Les Balkans, avenir de l’Europe ?

La péninsule balkanique garde le lourd privilège d’avoir légué de sa géographie tumultueuse un substantif à valeur quasi-universelle : la balkanisation. La « poudrière des Balkans » suffirait ainsi à renvoyer dans les décombres de l’histoire ces marges incultes de la civilisation européenne. Impressions et lectures croisées de l'histoire des Balkans et de celle de l'Europe.

La péninsule balkanique garde le lourd privilège d’avoir légué de sa géographie tumultueuse un substantif à valeur quasi-universelle : la balkanisation. La « poudrière des Balkans » suffirait ainsi à renvoyer dans les décombres de l’histoire ces marges incultes de la civilisation européenne. Le « plus-jamais-ça » de la Seconde Guerre mondiale semble néanmoins avoir resurgi durant les Guerres de Yougoslavie en cette fin de vingtième siècle, comme si les Balkans étaient un passé destiné à repasser, malgré nos espoirs d’amnésie[1]. Un été balkanique à Dubrovnik et au Monténégro entrecoupé de lectures croisées depuis l’histoire longue de cette région[2] jusqu’au cataclysme de la Première Guerre mondiale[3] nous enjoint de re-poser la question, telle une ruse de l’Histoire : et si les Balkans, de passé refoulé ou révolu, devenaient à nouveau l’avenir de l’Europe ?

Autour d’un « pique-nique » mémoriel de la réunification (à marche forcée, tout de même) des deux Europe(s) à Sopron le 19 août dernier en compagnie de Victor Orban, Angela Merkel a insisté sur l’attachement de l’Allemagne à un englobement des « Balkans occidentaux » dans l’orbite européenne[4] : "If you look at things geostrategically and also look at the map then there will only be a truly united Europe with the states of the Western Balkans". Nonobstant le fait que l’appellation géographique semble recouvrir un concept récent dans les relations internationales[5], au risque d’une « rebalkanisation » des Balkans, il serait intéressant de demander à la chancelière si ses lunettes géostratégiques regardent vers 1989 comme l’indique le contexte de cette rencontre ? vers 1919 et le Traité de Versailles ? ou bien vers le 28 juin 1914 et le coup de pistolet du jeune Gavrilo Princip à Sarajevo ? – si ce n’est le Traité de Berlin de 1878 qui ordonne le partage du monde… européen. Dans tous les cas, feindre de redécouvrir la dimension stratégique de cet espace géopolitique est déjà une information historique.

L’intégration de la Croatie dans l’UE en 2013 faisant de ce pays son 28ème Etat membre portait conséquemment le compteur des « langues de l’Union » à vingt-quatre. Selon les témoignages recueillis au Monténégro auprès des personnes rencontrées[6], les promesses les plus optimistes émanant de Bruxelles mentionnent un élargissement conjoint de ce dernier pays et de son grand frère, la Serbie, à l’horizon 2015. Si l’on en croit Politico, l’Albanie et la Macédoire du Nord pourraient suivre ce mouvement[7]. Or, une question qui nous intéresse au premier chef, eu égard à nos travaux précédents sur le régime linguistique dans la construction européenne[8] : devrons-nous ajouter le serbien et le monténégro - ainsi que le bosnien dans un avenir plus lointain - aux algorithmes traductologiques de l’UE au titre de « langues européennes », alors que les linguistes ne distinguent dans l’ancien « serbo-croate » qu’un continuum baptisé « diasystème slave du centre-sud » et les statisticiens, une adjonction des quatre initiales nationales, le « BCMS »[9] ?

Les Balkans, ou le retour des langues en somme[10] ; ou la fin de « La fin de l’Histoire »[11]. A l’heure où la France et la Russie font encore face à l’épreuve de la traduction[12] au fort de Brégançon[13] et que l’Ukraine ou le Moyen-Orient pourraient être les Balkans de demain, cherchons à ne pas usurper une énième fois le toponyme par le concept, la chaîne des montagnes par la chaîne des causalités.

 

9782213605265-t
Nos deux ouvrages-support pour mener cette réflexion en tant que modeste lecteur-voyageur se présentent comme fort différents par leur contenu et la trajectoire de leurs auteurs. En ce sens, ils invitent à pratiquer une « histoire croisée »[14] potentiellement stimulante. Notre Histoire des Balkans[15] se présente comme une somme assez inquiétante à première vue, avec son côté encyclopédique qui embrasse quelque six siècles d’histoire. Sa première édition date de 1991. Plus précisément, l’auteur signe son avant-propos à la « pentecôte 1991 »[16], soit au printemps de cette année, pour refermer cette histoire longue de 480 pages par les « événements de 1989-1990 ». Son travail se conclut donc par la double dislocation du communisme sur le continent européen et de la Yougoslavie dans l’espace balkanique, bien que le récit qui nous est donné de cette histoire séculaire s’achève par un chapitre sur les Balkans sous Hitler et Staline en 1945. Sa deuxième édition, augmentée, date de 1999[17]. Son index chronologique nous rappelle que la première guerre de l’Armée fédérale yougoslave contre l’indépendance de la Slovénie se déclenche après sa proclamation le 25 juin 1991. Sans retoucher son travail originel, l’auteur y ajoute cinq chapitres pour couvrir la période allant de 1945 à la « guerre du Kosovo » menée sous l’égide de l’OTAN au printemps 1999. L’avant-propos reste daté de 1991, mais une courte conclusion invite à imaginer l’avenir de cette région : « Tout en multipliant entre eux les traités, ces pays doivent s’ouvrir à l’OCDE et aux Etats-Unis, afin de former, d’abord, une « Fédération balkanique » qui, un jour plus ou moins proche, pourra s’intégrer dans l’Europe. Alors les Balkans ne seront plus une « poudrière », mais une région de paix. »[18] Ce croisement chronologique entre les deux éditions permet de comprendre l’intention de l’ouvrage : l’auteur est d’abord un spécialiste de cette aire culturelle, en tant que professeur émérite à l’Inalco et à Paris III, et « ce livre est le résultat d’un quart de siècle de « commerce » continu avec les Balkans ». Il a une vision sur le long terme de cet espace et conçoit davantage les dynamiques à l’œuvre dans la profondeur des sociétés et leur ancrage historique dans la sphère d’influence ottomane ; la première partie du livre qui en compte deux, intitulée « Les Balkans à l’époque ottomane » semble parfois se dérouler davantage à « Constantinople-Istanbul » que dans le reste de la péninsule européenne. Le passage par la linguistique conforte encore ce tropisme : « Le nom « Balkan » est un mot turc qui signifie « montagne » », nous rappelle la première phrase de l’introduction dédiée à ce « pays »[19]. Le cadrage chronologique explique encore davantage ce geste, depuis l’Orient, de l’historien, sans doute plus signifiant que seulement « symbolique » malgré ce qu'il voudrait admettre : « Pour comprendre cette spécificité balkanique, il faut se tourner vers l’Histoire. […] Le point de départ est largement symbolique : le Croissant remplaçant la Croix sur Sainte-Sophie, la basilique de Constantinople, après le siège d’avril-mai 1453 par le sultan Mehmed II. » L’historien-linguiste écrit une histoire qui est située en fonction de ses propres compétences spécialisées. Son présent renvoie à la longue durée, c’est-à-dire à la distance également géographique qui sépare l’auteur orientaliste de ses lecteurs occidentaux, ainsi que l’explique un ouvrage plus grand-public en 1994 quand la guerre fait rage et que l’Europe se trouve démunie : « Dans Le monde des Balkans, l’auteur privilégie une approche en longue durée pour éclairer les problèmes d’une actualité brûlante. Car le présent et l’avenir ne sauraient tourner le dos au passé. »[20]

 

1268240664
Tout autre est l’angle d’attaque choisi par Christopher Clark, notre deuxième auteur : « Ce livre raconte comment l’Europe continentale est entrée en guerre. Il retrace les chemins qui l’y ont menée, dans un récit à plusieurs niveaux englobant les centres décisionnaires majeurs – Vienne, Berlin, Saint-Pétersbourg, Paris, Londres, et Belgrade – avec de brèves incursions à Rome, Constantinople et Sofia. »[21] La perspective est donc ici « continentale », c’est-à-dire d’abord occidentale dans la position de l’observateur. L’auteur, d’origine australienne, professeur à Cambridge, est présenté comme « spécialiste de l’Europe centrale » en quatrième de couverture, mais sa spécialisation doctorale s’est plus précisément concentrée sur l’espace germanique et prussien du point de vue d’une histoire religieuse et sociale[22]. Jeune étudiant, il effectue un séjour d’étude à la Freie Universität de Berlin : selon sa notice Wikipedia, « As he acknowledges in the foreword to Iron Kingdom, living in West Berlin between 1985 and 1987, during what turned out to be almost the last years of the divided Germany, gave him an insight into German history and society. »[23] Aussi, ainsi qu’il le raconte en remerciement de ses collaborateurs et ses proches, ce travail magistral sur l’entrée en guerre de toute l’Europe en 1914 – dont « nous demeurons hantés par l’horreur de ce conflit lointain » - se raccroche à la mémoire de son grand-oncle quittant Sydney en 1916 pour l’Angleterre puis la France « pour participer à la bataille de Passchendaele »[24]. On comprend, in fine, que le grand-père de sa femme « était également présent à Passchendaele, bien que de l’autre côté du front »[25], donc allemand. Ce travail acharné et obsessionnel dans les archives, pour lequel sa « reconnaissance va également à tous ceux qui [l’] ont aidé à surmonter les barrières linguistiques »[26] dans les langues slaves, reste donc, malgré tout, un dialogue entre historiographies occidentales. Il n’est plus question de poser le « pourquoi », comme il l’explique longuement en introduction, pour sortir de l’éternel procès en responsabilité de tel acteur, et en particulier l’Allemagne dans le déclenchement de la guerre, mais le « comment on en est arrivé là »[27]. Par exemple, « comment les Balkans, région périphérique éloignée des centres de pouvoir et de richesse de l’Europe en sont-ils venus à être le théâtre d’une crise d’une telle ampleur ? »[28] Ramener l’événement de Sarajevo dans son imbrication européenne nécessite également d’en montrer la proximité historique avec notre propre modernité : « ce qui frappe le lecteur du XXIème siècle qui s’intéresse à la crise de l’été 1914, c’est sa modernité brutale. Tout commence avec un groupe de tueurs kamikazes et une poursuite en automobile. Derrière l’attentat de Sarajevo se trouve une organisation ouvertement terroriste, mue par le culte du sacrifice, de la mort et de la vengeance – une organisation extraterritoriale, sans ancrage géographique ou politique clair, éclatée en différentes cellules qui ignorent les clivages politiques. » Dans ce thriller palpitant, on navigue entre les capitales du « monde d’hier »[29], c’est-à-dire des vieux empires européens et de leurs têtes couronnées, les « fantômes serbes » rôdant face à un Empire habsbourgeois « sans qualités », nous menant tout droit « sur la route de Sarajevo ». Il faut attendre la page 136 pour apprendre qu’une révolution des Jeunes-Turcs a eu lieu en 1908 en Macédoine ottomane : le versant oriental du Bosphore ne semble plus intervenir dans le grand jeu des puissances européennes. La longue durée n’agit plus. Place au temps court de l’événement géopolitique. Dans ce contexte de vie et de mort entre vieux et jeunes Etats, les passions ne sont pas à la sublimation. Freud, l’auteur ultérieur du Malaise dans la civilisation, confie le 28 juillet 1914 quand la guerre est déclarée : « Pour la première fois depuis trente ans, je me sens autrichien et désire donner une seconde chance à cet empire dans lequel je ne plaçais que peu d’espoirs. Toute ma libido est offerte à l’Autriche-Hongrie. »[30] Christopher Clark nous indique en conclusion le contexte de son écriture : « La complexité de la crise de Sarajevo, l’un des thèmes centraux de ce livre, provient en partie de comportements que l’on constate encore de nos jours sur la scène politique. La dernière partie de ce livre a été rédigée en 2011-2012, au plus fort de la crise financière de l’Eurozone, un événement contemporain d’une complexité indescriptible. »

 

"Vallée de Cetinje", photo personnelle de Raymond Poincaré, "Recueil. Voyages de Raymond Poincaré en Italie et dans les Balkans" (Gallica) "Vallée de Cetinje", photo personnelle de Raymond Poincaré, "Recueil. Voyages de Raymond Poincaré en Italie et dans les Balkans" (Gallica)
Le retour du refoulé. Les Balkans pourraient devenir l’avenir de l’Europe dans le sens où ils contiennent une profonde mémoire de l’Europe, de ses possibilités passées, révolues ou vaincues, des circulations, des confrontations et des conversions d’individus et de groupes. L’Etat-nation a gagné (jusque quand ?), renvoyant aux oubliettes de l’histoire l’empire multilingue issu du Compromis de 1867 : un jeune Viennois se dirait plus tard « guéri » du parlementarisme après avoir participé au spectacle d’une assemblée autrichienne aux dix langues autorisées, sans traducteurs[31]. Idem pour l’effondrement de la Yougoslavie qui devait marquer l’impossibilité d’un Etat multiconfessionnel, multi-ethnique et multinational, de surcroît communiste ; la « yougonostalgie » a de belles heures devant elle[32]. La « guerre de sept ans » [33] qui court dans les Balkans de 1912 à 1919, voire 1922 pour la Grèce, sépare les deux rives du Bosphore et rejette la Turquie et l’islam quasiment hors d’Europe, en même temps que la "civilisation ottomane" hors de l’histoire : pourtant, « quatre siècles de vie « ensemble » avaient introduit bien des nuances dans la notion de « joug ottoman » »[34]. Cet « imaginaire des Balkans » hérité de l’histoire des vainqueurs et de l’orientalisme occidental[35] pourrait être mobilisé de manière positive selon les événements afin d’aider à mieux appréhender l’Europe contemporaine. Ainsi que nous y invite Anne Madelain, « les transformations de l’Europe du Sud-Est dans les années 1990 doivent être envisagées dans le cadre plus large de l’Europe, celui de l’histoire globale et les processus de transformation des croyances et des paradigmes qui servent à penser le monde contemporain. »[36]

Siège de Dubrovnik par les armées serbe et monténégrine le 1er octobre 1991. Photo prise dans le Musée national du Monténégro à Cetinje, août 2019. Siège de Dubrovnik par les armées serbe et monténégrine le 1er octobre 1991. Photo prise dans le Musée national du Monténégro à Cetinje, août 2019.
Un des « somnambules » les plus acharnés selon la description que nous en fait Christopher Clark, fut le président Raymond Poincaré, sempiternel héraut de la « fermeté » contre l’Allemagne. Les archives de la BNF nous enseignent qu’il a effectué un périple dans les Balkans en 1901, rapportant quelques photos de Dubrovnik et du Monténégro, entre autres étapes de voyage[37]. Il prend cette photo de Cetinje (lire « Tsétinié »), alors capitale de ce jeune Etat victorieux de l’Empire ottoman, reconnu par le Traité de Berlin de 1878 ; la ville ne doit encore compter que quelques centaines, voire quelques milliers d’habitants. Toutes les puissances s’y installent : la France construit une somptueuse ambassade en 2010 pour se faire représenter. Quelques années plus tard, le roi s’étant exilé à Paris dès 1916, la capitale redeviendra bourgade dans un Etat yougoslave basé à Belgrade. L’histoire gardera en mémoire que son monastère imprima la première bible en slavon dès 1493[38]. Poincaré le savait-il ? Sans doute. Aujourd’hui capitale historique et culturelle du Monténégro, son musée n’oublie pas le viol infligé à sa prestigieuse voisine croate en 1991 : « This preposterous war represents one of the darkest pages of the Montenegrin history », est-il écrit en légende. Gageons que ce repentir soit de bon augure pour l’avenir. Après tout, Fernand Braudel ne nous enseignait-il pas que l’histoire méditerranéenne s’était inventée dans les montagnes[39] ?

 

[1] Éric Conan et Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, Paris, Fayard, 1994.

[2] Georges Castellan, Histoire des Balkans, XIVe-XXe siècles, Paris, Fayard, 1991.

[3] Christopher Munro Clark, Les somnambules: été 1914, comment l’Europe a marché vers la guerre, Paris, Flammarion, 2015.

[4] Source, Politico : « Merkel: ‘Truly united Europe’ includes Western Balkans German. Chancellor reaffirms commitment to EU enlargement », 19 août 2019. Voir : https://www.politico.eu/article/german-chancellor-angela-merkel-truly-united-europe-includes-western-balkans/

[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Balkans_occidentaux

[6] Au cours d’un voyage personnel, les impressions positives ou négatives et les lacunes de l’auteur devant être mises au crédit de leurs limites spatio-temporelles dont il s’excuse par avance, tout en souhaitant s’en inspirer.

[7] Politico, article cité, 19 août 2019

[8] Gwénaël Glâtre, La mise en place d’un régime linguistique basé sur la traduction dans la construction européenne, Mémoire de master, EHESS, Paris, 2017.

[9] https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_slaves_m%C3%A9ridionales

[10] Voir, pour aller plus loin : Paul-Louis Thomas, « La dislocation linguistique comme instrument de pouvoir : l’exemple de l’ex-Yougoslavie », dans Salem Chaker (ed.), Langues et pouvoir: de l’Afrique du Nord à l’Extrême-Orient, Aix-en-Provence, Edisud, 1998.

[11] Francis Fukuyama, La fin de l’histoire et le dernier homme, Paris, Flammarion, 1992.

[12] Antoine Berman, L’âge de la traduction: « La tâche du traducteur » de Walter Benjamin, un commentaire, Saint-Denis, Presses universitaires de Vincennes, 2008.

[13] Cette séquence estivale sur les côtes méditerranéennes a été très riche d’enseignements géopolitiques, d’abord par la qualité des propos tenus par les deux chefs d’Etat, toute en retenue et en maîtrise diplomatique, puis cet imbroglio autour de la traduction portée aux propos de Vladimir Poutine. L’ensemble des médias français se sont ingéniés à déconstruire et reconstruire le quiproquo minute par minute, ou plutôt l’omission selon certains, concernant les chiffres de blessés et de morts durant le mouvement des « Gilets jaunes » en France, jusqu’à accuser le Kremlin d’avoir voulu sciemment censurer les propos du président de la Fédération de Russie. Les téléspectateurs des grandes chaines françaises d’information en continu, BFM et consorts, ont été privés par la traductrice russe du décompte officiel des mutilations établi par les services de communication moscovites. Le média indépendant Brut qui avait suivi les manifestations du samedi depuis la première heure, n’était tout simplement pas branché, vraisemblablement, sur les canaux de traduction. Il fallait en fait être connecté à RT-France, soit Russia Today, pour entendre en direct l’intégralité des propos du président Poutine et pouvoir constater, a posteriori, que la traduction reste toujours un « problème ».

[14] Michael Werner et Bénédicte Zimmermann, « Penser l’histoire croisée : entre empirie et réflexivité », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2003, 58e année, no 1, p. 7‑36.

[15] G. Castellan, Histoire des Balkans, XIVe-XXe siècles, op. cit.

[16] Ibid., p. 15

[17] Georges Castellan, Histoire des Balkans, XIVe-XXe siècles, Paris, Fayard, 1999.

[18] Ibid., p. 576

[19] G. Castellan, Histoire des Balkans, XIVe-XXe siècles, op. cit., p. 17

[20] Georges Castellan, Le monde des Balkans: poudrière ou zone de paix ?, Paris, Vuibert, 1994.

[21] C.M. Clark, Les somnambules, op. cit. p. 19-20

[22] C.M. Clark, The Politics of Conversion. Missionary Protestantism and the Jews in Prussia 1728-1941, Oxford, 1995

[23] Cf. https://en.wikipedia.org/wiki/Christopher_Clark#cite_ref-IronKingdom2006_5-0: Clark, Christopher M. (2006). Iron Kingdom: The Rise and Downfall of Prussia, 1600–1947. Harvard University Press. pp. iii, iv, xi. Retrieved 30 November 2013.

[24] C.M. Clark, Les somnambules, op. cit., p. 923

[25] Ibid., p. 925

[26] Ibid.

[27] Ibid., p. 18

[28] Ibid., p. 20

[29] Stefan Zweig, Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen, 1944

[30] C.M. Clark, Les somnambules, op. cit., p. 656. Cité dans Ernest Young, Sigmund Freud : Life and Work, 1957, p. 192

[31] Ibid., p. 112-113, citant Mein Kampf, p. 100 et Brigitte Hamann, Hitlers Wien. Lehrjahre eines Diktators, 1996, p. 170-174. Parmi les dix langues parlées dans le Parlement viennois : « l’allemand, le tchèque, le polonais, le ruthène, le croate, le serbe, le slovène, l’italien, le roumain et le russe ».

[32] Jean-Arnault Dérens, « Balade en « Yougonostalgie ». Dans les Balkans, le souvenir de l’unité perdue resurgit », Le Monde diplomatique, août 2011.

[33] G. Castellan, Histoire des Balkans, XIVe-XXe siècles, op. cit., p. 398

[34] Ibid., p. 221

[35] Mariâ Nikolaeva Todorova, Imaginaire des Balkans, Paris, Éd. de l’École des hautes études en sciences sociales, 2011.

[36] Anne Madelain, Une expérience française des Balkans ?: ruptures d’intelligibilité et mobilisations citoyennes face aux crises roumaine et yougoslaves (1989-1999), Thèse de doctorat, École des hautes études en sciences sociales, Paris, 2015., p. 27

[37] https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8448927d

[38] G. Castellan, Histoire des Balkans, XIVe-XXe siècles, op. cit., p. 146

[39] « La montagne est bien cela : une fabrique d’hommes à l’usage d’autrui ; sa vie diffusée, prodiguée nourrit l’histoire entière de la mer. Peut-être même l’a-t-elle fabriquée, cette histoire, à ses origines ; car la vie montagnarde semble bien avoir été la première vie de la Méditerranée », dans Fernand Braudel, La Méditerranée et le monde méditerranéen à l’époque de Philippe II, Paris, A. Colin, 1979, Tome 1, "La part du milieu", p. 46.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.