La faille interne grandissante entre techno-sciences et culture personnelle

Le progrès techno-scientifique est indéniable. Il procède de la créativité des praticiens des sciences appliquées.
Il n'y a pas de régression dans les sciences humaines. Elles sont simplement ignorées. Laissées à la confidentialité et à la chasse gardée des universités et instituts de recherche. Priées de ne pas se mêler de politique, théorique si ! (la théorie, domaine des universités et de la recherche) mais pratique absolument pas !
Ainsi la faille entre les sciences dures et leurs applications, et les sciences de l'homme et des sociétés, va en s'agrandissant.
Il n'irait pas en s'agrandissant. Il va en s'agrandissant.
Pour preuve, l'inculture s'agissant des sciences humaines - des politiques et des classes politiques, mais aussi des praticiens-innovateurs des techno-sciences.
Car l'inculture n'est pas seulement le manque de culture (de l'histoire, de la politique, de la sociologie, de la psychologie, de la philosophie, de la littérature, du cinéma, du théâtre, de la musique, de la sculpture, de la peinture, etc.) puisque nombre de politiques et de scientifiques, théoriciens et praticiens, aiment et se décontractent, se divertissent par la lecture, les concerts, l'opéra, les émissions documentaires et historiques, la visite des musées et des lieux d'histoire... ne serait-ce qu'à cause de leurs compagnons et rejetons, donc sont cultivés de quelque manière.
Je fais donc la relation à quoi, lorsque je parle pourtant paradoxalement de leur inculture, de ces gens pour beaucoup brillants et "cultivés" ?
Non du manque de culture, mais de la relation entre les sciences, leurs sciences aux élites et ce qu'on désigne par "la culture".
Il en est de même, d'ailleurs, à l'inverse, des universitaires et des chercheurs à l'endroit des hommes et femmes publics et des praticiens des sciences en général, de la santé comprise : la théorie est leur domaine. Ouverte au public, alors que le public a d'autres préoccupations. La théorie est leur domaine mais la littérature et le cinéma ne sont pas sérieux, divertissants, décontractants. 
Ce que je viens d'écrire ne paraît pas trop clair.

J'aurais pu dire les choses différemment : la faille culturelle entre techno-sciences et culture dont je fais état est davantage interne aux gens cultivés des pays avancés que directement sociologique, mais indéniablement sociologique en conséquence. 
Ma conclusion tient en une seule phrase : la grande absente des civilisations actuelles est la sagesse, collective, inter-collective et personnelle. L'ordre de la sagesse qui conviendrait allant plutôt de la sagesse personnelle à celle d'un milieu, celle d'une milieu ne pouvant advenir que par celle de ses gens.

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