La très grande entreprise d'Anne-Laure Liégeois

Dans "Entreprise", Anne-Laure Liégeois décline trois pièces d'entreprise à l'humour grinçant. A la commande faite à Jacques Jouet sur les effets tyranniques du marché, répondent deux textes à succès de Rémi de Vos et de Georges Perec, écrits il y a 20 et 50 ans. Ils forment un triptyque théâtral sur le travail et son évolution, servi par trois comédiens formidables.

L'AUGMENTATION Texte de Georges Perec conception mise en scene et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage L'AUGMENTATION Texte de Georges Perec conception mise en scene et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage
Comme elle revient au théâtre antique avec la régularité d'un métronome, Anne-Laure Liégeois retourne irrémédiablement vers le thème du travail. « Est-ce le seul sens possible à ma lutte pour l’humain, fondement de mon propre labeur ? » s'interroge-t-elle. « Est-ce la résolution en acte de la phrase – toujours répétée – de Don Juan : « il faut faire et non pas dire », se déclinant en « je suis ce que je fais », et me faisant – sournoisement et pour mon épuisement parfois – fondre « faire » dans « être », et réciproquement ? Est-ce lié à une conscience intime de classe ? Une nécessité toujours de revenir à l’origine ? » « Entreprise » réunit trois pièces d'entreprise. Au texte commandé à Jacques Jouet intitulé « Le marché », répondent deux pièces à succès qu'elle a mis en scène autrefois et qu'elle remonte aujourd'hui alors qu'elles sont respectivement vieilles de vingt et cinquante ans, « Débrayage / L'intérimaire » de Rémi de Vos (1995) et « L'Augmentation » (1968) de Georges Perec. Ensemble, ils forment un triptyque théâtral qui remonte aux origines de la situation actuelle pour suivre l'évolution du travail en entreprise sur les cinquante dernières années, irrésistiblement interprété par trois comédiens d'exception.

Tout doit disparaître

Le Marché Texte de Jacques Jouet conception mise en scene et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage Le Marché Texte de Jacques Jouet conception mise en scene et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage

C'est sur une musique de dance floor très contemporaine que s'ouvre « Le marché », pièce inédite commandée à l’écrivain et auteur de théâtre Jacques Jouet, membre de l'Oulipo[1] depuis 1983. Pour l’écrire, il s'est inspiré de nombreux numéros de la revue « Challenges » et du journal de la finance « Investir », et a suivi le procès du patron d'Orange au tribunal, afin de tenter de répondre à la question posée par la commande: définir ce qu'est le travail aujourd’hui. Anne-Laure Liégeois n’a retenu parmi les textes proposés que les plus politiques, les plus amènes à répondre à ceux de Rémi de Vos et de Georges Perec. Trois cadres dirigeants prennent tour à tour la parole. Ils sont sûr d'eux, guerriers de la finance, winners exprimant une idée, un concept, prêts à conquérir le marché, « le méga marché, le para marché, le maxi marché... » Ils sont en marche : « Marchons... marchons nous les uns sur les autres. » La phrase est prononcée de façon incantatoire, presque religieuse. Ils apparaissent gourous dans un show à l'américaine, leaders au cynisme et à la vulgarité hypertrophiés, guides thaumaturgiques, quasi mystiques embobinant les masses pour mieux stimuler le dieu de la croissance. S'ensuit un monologue dans le jargon franglais de la haute finance : « du nudging, du nudging ! On ne peut pas se suffir d'emerging talents. Top talents ou rien ! Une quick win ou c'est la porte!... Neuroboostez-vous !... » Pendant qu'une voix off pose les questions qui fâchent, sur le dialogue social notamment, que les trois caciques définissent dans une belle langue de bois, de fondamental.  Oulipo oblige, l'auteur poétise les mots du langage financier, comme par exemple lorsque « commanditaires » devient « comment dit-on terre? », pour mieux dénoncer la responsabilité directe des marchés financiers sur le changement climatique et la destruction programmée de la planète. Les trois sommités, totalement hors de la réalité, veulent déréguler à tout prix, lançant des : « Allez vous faire déréguler! » très macronistes, avant de préciser: « Gagner le pouvoir politique, celui qui prétend réguler par dérégulation », nous y sommes. « Comment faire de l'argent avec la catastrophe ? » se demandent-ils, surexcités : « Il faut régler la question des régulations et des règlements. Réguler, réguler, non, il ne faut pas réguler, pas rêver réguler, la régulation se fait toute seule, c’est la règle, les règlements ne régulent rien, ils ne font que dérégler ce que la dérégulation dérègle, l’aigle a besoin d’espace, pas de règles. Bientôt dix milliards ! Mais, dix milliards de clients, c’est parfait ! Qui va se plaindre ? Le dérèglement climatique, excellent ! comme tout dérèglement. Non, réguler, jamais, suffit d’être réglo. On est en règle, globalement... on est en règle. » Le discours franglais se poursuit de plus belle, l'un des protagonistes affirmant comme règle « No zob in job ». Il s'agit bien entendu ici d'une formule de séduction marketing à destination des futurs clients, plus que d'une réelle conviction. Soudain, la seule femme de la pièce apparait armée d'un fusil, elle braque les spectateurs, paranoïaque depuis que les affaires font la une de la presse, grisée par le pouvoir de l'argent, elle semble proche à ce moment précis, de l'inquiétant personnage central de « American Psycho », le célèbre roman de Brett Easton Ellis, qui, ayant conquis sa position chez les ultra riches, se place au dessus des lois, teste les limites de l'humanité en infligeant des sévices d'une perversité inouïe à ses partenaires sexuelles dont la seule issue est la mort. Tous deux sont comme ces enfants qui torturent les animaux afin d'éprouver leur pouvoir sur le reste des vivants . PAN ! Tout doit disparaitre ! Ce qu'ils n'ont pas envisagé, c'est « la résistance des endettés à la clochardisation, la résistance populaire à la Edouard philipisation, la résistance du peuple à la constipation. »

Le Marché Texte de Jacques Jouet conception mise en scene et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage Le Marché Texte de Jacques Jouet conception mise en scene et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage

Le changement - très minimal - de décor se fait à vue durant l'intermède qui est nourrie par l'esprit de Noël lorsque la neige tombe sur l'un des personnages. Anne-Laure Liégeois choisit cette période de trêve dans l'année, pour lier les trois pièces entre elles, croire au Père Noël comme ultime espérance. Ces saynètes incongrues, dans lesquelles l'apparition des trois écrans plats présentant un identique chalet dans un paysage montagnard enneigé, sont rythmées par une musique d’allégresse, que l'on entend uniquement durant cette période. Drôles dans leur naïveté joyeuse car totalement inattendues, elles se teintent d'une certaine mélancolie qui transparait dans les yeux de ceux qui sont pris sous la neige.  

« Ca ira mieux demain »

Débrayage Texte de Remi De Vos conception mise en scène et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage Débrayage Texte de Remi De Vos conception mise en scène et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage
C'est cette fois-ci sur l'air techno de « Rythm of the night », bien connu des plus de quarante ans, que débute « Débrayage » de Rémi de Vos. Une succession d'images défile sur les écrans qui, quelques minutes auparavant, laissaient encore entrevoir la quiétude d'un chalet alpin. Une galerie de portraits, de ceux qui font l'histoire, d'Elisabeth II à Jean Tiberi, fait remonter le temps aux spectateurs, de la fin des années 1970 aux années 1990. Revoir certains de ces visages surmontés de coiffures parfaitement permanentées, rend quelque peu anxiogène, voire plonge dans une véritable angoisse quand apparait Margaret Tatcher, cheffe de file à la fin des années 1970 d'un libéralisme agressif dont les anglais ne se sont toujours pas remis, près de quarante ans après. Deux hommes à la recherche d'un emploi attendent patiemment dans un couloir. Ils sont vêtus d'un costume vintage, reconnaissable à la cravate très (trop?) bariolée qu'ils arborent. Une employée de l'entreprise, chargée du recrutement, jeune, positive, un rien godiche, fait son entrée en précisant que leur entretien d’embauche est une simple formalité puisque il y a deux postes à pourvoir pour deux candidats, ceux d'animateurs costumés dans un parc d'attraction pour lesquels ils doivent démontrer leurs compétences, le premier est un ancien Schtroumpf, l'autre un ex Donald Duck. Le test qu'elle va leur faire subir se révèle avilissant. En singeant un volatile ou une petite créature bleue, ils déclenchent certes les rires des spectateurs, mais perdent en même temps, de manière insidieuse, toute dignité, se confondant avec leur personnage dont la vacuité et la bêtise leur est rappelées à chaque instant de leur journée de travail. Lorsque le second annonce qu'il a démissionné de son précédent poste en raison du profond ennui que lui inspirait le canard, le conduisant au burn-out, la jeune recruteuse, prise d'une aversion car ne pouvant pas comprendre comment il est possible, nécessaire même parfois, de démissionner d'un poste de son plein gré, annonce qu'à la suite d'une erreur, il n'y a hélas qu'un seul emploi à pourvoir. L'initiative personnelle est ici condamnée. Les employés dénonçant un certain mal-être dans l'entreprise, un harcèlement moral pour les plus téméraires, une négation de leur individualité pendant leurs heures de bureau, deviennent une anormalité salariale. Il faut à tout prix les écarter de la masse pour la préserver de la contamination. Rien ne saurait entraver l'épanouissement de la société par le travail, même si celui-ci devient aliénant. Si « Débrayage » est souvent hilarant, il dévoile aussi, à travers les figures d'employés mélancoliques, dépressifs, suicidaires, ce que le travail fait aux hommes.

Débrayage Texte de Remi De Vos conception mise en scène et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage Débrayage Texte de Remi De Vos conception mise en scène et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage

 La pièce est habitée par des moments de solitudes, annoncés par la voix d'Annie Cordy entonnant sa célèbre chanson, à la fois entrainante et terrifiante « Ça ira mieux demain ». Un homme assis seul dans le couloir, murmure les paroles de la chanson en pleurant. Plus tard, une femme tente de prendre son courage à deux mains mais n'arrive pas à frapper à la porte devant laquelle elle se trouve, visiblement celle du bureau de son supérieur hiérarchique, étonnant miroir de la pièce de Perec à venir. Elle capitule après plusieurs tentatives, s'effondrant en larmes. Ce que le travail fait aux êtres. Une employée zélée, totalement dévouée à la boite, comme il y en a dans chaque entreprise, mais aussi dans chaque administration publique, de la mairie aux palais de la république, coince deux salariés s’apprêtant à franchir le seuil de la société à la fin de leur journée. « Vous sortez plus vite que vous entrez ! » leur assène-t-elle, bondissant littéralement de derrière une plante verte, l'air satisfait de son effet. Tout à la fois surveillante générale, commère, moraliste et parfois cordeau, elle est le profil rêvé de l'employeur. Salariée souvent médiocre mais loyale, toujours ponctuelle, elle est une sorte de kapo[2] dans le sens où elle sert la direction, qui la traite pourtant comme les autres salariés, ni plus ni moins. Son seul bénéfice semble être le pouvoir qu’elle croit posséder. Ici, après avoir été insultée par l'un des deux hommes, elle prend à témoin le second, afin qu’il répète devant une commission ce qu’il a entendu de l’altercation venant de se produire avec son collègue et ami. Ce dernier va jusqu'à l'encourager : « Tu vas me faire le plaisir de me charger un max », s'entend-il dire à son ami, père de famille, qui ne peut pas se permettre de perdre son emploi. La secrétaire surveillante est donc très utile à la direction, qui en détruisant le collectif, rend les individus plus dociles. Alors, retentit à nouveau le refrain de « Ca ira mieux demain ». Des portes claquent, laissant entrer et sortir des employés surmenés, névrosés, angoissés par la perte éventuelle de leur emploi, terrorisés par la pointeuse, machine à exactitude implacable qui les infantilise, traversent le couloir : « J’ai mal au travail » soupire l’un d’entre eux, glosant sur la permanence des idées défendues par Karl Marx, angoissé à l’idée même de sa disparition : « ils disent qu’il est mort », et dont la vision, répondant aux préoccupations de la société lorsque la pièce est écrite au milieu des années 1990, est plus que jamais d’actualité. « Un coup de Marx est ça repart. » sont les derniers mots prononcés par l’homme. Il se pend sur son lieu de travail l’instant d’après, l’air entrainant de la chanson d’Annie Cordy, qui semble elle-même de moins en moins convaincue, l’accompagne.

Débrayage Texte de Remi De Vos conception mise en scène et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage Débrayage Texte de Remi De Vos conception mise en scène et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage
L’intérimaire trop puissant, l’offre d’emploi dans le parc d’attraction, la délétère surveillance de la pointeuse et la fragile réflexion sur Marx, sont autant de saynètes désopilantes qui témoignent des aberrations progressivement mises en place dans le monde de l'entreprise. Celui-ci reproduit le même écosystème subordonné aux principes de pouvoir et de domination qui régissent les sociétés occidentales capitalistes, les deux paraissant se nourrir l'un l'autre. « Que serait Noël sans les Chinois ? » interroge le contremaitre de la plate forme de distribution de produits de grandes surfaces qui accueille l’intérimaire, résumant en quelques mots les mutations en cours sur le marché, désormais mondialisé, du travail. La persistance de la neige (et du chalet) annonce la troisième partie. Le contraste est de plus en plus saisissant entre la quiétude et le bien-être de ce paysage hivernal idéalisé, servi par une musique douce et rassurante venue du monde perdu de l'enfance dans lequel elle annonçait fêtes et cadeaux, et le désenchantement d'une vie d'adulte bien réelle, correspondant de moins en moins aux commandes jadis passées au Père Noël.

Du théâtre envisagé comme un outil de révolution

C’est à un enchainement de possibilités que se réfère « L'Augmentation » de Georges Perec. La pièce évoque par l’absurde les (dé)règlements de la bureaucratie à l’œuvre dans les grandes entreprises, ici, le long et douloureux chemin vers la demande d’augmentation. Un homme et une femme, collègues parfois alliés, parfois adversaires, incarnent tour à tour le rôle du patron, tyrannique ou compatissant, souvent absent, et celui du salarié, remonté puis abattu, où, dans la victoire à la Pyrrhus éphémère, se reflète l’éternelle défaite de l’employé dans l’entreprise. Il s’agit d’attendre une circonstance favorable pour aller trouver votre chef de service de l’entreprise qui vous utilise. L’aliénation apparaît vite, lorsque la répétition d’un cadre quasi protocolaire à la lourdeur extrême, devient la norme. Inexorablement les mêmes gestes, les mêmes mots sont recommencés, « (...) les plus à plaindre, sont encore ceux qui restent. » Perec joue avec les mots et les rythmes. Le plaisir de l’auteur est palpable dans l’invention de figures rhétoriques, de formes grammaticales, d’hommes langages.

L'AUGMENTATION Texte de Georges Perec conception mise en scene et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage L'AUGMENTATION Texte de Georges Perec conception mise en scene et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage

Avec sa compagnie le Festin, qu’elle crée en 2014 en la baptisant du nom de la pièce antique de Sénèque, qu'elle a traduit et mis en scène deux ans auparavant, Anne-Laure Liégeois revient très fréquemment, presque inexorablement, aux problématiques liées au travail et à sa défense. « Entreprise » lui permet de monter pour la troisième fois « L’augmentation » de Georges Perec et pour la seconde le Simon de Vos, indiquant sa fidélité aux textes, pour ne pas dire son obsession. Chez elle, l’engagement apparaît comme une nécessité face à l’urgence d’un monde qui lentement se retrouve de plus en plus à la dérive. La metteuse en scène place la question des luttes sociales au cœur de son travail artistique en envisageant le théâtre comme un outil de révolution, opposant le rire à la violence du quotidien. En retrouvant deux pièces qui furent des succès lorsqu’elle les créa, elle invente les déclinaisons d’un triptyque qui raconte une histoire de l’entreprise par le rire, pour « dire ce qui fut inventé, ce qui sera (mais pas que) [3]. »

L'AUGMENTATION Texte de Georges Perec conception mise en scene et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage L'AUGMENTATION Texte de Georges Perec conception mise en scene et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage

[1] L’ouvroir de littérature expérimentale, plus connu par son acronyme, OuLiPo (ou Oulipo) est un groupe international de littérature empirique, fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais. L’année suivante,, Queneau donne des oulipiens la définition suivante : « des rats qui ont à construire le labyrinthe dont ils se proposent de sortir. », voir Benabou Marcel. « Quarante siècles d'Oulipo ». In: Raison présente, n°134, 2e trimestre 2000. Littératures en marge, littérature en marche. pp. 71-90. www.persee.fr/doc/raipr_0033-9075_2000_num_134_1_3611 Consulté le 15 janvier 2020.

[2] « [Dans les camps de concentration nazis] Détenu de droit commun qui était chargé de commander énergiquement les déportés, résistants ou raciaux, pour les services du camp ou pour les travaux extérieurs. », Portail lexical du Centre national de ressources textuelles et lexicales, https://www.cnrtl.fr/definition/kapoConsulté le 14 janvier 2020.

[3] Hors mention contraire, toutes citations, Anne-Laure Liégeois, Dire ce qui fut et inventer ce qui sera (mais pas que), Note d’intention du spectacle, 2019.

Débrayage Texte de Remi De Vos conception mise en scène et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage Débrayage Texte de Remi De Vos conception mise en scène et scénographie Anne Laure Liegeois collaboration a la scenographie Anne Laure Jullian de la Fuente lumiere Guillaume Tesson costumes Severine Thiebault video des intermedes Gregory Hietin assistanat a la mise en scene Camille Kolski avec Anne Girouard. © Christophe Raynaud de Lage

"Entreprise" Déclinaison en 3 pièces d’entreprise: Jacques Jouet Le Marché (2020), Rémi De Vos L’Intérimaire (1995-2000) Georges Perec L’Augmentation (1968), mise en scène Anne-Laure Liégeois, avec Anne Girouard, Olivier Dutilloy et Jérôme Bidaux.

 Spectacle créé à Le Volcan - Scène nationale du Havre du 7 au 10 janvier 2020.

Le 25 janvier 2020 aux Trois T - Scène conventionnée de Châtellerault - Châtellerault

Du 28 janv. 2020 au 01 févr. 2020 au TDB - Théâtre Dijon Bourgogne - Dijon

Du 04 févr. 2020 au 06 févr. 2020 à la Maison de la Culture d'Amiens - Amiens

Le 11 et 12 févr. 2020 à Le Théâtre - Scène nationale de Saint Nazaire - Saint Nazaire

le 29 févr. 2020 au Théâtre de l'Agora - Evry

Du 04 au 07 mars 2020 à Le Cratère - Alès

Du 18 au 26 mars 2020 au Théâtre 71 - Malakoff

le 31 mars 2020 à Le Manège Maubeuge Scène nationale transfrontalière - Maubeuge

 

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