Lettres de Cuba 5

J'ai rencontré des cubains heureux. Arrivée à La Havane, premières impressions.

Arrivé à La Havane, premières impressions d'un voyageur ordinaire.

Mercredi 13 (décembre 2017)
Agréable matinée avec T… le frère de S… notre logeuse, et G… sa femme, collectionneuse de plantes sur sa terrasse et créatrice d'objets de la mer, genre facteur cheval. Petit arrêt dans leur maison en pleine rénovation puis balade le long du paseo, à pied jusqu'au Malecon (mur du front de mer). Le temps de découvrir une partie du Vedado, contrasté, ombragé, aux façades parfois très délabrées dont beaucoup sont en rénovation. Aussi beaucoup d'autres rénovées, peintes de jolies couleurs, architectures baroques, art moderne des années 30 ou 50.
Change bien contrôlé à la boutique du marché voisin, 1€ pour 1,14 CUC, marché local avec beaucoup de légumes et fruits ou on essaye de nous faire prendre des CUC pour des pesos cubains, véritable sport national semble t'il…
Mais un marché producteur aux produits peu standardisés. Sont-ils bourrés de produits chimiques ? Ils n’en ont pas l’air vu les formes, aspect et tailles différentes. Je ne sais rien sur les pesticides ou insecticides dans ce pays. Plus tard, je verrai des plantations de canne à sucre ou de tabac bien standardisées…
Repas de midi face aux vagues sautant le haut mur du front de mer, « malecon » en espagnol. Très bon « ceviche » à prix raisonnable. Balade nocturne après la sieste autour de la Place de la Révolution sous l'œil du Che et de Cienfuegos réunis, tels des demi-dieux venus du ciel auréolés de leur gloire passée.

La nuit, Place de la Révolution. © Guy Catalo La nuit, Place de la Révolution. © Guy Catalo








 Vue de nuit sur la Place de la Révolution.

Jeudi 14:

9h, l'employé du gaz de ville passe pour faire payer les derniers mois, prix fixe, 1peso par mois nous dit-on. Allo, T... nous, on va en ville.
Le bus urbain nous conduit vers le centre ville touristique et le quartier historique pour 1 peso cubain les deux (1€=25 pesos cubain environ). Mais je crois qu’on a payé trop cher, en tout cas le chauffeur nous a rendu la monnaie. On n’a pas encore très bien compris…
Neuf et confortable pour un bus de ville. Pas très peuplé à cette heure.
Hôtel Ambos Mundo, sur Obispo. Pour les fans de Hemingway (sa chambre, ses photos...) et une excellente connexion sur internet. Mise à jour des divers messages et sites grâce aux cartes Etecsa. Fonctionne très bien, comme à la maison.

C'est le paradis des touristes cette vieille Havane qui, c'est vrai est étonnante de son architecture multiple, rénovée ou dégradée. On laisse de côté aujourd'hui les visites diverses pour déambuler de places en places et tâter l'air ambiant.
Tous les renseignements touristiques disent qu’il faut y aller… Calle Obispo, rue de l’ Évêque (tiens le nom de cette rue importante n’a pas été modifié ?...), banale, pavée, ancienne, piétonne et aux boutiques de souvenirs estampillés du Che qui fait recette et d'artisanats divers venu d'Asie...
La rue débouche sur le port, face aux paquebots… touristes de tous pays, unissez-vous derrière les petits drapeaux des guides…
L'authentique est plutôt dans les façades très diversifiées.
Plusieurs galeries de haut niveau témoignent de la qualité des créations plastiques; aussi du portefeuille du public qui passe là. Beaucoup de librairies également, très bien achalandées.
Plus tard, nous y préfèrerons nettement la rue Mercadera.
Comme lors d'un précédent voyage au Vietnam, chercher les traces visibles du communisme..., on n'en voit guère par ici, du moins peut-être cachées sous les pavés de ce vieux port Espagnol (1514), point de départ des navires rentrant vers Séville en convois chargés d'or ou de produits tropicaux divers. Quelques vieilles affiches "la victoria siempre", quelques slogans anciens peints au pochoir sur des murs ici ou là.
La Havane, très semblable à d’autres capitales latinos que nous connaissons, peuplées, cosmopolites, espagnoles,  bruyantes, polluées,  attachantes, ouvertes, religieuses et païennes à la fois…mais ici pas de Mac do et de pub agressive et sexuée sur les murs, rues piétonnes sans  magasins hyper high-tech et pas de "Rapido" poulet frite aux hormones tous les 5m comme vu ailleurs…

Après un passage par les Chemins de photos et la cathédrale, toute en pierre calcaire et peu ornée, ceviche et poisson grillé sont au menu, légumes sautés, salade composée, c'est bon, la bière est légère et fraiche sur cette terrasse de toit légèrement à l'écart du flux des passants.

Oui, on est bien abordés dans la rue, calèche, voiture rose, guide, mais pas harcelé.
12h, les musiciens s'installent partout dans les restaurants qui pullulent dans ce quartier.
Fin d'année et saison chaude fraîche, pour beaucoup de pays, venir passer quelques jours au soleil...
Cuba fait partie des destinations "soleil d'hiver" choisie sur internet par nos deux jeunes voisines de table qui repartent demain après 10 jours de rêves sur les plages de Varadero ou des Cayos.
On nous dit que le tourisme c'est aujourd'hui 30% du PIB cubain.

En coco-taxi, poussières et vapeurs de gasoil assurés, chauffeur guide volubile parlant un bon français, nids de poule et virages hasardeux, on va jusqu'à Viazul, les bus rapides, prendre les billets pour Playa Larga; départ mardi 19 prochain, 13h30.
Retour à la casa en taxi jaune. On connait et vu ailleurs en Afrique.

Place de la cathédrale © Guy Catalo Place de la cathédrale © Guy Catalo

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