"À quoi servent les livres ?", par Olivier Rolin.

Je reproduis ici, avec son aimable autorisation, le texte de la conférence qu'Olivier Rolin, auteur de "Méroé" et "Port-Soudan", a donnée dans les universités soudanaises en mars dernier, à l'invitation de l'Ambassade de France au Soudan.

Je reproduis ici, avec son aimable autorisation, le texte de la conférence qu'Olivier Rolin, auteur de "Méroé" et "Port-Soudan", a donnée dans les universités soudanaises en mars dernier, à l'invitation de l'Ambassade de France au Soudan.

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A QUOI SERVENT LES LIVRES ?

 

Pourquoi écrit-on ? Pourquoi consacre-t-on sa vie à fabriquer ces choses –des romans, des poèmes- dont l’utilité sociale n’est pas évidente ? Et pourquoi se trouve-t-il des gens qui dépensent du temps, et même un peu d’argent, pour les lire ? Est-ce que tout cela (écrire, lire) sert à quelque chose, ou bien est-ce que la littérature est un luxe inutile ? Une perte de temps ? Est-ce que le monde pourrait s’en passer ? Telles sont les questions que je vais essayer de traiter devant vous. Je le ferai en partant de mon expérience d’écrivain et de lecteur. Cela veut dire que tout ce que je vous dirai aura ce poids de vérité, ou plutôt de sincérité (ce n’est pas la même chose) que donne l’expérience personnelle, il s’agira toujours de choses que j’ai éprouvées, senties, ou pensées, et donc vous pourrez me croire, me faire confiance. Mais, d’un autre côté, je me souviens de ce que disait Paul Valéry, grand écrivain, poète, intellectuel français de la première moitié du XXe siècle : « Dans les arts, les théories ne valent pas grand-chose ( …) elles n’ont point de valeur universelle. Ce sont des théories pour un. Utiles à un. Faites à lui, et pour lui, et par lui.» En d’autres termes, il n’y a pas, dans les choses de l’art, de vérité unique, incontestable, d’ordre scientifique. Ce que je vais vous dire, c’est ma vérité. J’espère qu’à quelques uns d’entre vous elle servira à se forger leur vérité. Je ne sais pas du tout si vous lisez, si vous lisez les grandes œuvres de l’histoire de la littérature, mais je serais prêt à parier que non : et cela à la fois pour des raisons matérielles, objectives, parce qu’il est difficile de se procurer des livres, etc., et aussi parce que peut-être vous pensez que ça ne sert à rien. Je voudrais donc essayer de vous convaincre du contraire.

 

Alors, pour commencer de façon un peu facile, un peu légère, je vais envisager deux ou trois mauvaises raisons d’écrire :

 

  • Est-ce qu’on écrit pour distraire les gens, pour les divertir ? Je suis désolé de vous décevoir, mais non. Bien sûr il existe des livres faciles, qu’on oublie aussitôt qu’on les a lus, et qui procurent une distraction momentanée, qui font oublier, pendant une heure ou deux, les difficultés de l’existence. Ce n’est pas de ces livres-là que je veux vous parler, mais des œuvres qui font réfléchir, qui s’adressent à votre intelligence. Eh bien ces œuvres-là, ces grands romans (par exemple Madame Bovary, Guerre et Paix, Les Frères Karamazov, La Recherche du temps perdu, Great Expectations, Moby Dick, des centaines d’autres, qui constituent le trésor de la littérature dans chaque langue), ils ne sont pas forcément faciles à lire, « entrer dedans » peut demander un effort. On dit « entrer dans un livre », en français, comme on dit entrer dans une forêt profonde : avec un peu d’appréhension, la crainte de se perdre. On peut être dérouté par un livre, et c’est même souvent l’effet que font les œuvres réellement originales. Donc, même si un livre peut aussi amuser ou distraire, ce n’est pas, en principe, pour ça qu’on l’écrit. Un livre, ce n’est pas une émission de variétés ou une console de jeux.

 

  • On n’écrit pas non plus pour gagner de l’argent. Je dis ça presque en plaisantant, mais après tout certains d’entre vous pourraient peut-être croire que c’est une raison pour devenir écrivain. Alors, je vous dis tout de suite que non. Mieux vaut dans ce cas être acteur, ou chanteur, ou footballeur, ou trafiquant d’armes, ou politicien, ou encore des tas d’autres métiers...

 

  • Vous vous dites peut-être que c’est un travail pas fatigant, un travail qu’on fait assis, chez soi, et qu’ainsi on choisit d’être écrivain pour mener une vie tranquille ? Eh bien, là encore, ce n’est pas vrai. On ne devient pas écrivain par paresse. C’est un travail très angoissant, parce qu’on ne sait jamais si on va pouvoir le continuer, si tout d’un coup tout ne va pas s’arrêter après la phrase, la page qu’on est en train d’écrire. Et quand on a fini un livre (ce qui paraît toujours une espèce de miracle), on n’est jamais sûr qu’on pourra en commencer un autre. On est donc toujours menacé de mort intellectuelle. Ecrire, en ce sens, c’est affronter la peur de mourir. Et ce n’est pas seulement angoissant, c’est aussi très fatigant, à cause de la concentration prolongée que cela demande. Ce n’est pas la même chose que travailler dans une usine ou aux champs, c’est certain, mais c’est tout de même un travail qui use le corps. Il y a un passage du Temps retrouvé, le dernier livre de La Recherche du temps perdu, de Marcel Proust, l’un des très grands romans du XXe siècle, qui dit cela : il faut, pour que se fasse l’œuvre, que le corps « se désagrège », parte en morceaux, et chaque morceau du corps désagrégé contribuera à la beauté du livre.

 

Alors, à présent qu’on a envisagé de fausses raisons, on va essayer de voir les vrais raisons (de mon point de vue) qui poussent à écrire, et celles aussi qui font que lire est non seulement utile, mais indispensable à une vie pleinement vécue, c’est-à-dire librement vécue.

 

  • Je crois qu’on écrit (comme, sans doute, on peint, ou peut-être on pratique n’importe quelle forme d’art) parce qu’on est essentiellement, profondément insatisfait. Ca veut dire quoi, insatisfait ? Ca veut dire que ce qui est (le monde tel qu’il est, la société telle qu’elle est, les croyances dominantes de notre temps, le visage du pays où l’on vit) ne nous convient pas. Celui qui est satisfait dit : « c’est bien ». L’insatisfait ne sait pas forcément, exactement, pourquoi ou comment c’est mal, mais il sait, il sent avec violence, avec souffrance, que « c’est mal ». En général, les insatisfaits sont minoritaires, ou plutôt, ceux qui osent le dire : écrire, cela part presque toujours du sentiment d’être minoritaire, « à part ». Il y faut une espèce de disposition à l’exil. Il faut se sentir « mal placé » dans son temps, un peu étranger dans son propre pays. Ecrire vient de ce sentiment d’être minoritaire, et d’autre part cela conduit à s’exprimer dans une langue qui n’est pas forcément la langue courante. Un écrivain n’écrit pas dans la langue que vous utilisez tous les jours, il n’écrit pas non plus dans la langue des médias, de la télévision, de la radio. Il y a, disait Mallarmé, poète français qui écrivait à la fin du XIXe siècle, « l’universel reportage », et puis une « langue essentielle » qui est celle des poètes et des écrivains : cette différence redouble et renforce le caractère quelque peu asocial de celui qui se consacre à l’écriture.

 

  • Cela m’amène à la seconde raison d’écrire : on écrit par amour de la langue. La langue, toutes les langues, sont, partout dans le monde, attaquées, dégradées, nivelées, banalisées, leur force expressive est rabotée par l’influence de la langue des médias, qui est à la fois pauvre, répétitive, fabriquée de lieux communs, et envahissante, omniprésente. La langue des médias et aussi celle de la politique, et c’est souvent la même. C’est un énorme édredon qui étouffe, ou en tout cas qui risque d’étouffer, toute expression originale. La télévision, surtout, dont la langue est si vulgaire, si stéréotypée, envahit de plus en plus notre monde, puisqu’on peut maintenant la regarder sur des ordinateurs et des téléphones portables ! « Il me semble parfois, écrivait déjà, en 1985, l’écrivain italien Italo Calvino, qu’une épidémie de peste a atteint l’humanité dans sa fonction la plus caractéristique, l’usage de la parole ; cette peste langagière se traduit par une moindre force cognitive et une moindre immédiateté, par un automatisme niveleur qui aligne l’expression sur les formules les plus générales, les plus anonymes, les plus abstraites, qui dilue les sens, qui émousse les pointes expressives, qui éteint toute étincelle jaillie de la rencontre des mots avec des circonstances inédites. » « La littérature, disait-il encore, (et elle seule, peut-être), est en mesure de créer des anticorps qui s’opposent au développement de la peste du langage. » L’écrivain est celui qui tente de maintenir le goût d’une langue vaste, complexe, nuancée, à la fois populaire et savante, capable d’exprimer tous les aspects de la pensée, des sentiments, des sensations. Une langue capable de faire voir, toucher, sentir. « Un poète », disait Paul Valéry (et tout écrivain doit être un peu poète), « un poète ne doit pas dire qu’il pleut : il doit faire de la pluie. »

Et en vérité, la langue n’est pas seulement ce par quoi on exprime ses pensées ou ses sensations : elle est, bien avant cela, bien plus fondamentalement, ce par quoi on forme ses pensées ou ses sensations. C’est au moyen des mots dont on dispose qu’on pense, et même qu’on sent. Celui, celle qui a à sa disposition une langue variée, étendue, subtile, aura des chances d’avoir une pensée étendue et subtile, des sensations variées, tandis que celui ou celle qui n’a qu’une langue rudimentaire aura presque nécessairement une pensée et des sensations pauvres. La langue que vous apprendrez à travers les écrivains vous aidera à réfléchir, et même à voir –un paysage, un tableau, un visage. La langue est comme les mains, les doigts de la pensée et des sens. On écrit, donc (et on lit, aussi), pour développer l’instrument de notre pensée et de notre sensibilité : c’est une première façon qu’a l’écriture de contribuer à notre liberté.

 

  • On écrit, encore, pour transmettre. Pas pour transmettre des mots d’ordre, des directives, pas pour commander, pour imposer notre jugement à ceux qui viendront après nous. La littérature n’est pas impérieuse. On écrit pour transmettre, plus modestement, ce qu’on a vécu, la façon dont on l’a vécu, qui est toujours très complexe –même s’il s’agit d’événements intimes-, on écrit pour transmettre notre expérience humaine. « Une chose ou une infinité de choses meurt avec chaque agonie », a écrit le grand écrivain argentin Borges, dans un récit qui s’appelle « Le Témoin », « Qu’est-ce qui mourra avec moi quand je mourrai ? » Et il énumère quelques souvenirs, des choses simples, discrètes, la vision d’un cheval dans un terrain vague à Buenos Aires, la couleur d’une barre de soufre, le ton d’une voix, qui pourraient mourir avec lui –mais qui en vérité ne sont pas mortes, puisqu’il a écrit des histoires, que nous lisons toujours, où ces choses sont immortalisées. Il n’y a que la littérature –et, à présent, le cinéma- qui puisse nous transmettre l’expérience des autres, ceux qui vivaient avant nous, ceux qui vivent différemment de nous. L’histoire, les sciences humaines, nous apprennent que tel ou tel événement s’est passé, et même pourquoi il s’est passé, elles nous apprennent comment vivaient, matériellement, socialement, nos devanciers, mais elles ne pourront jamais nous apprendre ce qu’ont été leurs pensées, leurs sentiments, leurs espoirs, leurs doutes, leurs hésitations, leurs peurs, leurs contradictions, elles ne pourront jamais nous faire entrer à l’intérieur d’eux-mêmes, et donc nous faire accéder aux mille et une façons qu’a l’humanité d’être humaine : seule la littérature le peut.

Je vais, pour une fois, me prendre en exemple : j’ai fait partie, quand j’avais votre âge, des étudiants révolutionnaires qui ont participé au grand soulèvement populaire de Mai 68, et qui ont continué, bien après 1968, à essayer de changer la société française. Les événements sont archi-connus, leur déroulement, leurs causes, leurs conséquences, etc. Mais ce que seuls des livres, des romans peuvent nous dire, c’est ce qui se passe dans la tête d’un jeune radical, comment on devient fanatique –parce que nous étions fanatiques-, le mélange d’idéalisme, de générosité,d’ignorance, de peur qui fait agir. Et c’est pourquoi j’ai écrit un roman, Tigre en papier, qui parle de cette aventure : pas pour dire aux jeunes d’aujourd’hui « faites comme nous », ni non plus pour leur dire « ne faites pas comme nous » ; pour leur dire : « nous étions comme ça, mon livre peut-être vous permettra de le comprendre, de le sentir, de vous mettre à notre place ; à présent, c’est à vous de vivre, à votre façon, mais en sachant comment nous, nous avons vécu. En nouveaux venus, mais pas en ignorants.» Seule la littérature peut nous faire voir ce que nous ne voyons pas, maintenir en vie ce qui est mort. Elle est la mémoire du monde, sans elle l’humanité retomberait en enfance à chaque génération.

 

  • Or, je vais encore citer Paul Valéry : « Si chaque homme ne pouvait pas vivre une quantité d’autres vies que la sienne, il ne pourrait pas vivre la sienne. » Phrase très profonde, qui veut dire que pour que ma vie ne me soit pas imposée, pour que je ne me contente pas de la subir, il faut que mon expérience ne se limite pas à cette vie qu’effectivement je mène, il faut que j’en aie vécu beaucoup d’autres par la pensée et l’imagination, qui enrichiront ma connaissance de la vie, m’aideront à mener celle qu’effectivement je vais mener. Car les vies réelles -la mienne, celle d’un écrivain, mais la vôtre aussi, celle d’étudiants qui vous apprêtez à rentrer dans la « vie active »- avant de les mener, pour les mener et ne pas être menés par elles, il faut d’abord les rêver. Et il n’y a que la littérature (et, je l’ai dit, un peu le cinéma ; mais l’empreinte que laisse un film est moins forte, moins durable que celle que laisse un livre), il n’y a fondamentalement que la littérature, donc, qui mette à ma disposition des centaines, des milliers de vies imaginaires. Je puis vivre ma vie parce que je suis aussi, comme Flaubert l’était, Madame Bovary, et le prince Mychkine de L’Idiot de Dostoievski, et lord Jim de Conrad, et le narrateur de La Recherche du temps perdu, je suis le déserteur Bardamu du Voyage au bout de la nuit et Magnin, l’aviateur de L’Espoir de Malraux, et le prince André attendant la mort sous le grand ciel d’Austerlitz, et Fabrice à Waterloo, et Grégoire Samsa transformé en cloporte dans La Métamorphose, et K quand on lui enfonce un couteau dans le cœur, à la fin du Procès de Kafka, le consul d’Au-dessous du volcan qu’on jette dans le ravin avec un chien mort, Gimpei Momoï, le prof aux pieds de singe du Lac de Kawabata, qui suit une jeune lycéenne dans le Tokyo dévasté de l’après-guerre, Anna Karenine au moment où elle va se jeter sous le train. Et beaucoup d’autres encore. Je suis homme et femme, jeune et vieux, mort et ressuscité mille fois. Je suis une foule. C’est avec tout ça que je peux vivre ma vie. La mener, pas être mené par elle. Avez-vous envie que votre destin vous soit imposé sans que vous n’y puissiez rien faire ? Avez-vous envie que votre vie soit déjà décidée ? Non, je suppose. Eh bien, les livres, les romans, si vous apprenez à les connaître, à réfléchir à partir d’eux, vous aideront à essayer d’être libres.

 

  • On écrit aussi (et on lit) pour se connaître soi-même. Ecrire un livre, c’est déchiffrer ce que l’auteur de La Recherche du temps perdu, Marcel Proust, appelle les « hiéroglyphes intérieurs ». « Le livre essentiel, dit-il encore, le seul livre vrai, un grand écrivain n’a pas, dans le sens courant, à l’inventer, puisqu’il existe déjà en chacun de nous, mais à le traduire. Le devoir et la tâche d’un écrivain sont ceux d’un traducteur. » Ecrire, cela peut donc se comparer au fait de lire et de traduire un texte caché en nous, comme une stèle enfouie sous le sable et que le travail des archéologues met au jour. C’est un travail d’archéologie de soi-même. Nous avons tous un texte secret enfoui en nous, nous ne savons pas ce qu’il dit, et pourtant rien, sans doute, ne nous intéresse plus. Dans une phrase un peu compliquée, mais que je vais vous commenter, un autre écrivain français, Julien Gracq, dit la même chose : « La littérature, dit-il, va du moi confus et aphasique au moi informé par l’intermédiaire des mots. » C’est-à-dire : écrire, c’est aller du moi ignorant de lui-même et muet au moi que les mots ont instruit sur lui-même. C’est obéir à la vieille injonction socratique : « Connais-toi toi-même. » Et on lit pour les mêmes raisons. Il y a toujours quelque chose de moi, quelque chose que je vais découvrir ou comprendre de moi, dans les personnages que font vivre pour nous les romans. Comme dit au lecteur un vers célèbre du poète latin Horace, De te fabula narratur : « C’est de toi que parle l’histoire. »

 

A présent, j’en ai presque terminé. J’espère vous avoir montré pourquoi on écrivait, pourquoi il fallait lire, et lire de la littérature. Les livres, les romans, ont l’air de ne servir à rien, de n’avoir aucune force, ils semblent ne pas « nous regarder », ne pas s’adresser directement à nous, et en réalité ils nous rendent plus susceptibles de penser, de sentir, plus capables de diriger nos vies, donc en fin de compte plus libres. Ils nous aident à connaître les autres, et à nous connaître nous-mêmes ; à devenir des acteurs, non des sujets. La politique aussi (toutes les doctrines ou les formes politiques) prétend nous rendre libres, mais c’est contre notre gré, souvent, et souvent aussi de façon mensongère, avec violence et arrogance. La littérature, elle, ne promet rien. Elle n’oblige à rien. Elle aide qui veut être aidé, à sa manière, qui est discrète et modeste, qui laisse chacun se faire sa propre opinion. « Elle est », écrit Milan Kundera, un écrivain d’origine tchèque écrivant en français, « le territoire où personne n’est possesseur de la vérité ». La littérature est une vaste et tolérante école, elle ne s’adresse pas aux hommes ou aux femmes en masse, en bloc, mais à chacun d’eux pris individuellement. Les personnages de roman nous enseignent à vivre, mais ils le font sans ordonner, sans contraindre, ils ne sont pas des chefs de parti ni des propagandistes, ils ne nous enrégimentent pas. J’aimerais avoir convaincu quelques uns ou quelques unes d’entre vous de lire. Je pense qu’alors je vous aurais rendu service.

 

 

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