Le bruit des hommes qui tombent

Au Théâtre de la Bastille, Nathalie Béasse ouvre la saison comme une évidence. « Aux éclats... », spectacle à l'infinie délicatesse, est aussi une installation plastique, une chorégraphie poétique pour trio burlesque qui bascule soudain dans le tragique. Aller au bout de la chute, accepter l'incertitude, lâcher prise enfin et se laisser engloutir par l'immense beauté d'un monde.

"Aux éclats" conception, mise en scène et scénographie nathalie béasse / avec étienne fague, clément goupille, stéphane imbert / musique originale julien parsy / lumière natalie gallard / régie son tal agam, nicolas lespagnol-rizzi / régie plateau max belland / construction décor julien boizard, corinne forget, philippe ragot; création le 4 novembre 2019 au Quai - CDN Angers / Pays de la Loire © Nathalie Béasse "Aux éclats" conception, mise en scène et scénographie nathalie béasse / avec étienne fague, clément goupille, stéphane imbert / musique originale julien parsy / lumière natalie gallard / régie son tal agam, nicolas lespagnol-rizzi / régie plateau max belland / construction décor julien boizard, corinne forget, philippe ragot; création le 4 novembre 2019 au Quai - CDN Angers / Pays de la Loire © Nathalie Béasse
Revenir au Théâtre de la Bastille après de longs mois de privation a le goût rassurant des retrouvailles de famille, surtout lorsque l'ouverture de saison est confiée à Nathalie Béasse, qui entretient des liens privilégiés avec le lieu depuis 2010 et la création de « Happy child ». Elle en devient la cheffe de famille éphémère en juin 2019 lorsqu'elle s'installe à demeure avec sa compagnie pendant deux mois à l’occasion d'Occupation 3, revisitant une partie de son répertoire comme l'avaient fait avant elle Tiago Rodrigues et le collectif l'Avantage du doute, autres enfants de la Bastille. Les spectacles qu’elle met en scène ne ressemblent à nul autre. Ils débordent des cases, transgressent les genres pour mêler art plastique, performance, théâtre et danse, dans des représentations visuelles vertigineuses, miroirs d’une vision poétique du monde où le sublime enchante autant qu'il effraie. « Aux éclats... » n'est pas seulement le premier spectacle de la nouvelle saison du théâtre de la Bastille, il est aussi le premier d'une période inédite, expérimentale, incertaine aussi, intensément fragile donc, dans laquelle un simple virus vient rappeler à une humanité devenue arrogante et prédatrice sa condition précaire et inéluctable de mortelle. Le temps de la domination a brusquement laissé la place au temps des pandémies globalisées dont on aimerait qu’il annonce enfin le début d'une prise de conscience à l’échelle planétaire. « Aux éclats... », entrevue lors des cessions de répétition publique organisées pendant Occupation 3, revient sur cette même scène à peine dix mois plus tard, une éternité pourtant. Projetée dans cet autre monde qui est aujourd'hui le nôtre, la pièce s'en fait violemment l'écho tant elle porte en elle la substantifique moelle de l'être humain, sa part vulnérable qui, si elle le fragilise, l’augmente aussi en un sens. Nathalie Béasse envisage l'acte de création à la manière d'une peintre: être dans le faire, dans la matière, très proche de son inconscient, son intuition. Ce n'est qu'ensuite, lors d'un travail de montage des différentes scènes entre elles, que se dégagent des thématiques. Chaque spectacle trouve son point de départ dans le quotidien. Un geste simple, une situation anodine, glissent peu à peu dans le merveilleux. Avec trois fois rien, en invitant à la contemplation, elle déplace notre perception du monde. Nathalie Béasse ne recule pas devant le vide.

Une discrète splendeur

Tout à la fois autrice, chorégraphe, metteuse en scène, plasticienne, Nathalie Béasse n’était sans doute pas destinée à la place qu’elle occupe aujourd’hui. Issue d’une famille ouvrière angevine – sa mère travaille dans une usine de phares de voiture et son père est plombier sur des chantiers –, elle rêve de cinéma à l’adolescence. L’histoire que lui raconte sa mère de ce grand-père qu’elle n’a pas connu, facteur parcourant la région avec son projecteur de cinéma, parfois accompagné d’une troupe de théâtre amateur, offre à la jeune fille une ouverture vers la création artistique. Mais les écoles de cinéma sont parisiennes et ont un coût. A défaut, elle étudie la création plastique à l’Ecole des Beaux-arts de sa ville natale, puis à la Haute Ecole d’art de Brunswick (HBK) en Allemagne à l’occasion d’une année échange. La performeuse Marina Abramovic dirige alors la section « jeu et scène » de l’institution. La découverte du « performing art », lui fait prendre conscience qu’elle possède un corps dont elle expérimente le rapport à l’espace. De retour en France, le besoin impérieux d’être dans l’action rend impossible sa position derrière une caméra. Elle s’inscrit au conservatoire d’art dramatique d’Angers au moment où les frontières entre les disciplines des arts vivants s’effacent. En 1995, elle rejoint le groupe ZUR (collectif de scénographes performeurs, cinéastes) avant de fonder, quatre ans plus tard sa propre compagnie, « une troupe, une véritable famille depuis vingt ans[1] » précise-t-elle. Un travail d’équipe, de rencontres, de fidélité, qui la protège sans doute, tout autant que sa vie angevine. « Ce n’est pas simple de sortir de son milieu (…) Mais justement, je n’ai pas fait de Paris le centre du monde ». Jamais programmée à Avignon, elle fait partie, en 2017, des sept femmes metteuses en scène – la seule artiste française - sélectionnées dans la section « art contemporain » de la Biennale de Venise. « Une formidable visibilité, dans ce monde du spectacle où il n'est pas si facile de s'imposer quand on est femme et provinciale » se réjouit-elle.

"Aux éclats" conception, mise en scène et scénographie nathalie béasse / avec étienne fague, clément goupille, stéphane imbert / musique originale julien parsy / lumière natalie gallard / régie son tal agam, nicolas lespagnol-rizzi / régie plateau max belland / construction décor julien boizard, corinne forget, philippe ragot; création le 4 novembre 2019 au Quai - CDN Angers / Pays de la Loire © Jean-Louis Fernandez "Aux éclats" conception, mise en scène et scénographie nathalie béasse / avec étienne fague, clément goupille, stéphane imbert / musique originale julien parsy / lumière natalie gallard / régie son tal agam, nicolas lespagnol-rizzi / régie plateau max belland / construction décor julien boizard, corinne forget, philippe ragot; création le 4 novembre 2019 au Quai - CDN Angers / Pays de la Loire © Jean-Louis Fernandez

« Aux éclats... » commence avec des bruits de perceuses, des coups de marteaux, auxquels succèdent, parfois se chevauchent des voix énervées qui s’invectivent. De la fumée s’échappe des murs, tandis qu’un liquide blanc opaque se déverse de façon peu rassurante jusqu'au milieu de la scène. L’inconstance d’un chantier comme préambule à ce qui vient, introduisant déjà, à travers ce qui tombe, l’art de la chute. La pièce commence à la scène suivante, lorsque les corps entrent dans l’espace : ceux de trois spectateurs retardataires dont la quête ostentatoire des meilleures places les conduiront à traverser la salle par les premiers rangs en commentant bruyamment leurs actions. S'ensuivront les épanchements d’un hypocondriaque, un « je te tiens tu me tiens par la barbichette » joué avec force et éclat afin d'illustrer la définition du rire dont il est fait lecture dans le plus grand sérieux, un « tête-à-cul » résolument littéral, un chien mécanique ricaneur, un rock endiablé pour trio qui fini en solo... Autant de saynètes qui glissent les unes vers les autres par simples dérives successives, les fragments dérisoires de nos vies ordinaires.

Le théâtre poétique, puissamment visuel et infiniment drôle de Nathalie Béasse ne ressemble à aucun autre. Un théâtre de métamorphoses dans lequel les gestes simples du quotidien, celui de mettre la table ou ceux qui ritualisent un repas, deviennent de formidables explorations chorégraphiques avant de se transformer en batailles d’eau de notre enfance dont les éclats de rire réveillent en chacun le souvenir lointain d'une friandise, d’un jouet, d’une odeur sucrée, surgis du fin fond de la mémoire où ils étaient enfouis. « Aux éclats... », succession de tableaux vivants qui sont autant de variations sur la chute et le rire, s'intéresse à l’anecdote du quotidien, à l’absurdité des êtres, à l’insignifiant, l’invisible, pour conter une histoire contemporaine de l’humanité par l’inframince. La pièce s’ouvre sur une pochade : sur le plateau nu, dépourvu de comédiens, une succession d’incidents sur un chantier de construction, mise en scène sur le ton du burlesque, déclenche l’hilarité. Pourtant, la scène annonce déjà l’effondrement final, le chaos, la chute, celle des corps bien sûr, celle de la matière aussi. Au fur et à mesure, un sentiment d’inquiétude envahit le public, amplifié par la montée en intensité d’une musique baroque dont la solennité devient si considérable qu’elle pétrifie, conduit au sentiment d’effroi, de folie. Quelque chose se dérègle. Le monde s’écroule littéralement sur scène. La joie cède le pas à l’incertitude. Le trouble devient palpable, manifeste. On est passé du rire aux larmes, trajectoire constante dans les pièces de Nathalie Béasse. Cette fois-ci pourtant, elle avait choisi le parti du rire. « La tragédie me rattrape[2] » confesse-t-elle. L’espèce humaine se définit par sa propension au tragi-comique. Les petites et grandes catastrophes qui traversent la pièce traduisent la grandeur et la misère de l’humanité. L’éclat, s’il peut être de rire, peut tout autant être de balle.

Peindre des spectacles comme on met en scène des peintures

« Je vais continuer à creuser l’apparente intranquillité de l’humain en prenant les mots au sens premier, et regarder ses « dérives », ses « failles », en travaillant sur le plein, le trop-plein...[3] » confiait Nathalie Béasse au début du projet, poursuivant sa recherche d’un langage singulier, unique, entre installation plastique et cinéma[4], afin d’ériger des histoires humaines dans lesquelles le dérisoire fait le mythe, l’anodin devient onirique. Elle s’intéresse aux humains à travers leurs débordements, leurs failles, incarnés ici par trois hommes qui sont autant de figures contemporaines de Buster Keaton[5], ayant la charge d’être des enfants à nouveau. Ils cassent leurs jouets, les reconstruisent, en rigolent. Ils avancent ainsi avec leurs constructions et leurs destructions. Rire malgré soi : « Les regarder tomber et se débattre à en mourir de rire, les regarder franchir les obstacles à en pleurer » indique-t-elle encore. Retomber en enfance pour mieux comprendre qui nous sommes. La terre, l’eau, les objets du quotidien ou liés à la famille, sont autant de matières ordinaires cependant pourvues d’une charge symbolique, dont se saisissent les interprètes pour construire au fur et à mesure les décors des histoires à venir. Objets de passage, ils transforment l’espace scénique à chaque nouveau tableau, lui inventant son environnement propre. Au texte central, Nathalie Béasse préfère les corps et ce qui les environne. Car c’est bien à partir des corps et de leurs interactions, que se racontent les histoires : corps-récits, corps-objets, corps-à-corps dans les accolades, les déchirements… « Tout est dans la rencontre avec l’autre, dans le rapport humain. C’est ça, et uniquement ça, qui m’intéresse dans mes spectacles[6] » affirme-t-elle. La nécessité de ressentir l’autre, non pas comme un corps social standardisé, mais comme un corps empêché, à la dérive, révèle la fragilité des êtres dont le mouvement permanent est érigé en preuve de vie. L’artiste part à la rencontre de l’autre par contact, par effleurement ou par accident. Toucher pour rendre perceptible le corps, l’appréhender dans l’espace. L’art de Nathalie Béasse est profondément haptique.

"Aux éclats" conception, mise en scène et scénographie nathalie béasse / avec étienne fague, clément goupille, stéphane imbert / musique originale julien parsy / lumière natalie gallard / régie son tal agam, nicolas lespagnol-rizzi / régie plateau max belland / construction décor julien boizard, corinne forget, philippe ragot; création le 4 novembre 2019 au Quai - CDN Angers / Pays de la Loire © Jean-Louis Fernandez "Aux éclats" conception, mise en scène et scénographie nathalie béasse / avec étienne fague, clément goupille, stéphane imbert / musique originale julien parsy / lumière natalie gallard / régie son tal agam, nicolas lespagnol-rizzi / régie plateau max belland / construction décor julien boizard, corinne forget, philippe ragot; création le 4 novembre 2019 au Quai - CDN Angers / Pays de la Loire © Jean-Louis Fernandez

Les œuvres théâtrales de Nathalie Béasse ont le goût du merveilleux. Une grande poésie visuelle, un onirisme débordant, transfigurent l’ordinaire, le banal, ce qu’on ne voit plus. Les objets les plus insignifiants du quotidien deviennent soudain les précieux éléments d’un décor improvisé aussitôt disparu. Bien plus qu’un spectacle auquel on assiste, c’est un univers que l’on rencontre, ouvrant d’autres portes au public. La vulnérabilité comme expérience artistique, humaine et politique, occupe la place centrale d’une œuvre dont le rire, le rire de soi ou aux dépens, apparaît comme l’une de ses expressions privilégiées. Il possède une vertu physiologique manifeste, celle de conduire au lâcher prise. Cet état d’abandon des corps nous dévoile, nous expose en nous mettant à nu publiquement. Si ses spectacles sont impossibles à décrire, c’est qu’ils relèvent de l’expérience, du sensible, de la réception des images. Plus qu’une succession de saynètes, « Aux éclats... » est une histoire de métamorphoses. Nathalie Béasse met en scène des tableaux vivants qui trouvent leur origine dans les gestes de faire, les actions dérisoires du quotidien : « Ce sont d’autres matières que les textes littéraires et théâtraux qui m’inspirent... » précise-t-elle, poursuivant : « C’est un magasin de farces et attrapes, c’est un tour de magie, ce sont les gens dans le public, c’est une matière de tissu, un velours vert très précis, c’est une musique, c’est une définition, c’est un bruit, c’est un poème ou une chanson, c’est une glissade, c’est un fil qui traîne, c’est une cravate mal mise, ou un scotch collé à la chaussure...[7] ». Nathalie Béasse privilégie l’humanité qu'elle donne à voir sans fard ni masque. Si la solitude est très présente dans ses créations, elle se dissout presque aussitôt dans l’idée de « faire corps ». Chez elle, les hommes qui tombent se relèvent presque toujours. Nathalie Béasse n’a pas fini de nous bouleverser.

[1] Cité dans Pierre-Olivier Febvret, « Bienvenue chez Nathalie Béasse, nouvelle artiste associée de La Comédie de Clermont », La Montagne, 20 mars 2019, https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/loisirs/bienvenue-chez-nathalie-beasse-nouvelle-artiste-associee-de-la-comedie-de-clermont_13520819/ Consulté le 4 octobre 2020.

[2] « Chutes et soulèvements sur scène », Tous en scène, Aurélie Charon, France Culture, 26 septembre 2020, https://www.franceculture.fr/emissions/tous-en-scene/tous-en-scene-emission-du-samedi-26-septembre-2020 Consulté le 3 octobre 2020.

[3] https://www.cienathaliebeasse.net/fr/creations/aux-eclats, Consulté le 2 octobre 2020.

[4] « Nous avons passé du temps à regarder des films des Monty Python, de Buster Keaton, de Bertrand Blier... », Nathalie Béasse, Inspirations, Dossier de presse « Aux éclats », p. 7.

[5]  « J’ai découvert Buster Keaton quand j’étais aux Beaux-Arts. Ce que j’aime chez lui, c’est l’acrobatie, le rapport au corps, aux objets, aux éléments, aux paysages, le vent, les chutes, les maisons qui tournent, les parois qui tombent, les courses qui peuvent durer, durer, durer, la répétition aussi, cette faculté à aller au-delà des limites, et puis ce coté un peu pince-sans-rire. Avec lui, les choses arrivent malgré elles, ce n’est pas forcé. Çà m’a toujours inspirée. Après, je veux oublier les références, je veux que les gens puissent avoir les leurs. D’une part parce que les références figent, d’autre part parce que si cela peut constituer un point de départ, ensuite, au fur et à mesure du travail, les références se digèrent, elles disparaissent », Nathalie Béasse, entretien avec Laure Dautzenberg, Dossier de presse « Aux éclats », p. 5.

[6] Cité dans Pierre-Olivier Febvret, « Bienvenue chez Nathalie Béasse, nouvelle artiste associée de La Comédie de Clermont », La Montagne, 20 mars 2019, https://www.lamontagne.fr/clermont-ferrand-63000/loisirs/bienvenue-chez-nathalie-beasse-nouvelle-artiste-associee-de-la-comedie-de-clermont_13520819/ Consulté le 4 octobre 2020.

[7] Nathalie Béasse, entretien avec Laure Dautzenberg, Dossier de presse « Aux éclats », p. 5.

"Aux éclats" conception, mise en scène et scénographie nathalie béasse / avec étienne fague, clément goupille, stéphane imbert / musique originale julien parsy / lumière natalie gallard / régie son tal agam, nicolas lespagnol-rizzi / régie plateau max belland / construction décor julien boizard, corinne forget, philippe ragot; création le 4 novembre 2019 au Quai - CDN Angers / Pays de la Loire © Jean-Louis Fernandez "Aux éclats" conception, mise en scène et scénographie nathalie béasse / avec étienne fague, clément goupille, stéphane imbert / musique originale julien parsy / lumière natalie gallard / régie son tal agam, nicolas lespagnol-rizzi / régie plateau max belland / construction décor julien boizard, corinne forget, philippe ragot; création le 4 novembre 2019 au Quai - CDN Angers / Pays de la Loire © Jean-Louis Fernandez

AUX ECLATS - conception, mise en scène et scénographie Nathalie Béasse, avec Etienne Fague, Clément Goupille, Stéphane Imbert, musique originale Julien Parsy. Spectacle créé le 4 novembre 2019 au Quai - CDN Angers / Pays de la Loire.

Théâtre de la Bastille, jusqu'au 8 octobre 2020
76, rue de la Roquette 75 011 Paris  

Le Cargo Segré, 6 novembre 2020
Place du Port 45 500 Segré-en-Anjou-Bleu

La Halle aux grains - Scène nationale de Blois, 12-13 novembre 2020
2, place Jean Jaurès 41 000 Blois

L'espal, 24 novembre 2020
60-62, rue de l'Estérel 72 058 Le Mans Cedex 2

Théâtre Sorrano, 15-16 décembre 2020
35, allées Jules Guesde 31 000 Toulouse

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