Lettres de Cuba 7

Les nuits avec mon ennemi. (A propos d'internet à Cuba.)

Camaguey - 2 janvier 2018
"Les nuits avec mon ennemi"
( emprunté à Joseph Ruben pour cet excellent film de 1991) 

A partir du 21ème siècle, la société se découvrit un ami principal qu'elle appela "Tête de bique" par extension « Face de Bouc » ou « Face de Bock ».
Mi amore !, attention que cet ami ne soit pas notre meilleur ennemi avec qui passer les nuits...
Cet ennemi s'était attribué le pouvoir de correspondance qui fait que les hommes et les femmes ne pouvaient plus, ne savaient plus communiquer entre eux sans passer par ce redoutable intermédiaire qui dans le même temps les espionnait jusqu'au fond d'eux même et de leurs yeux pour leur faire choisir et acheter ce qu'il avait décidé.
Nous voilà aujourd'hui contraints par cette force maléfique, et ma plaque de gravitation, pourtant universelle ne fonctionne plus.
Comme au bon vieux temps, il nous faut imaginer des moyens de boys scouts pour faire face à ce géant, membre d'une redoutable alliance interplanétaire, les 5 GAFAU
G c'est le big patron du réseau
A c'est le magasin de vente
F c'est le courrier et la communication
A c'est la main mise sur le logement
U c'est pour le transport.

C'était comme quand on a inventé la poudre, beaucoup râlaient, mais beaucoup s'en sont servi.

GAFAU a vite découvert que je m'en étais allé en Cuba et s'est mis à bloquer toute mes prévisions (blog et site internet) en me disant sans arrêt
" C'est pour ton bien mon ami ! C’est pour ton bien !" Faut le croire...

Alors, piètre détective, j'ai remonté la filière et de mots de passe en mots de passe, me voilà revenu à une situation à peu près normale sauf que les "fidélistes" victimes du grand blocus Étasunien  en sont encore réduits à une araignée partielle.
Ici, c'est tout le monde dans la rue, sur les places, dans les parcs, pour draguer les ondes gravitationnelles, (enfin, celles et ceux qui peuvent payer) et quand tout le monde s'y met çà n'ondule plus beaucoup comme le Reggae ton, mais c'est plutôt slow.
On comprend quand même que CUBA ait du mal avec ces GAFAU et veille à ne pas laisser entrer tout çà chez lui...

Nous dans nos semaines cubaines, on s’en est tiré d’abord parce qu’on n’est pas vraiment à croc de nos Smartphones 4G et qu’on habite dans la campagne française pas si tant pourvue que çà..., puis avec des solutions simples accessibles aux  touristes privilégiés que nous sommes.
Des « places WIFI » dans toutes les villes où nous sommes allés y compris dans les plus petites (Puerto Esperanza par exemple près de Viñales …).
Tous les halls des grands hôtels ont des connexions internet efficaces, assez rapides et des plafonds baroques chargés qui permettent de laisser voguer son regard pour palier à la lenteur qui parfois a perturbé nos attentes ; aussi des animations musicales standard type BVSC, et sans vraiment l’obligation de consommer.

Une carte et quelques réflexions de voyageur crédule utilisateur de l’araignée mondiale :

Une araignée sur Cuba © https://dyn.com/blog/whats-next-cuba/ Une araignée sur Cuba © https://dyn.com/blog/whats-next-cuba/

 Faute de pouvoir se relier au câble sous-marin US qui passe à 30 km de ses côtes, Cuba a du immerger 1600km de câble depuis  le Venezuela, coût 63 millions d’euros, dans le cadre des coopérations de l’ALBA sud-américaine.
Les divers articles des journaux des milliardaires lus ces dernières semaines sur "l‘internet à Cuba" (entre autre) auraient tendance à me faire devenir pro cubain.  Aboiements à 2 balles de journalistes aux arguments simplistes, payés pour taper sur le baudet par ceux-là même qui veulent sa disparition...
A voir la carte des câbles optiques baignant sur les fonds marins de la mer des Caraïbes, on comprend comment Cuba est cerné par l’internet des milliardaires.
Ce qui est attribué par la presse occidentale comme une volonté de l’État cubain de maintenir son peuple « dans la préhistoire » ne serait-il pas plutôt une volonté d’isolement de la part des puissances occidentales, de plus en plus sous la coupe des GAFAU.
Et on comprend également la méfiance de l’état cubain envers les propositions actuelles des USA de Trump et un éventuel trafic par la base de Guantánamo !
On comprend aussi que certains touristes des semaines « destination soleil » râlent (Parfois. D''autres en profitent pour se désintoxiquer un peu...). Une semaine à cuba sans internet… diable, comment Dieu Selfie… je me meurs de ne pas pouvoir poster à mes amis ma photo devant la bouille de Fidel ou du Che… !

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