Jochen Lempert, capter l'invisible

Biologiste de formation, le photographe allemand Jochen Lempert construit, à travers ses tirages en noir et blanc au motif végétal, une œuvre singulière à la grande pureté formelle, entre art et science, rigueur et poésie, humour et mélancolie. Il installe son « jardin d'hiver » au Crédac à Ivry-sur-Seine, imaginant un dispositif de vitrines qui rappelle celles des cabinets botaniques.

Untitled (Mobile), 2016 Photograhie noir/blanc sur papier baryté mat © Jochen Lempert / ADAGP, Paris 2020 Courtesy galeries : ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin) Untitled (Mobile), 2016 Photograhie noir/blanc sur papier baryté mat © Jochen Lempert / ADAGP, Paris 2020 Courtesy galeries : ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin)

Jochen Lempert (né en 1956 à Moers, vit et travaille à Hambourg) n'a pas toujours été photographe. Ce n'est qu'en 1992 qu'il se consacre pleinement à la production d'images. Auparavant, il était ornithologue travaillant sur des bateaux de recherche en mer du nord ; il est également odonatologue, c'est à dire, spécialiste des libellules. Ainsi, les photographies qu'il construit, invariablement en noir et blanc sur du papier baryté mat et presque entièrement consacrées aux sujets animal et végétal, se distinguent par un regard singulier qui mêle rigueur scientifique et approche documentaire à un humour manifeste et une certaine mélancolie. Au Centre d'art contemporain d'Ivry - le Crédac, il compose son « Jardin d'hiver » associant des photographies par analogie ou correspondance, tenant compte de l'espace dans lequel elles sont montrées. Ce qui l'intéresse n'est pas la seule production d'images mais comment celles-ci dialoguent entre elles, que ce soit dans les pages d'un livre ou en fonction de l'espace de monstration qu'elles occupent. Aussi, une exposition de Jochen Lempert est toujours unique. L’artiste maitrise la totalité du processus de fabrication, de la prise de vue au tirage[1], à la mise en page, en espace, à l'accrochage pour lequel il n'hésite pas à modifier telle ou telle image, en la recadrant ou en la tirant dans une autre format par exemple, en fonction de ce que lui inspire le lieu. Avec ses immenses baies vitrées qui donnent à ses espaces une luminosité extrême, le Crédac[2] interroge, à travers l'invitation faite à Jochen Lempert, le médium dans sa possibilité de monstration. Qu'est-ce que faire une exposition de photographies ?

Vue de l’exposition Jardin d’hiver de Jochen Lempert, Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac, 2020. © Jochen Lempert / ADAGP, Paris, 2020. Courtesy de l’artiste et des galeries ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin). Photo : André Morin / le Crédac. Vue de l’exposition Jardin d’hiver de Jochen Lempert, Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac, 2020. © Jochen Lempert / ADAGP, Paris, 2020. Courtesy de l’artiste et des galeries ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin). Photo : André Morin / le Crédac.

Déranger le regard

Jochen Lempert, Kirschen, 2019 Photograhie noir/blanc sur papier baryté mat © Jochen Lempert / ADAGP, Paris 2020 Courtesy galeries : ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin) Jochen Lempert, Kirschen, 2019 Photograhie noir/blanc sur papier baryté mat © Jochen Lempert / ADAGP, Paris 2020 Courtesy galeries : ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin)
L’héritage scientifique apparait indiscutable dans l’organisation de la mise en espace dès la première salle, dominée par le végétal. Lempert utilise un objectif à focale de cinquante millimètres qui reproduit à peu près l'angle de l'œil humain. « Jardin d'hiver » fait écho à ses deux précédentes expositions, correspondant à un programme qui répond au rythme des saisons : « Sudden Spring » (Bildmuseet, Université d’Umea, Suède, 2018) et « Predicted Autumn » (Musée départemental d’art contemporain de Haute-Vienne, château de Rochechouart, 2018). Les tirages sont accrochés à même le mur, sans encadrement, à l’aide de sparadrap médical, méthode qu’il a lui-même mise au point et érigée en protocole – une présentation qui renforce un peu plus l’idée de fragilité contenue dans ses photographies discrètes, toujours au bord de l’effacement. Plusieurs vitrines, semblables à celles que l’on trouve dans les cabinets botaniques, conçues spécifiquement pour son cycle des saisons, viennent augmenter la capacité murale du lieu. Œuvres à part entière, chacune renferme une suite à priori définitive d’images déclinant le motif végétal. Pourtant, Jochen Lempert les adapte en enlevant ou en ajoutant des clichés, en les déplaçant. Les photographies sont ici des leurres. Quelque chose perturbe notre logique, dérange notre regard. Ainsi, une succession de quatre photographies qui montre, de prime abord, une même vue urbaine en plongée, semble étrange pourtant. A bien y regarder, la progression de l’ombre au sol d’un pigeon en plein vol apparaît tronquée. En réalité, Lampert ne photographie pas le trajet continu du vol d’un pigeon mais plusieurs de ses allers-retours au cours d’une journée, l’oiseau construisant son nid tout près. Plus loin, sur une image anodine représentant un chemin de terre dans la région de Vancouver, dans l’ouest canadien, se distingue une plante que les autochtones ont nommée « plante des hommes aux pieds blancs » car elle se greffe sur des surfaces telles que les semelles de chaussures ou les sabots des animaux, colonisant de nouveaux espaces au gré des destinations de leur chauffeur involontaire. Un peu plus loin, dans une autre vitrine, des images d’hippocampes sont un clin d’œil à Jean Painlevé (1902 - 1989), cinéaste et aussi biologiste, qui consacra en 1934 un documentaire à cet unique poisson vertical. Jochen Lempert construit le contenu de ses tables-vitrines à partir d’une image qui, par association avec d’autres, va vers un autre motif. Par dérives successives, l’hippocampe devient plante, feuille. Dans la deuxième salle, dominée par des pièces plus maritimes et animales, des cygnes apparaissent en surbrillance. Dans le photogramme « Etruscan sand » (2009), Lempert topographie des grains de sable aiguisés par le vent. « La capacité de l'artiste à reproduire un ciel qui dit ce qu'il est vraiment. Une étendue chargée de poussières fertiles d'où surgiront de nouveaux paysages. Une poussière du début prête à perpétrer sa propre mémoire[3] » confie très justement la galeriste Cécilia Becanovic à propos des photographies de Jochen Lempert.

Vue de l’exposition Jardin d’hiver de Jochen Lempert, Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac, 2020. De gauche à droite : Untitled (Plastic Bag), 2017 ; Noctiluca, 2017 ; Noctiluca (after Hercule Florence), 2016. © Jochen Lempert / ADAGP, Paris, 2020. Courtesy de l’artiste et des galeries ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin). Photo : André Morin / le Crédac. Vue de l’exposition Jardin d’hiver de Jochen Lempert, Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac, 2020. De gauche à droite : Untitled (Plastic Bag), 2017 ; Noctiluca, 2017 ; Noctiluca (after Hercule Florence), 2016. © Jochen Lempert / ADAGP, Paris, 2020. Courtesy de l’artiste et des galeries ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin). Photo : André Morin / le Crédac.

Dans les années 1980, parallèlement à ses études de biologie à la Friedrich-Wilhelm Universität de Bonn, Jochen Lempert fonde avec Jochen Müller et Jürgen Reble le collectif de cinéma expérimental Schmelzdahin (actif de 1979 à 1989). Ils expérimentent ensemble les procédés de traitement chimique et la pellicule Celluloid en tant que matériau, créant, à partir de séquences trouvées ou tournées par eux-mêmes, des films dont la plasticité est obtenue par altération chromique, effacement ou corrosion. « Ils ont fait subir les pires sévices à la pellicule Super 8, par des bains de solution bactérienne, du feu, ou l’immersion dans la glace[4] ». De ses films sont extraits plusieurs images comme la série de trois méduses en sacs plastiques faisant référence aux travaux de Raymond Hains (1926 – 2005) qui aboutirent en 1948 à ses photographies hypnagogiques « faites à travers des verres cannelés qui dispersent et multiplient les choses[5] ». Ou encore cette autre image réalisée à partir d’eau jetée qui lui donne une dimension pointilliste. A l’origine, la photographie représente un diorama d’un artiste brésilien. Les points correspondent aux trous permettent de laisser passer la lumière dans le diorama. L’une des tables vitrines est consacrée à ce qui nous protège : voiture, carapace… Une série de fous de Bassan (2020) est présentée comme une partition de jeu.

Vue de l’exposition Jardin d’hiver de Jochen Lempert, Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac, 2020. Vitrine : Helle Kammer ; puis de gauche à droite : Untitled (Pigeon in Tree), 2008 ; Kirschen, 2019. © Jochen Lempert / ADAGP, Paris, 2020. Courtesy de l’artiste et des galeries ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin). Photo : André Morin / le Crédac. Vue de l’exposition Jardin d’hiver de Jochen Lempert, Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac, 2020. Vitrine : Helle Kammer ; puis de gauche à droite : Untitled (Pigeon in Tree), 2008 ; Kirschen, 2019. © Jochen Lempert / ADAGP, Paris, 2020. Courtesy de l’artiste et des galeries ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin). Photo : André Morin / le Crédac.

Swans (Stockholm), 2018 Photograhie noir/blanc sur papier baryté mat © Jochen Lempert / ADAGP, Paris 2020 Courtesy galeries : ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin) Swans (Stockholm), 2018 Photograhie noir/blanc sur papier baryté mat © Jochen Lempert / ADAGP, Paris 2020 Courtesy galeries : ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin)
Éminemment contemporaine dans ses sujets, la photographie de Jochen Lempert, si elle ne cherche pas à se teinter d’histoire, apparaît anachronique. Elle regarde du côté des modernes. Plus encore que  Karl Blossfeldt (1865-1932) et son inventaire des formes et des structures végétales fondamentales ou qu’August Sander (1876- 1964) qui réunissait photographie documentaire et pratique artistique, c’est avec la botaniste britannique Anna Atkins (1799-1871), que Lempert admire au point de lui consacrer en 2011 une série photographique à son nom, qu’apparaît une évidente filiation. Cette scientifique est l’une des pionnières dans l’utilisation d’images photographiques pour illustrer des ouvrages imprimés. Elle fait paraître à partir de 1843 des herbiers aux images bleutées, caractéristiques de la technique de photographie par cyanotype, nouveau procédé monochrome qui voit le jour en 1842. L'utilisation par Lempert de certaines premières formes de la photographie reflète son profond intérêt pour l'histoire du medium ainsi que pour les qualités qui lui sont inhérentes[6]. Comme Anna Atkins, Jochen Lempert se positionne à l’intersection du biologique et de l’artistique. La photographie du début du XIXème siècle oscille en permanence entre art et science. Tenues dans cette zone frontalière, les images de l’artiste permettent d’appréhender le monde qui nous entoure dans sa dimension esthétique comme dans son acuité scientifique. L’art de Jochen Lempert constitue en ce sens une leçon de vie.
Vue de l’exposition Jardin d’hiver de Jochen Lempert, Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac, 2020. Lyren I, 2013 (dix photos). © Jochen Lempert / ADAGP, Paris, 2020. Courtesy de l’artiste et des galeries ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin). Photo : André Morin / le Crédac. Vue de l’exposition Jardin d’hiver de Jochen Lempert, Centre d’art contemporain d’Ivry – le Crédac, 2020. Lyren I, 2013 (dix photos). © Jochen Lempert / ADAGP, Paris, 2020. Courtesy de l’artiste et des galeries ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin). Photo : André Morin / le Crédac.

Jochen Lempert, Untitled (Morning Glory), 2019 Photograhie noir/blanc sur papier baryté mat, 113 x 96,2 cm, édition de 5. © Jochen Lempert / ADAGP, Paris 2020 Courtesy galeries : ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin) Jochen Lempert, Untitled (Morning Glory), 2019 Photograhie noir/blanc sur papier baryté mat, 113 x 96,2 cm, édition de 5. © Jochen Lempert / ADAGP, Paris 2020 Courtesy galeries : ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin)
Observateur de l’ordinaire, Jochen Lempert s’en fait le révélateur. Le rapport que l'homme entretient avec son environnement ainsi que le regard qu’il porte sur la nature occupent la place centrale de son œuvre. Son travail photographique interroge notre façon de regarder une image, nous mettant à l’épreuve à l'heure où nous en sommes abreuvés quotidiennement. Si chacun de ses clichés révèle sa valeur artistique, c’est la qualité du regard du photographe qui prime ici sur celle des photographies. « Ce qui nous attache au travail de Jochen Lempert c’est cette combinaison rare entre l’observation constante, la capture de l’invisible et la distance respectée entre lui et l’objet de sa curiosité[7] » précise Claire Le Restif, directrice du Crédac. L’artiste pense la mise en espace de chaque exposition comme une mise en page d'images dans lesquelles il y a toujours un motif à voir et un autre caché. Jochen Lempert compose une archive photographique qui contient, comme le dit si joliment Juliette Pollet « des taches de soleil, du vent dans les feuillages, des gouttes sur la peau, d’autres qui font ployer des fils de soie. Tout ce qui est fragile, tout ce à quoi il faudrait prêter attention, tout ce dont il faudrait se souvenir[8] ». Une mémoire de l’invisible qui se joue des codes de l’étude scientifique pour laisser libre cours à une association des images qui s’invente tant dans l’imaginaire de l’artiste que dans la rigueur du biologiste. Depuis une vingtaine d’années, Jochen Lempert photographie, dès qu’il en a l’opportunité, les spécimens naturalisés de l’Alca impennis ou Grand Pingouin, dont le dernier individu s’est éteint en 1844. A ce jour, il a réalisé le portrait de cinquante-deux des soixante-dix-huit spécimens présents dans les Musées d’histoire naturelle du monde entier. Dans son ouvrage « The skin of Alca impennis (1992-2017) », il a pris soin de réserver des pages blanches pour les oiseaux restant à portraiturer. A travers l'extinction d'une espèce, la délicatesse de ses photographies, Jochen Lempert donne à voir la fragilité même de l’existence.

Jochen Lempert, Full Spiderweb, 2012 / 2015 Photograhie noir/blanc sur papier baryté mat © Jochen Lempert / ADAGP, Paris 2020 Courtesy galeries : ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin) Jochen Lempert, Full Spiderweb, 2012 / 2015 Photograhie noir/blanc sur papier baryté mat © Jochen Lempert / ADAGP, Paris 2020 Courtesy galeries : ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin)

[1] Jochen Lempert travaille à l’argentique. Il développe lui même ses films dans une chambre noire aménagée dans son atelier de Hambourg.

[2] Depuis 2011, le centre d'art occupe le deuxième étage de la Manufacture des Oeillets, ancien bâtiment industriel aux briques rouges construit par l'architecte français Paul Sée en 1913 pour la compagnie américaine United Shoe, sur le modèle de la « daylight factory » en vogue outre-Atlantique à l'époque qui, comme son nom l'indique, inonde les ateliers de lumière à la faveur de ses importantes ouvertures.

[3] Cécilia Becanovic, « Une fleur qui dort », souvenir de l'exposition de Jochen Lempert, Radio innommable, 21 mai 2020, https://soundcloud.com/user-195126471/une-fleur-qui-dort-21-05-20-11h30?fbclid=IwAR0a9x-DjRyHguVqfklcJmoXUiC1o6gF_icPjypEQH2825ovGbIVF6ft4yk Ecouté le 13 juin 2020.

[4] Frédéric Paul, « Ce qui est arrivé au tangara fastueux Ou The Problem of Life (5 jours à Hambourg) » in Jochen Lempert, Phenotype, König Verlag, Cologne, 2013.

[5] Philippe Dagen, « Raymond Hains, affichiste et anarchiste du Nouveau Réalisme », Le Monde, 29 octobre 2005, https://www.lemonde.fr/culture/article/2005/10/29/raymond-hains-affichiste-et-anarchiste-du-nouveau-realisme_704681_3246.html Consulté le 13 juin 2020.

[6] Patrizia Dander, « Imitation of Life. How biology adapts to art in the photographs of Jochen Lempert », Frieze, 24 mars 2016, https://frieze.com/article/imitation-life-0Consuté le 13 juin 2020.

[7] Claire Le Restif, « Histoire naturelle », texte accompagnant l'exposition « Jardin d'hiver » de Jochen Lempert, Centre d'art contemporain d'Ivry - le Crédac, 2020.

[8] « Jeanne Moynot lit Juliette Pollet regardant Jochen Lempert », Radio Innommable, 4 mai 2020, https://soundcloud.com/user-195126471/sets/lectures-dexpositions-par-leEcouté le 13 juin 2020.

Jochen Lempert, Untitled (Ivy and Bee), 2019 Photograhie noir/blanc sur papier baryté mat © Jochen Lempert / ADAGP, Paris 2020 Courtesy galeries : ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin) Jochen Lempert, Untitled (Ivy and Bee), 2019 Photograhie noir/blanc sur papier baryté mat © Jochen Lempert / ADAGP, Paris 2020 Courtesy galeries : ProjecteSD (Barcelone) et BQ (Berlin)

Jochen Lempert « Jardin d'hiver »,

Jusqu'au 27 juin 2020 - Du lundi au vendredi de 10h30 à 17h, samedi et dimanche de 14h30 à 19h. Visites sur réservation uniquement.

Centre d'art contemporain d'Ivry - Le Crédac
1, place Pierre Gosnat 94 200 IVRY-SUR-SEINE

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