Lettres de Cuba 4

J'ai rencontré des cubains heureux.

Santiago de Cuba - janvier 2017

8h30, on file en taxi au service de ‘l’immigration assez éloigné du centre pour prolonger d’un mois notre visa touristique. Passage rapide avec une fonctionnaire aimable et souriante dans des bureaux un peu nazes équipés d'ordinateurs neufs.
Timbre fiscal collé, le visa est signé sans complication.

Au musée de la "lucha clandestina" rencontre, devant ce bel immeuble de style espagnol, en face d'une petite maison en bois ou habita Fidel Castro jeune, avec un groupe de journalistes nationaux en visite des villes principales de l'île pour des reportages.
Bien sur la discussion s'engage sur la liberté de la presse, vaste sujet.
Les avis sont unanimes et disent qu'ils peuvent écrire ou dire ce qu'ils veulent.

"La presse libérale est dominée par les milliardaires."

Pression de l'argent ou pression du pouvoir politique ? On n’est pas prêt de résoudre...
Bon, je suis assez de cet avis.

" Cuando hay un problema se dice  y se resolve"

Il n'y a à Cuba qu'une dizaine de journaux ou médias télé et radios. Sans publicité, pourquoi y en aurait-il d'autres ?
Il n'y a pas d'argent à gagner dans les médias ici... pas de marketing pour créer des poupées vedettes haranguant la foule, sauf pour la cause révolutionnaire...
Le président ou ses ministres s'adressent directement au pays très souvent, chaque semaine...en France aussi…
La télé est publique, en France aussi, certains disant à la solde du pouvoir, des pouvoirs en place... Je ne regarde guère les 50000 autres chaines toutes semblables, privées, qui doivent apporter un pluralisme d’opinion, celui du  libéralisme des milliardaires ? D’ailleurs, celle qui porte le numéro 1 est bannie de ma télécommande depuis que F Mitterrand l’a vendue à Bouygues, et vraiment je m’en sors très bien sans elle…

Suivi le journal télévisé à la casa aujourd'hui...
Ben c'est comme chez nous, en couleur avec des images et du son... un présentateur qui présente, des reporters qui commentent des sujets, des interviewés appliqués qui témoignent, des images qui défilent... Je n’ai vraiment pas trouvé de différence importante sinon que l’on y parle espagnol. (Que je comprend assez bien)
Tiens, les dunes sont blanches, il a neigé au Sahara !

Les élections ?
"Oui, il y a plusieurs options pour la présidence, mais c'est une question de personnes, pas de ligne politique. Il faut un jeune.
La ligne politique ? C’est la Parti qui la donne et Raùl restera secrétaire du Parti.
Il faut conserver ce que nous avons acquis depuis la révolution."

Aucune allusion, parole ou clin d'œil disant que l'on voudrait que ce soit autrement.

"Es bueno? ... Si es bueno."

Au bout d'un moment, en vrai journaliste, il sort son magnéto de sa poche et me demande s'il peut enregistrer. Me voilà devant un micro pour la radio.
Votre impression de Santiago ?
Vous êtes là depuis un mois, vos impressions sur Cuba ?
Et vous Madame ?
Après avoir dit que la ville nous plaisait beaucoup et l'accueil agréable, on insiste sur la pollution de l'air dans les rues du centre ville... plusieurs hochent la tête en signe d'assentiment.
Vous pourrez entendre la suite sur Radio Cuba International...

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