L'art militant de Nil Yalter

Quatre ans après le Frac Lorraine, le MAC VAL célébrait cet hiver l'artiste franco-turque Nil Yalter à travers une rétrospective, « TRANS / HUMANCE », traversant près de soixante ans de création plastique engagée. Retour sur une carrière d'exception qui a pour moteur la lutte contre les discriminations, particulièrement celles des femmes et des travailleurs immigrés.

Nil Yalter, C’est un dur métier que l’exil, 1976/2012-2019.  Affiches dos-bleu réalisées à partir de photographies numériques, dimensions variables. Vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny Nil Yalter, C’est un dur métier que l’exil, 1976/2012-2019. Affiches dos-bleu réalisées à partir de photographies numériques, dimensions variables. Vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny
Sur le long mur du couloir qui mène aux salles d'expositions temporaires du MAC VAL Musée d'art contemporain du Val-de-Marne, face à la baie vitrée, un ensemble d'affiches identiques se répétant forme une sorte de papier peint, barré par de grandes lettres rouges en majuscules qui composent la phrase suivante : « c'est un dur métier que l'exil ». Cette présentation restitue pour la première fois l'accrochage exact montré lors de l'exposition éponyme au Musée d'art moderne de la ville de Paris en 1983, manifestation fondamentale de Nil Yalter (née en 1938 au Caire, vit et travaille à Paris). Un peu plus loin, à l'entrée de l'exposition, c'est une œuvre manifeste qui accueille le visiteur en guise d'introduction. Réalisés en 1992[1], « les rites circulaires » forment un autoportrait écrit, un poème visuel, dans lequel Nil Yalter se représente multiple, revendique plusieurs identités liées à l'histoire de sa famille qu'elle met en regard avec un condensé d'images réalisées au cours des années précédentes, des images de femmes : ouvrières, migrantes, travailleuses clandestines, manifestantes algériennes... La pièce met en avant l'éclatement des identités et dévoile le visage multiethnique de l'Europe. A partir des années 1970, elle va se servir de son statut de femme exilée (volontaire) et artiste pour questionner les conditions de vie dans les communautés marginalisées, donnant une voix à ceux qui n'en ont pas, travailleur·ses, immigré·es, femmes, prisonnières..., dans des œuvres formelles issues des matériaux documentaires ou sociologiques. L'exposition met en avant les œuvres importantes pour l'histoire de l'immigration en France, tout en s'attachant aux points de vue féministes et marxistes développés par l'artiste.

Nil Yalter, Les Rites circulaires, 1992. Installation, lettrage adhésif mural et vidéo numérique, couleur, son, durée 1’10’’. Vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny Nil Yalter, Les Rites circulaires, 1992. Installation, lettrage adhésif mural et vidéo numérique, couleur, son, durée 1’10’’. Vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny

Entre esthétique et anthropologie, mythe et réalité

Nil Yalter, Topak Ev (Nomad’s Tent), 1973, felt, sheepskin, marker, aluminium, dimensions variable. © Courtesy the artist and santralistanbul Collection Nil Yalter, Topak Ev (Nomad’s Tent), 1973, felt, sheepskin, marker, aluminium, dimensions variable. © Courtesy the artist and santralistanbul Collection
Après des études au Robert College d'Istanbul, Nil Yalter commence à peindre en 1958. Autodidacte, elle s'inspire des reproductions « pas plus grandes que des timbres[2] » du Dictionnaire de la peinture abstraite de Michel Seuphor, publié en 1957. «  (…) Puisque j’étais déjà familière de l’art byzantin et ottoman, je me suis sentie rapidement très à l’aise avec la peinture abstraite[3] » confie-t-elle. Elle arrive à Paris en 1965 pour étudier la peinture occidentale. Sa production de toiles – elle expose en 1963 avec d'autres artistes turcs à la Biennale de Paris – connait alors l’influence du constructivisme russe et de l'abstraction géométrique. Elle évolue au cours des années suivantes avec l'introduction de motifs inspirés des formes architecturales dans lesquels elle exprime sa vision d'une synthèse entre Orient et Occident. Elle assiste aux manifestations de mai 68 puis participe au mouvement de libération des femmes. En 1971, elle rencontre l'ethnologue Bernard Dupaigne, responsable du laboratoire d’ethnologie du Musée de l’homme, dont les pratiques vont l'influencer durablement. La même année, lors d'un voyage en Turquie, elle est bouleversée par la sévère répression qui force les populations nomades à se sédentariser, s'installant dans des bidonvilles autour des grandes agglomérations. De retour à Paris, elle donne à sa carrière un tournant radical. Sa pratique devient protéiforme. Dessin, texte, photographie et vidéo – dont elle est l’une des pionnières – sont désormais au service d’un art engagé. Elle s'empare de l'ethnologie qu'elle déplace dans le champ de l'art, s’immergeant sur le terrain, rencontrant, écoutant, enregistrant, dessinant… En 1973, sa première exposition personnelle se tient à l'ARC / Musée d'art moderne de la ville de Paris. Elle a pour titre « Topak-Ev » qui signifie « maison ronde ». L'artiste y montre une yourte qui emprunte sa forme à celles traditionnelles des nomades d'Anatolie, maintenant sédentarisés de force. Une structure en métal s’est substituée à celle, conventionnelle, en bois. Abritant l'espace domestique, elle renvoie à une réflexion sur les espaces féminins publics ou privés. Cette exposition questionne pour la première fois des sujets qui vont devenir centraux dans son travail tels la condition des femmes, la réflexion autour de l’habitat ou encore les populations marginalisées. « La yourte est en elle-même un monde, un cosmos en miniature. Le toit en coupole figure le ciel, rond d’un horizon à l’autre. Les murs sont les poteaux qui soutiennent le ciel, jusqu’au foyer où se tient la femme. (…) Protégée du vrai monde – où les hommes ne lui permettent plus d’aller – [la femme] est cachée dans ce monde en réduction, simulacre, prison » écrit Bernard Dupaigne[4].

Nil Yalter, Chicago, 1975.  Ensemble de 55 photographies encadrées et de 5 textes sur carton encadrés, dimensions variables, vidéo numérique, noir et blanc, son, durée 6’72’’. Courtesy Galerie Hubert Winter, Vienne. Vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny Nil Yalter, Chicago, 1975. Ensemble de 55 photographies encadrées et de 5 textes sur carton encadrés, dimensions variables, vidéo numérique, noir et blanc, son, durée 6’72’’. Courtesy Galerie Hubert Winter, Vienne. Vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny

Ses pièces suivantes prennent une dimension de critique sociale. Nil Yalter est une des premières artistes à évoquer les conditions de vie et de travail des communautés immigrées en France. Elle entame des collaborations en dehors du milieu artistique, avec l’ethnologue Bernard Dupaigne, avec Jack Salom qui enseigne le turc à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) ou avec Gaye Petek du Service social d’aide aux migrants. Aux enquêtes de terrain et aux entretiens filmés, elle adjoint une recherche formelle complexe, comme le montrent ses dessins exécutés d’après photographie et les nombreux textes présents dans ses œuvres, qui l’éloignent d’une approche purement documentaire. « (…) Comme Nil Yalter ne s’en tient pas à un constat le plus scientifique possible et qu’elle veut à travers ses démarches et ses œuvres faire elle aussi bouger la réalité, plus que le terme d’art ethnologique celui d’ethnocritique est celui qui traduit le mieux sa position dans le champ esthétique[5] ». Dans ses travaux les plus documentaires, il y a toujours une recherche d’élégance formelle. En 1975, elle réalise son premier sujet ayant pour sujet les immigrés des banlieues françaises. Son titre, « Chicago », est le surnom d’un quartier de Saint-Quentin-en-Yvelines donné par ses habitants en référence à la violence qui sévissait dans la ville américaine dans les années 1930. Dans sa version française, des Algériens vivent dans des HLM en état de délabrement. Une vidéo de six minutes suit des enfants en train de jouer sur un parking désert, puis au pied d‘un immeuble, sur des balançoires aménagées pour eux. L’environnement est bétonné, il y a très peu d’arbres. La caméra quitte soudain les enfants pour s’aventurer le long des balcons qui animent la façade de l’immeuble. Du linge sèche, au loin on entend les rires des enfants. Le film est accompagné de grands panneaux associant images, l’une superposée à l’autre en négatif, et texte évoquant les conditions de vie dans ces barres d’immeubles. Dans « Ris-Orangis » (1979), qui combine vidéos, photographies et textes, elle donne la parole à la communauté portugaise cloitrée en banlieue parisienne. Ses membres, ouvriers, évoquent leur situation, leur nostalgie de déracinés, leurs difficultés à s’intégrer dans un pays trop peu accueillant. En se positionnant au plus près de ces personnes qui se sentent déconsidérées, Nil Yalter leur redonne de la dignité. Elle élabore un travail de mémoire sur l’immigration.

Nil Yalter, Ris-Orangis, 1979. Photographies, 50 x 34 cm chaque, collection de l’artiste. Vidéo betacam numérique PAL, noir et blanc, son, durée 33’, collection Centre Pompidou, Mnam / Cci, Paris. Vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny Nil Yalter, Ris-Orangis, 1979. Photographies, 50 x 34 cm chaque, collection de l’artiste. Vidéo betacam numérique PAL, noir et blanc, son, durée 33’, collection Centre Pompidou, Mnam / Cci, Paris. Vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny

Une artiste marxiste féministe

Nil Yalter, La femme sans tête ou La danse du ventre, 1974. Vidéo noir et blanc, son, durée 24’47. © Courtesy Nil Yalter. Nil Yalter, La femme sans tête ou La danse du ventre, 1974. Vidéo noir et blanc, son, durée 24’47. © Courtesy Nil Yalter.
L’œuvre de Nil Yalter est traversée par un engagement féministe. Elle participe à la lutte pour l’avortement, contre les violences sexistes. En 1974, elle réalise sa première vidéo, « la femme sans tête » dans laquelle elle se filme exécutant une danse du ventre orientale, s’essaie à l’écriture corporelle, laissant apparaître un texte qui condamne l’excision et célèbre la jouissance clitoridienne. Chez Nil Yalter, l’usage performatif du langage en tant que texte et écriture est un acte de prise de pouvoir[6]. Plus tard, dans « Histoire de peau » en 2003, ce féminisme sera associé au corps vieillissant, notamment le sien. Elle se prolonge dans l’ensemble des vidéos de l’artiste abordant la question migratoire où elle a systématiquement interrogé des hommes et des femmes. Les témoignages de femmes migrantes sont rares. Chez Nil Yalter, elles y tiennent toujours une place égale à celle des hommes. En 1976, elle fait partie du collectif « Femmes en lutte[7] » pour la visibilité des femmes artistes, avec, entre autres, Esther et Mathilde Ferrer et Dorothée Selz, puis à partir de 1978, du groupe « Femmes / Art ». A l’instar de la documentariste militante Carole Roussopoulos, elle est une des premières artistes femmes à utiliser une caméra, instrument d’émancipation. Nil Yalter est à la fois une militante féministe marxiste active auprès des mouvements français des années soixante-dix, et attentive aux conditions et aux représentations des femmes dans le monde. En 1980[8], elle réalise « Harem », ensemble composé d’une vidéo-performance de 45 minutes et d’une dizaine de panneaux mêlant dessins, photographies et textes, qui raconte l’histoire de deux femmes et, à travers elles, parle des conditions de vie quotidienne dans un harem oriental inspiré de celui du Palais de Topkapi dans lequel ont vécu recluses et totalement dévouées au sultan, environ un millier de femmes sur trois siècles. Avec cette œuvre, elle « se livre à une critique de l’image, dépassant l’érotisme fantasmé des femmes orientales véhiculé en Occident par des artistes comme Jean-Auguste-Dominique Ingres ou Henri Matisse[9] » écrit la co-commissaire Fabienne Dumont dans son essai publié à l’occasion de l’exposition. Conçue spécifiquement pour l’exposition, « Niqab blues » se compose d’une sculpture esquissant la silhouette d’une femme de dos portant un niqab, couronnée d’un motif en forme de mandorle répétant la photographie d’une femme en niqab noir dans les rues d’Istanbul. En la démultipliant, Nil Yalter masque son identité, la soustrait à notre regard.

Nil Yalter, Harem, 1979, vidéo noir et blanc, 45’, collage avec photographies et dessins, 120 x 80 cm © Courtesy Nil Yalter. Nil Yalter, Harem, 1979, vidéo noir et blanc, 45’, collage avec photographies et dessins, 120 x 80 cm © Courtesy Nil Yalter.

Au milieu des années soixante-dix, au moment où elle participe aux actions du collectif « Femmes en lutte », elle milite en faveur du parti communiste turc, proche des pays du bloc soviétique, interdit en Turquie. Elle réalise ainsi plusieurs dessins destinés à illustrer les affiches pour le parti. En 1976, avec trois autres artistes, Canan Coker, Orhan Taylan et Yusuf Takbak, elle livre une série de six affiches intitulée « Grève générale en Turquie » en faveur de la démocratie. Elle montre des dessins, des photographies, des textes illustrant les luttes dans les usines turques. La série est exposée en France la même année à la Fête de l’Humanité et à la galerie Jean Larcade l’année suivante. En 1979, elle exécute le dessin de l’affiche « Liberté pour le parti communiste turc ».

Nil Yalter, C’est un dur métier que l’exil, 1983. Installation vidéo, couleur, son, durée 50’50’’, photographies et textes contrecollés sur carton et aluminium, dimensions variables, collection de l’artiste. Vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny Nil Yalter, C’est un dur métier que l’exil, 1983. Installation vidéo, couleur, son, durée 50’50’’, photographies et textes contrecollés sur carton et aluminium, dimensions variables, collection de l’artiste. Vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny

Dix ans après sa première exposition au Musée d’art moderne de la ville de Paris, elle expose dans la même institution l’installation « C’est un dur métier que l’exil » qui donne aussi son nom à l’exposition. Dans une série composée de sept panneaux mélangeant images et textes accompagnés de quatre moniteurs dans lesquels les entretiens filmés sont entrecoupés de scènes jouées, l'artiste donne à voir, à lire et à entendre les témoignages de femmes et d'hommes, clandestins turcs, évoquant leur conditions de vie en tant que travailleur·euses dans les ateliers textiles clandestins du Faubourg Saint-Denis à Paris. La phrase de l'intitulé est empruntée au poète turc Nazim Hikmet (1902 – 1963) qui a passé la majeure partie de sa vie en prison ou en exil. Communiste, militant, il a composé une poésie d'engagement politique. Yalter donne aux panneaux la forme d’éléments d’architecture des différentes régions anatoliennes, immédiatement identifiables par la communauté turque. « C’est ce travail plastique complexe qui permet de lier la vison politique et humaine, entremêlant le reportage et la fiction dans un nouveau langage plastique[10] » indique Fabienne Dumont.

Nil Yalter, Artistes Propaganda, 1978, photographies et texte contrecollés sur carton, vidéo numérisée, couleur, son, durée 3'15" © Guillaume Lasserre Nil Yalter, Artistes Propaganda, 1978, photographies et texte contrecollés sur carton, vidéo numérisée, couleur, son, durée 3'15" © Guillaume Lasserre

« TRANS / HUMANCE », le titre de l’exposition du MAC VAL, fait écho au fait que les œuvres de Nil Yalter qui circulent dans le monde entier depuis une dizaine années étaient auparavant confinées à l’atelier. Désormais, elles « transhument » en quelque sorte, d’un musée à l’autre, faisant entrer son œuvre dans l’espace public, au point de l’en déposséder. C’est aussi une référence aux migrations thématiques qui jalonnent son œuvre, autant qu’aux mutations techniques, sa pratique protéiforme indique que les médiums qu’elle utilise sont des outils au service d’un propos et d’une forme. Par son approche transculturelle, son imaginaire, sa mémoire et sa perte, Nil Yalter ouvre un tout nouveau champ de discussion qui transforme l'artiste elle-même en nomade voyageant à travers les questions d'immigration, de genre et de classe qu’elle croise avec celles de l’habitat, les croyances populaires, autant de thématiques revenant de façon obsessionnelle dans ses créations, sa façon de dire le monde. Son besoin de comprendre les communautés humaines apparaît impérieux. Ce qui caractérise son travail, c’est l’articulation entre une méthode, une pratique et des formes artistiques : la méthode s’appuie sur celle de l’anthropologie, influence une pratique alliant différents médiums, de laquelle découle des formes artistiques. La main est toujours impliquée dans la fabrication de l’œuvre : les dessins, bien sûr, mais aussi les textes qui sont toujours écrit à la main. Ses vidéos d’entretiens réalisées sur le terrain constituent une archive unique. Les témoignages de ces femmes et de ces hommes insérés dans ses œuvres plastiques, sont une contribution importante à l’histoire des immigrations. Ils viennent combler les lacunes de l’histoire. L’artiste a su conjuguer militantisme et forme, que l’on cherche trop souvent à opposer. Pourtant, à 81 ans, Nil Yalter reste peu connue du grand public et n’occupe pas encore la place qu’elle mérite dans l’histoire de l’art. Trop militante pour les uns, trop artiste pour les autres, elle a longtemps été reléguée dans un entre-deux, un angle mort. C’est que son œuvre se situe à la croisée de l’art et du documentaire. Elle se veut aussi poétique que politique, se révèle hermétique à toute catégorisation, revendique une porosité entre création artistique et sciences humaines. Nil Yalter crée pour transmettre quelque chose. « Elle donne à voir un art inquiet qui problématise tout à la fois : la prise de parole, la position de l’artiste, le savoir collectif des communautés » indique Philippe Artières[11] précisant qu’elle « se fait le relai d’un discours tu, refoulé, proscrit ». La très grande humanité qui ressort de ses œuvres en font les témoins de leur temps. « Rien n’a évolué, seules les populations ont changé. Les nouveaux immigrés ne sont plus italiens, portugais, turcs. Ils sont Africains ou d’Europe centrale. Mais les problèmes sont les mêmes. C’est ce que je veux montrer[12] » affirme Nil Yalter. « C’est un dur métier que l’exil », apparaît comme une sentence immuable.

Nil Yalter, vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny Nil Yalter, vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny

[1] Pour le projet multimédia international “Trans-Voices: French and American Artists Address a Changing World Order / Trans-Voices : des artistes français et américains interrogent le monde en devenir", commissionné par l'American Center Paris, le Whitney Museum of American Art et le Public Art Fund. La question posée aux artistes était : quelle réaction face aux changements sociaux et aux grands problèmes du monde ?

[2] Nil Yalter, entretien avec Esther Ferrer, in Lapiz : Revista internacional del arte, n° 60, 1989, p. 34.

[3] Ibid.

[4] Bernard Dupaigne [coll.] Nil Yalter, Topak Ev, et ses correspondances ethnologiques, Musée du Mans, Le Mans, 1974.

[5] Pierre Gaudibert, « Nil Yalter, artiste ethnocritique », Plus Moins Zéro – Revue d’art contemporain, n°47, Bruxelles, juin 1987, pp. 5-6.

[6] Övül Ö. Durmusoglu, « Poetic precision, High density », in Nil Yalter, Exile is a hard job, Cologne, Buchhandlung Walter König, 2019, p. 201.

[7] Voir à propos de ce collectif (1976 – 1980) le témoignage de Mathilde Ferrer, in « De chaque côté de l'Atlantique, deux parcours féministes en art », Cahiers du Genre, 2007/2 (n° 43), p. 71-94. https://www.cairn.info/revue-cahiers-du-genre-2007-2-page-71.htm Consulté le 22 mars 2020.

[8] Cette même année et jusqu’en 1995, elle est artiste professeur associée à l’université de la Sorbonne (Saint-Charles) où elle enseigne « l’art et l’installation vidéo ».

[9] Fabienne Dumont, Nil Yalter. A la confluence des mémoires migrantes, féministes, ouvrières et de mythologies, Vitry-sur-Seine, MAC VAL, 2019.

[10] Ibid.

[11] Philippe Artières, in Nil Yalter, catalogue de l’exposition éponyme, Frac Lorraine, Metz, 2016.

[12] Maya Larguet, Portrait et interview : Nil Yalter, l’avant-gardiste, Musée numérique, Musée national de l’histoire de l’immigration, août 2009, https://www.histoire-immigration.fr/expositions-temporaires/carte-blanche-elele/portrait-et-interview-nil-yalter-l-avant-gardiste Consulté le 22 mars 2020.

Nil Yalter, Niqab Blues, détail, 2018-2019. Sculpture, tissu, impression sur Dibond, 175 x 140 cm. Courtesy Galerist, Istanbul. Vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny Nil Yalter, Niqab Blues, détail, 2018-2019. Sculpture, tissu, impression sur Dibond, 175 x 140 cm. Courtesy Galerist, Istanbul. Vue de l’exposition « TRANS/HUMANCE », MAC VAL 2019. © Margot Montigny

Nil Yalter - « TRANS / HUMANCE », commissariat : Fabienne Dumont et Frank Lamy, assités de Julien Blanpied et Ninon Duhamel.

Du 5 octobre 2019 au 9 février 2020 - Du mardi au vendredi de 10h à 18h, samedi, dimanche et jours fériés, de 12h à 19h.

MAC VAL - Musée d'art contemporain du Val-de-Marne
Place de la Libération
94 400 Vitry-sur-Seine

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