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Billet de blog 1 juil. 2015

INFO OU INTOX

                                                                                       Propagande ou information?Quand la communication fait des dégâts irréparables et irréversibles.  Depuis bientôt trois années, les médias classiques ont coordonné des attaques successives et violentes à l'encontre du peuple grec.  Éditorialistes, journalistes, chroniqueurs, experts des journaux télé et des journaux papier ont désinformé sciemment ou à l'insu de leur plein gré leurs auditoires.  Soit par conviction, soit par incompétence.  Dans les deux cas c'est inacceptable.La majorité des gens de mon entourage se persuade de connaître le sujet et en conversant avec eux, j'entends les mêmes mots qui reviennent à chaque fois.  En vrac: -  Les grecs sont des fainéants qui travaillent moins que nous.-  La fiscalité dans ce pays est inexistante.  -  Les riches armateurs et l'église orthodoxe ne sont pas taxés.  -  Le cadastre n'existe pas. -  Les européens n'ont pas à payer les dettes de ces gens-là à leur place.Il apparait lorsque je leur demande d'argumenter ou de développer leurs dires que l'exercice se complique et pour cause, ils confondent un concept, une affirmation, une vérité, un slogan, une propagande, etc....Il devient alors très difficile de faire la part des choses et  de chercher les notions qui amèneraient à confirmer ou démonter ce type de phrase.  Dans l'article remarquable de Médiapart "Grèce contre l'Europe, la guerre des récits", Christian Salmon nous en faisait déjà la démonstration.La puissance de feu des médias français est illimitée.  La disproportion affichée en devient une arme dissuasive.  Dans de telles conditions, l'information ne peut-être que modelée, tronquée et très vite indigeste.  La difficulté devient insurmontable.  Il faudrait, pour rétablir un certain équilibre, s'employer à expliquer et à démontrer en prenant le temps.  Les communicants le savent bien, le temps de la compréhension et la patience de l'auditoire sont limités et bien souvent celui-ci décroche très vite.  Il est alors très facile pour quiconque de balancer des âneries qui demanderont des années à être corrigées.Le "petit journal" du 23 juin 2015, nous en faisait la démonstration sur l'intervention plateau de Yann Bartès consacré à la dette grecque.  Pas une seule affirmation balancées n'étaient vraies ou indiscutables.  Dans ce cas, c'est une faute grave.  Une émission qui décrypte la communication des politiques, n'est pas capable ou ne veut pas s'affranchir elle-même, c'est de la mauvaise foi.  La séquence suivante, Eric et Quentin les rigolos de service ont réussi en deux minutes, en jouant au monopoly, à démonter les mystères de la dette en faisant un sketch sur le rachat de Bouygues par le groupe SFR de Drahi.Je ne suis pas équipé pour l'analyse difficile et contraignante de l'information. Je n'ai que mon sens critique et une certaine curiosité des choses. Les journalistes sont ceux qui devraient rendre lisible l'actualité.  L'information va alors de pair avec l'éducation, la pédagogie pour la compréhension des enjeux de notre société.  L'information qui tire vers le haut. Sarkozy a fait disparaître en son temps des émissions qui nous instruisaient, je pense évidemment à "arrêt sur image".  Sa remplaçante "Média le mag" présentée par Thomas Hugues n'est que du nombrilisme pour personne en manque de passage télé.  Sous Hollande, il y a eu la disparition de "là bas si j'y suis" de Daniel Mermet.  On n'aime ou pas, mais cela nous changeait des moutons de Panurge qui squattent de plus en plus l'antenne de France Inter.La pauvreté éditoriale, la dictature du fait divers à tout prix, l'unanimité des éditorialistes et des experts est indiscutablement la ligne que s'est fixée l'émission " C de l'air" sur France 5.  La violence avec laquelle Yves Calvi et consorts se délectent d'être toujours autant d'accord entre eux à l'heure du thé, devrait-être une source pour toute école de journalisme de ce qu'il ne faudrait jamais faire.  Pluralité et objectivité ou propagande et désinformation, il me semble qu'ils ont choisi leur camp.Alors voilà à quoi nous en sommes réduits.  Soit à passer notre vie à tenter de trouver la bonne info, soit à écouter des personnes pour qui la propagande est l'info.  C'est sur le net que des solutions peuvent être trouvées mais attention, dans ce dédale de sites, il est bien difficile de s'y retrouver.  La jeunesse à délaisser les médias classiques et va, telles des abeilles, chercher ses informations.  Ici, l'éducation est primordiale pour déterminer le faux du vrai.  La révolution internet s'est faite trop vite pour en calculer les conséquences et les impacts réels.  En attendant, la place laissée au flou en devient inquiétant.Pluralité, objectivité, bonne foi, justesse, ne sont que des notions à géométrie très variable.  On trouvera, suivant nos propres besoins ce que l'on y cherchera.  Le débat n'a plus grand chose à y faire.  Quant tout est question de point de vue, c'est alors à celui qui hurle le plus fort, qui est le moins représentatif ou qui en a le plus les moyens, qu'une vérité sera fabriquée.  Je crains que dans le contexte actuel, il n'y ait plus de place pour l'information mais uniquement pour la propagande.Les enjeux sont cruciaux, la démocratie en dépend.  Le désarroi et le sentiment d'impuissance qui en découle invite alors à la radicalité.  Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la solution devient le problème.  C'est le piège que veut éviter Tsipras.  Les journalistes orthodoxes tentent de le faire passé pour un dangereux gauchiste radical, incompétent et inconséquent.  Mais celui-ci sait bien qu'il est légitime car élu par le peuple.  Quant un extrémisme de droite fait face à une citoyenneté, une démocratie, la violence des actes et des propos sont sans limites.  Se font face à face sous nos yeux, deux idées du monde qui s'affrontent.  Déjà, ici même sur Médiapart, et toute proportion gardée,  Martine Orange et Amélie Poinssot ont une grille de lecture diamétralement opposée.  Le sujet est vaste et sérieux et se doit d'être traité avec la plus grande rigueur.  

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                                                                                       Propagande ou information?

Quand la communication fait des dégâts irréparables et irréversibles.  Depuis bientôt trois années, les médias classiques ont coordonné des attaques successives et violentes à l'encontre du peuple grec.  Éditorialistes, journalistes, chroniqueurs, experts des journaux télé et des journaux papier ont désinformé sciemment ou à l'insu de leur plein gré leurs auditoires.  Soit par conviction, soit par incompétence.  Dans les deux cas c'est inacceptable.

La majorité des gens de mon entourage se persuade de connaître le sujet et en conversant avec eux, j'entends les mêmes mots qui reviennent à chaque fois.  En vrac: -  Les grecs sont des fainéants qui travaillent moins que nous.-  La fiscalité dans ce pays est inexistante.  -  Les riches armateurs et l'église orthodoxe ne sont pas taxés.  -  Le cadastre n'existe pas. -  Les européens n'ont pas à payer les dettes de ces gens-là à leur place.

Il apparait lorsque je leur demande d'argumenter ou de développer leurs dires que l'exercice se complique et pour cause, ils confondent un concept, une affirmation, une vérité, un slogan, une propagande, etc....Il devient alors très difficile de faire la part des choses et  de chercher les notions qui amèneraient à confirmer ou démonter ce type de phrase.  Dans l'article remarquable de Médiapart "Grèce contre l'Europe, la guerre des récits", Christian Salmon nous en faisait déjà la démonstration.

La puissance de feu des médias français est illimitée.  La disproportion affichée en devient une arme dissuasive.  Dans de telles conditions, l'information ne peut-être que modelée, tronquée et très vite indigeste.  La difficulté devient insurmontable.  Il faudrait, pour rétablir un certain équilibre, s'employer à expliquer et à démontrer en prenant le temps.  Les communicants le savent bien, le temps de la compréhension et la patience de l'auditoire sont limités et bien souvent celui-ci décroche très vite.  Il est alors très facile pour quiconque de balancer des âneries qui demanderont des années à être corrigées.

Le "petit journal" du 23 juin 2015, nous en faisait la démonstration sur l'intervention plateau de Yann Bartès consacré à la dette grecque.  Pas une seule affirmation balancées n'étaient vraies ou indiscutables.  Dans ce cas, c'est une faute grave.  Une émission qui décrypte la communication des politiques, n'est pas capable ou ne veut pas s'affranchir elle-même, c'est de la mauvaise foi.  La séquence suivante, Eric et Quentin les rigolos de service ont réussi en deux minutes, en jouant au monopoly, à démonter les mystères de la dette en faisant un sketch sur le rachat de Bouygues par le groupe SFR de Drahi.

Je ne suis pas équipé pour l'analyse difficile et contraignante de l'information. Je n'ai que mon sens critique et une certaine curiosité des choses. Les journalistes sont ceux qui devraient rendre lisible l'actualité.  L'information va alors de pair avec l'éducation, la pédagogie pour la compréhension des enjeux de notre société.  L'information qui tire vers le haut. 

Sarkozy a fait disparaître en son temps des émissions qui nous instruisaient, je pense évidemment à "arrêt sur image".  Sa remplaçante "Média le mag" présentée par Thomas Hugues n'est que du nombrilisme pour personne en manque de passage télé.  Sous Hollande, il y a eu la disparition de "là bas si j'y suis" de Daniel Mermet.  On n'aime ou pas, mais cela nous changeait des moutons de Panurge qui squattent de plus en plus l'antenne de France Inter.

La pauvreté éditoriale, la dictature du fait divers à tout prix, l'unanimité des éditorialistes et des experts est indiscutablement la ligne que s'est fixée l'émission " C de l'air" sur France 5.  La violence avec laquelle Yves Calvi et consorts se délectent d'être toujours autant d'accord entre eux à l'heure du thé, devrait-être une source pour toute école de journalisme de ce qu'il ne faudrait jamais faire.  Pluralité et objectivité ou propagande et désinformation, il me semble qu'ils ont choisi leur camp.

Alors voilà à quoi nous en sommes réduits.  Soit à passer notre vie à tenter de trouver la bonne info, soit à écouter des personnes pour qui la propagande est l'info.  C'est sur le net que des solutions peuvent être trouvées mais attention, dans ce dédale de sites, il est bien difficile de s'y retrouver.  La jeunesse à délaisser les médias classiques et va, telles des abeilles, chercher ses informations.  Ici, l'éducation est primordiale pour déterminer le faux du vrai.  La révolution internet s'est faite trop vite pour en calculer les conséquences et les impacts réels.  En attendant, la place laissée au flou en devient inquiétant.

Pluralité, objectivité, bonne foi, justesse, ne sont que des notions à géométrie très variable.  On trouvera, suivant nos propres besoins ce que l'on y cherchera.  Le débat n'a plus grand chose à y faire.  Quant tout est question de point de vue, c'est alors à celui qui hurle le plus fort, qui est le moins représentatif ou qui en a le plus les moyens, qu'une vérité sera fabriquée.  Je crains que dans le contexte actuel, il n'y ait plus de place pour l'information mais uniquement pour la propagande.

Les enjeux sont cruciaux, la démocratie en dépend.  Le désarroi et le sentiment d'impuissance qui en découle invite alors à la radicalité.  Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la solution devient le problème.  C'est le piège que veut éviter Tsipras.  Les journalistes orthodoxes tentent de le faire passé pour un dangereux gauchiste radical, incompétent et inconséquent.  Mais celui-ci sait bien qu'il est légitime car élu par le peuple.  Quant un extrémisme de droite fait face à une citoyenneté, une démocratie, la violence des actes et des propos sont sans limites.  Se font face à face sous nos yeux, deux idées du monde qui s'affrontent.  Déjà, ici même sur Médiapart, et toute proportion gardée,  Martine Orange et Amélie Poinssot ont une grille de lecture diamétralement opposée.  Le sujet est vaste et sérieux et se doit d'être traité avec la plus grande rigueur.

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