De l'importance des langues en politique, notamment concernant les E.U. et l'Europe

L'Europe se distingue des Etats-Unis par la langue, l'anglais américain, qu'elle pratique sur tous ses territoires et entre tous ses nationaux, et qu'elle impose même au reste du monde par sa démesure impérialiste, alors que la langue de l'Union européenne, de cette Europe que des européens s'attachent à vouloir faire exister, est inexistante.

La France existe par sa langue. Qui longtemps fut la langue diplomatique, par l'importance prise sur le continent européen de la Maison de France au sein de la géopolitique européenne. La France-Afrique (mais aussi le Québec canadien ou le français prisé au Liban - entre autres) montre exemplairement le rôle d'une langue dans les relations internationales. Ainsi la francophonie n'a pas qu'une portée culturelle, elle a une portée politique, géopolitique ou internationale. L'Europe se distingue des Etats-Unis par la langue, l'anglais américain, qu'elle pratique sur tous ses territoires et entre tous ses nationaux, et qu'elle impose même au reste du monde par sa démesure impérialiste, alors que la langue de l'Union européenne, de cette Europe que des européens s'attachent à vouloir faire exister, est inexistante.

Notre Président actuel Macron, européen comme sans doute jamais un président français ne le fut, semble ignorer l'importance de la langue commune qui fait un pays, ou d'une langue commune qui ferait l'Europe. Et il est probable qu'aucun de ses conseillers ou de l'élite qu'il fréquente, notamment académique, le lui fit savoir. Ainsi la France ne le devint qu'à partir de Richelieu qui créa l'Académie française en imposant à la noblesse et au clergé la langue française de la cour, laissant aux peuples leurs parlers locaux ou régionaux pour s'entendre et entendre les volontés royales. Ceci dit, aurait-il conscience qu'une unité politique exigerait une langue commune, qu'il ne verrait pas quelle langue pourrait prévaloir en Europe sur les autres. Sauf l'anglais qui mène d'ailleurs le jeu, selon la normalité américaine qui s'attache à cette préséance, alors qu'en tant qu'anglais américain, il participe plus d'un sabir, toutefois universellement utilisable et c'est ce qui importe pour l'empire, que de l'anglais d'origine châtié d'Oxford au Royaume Uni d'Angleterre.

Il y a bien l'espéranto qu'en (Wikipédia) "1887 , Ludwik Zamenhof, un ophtalmologiste polonais, lança comme projet", mais non comme langue commune européenne, mais "comme langue universelle." Je lis encore dans Wikipédia : "L’Association mondiale d’espéranto, fondée en 1908, est en relation officielle avec l’Organisation des Nations unies et l’UNESCO, qui a publié des recommandations en faveur de l’Espéranto en 1954 et 1985."

Or à ma souvenance personne en Europe n'a évoqué l'espéranto comme langue qui pourrait être commune à l'Europe, d'autant que sa vocation serait universelle. Pour ma part j'y vois davantage qu'un éventuel oubli, l'attachement des peuples à leur langue commune qui se fit au détriment des langues vernaculaires au prix des remous de leur histoire nationale. 

Un espace qu'on veut commun est qui n'a pas sa langue me semble ainsi voué à l'échec. Encore que l'inédit est la marque habituelle de l'histoire. Et que ce qui serait logique n'advient quasi jamais.

 

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