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Billet de blog 9 décembre 2015

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Le cynisme dans tous ses états

Il est insoutenable d'entendre dans son émission de France Info aujourd’hui ici www.franceinfo.fr/emission/l-interview-politique/2015-2016/jean-luc-melenchon-09-12-2015-07-39 , Jean-Luc Mélenchon soutenir « la fusion technique » du Parti de Gauche dont il est le fondateur

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Il est insoutenable d'entendre dans son émission de France Info aujourd’hui ici www.franceinfo.fr/emission/l-interview-politique/2015-2016/jean-luc-melenchon-09-12-2015-07-39 ,   Jean-Luc Mélenchon soutenir « la fusion technique » du Parti de Gauche dont il est le fondateur, aux côtés de Claude Bartolone, tête de liste du Parti Socialiste Français à la Région Ile de France, au motif que celui-ci a été correct avec le Front de Gauche. Tout en décrivant par ailleurs le cynisme de François Hollande face au gain du vote utile contre le Front National dans ces élections ; lesquelles n’ont pas bougé en gain de voix dans ce 1er tour. On connait en revanche Claude Bartolone dans sa gestion féodale implacablement stratégique de noyautage de tous les postes clefs du département de la Seine Saint-Denis dans cette même région.

Je constate deux points fondamentaux au détriment des justifications de Jean-Luc Mélenchon :

1.     La fusion technique est déconnectée dans sa bouche du contexte dictatorial qui contrôle notre opposition. Nous sommes pourtant techniquement dans un État d'exception en voie de prolongation. Toute  collusion de près ou de loin dans ce contexte, même au motif d’une fusion purement technique actée par le Parti de Gauche,  met la gauche alternative dont il était le dernier rempart,  en collusion toute aussi technique à l’image, avec une politique néo libérale collaborative. Celle-ci a introduit comme sous Pinochet au Chili, les mêmes artifices d’infiltration qui ont légitimé le matraquage, les assignations et les arrestations arbitraires, le dimanche 5 décembre dernier,  des manifestants pacifiques de la « chaîne Humaine » contre la COP 21. Cela s’est passé sur notre place des libertés, Place de la République à Paris. Jean-Luc Mélenchon n’en a pas tenu compte. Par ailleurs, le Parti de Gauche, dont il est le fondateur, a suspendu des adhérent(e)s  qui participaient à une liste citoyenne indépendante des Régionales en Aquitaine. En interne, son appareil en pleine dérive, à la façon du gouvernement Syriza en Grèce,  a menacé de toutes les façons  les résistances à cette fusion technique. C'est une faute lourde qui engage  actuellement de fortes démissions.

 D’autre part, on a vu depuis le 1er tour de ces élections Régionales improbables mais significatives d’un tournant inquiétant pour notre vie démocratique,   l'arrogance incroyable du 1er ministre Manuel Valls, dans sa façon d’intimer l'ordre à la droite, en pleine Assemblée Nationale,  de faire le rassemblement contre Marine Lepen, chef de file de l’extrême droite en France. François Hollande, qui a reçu Marine Lepen en consultation comme tous les responsables politiques de France,  a engagé l’État d'urgence sous les pressions de celle-ci. Si on en doutait, ceci révèle que son gouvernement en est l’allié objectif. Jean-Luc Mélenchon démontre très bien d'ailleurs ce paradoxe,  tout en continuant à soutenir ses alliés du Front de Gauche, dont parmi eux ou elles, des élu(e)s qui ont voté l'état d'urgence. La souveraineté du Peuple s’en trouve compromise.

 2.     Je constate en « prime time » ce midi sur les chaînes de télévision, que le vote utile de toutes les compromissions est encore très efficace puisque des files interminables citoyennes viennent faire procuration pour voter dimanche contre le Front National. Si j'avais douté que ce vote était mal conseillé par la colère et la frustration, on ouvre là le risque d’une montée parallèle en refus d’une tentative de contrôle des votes,  d’un contre-front issu d'abstentionnistes du 1er tour  à voter FN.  Jean-Luc Mélenchon​ adhère lui-même à ce vote utile qui a contribué à l’identification du FN,  en prônant le vote pour Claude Bartolone. Il acte le fait que François Hollande a vraiment raflé la mise pour tuer toute opposition radicale. La Gauche alternative en France est morte. Elle n’est qu’une entente inter partidaire pour une prise de pouvoir, in fine concertée.  

Je croyais que cet homme visionnaire dont j’apprécie l’humanisme, que j’aime profondément, adepte comme moi de l’alter mondialisme, grand géo stratège, irait courageusement comme en 2012, à contre-courant de toute cette politique politicienne des divisions de façade mais des arrangements en coulisse. Il en est finalement un adepte. Je suis convaincue que si Claude Bartolone gagnait,  qu’il nous demande d’aider, il n’y aurait aucune différence dans le traitement des associations qui est son alibi d’orientation des votes, contradictoire avec son souci exposé dans cette émission de laisser les électeurs en décider.  Valérie Pécresse ne peut faire pire que Claude Bartolone, contre les associations. Ma boîte aux lettres déborde déjà de demandes de dons désespérées. Au mieux, comme avec  Emmaüs cet été, à l'occasion de l'affaire des "réfugiés de Paris", ces associations se maintiendront avec lui,  en organes sous-traitants de la gestion de la misère humaine.

J’acte aujourd’hui en outre que,  dans la configuration d’alliances aux intérêts contraires dans le cartel du Front de Gauche Français, Jean-Luc Mélenchon défend la position collaborationniste au pouvoir  de Pierre Laurent, tête de liste du 1er tour des régionales Ile de France, et secrétaire réformiste du Parti Communiste Français, satellite du Parti Socialiste Français. Le Parti de Gauche est aussi aujourd’hui devenu un parti réformiste.

En tant qu’adepte de la Révolution citoyenne, au sens de chercher les solutions à la racine des problèmes. De cause à effet,

En tant que Responsable coordinatrice d’un mouvement citoyen international, ainsi que co-présidente de la fondation internationale de coopération internationale en construction Le Front des Peuples non-alignés, je décide, après consultation avec mon alter-ego Guillermo Saavedra, de dégager notre organisation internationale d’un conflit d’intérêt avec notre charte en soutien Bolivarien mondial.

Je démissionne donc immédiatement du Parti de Gauche mais resterai en soutien actif par tous moyens, des mouvements citoyens d’opposition de la gauche alternative en France, conjointement avec notre engagement Bolivarien.

Claire Bouthillon

Direction générale d’Alliances Alternatives Sud

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