sa signature en quelque sorte. Bien plus tard, Abakanowicz écrira "Les Abakans irritèrent. Ils étaient inopportuns. Il y avait la tapisserie française dans le tissage, le pop-art et l'art conceptuel, et ici il y avait quelques formes compliquées, énormes, magiques ..."

Jagoda Buic, Triptyque structural, sisal, 1965, Archives CITAM, collection Fondation Toms Pauli, Lausanne © Jagoda Buic Jagoda Buic, Triptyque structural, sisal, 1965, Archives CITAM, collection Fondation Toms Pauli, Lausanne © Jagoda Buic

Un mouvement dominé par les femmes

Barbara Falkowska, Pologne, Polyptyque élégie, 1965 - 2ème biennale, Tissage: Atelier de l'artiste, 1965, Tapisserie de haute lisse, laine, Musée central des textiles, Lodz, n° inv. CMW 2705/w/286 © Photo: Guillaume Lasserre Barbara Falkowska, Pologne, Polyptyque élégie, 1965 - 2ème biennale, Tissage: Atelier de l'artiste, 1965, Tapisserie de haute lisse, laine, Musée central des textiles, Lodz, n° inv. CMW 2705/w/286 © Photo: Guillaume Lasserre
La Biennale internationale de Lausanne, qui comptait seulement trente pour cent de femmes lors de sa première édition en 1962, inverse les chiffres cinq ans plus tard. La tapisserie devient alors le seul mouvement artistique majoritairement féminin. L'artiste yougoslave (croate) Jagoda Buic, participe à la deuxième biennale où elle présente "Tryptique structural" (Fondation Toms Pauli, Lausanne). La tapisserie monumentale, tissée par l'artiste, ouvre de nouveaux possibles au développement du tissage classique grâce à l'utilisation de crins et de laines de diverses qualités et épaisseurs, permettant de traduire le dessin en relief par endroit. Un peu plus loin, le "winterwood" est la première tapisserie de très grand format exécutée par la jeune britannique Maureen Hodge qui y figure une forêt crépusculaire. Présentée en 1965, lors de la deuxième biennale, l'œuvre exprime une beauté poétique en même temps qu'elle incarne une grande matérialité. L'artiste innove en tissant des matériaux inusités à l'époque pour transcrire une sensation, une émotion, matérialiser une atmosphère singulière. Barbara Folkowska (née en 1931) présente à la biennale de 1965 "Polyptyque élégie", une tapisserie dans laquelle l'artiste rend hommage au poète polonais de la Renaissance Jan Kochanowsky, en tissant des fragments des "Lamentations", bouleversantes élégies composées lors du décès de sa fille âgée de trois ans. Elle envisage de graver le texte comme un sculpteur le ferait sur une pierre tombale. Elle teint elle-même avec des colorants végétaux la laine filée à la main qu'elle utilise, reste dans des tonalités sombres qui font écho au texte.  

Maureen Hodge, Grande-Bretagne (1941) Bois d’hiver (Winterwood), 1965 Haute lisse, laine, lin, jute, 175 x 460 cm Atelier de l’artiste 2e Biennale de Lausanne, 1965 © Collection de l’artiste Photo : Maureen Hodge Maureen Hodge, Grande-Bretagne (1941) Bois d’hiver (Winterwood), 1965 Haute lisse, laine, lin, jute, 175 x 460 cm Atelier de l’artiste 2e Biennale de Lausanne, 1965 © Collection de l’artiste Photo : Maureen Hodge

 Le milieu de la tapisserie classique est essentiellement masculin. A titre d'exemple, la France, dont le contingent en fait la nation la plus représentée lors de deux premières éditions de la biennale, ne compte pas une seule femme. A l'inverse, la Pologne ne compte pratiquement pas de représentant masculin. A partir de 1967, les femmes sont majoritaires à Lausanne. Cette tendance continuera à augmenter au cours de la décennie suivante. En s'appropriant une pratique artistique qui ne dépend pas d'un monopole des hommes, autour d'un matériau, le textile, qui leur est bien souvent familier, les femmes se placent à l'avant-garde en faisant preuve d'inventivité et d'innovation, dynamitant un art traditionnel et hyper-technique, le libérant de son conservatisme pour en faire un art subversif, inscrit dans son époque, porteur de revendications féministes. La Nouvelle tapisserie apparait ainsi comme le seul mouvement artistique majoritairement féminin. De la rencontre entre Jean Lurçat et le couple Pauli né le Centre international de la tapisserie ancienne et moderne (CITAM) qui ambitionne, outre la création de la biennale internationale,  l'ouverture d'un grand musée dédié à la tapisserie. Si ce denier ne voit pas le jour, la Bennale de Lausanne a offert, durant près de trente ans, à de nombreux artistes un lieu de confrontation internationale qui stimula leurs recherches, accélérant sans nul doute les innovations qui libérèrent de façon radicale la tapisserie de ses règles antérieures.

[1]La tapisserie traditionnelle est fabriquée sur un métier à tisser à haute lice ou basse lice, dont le tissage est composé par deux ensembles de fils entrelacés, les fils de chaines (parallèles à la longueur) et les fils de trame (parallèles à la largeur). La création du carton, modèle à l'échelle réelle contenant la composition, les motifs et les couleurs, est l'œuvre du peintre cartonnier, qui le confie à l’interprétation de l’artisan lissier.

Cathédrale psychédélique, Arthur Jobin, tapisserie créée pour la 4e Biennale de Lausanne en 1969, tissage Claire Jobin, laine, 6 m x 3,20 m x 3,20 m. Collection Fondation Toms Pauli, Lausanne © Arthur Jobin, Fondation Toms Pauli, Lausanne Cathédrale psychédélique, Arthur Jobin, tapisserie créée pour la 4e Biennale de Lausanne en 1969, tissage Claire Jobin, laine, 6 m x 3,20 m x 3,20 m. Collection Fondation Toms Pauli, Lausanne © Arthur Jobin, Fondation Toms Pauli, Lausanne

"Le mur et l'espace. Séismes dans la tapisserie aux biennales internationales de Lausanne 1962-69", Commissariat: Bruno Ythier, conservateur, Cité internationale de la tapisserie, Aubusson et Giselle Eberhard Cotton, directrice, Fondation Toms Pauli, Lausanne.

Jusqu’au 6 octobre 2019 - Du mercredi au lundi, de 9h30 à 12h et 14h à 18h.

Cité internationale de la tapisserie
Rue des Arts
23 200 AUBUSSON

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